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	<description>L&#039;Asie centrale expliquée, avec Novastan</description>
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		<title>Achgabat, ville blanche &#8211; 6 &#8211;</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 24 Oct 2026 13:37:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Photo du jour]]></category>
		<category><![CDATA[Achgabat]]></category>
		<category><![CDATA[enfants]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/photo-du-jour/achgabat-ville-blanche-6/">Achgabat, ville blanche &#8211; 6 &#8211;</a></p>
<p>Irréductible enfance : le blanc s&#8217;impose dans le quotidien des habitants d&#8217;Achgabat en tant que symbole de pureté, de grandeur et de stabilité. Mais il rend les armes dans le monde coloré des enfants. Crédits photo : Cornelia Steinigen (Allemagne, @cornelia_la_andarina)</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/photo-du-jour/achgabat-ville-blanche-6/">Achgabat, ville blanche &#8211; 6 &#8211;</a></p>

<p class="wp-block-paragraph">Irréductible enfance : le blanc s&rsquo;impose dans le quotidien des habitants d&rsquo;<strong><a href="https://novastan.org/fr/turkmenistan/achgabat-portrait-dune-des-cites-les-plus-fermees-au-monde/">Achgabat </a></strong>en tant que symbole de pureté, de grandeur et de stabilité. Mais il rend les armes dans le monde coloré des enfants.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Crédits photo : Cornelia Steinigen</strong> (Allemagne, <strong><a href="https://www.instagram.com/cornelia_la_andarina?stkn=cGw2d3JkOWdmeWhu&amp;utm_source=qr" target="_blank" rel="noopener">@cornelia_la_andarina</a>)</strong></p>



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		<title>Comment les Hongrois ont participé à la soviétisation de l’Asie centrale</title>
		<link>https://novastan.org/fr/societe-et-culture/comment-hongrois-ont-participe-sovietisation-asie-centrale/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 Oct 2026 11:42:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société et cultures]]></category>
		<category><![CDATA[Basmatchi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/comment-hongrois-ont-participe-sovietisation-asie-centrale/">Comment les Hongrois ont participé à la soviétisation de l’Asie centrale</a></p>
<p>Prisonniers de guerre au Turkestan, des milliers de Hongrois ont décidé de s’engager dans l’Armée rouge afin d’échapper à la misère. Entre nécessité de survivre, espoir de retour et convictions révolutionnaires, ils ont contribué à l’établissement du pouvoir soviétique en Asie centrale. Lors des premières années du soviétisme, le&#160;Turkestan&#160;est devenu l’un des fronts de la [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/comment-hongrois-ont-participe-sovietisation-asie-centrale/">Comment les Hongrois ont participé à la soviétisation de l’Asie centrale</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Prisonniers de guerre au Turkestan, des milliers de Hongrois ont décidé de s’engager dans l’Armée rouge afin d’échapper à la misère. Entre nécessité de survivre, espoir de retour et convictions révolutionnaires, ils ont contribué à l’établissement du pouvoir soviétique en Asie centrale.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Lors des premières années du soviétisme, le&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Turkestan_russe">Turkestan</a>&nbsp;est devenu l’un des fronts de la guerre civile qui s’éternisait le plus. Les internationalistes de l’armée rouge ont joué un rôle particulier dans ce drame&nbsp;; il s’agissait d’anciens prisonniers de guerre s’étant retrouvés au Turkestan au croisement de l’effondrement des empires, des conflits armés et des secousses révolutionnaires.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Pour les dirigeants bolchéviques, ils représentaient une opportunité d’ordre pratique&nbsp;: c’était une ressource de combattants qui n’étaient pas liés aux structures claniques et sociales locales. Les formations internationales étaient moins enclines à essayer de comprendre la population locale. En jouant un rôle clé dans la soviétisation forcée de la région, les internationalistes ont laissé deux traces dans la mémoire du Turkestan&nbsp;: celle du mythe héroïque du « prolétariat mondial venu porter main forte » et l’image d’une force répressive extérieure.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une ressource précieuse</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Lors de la Première Guerre mondiale, le Turkestan a accueilli 200&nbsp;000 (d’autres estimations de 90&nbsp;000&nbsp;et 150&nbsp;000 existent aussi) prisonniers de guerre d’Europe centrale. Il s’agissait principalement d’Allemands, de Hongrois, de Tchèques, de Ruthènes et de Slovaques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En ce qui concerne les Turcs, les historiens ne sont pas tous d’accord. La majorité des spécialistes suppose que les anciens militaires de l’armée ottomane ont été envoyés partout, sauf en Asie centrale, car ils auraient pu y attirer une sympathie malvenue auprès des sociétés musulmanes. En même temps, selon les observations de l’époque, des officiers turcs prisonniers ont été vus au Turkestan. Ils étaient particulièrement nombreux à&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Boukhara">Boukhara</a>, où ils se sont joints à&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Enver_Pacha">Enver Pacha</a>. Cependant, dans ce cas précis, il ne peut pas s’agir d’anciens prisonniers, mais de ceux qui ont rejoint l’Asie centrale volontairement après 1918.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme le montrent les chercheurs contemporains, la distribution des prisonniers de guerre sur le territoire russe a été organisée par nationalité. C’est pour cette raison qu’en Sibérie, au Turkestan et en Extrême-Orient, la plupart des prisonniers étaient Allemands, Autrichiens et Hongrois, car ils étaient les moins fiables comparés aux Slaves et aux Roumains.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;:&nbsp;<a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/les-prisonniers-de-guerre-autrichiens-au-turkestan-entretien-avec-lhistorien-peter-felch/">Les prisonniers de guerre autrichiens au Turkestan : entretien avec l’historien Peter Felch</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les plus grands camps de prisonniers se situaient le long de la route entre Tachkent et&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Orenbourg">Orenbourg</a>, à&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ferghana">Ferghana</a>,&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kokand">Kokand</a>,&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khodjent">Khoudjand</a>, Prjevalsk (aujourd&rsquo;hui <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Karakol">Karakol</a>) et Semipalatinsk (aujourd&rsquo;hui <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/semei-ville-historique-du-kazakhstan/">Semeï</a>). Des représentants de différentes nationalités y étaient retenus, un tiers était hongrois. En tout, le&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kra%C3%AF">kraï</a>&nbsp;comptait 37 camps, tandis qu’il y en avait environ 400 dans toute la Russie.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La vie dans les camps</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Bien que les prisonniers soient envoyés au Turkestan à cause de l’éloignement de la région et la difficulté de s’enfuir, certains Allemands et Autrichiens ont réussi à partir pour l’Iran et l’Afghanistan. Les fuyards rattrapés étaient envoyés à Fort-Aleksandrovski (sur la&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9ninsule_de_Manguistaou">presqu’île de Manguychlak</a>) et à Goulcha (dans la&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Province_d%27Och">région d’Och</a>&nbsp;de l’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Oblast_de_Ferghana">oblast de Ferghana</a>), où il était impossible de se cacher.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À partir de 1915, les soldats non gradés étaient envoyés aux travaux forcés sur les chemins de fer, dans les mines et dans les champs de coton. Les prisonniers polonais, tchèques et hongrois ont pris part, par exemple, à la construction de la <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/le-sacre-coeur-de-jesus-cathedrale-des-polonais-de-tachkent/">cathédrale catholique de Tachkent</a>. Cependant, à cause des sous-effectifs, le régime strict des camps de prisonniers n’a duré que quelques mois&nbsp;; ensuite, les Autrichiens et Allemands qui y travaillaient ont retrouvé la liberté de mouvement et la possibilité de communiquer avec les habitants locaux et la diaspora russe.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/le-sacre-coeur-de-jesus-cathedrale-des-polonais-de-tachkent/">Le Sacré-Cœur-de-Jésus, cathédrale des Polonais de Tachkent</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les conditions d’emprisonnement dans les camps empiraient continuellement et, après la révolution de février&nbsp;1917, elles étaient devenues si difficiles que leurs occupants ont commencé à mourir massivement de malnutrition et de maladies. Dans son livre&nbsp;<em>Mission à Tachkent</em>, le correspondant du renseignement britannique au Turkestan, Frederick Bailey, écrit&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« L’une des raisons de l’envoi d’une telle quantité de prisonniers de guerre au Turkestan était sans aucun doute que le lieu était lointain et qu’il était difficile de s’enfuir&nbsp;; mais, bien sûr, on avait pris en compte également la quantité de nourriture et son prix accessible. Malgré cela, les rations des prisonniers étaient si maigres qu’ils attrapaient des maladies infectieuses. En même temps, le service médical était si insuffisant et inefficace que des milliers de personnes sont mortes. »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une liberté sans ressources</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La révolution d’Octobre a radicalement changé le statut de cette ressource de combattants. Peu enclins à poursuivre la Première Guerre mondiale, les bolchéviques ont immédiatement cherché à conclure la paix avec l’Allemagne et ses alliés, mais avant même qu’elle ne soit signée début mars&nbsp;1918, tous les prisonniers avaient bénéficié de l’amnistie. Cependant, avec le début de la guerre civile –&nbsp;beaucoup considèrent que les premiers coups de feu en ont été tirés par ces mêmes anciens combattants de l’armée austro-hongroise (plus précisément les soldats du corps tchécoslovaque)&nbsp;– le pouvoir soviétique ne s’est pas hâté de les rapatrier.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="761" height="1024" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/59d4e989-342f-4881-b165-792b84a405a5-761x1024.jpeg" alt="Frederick Bailey" class="wp-image-76210" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/59d4e989-342f-4881-b165-792b84a405a5-761x1024.jpeg 761w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/59d4e989-342f-4881-b165-792b84a405a5-223x300.jpeg 223w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/59d4e989-342f-4881-b165-792b84a405a5-768x1034.jpeg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/59d4e989-342f-4881-b165-792b84a405a5.jpeg 992w" sizes="(max-width: 761px) 100vw, 761px" /><figcaption class="wp-element-caption">Photo : Frederick Bailey. Wikimedia.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les faits, l’amnistie ne signifiait que la fermeture des camps et l’arrêt de la distribution de nourriture. Les prisonniers se sont retrouvés livrés à eux-mêmes, ce qui n’a fait qu’augmenter la mortalité. Selon les estimations de Frederick Bailey,&nbsp;<em>« environ 40&nbsp;000&nbsp;ou 50&nbsp;000&nbsp;personnes »</em>&nbsp;sont mortes. Nombre d’entre eux gagnaient leur vie en jouant dans des orchestres (ce détail est noté par de nombreux observateurs), en travaillant comme serviteurs ou en mendiant.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Rejoindre l’armée rouge</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">De leur côté, les bolchéviques accomplissaient un travail idéologique systématique auprès des prisonniers, déjà auparavant, dans la clandestinité. Au début, il s’était créé dans les camps différentes organisations révolutionnaires et des cellules communistes. Plus tard, elles se sont chargées d’engager plus de monde dans les rangs internationalistes de l’armée rouge. Voici ce qu’écrivait par exemple sur le sujet Franz Winter, un ancien soldat de l’armée prussienne, devenu communiste et combattant de la garde rouge&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Un jour, au début de l’année 1918, trois soldats sont arrivés au camp [de Samarcande] depuis le front et nous ont expliqué la situation du pays. Ils se sont mis à nous encourager à nous engager dans la garde rouge et à nous battre pour la révolution. 26 personnes, dont j’ai fait partie, ont exprimé leur accord. »</em></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="742" height="482" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/31ee9f67-bb4d-444b-b173-fb7fe5e99418.jpeg" alt="soldats austro hongrois Première guerre mondiale" class="wp-image-76209" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/31ee9f67-bb4d-444b-b173-fb7fe5e99418.jpeg 742w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/31ee9f67-bb4d-444b-b173-fb7fe5e99418-300x195.jpeg 300w" sizes="(max-width: 742px) 100vw, 742px" /><figcaption class="wp-element-caption">Des soldats hongrois de l’armée austro-hongroise, 1914. Photo&nbsp;: Imperial War Museum.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">La majorité des anciens soldats ennemis, et pratiquement tous les Polonais et les Allemands, ont décidé de rentrer chez eux. Selon certaines données, le nombre de prisonniers de guerre en Asie centrale au printemps 1918 avait baissé à environ 32&nbsp;000 personnes, dont environ 12&nbsp;000 venaient de Hongrie. Étant donné l’isolement politique de la région et le début du mouvement <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_basmatchi">basmatchi</a>, cette population est devenue la ressource principale pour former l’armée rouge au Turkestan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Concrètement, pour les prisonniers restés en terre étrangère sans moyens de se nourrir, entrer dans l’armée rouge était le seul moyen de survivre. Ils comptaient revenir chez eux plus tard&nbsp;: les bolchéviques avaient promis de les rapatrier après la consolidation de leur pouvoir. Ce processus a touché presque toutes les régions de l’ancien empire, mais il était particulièrement massif au Turkestan par rapport aux formations militaires globales&nbsp;: lors de la première partie de la guerre civile, environ la moitié de l’armée rouge au Turkestan était constituée d’anciens prisonniers de guerre, principalement des Hongrois.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Entre deux feux</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Certains officiers restés en liberté ont essayé de lutter contre le recrutement de ces soldats.&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Frederick_Markham_Bailey">Frederick Bailey</a>&nbsp;écrit que le lieutenant <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bodo_Zimmermann">Zimmerman</a> avait émis un appel interdisant aux Allemands d’entrer au service de l’armée rouge, les menaçant de poursuites dans leur pays s’ils allaient à l’encontre de ses ordres.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;:&nbsp;<a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/conquete-empire-russe-asie-centrale-tadjikistan/">Conquête ou rattachement volontaire ? Comment l’Empire russe est arrivé en Asie centrale</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le refus de servir les bolchéviques a obligé les Allemands et les Autrichiens à se cacher de la Commission extraordinaire de toutes les Russies pour la lutte contre la contrebande et le sabotage. Nombre d’entre eux, basculant dans l’illégalité, sont morts de faim et du typhus. Une partie des prisonniers a même rejoint l’ennemi du pouvoir soviétique&nbsp;: par exemple, des Allemands et des Autrichiens ont servi Ergach-kourbachi, et la plupart des Roumains ont fui vers <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kokand">Kokand</a> sous la protection de Madamin-bek. Plus tard, ils ont essayé de se rendre dans <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khanat_de_Boukhara">l’émirat de Boukhara</a>, mais ils ont été capturés et mobilisés par l’armée rouge pour travailler à l’arrière.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Survivre avant tout</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les historiens soviétiques exagèrent souvent le niveau d’implication idéologique des combattants internationalistes. Il est tout à fait évident que les anciens prisonniers de guerre étaient guidés en premier lieu par le désir de survivre et de rentrer chez eux, et le reste ne dépendait que des circonstances.&nbsp;<em>« Ces gens voulaient en effet rentrer chez eux, bien que la propagande ait fait de certains d’entre eux des communistes convaincus »</em>, précise Frederick Bailey.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/les-historiens-du-tadjikistan-independant-nont-pas-a-distinguer-le-bien-du-mal-dans-leur-passe/">« Les historiens du Tadjikistan indépendant n’ont pas à distinguer le bien du mal dans leur passé »</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire des garnisons du&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pamir">Pamir</a>&nbsp;est un bon exemple de ce manque d’idéologie. Lorsque les bolchéviques ont occupé le poste frontière en 1918, après la fuite des officiers blancs vers les Indes britanniques, deux prisonniers autrichiens y ont été nommés commandants. Cependant, un an plus tard, lorsque le pouvoir au Pamir a été récupéré par l’armée paysanne de Monstrov alliée aux basmatchis de Madamin-bek, 70 des 120 combattants de la nouvelle garnison du Pamir étaient eux aussi d’anciens prisonniers de guerre&nbsp;: des Hongrois, des Tchèques, des Turcs et des Allemands.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Vivre après les camps</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais la plupart des grandes villes où se concentraient les Allemands et les Autrichiens et où il était le plus facile de les recruter étaient sous le contrôle des bolchéviques dès les premiers jours de la révolution, et c’est ainsi que les Soviétiques ont pu exploiter au maximum la situation de ces gens. Frederick Bailey écrit, par exemple, à propos d’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Andijan">Andijan</a>&nbsp;à l’été 1918&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« La ville était pleine de prisonniers de guerre autrichiens libérés. Des orchestres de prisonniers jouaient dans les tchaïkhanas et les restaurants, et tout le personnel de service de notre hôtel était autrichien. L’uniforme militaire austro-hongrois, que j’ai par la suite porté moi-même très longtemps, était partout. »</em></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="742" height="421" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/5ac490c7-74b7-4ad5-9a88-04ce953e239f.jpeg" alt="soldats austro hongrois première guerre mondiale" class="wp-image-76208" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/5ac490c7-74b7-4ad5-9a88-04ce953e239f.jpeg 742w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/5ac490c7-74b7-4ad5-9a88-04ce953e239f-300x170.jpeg 300w" sizes="(max-width: 742px) 100vw, 742px" /><figcaption class="wp-element-caption">Des prisonniers de guerre austro-hongrois au Turkestan. Photo&nbsp;: Fergana News.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Plus tard, arrivé à Tachkent, il partage ses impressions&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Beaucoup d’anciens prisonniers de guerre ont trouvé du travail en tant qu’ouvriers agricoles chez les propriétaires locaux, Russes ou Sartes. Parfois, il semblait que tous les prisonniers tchèques étaient musiciens, si bien que des orchestres tchèques jouaient dans tous les cafés, comme on pouvait le voir à Andijan. Mais où avaient-ils trouvé leurs instruments&nbsp;? Cela restait une énigme. On voyait également dans les rues des prisonniers de guerre demandant l’aumône. »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Recruter et convaincre</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le résident anglais, se référant aux paroles d’un officier danois rencontré à Tachkent, assure que les autorités de l’Union soviétique avaient interdit à un moment donné de prendre au service militaire d’anciens prisonniers de guerre et avaient même ordonné de congédier ceux qui avaient été incorporés auparavant. Cependant, le gouvernement du Turkestan a refusé d’obéir à ces ordres. La question de savoir si ce processus de recrutement d’étrangers dans l’armée rouge allait bon train, même en Russie, est assez débattue. On considère que lors de la guerre civile, 200&nbsp;000&nbsp;à 300&nbsp;000&nbsp;internationalistes, dont 60&nbsp;000 Hongrois, se sont battus du côté des bolchéviques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;:&nbsp;<a href="https://novastan.org/fr/europe-et-asie-centrale/la-hongrie-simplante-de-plus-en-plus-en-asie-centrale/">La Hongrie s’implante davantage en Asie centrale</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les soldats et officiers ayant l’expérience du combat n’étaient pas les seuls à être recrutés&nbsp;: des&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Coolie">coolies</a>&nbsp;mercenaires chinois l’étaient aussi. On sait qu’ils ont pris part aux combats dans l’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Oural">Oural</a>&nbsp;contre&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Koltchak">Koltchak</a>, près de&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Volgograd">Tsaritsyne</a>&nbsp;contre&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Piotr_Krasnov">Krasnov</a>&nbsp;et&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Anton_Denikine">Denikine</a>, et même près d’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Arkhangelsk">Arkhangelsk</a>&nbsp;contre les forces anglo-américaines et la garde blanche locale. Des publications soviétiques en langues étrangères ont activement pris part à cette mobilisation. Fin 1917, rien qu’à&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-P%C3%A9tersbourg">Petrograd</a>, sept journaux paraissaient à destination des combattants internationalistes&nbsp;: deux en allemand, deux en polonais, deux en roumain et un en hongrois.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce dernier s’appelait&nbsp;<em>Révolution</em>&nbsp;(Forradalom). Il était édité sous la direction du communiste hongrois Karoly Ligeti et était distribué dans les camps de prisonniers. En mai&nbsp;1918, tout de suite après la création de l’Armée rouge, le président du Conseil des commissaires du peuple de la Russie soviétique,&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Vladimir_Ilitch_L%C3%A9nine">Vladimir Lénine</a>, a rencontré personnellement les représentants du mouvement communiste hongrois&nbsp;:&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/B%C3%A9la_Kun">Béla Kun</a>,&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tibor_Szamuely">Tibor Szamueli</a>&nbsp;et&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9za_Farag%C3%B3">Géza Faragó</a>. Ce sont eux qui ont joué un rôle déterminant dans la propagande auprès des prisonniers hongrois et le choix de beaucoup d’entre eux de rejoindre l’Armée rouge.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les internationalistes au travail</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les rapports des émissaires britanniques au Turkestan, les anciens militaires d’Europe centrale étaient immanquablement désignés comme les éléments les plus dangereux. Contrairement aux basmatchis, dont les tactiques se rapprochaient de la guérilla, ils avaient des connaissances militaires européennes en matière d’organisation et de technique, de l’expérience dans l’artillerie et le génie militaire. Leur passage du côté de l’armée rouge ou des insurgés locaux, tournés vers la Turquie (et à travers elle, vers l’Allemagne), renforçait sérieusement les rivaux des Britanniques aux frontières de la Perse et de l’Inde, qui faisaient partie de la sphère d’influence exclusive de Londres.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="742" height="520" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/777a59c1-13ca-4a66-bbb7-b2f84cc16b89.jpeg" alt="soldats premiere guerre mondiale" class="wp-image-76207" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/777a59c1-13ca-4a66-bbb7-b2f84cc16b89.jpeg 742w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/777a59c1-13ca-4a66-bbb7-b2f84cc16b89-300x210.jpeg 300w" sizes="auto, (max-width: 742px) 100vw, 742px" /><figcaption class="wp-element-caption">Un soldat russe auprès de prisonniers austro-hongrois se reposant sur les chemins de fer. Photo : Fergana News.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Et en effet, les forces britanniques ont bientôt eu à croiser le fer avec les anciens soldats d’Europe centrale, se battant désormais sous le drapeau communiste. Cela s’est déroulé sur le front transcaspien, justement au moment où Frederick Bailey est arrivé à Tachkent. Mais c’était loin d’être la première utilisation de combattants internationalistes de la part des bolchéviques du Turkestan. Auparavant, ils avaient déjà pris part à la déroute de l’autonomie de Kokand, accompagnée d’atrocités commises sur la population locale, ainsi qu’à la marche vers Samarcande du président du Commissariat du peuple au Turkestan, Fiodor Kolesov, alors que la ville appartenait à l’émir de Boukhara.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsqu’en janvier 1918, le commissaire militaire du Turkestan,&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Constantin_Ossipov">Konstantin Osipov</a>, a envoyé 11 convois militaires à Kokand pour chasser les autonomistes, de nombreux soldats à l’uniforme autrichien voyageaient dans les mêmes wagons que des ouvriers tachkentois armés à la hâte. L’ennemi ne leur a pas posé de complication particulière&nbsp;: la ville a été prise facilement et soumise à un pillage, surtout de la part d’Arméniens locaux qui avaient rejoint l’Armée rouge.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La campagne de Samarcande</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour ce qui est de la marche sur&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Samarcande">Samarcande</a>, comme l’écrivait dans ses mémoires le commandant militaire soviétique Ivan Kouts, les Hongrois y ont pris part principalement en tant que porteurs, mitrailleurs et occasionnellement espions&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« À Samarcande, les jours de marché, les espions pouvaient facilement passer pour des habitants des kichlaks se rendant à la ville pour des achats. La population locale du Turkestan n’avait pas de documents d’identité. Les Hongrois basanés et moustachus ne se distinguaient presque pas des Ouzbeks. »</em></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="742" height="488" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/7045a424-62b0-411d-8398-9f1ccef61e5f.jpeg" alt="Carte guerre civile URSS" class="wp-image-76206" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/7045a424-62b0-411d-8398-9f1ccef61e5f.jpeg 742w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/7045a424-62b0-411d-8398-9f1ccef61e5f-300x197.jpeg 300w" sizes="auto, (max-width: 742px) 100vw, 742px" /><figcaption class="wp-element-caption">Carte des campagnes militaires en Asie centrale pendant la guerre civile. Fergana News.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">La campagne de Kolesov, comme on le sait, s’est soldée par un échec&nbsp;: le gouvernement tachkentois a surévalué l’élan prolétaire des sujets de l’émir, et la population locale a opposé une vive résistance aux bolchéviques. Finalement, l’armée rouge a à peine réussi à quitter Samarcande, et les « Magyars rouges » expérimentés ont été utiles dans cette situation. Kouts renvoie aux qualités militaires des soldats hongrois dans les termes les plus élogieux&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Mészáros [un sous-officier de l’armée austro-hongroise] tirait de façon virtuose. Un autre tirait du côté gauche, de façon tout aussi sûre. Ces tirs croisés soutenus de deux mitrailleurs ont arrêté l’ennemi. Il semblait que l’affaire était dans le sac. Mais des derviches et des mollahs ont surgi au-devant. Leurs cris, promettant le paradis à ceux tombés au combat et un châtiment cruel aux veules, faisaient effet. L’avalanche ennemie se dirigeait de nouveau vers nous. Mészáros, fidèle à son principe de viser la tête, tira une rafale sur ces religieux. »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des combats sur tous les fronts</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les années 1918-1919, les internationalistes étaient mobilisés sur tous les fronts dans le périmètre entourant la République du Turkestan, comme du côté d’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Aktioub%C3%A9">Aktioubé</a>, où ils durent repousser l’offensive de l’ataman d’Orenbourg,&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Doutov">Alexandre Doutov</a>, ou à&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Oblast_de_Semiretchie">Semiretchié</a>, où les Cosaques avaient provoqué un soulèvement, ou encore dans la vallée de Ferghana, soumise à une révolte des paysans et des basmatchis, et enfin en&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Oblast_de_Transcaspienne">Transcaspienne</a>, d’où les forces du gouvernement des menchéviques de Fountikov et les Anglais (du&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pendjab">Penjab</a>) essayaient de s’introduire du côté de l’Amou-Darya.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;:&nbsp;<a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/une-promenade-dans-la-samarcande-prerevolutionnaire/">Une promenade dans la Samarcande prérévolutionnaire</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En juillet 1918, ce sont les Hongrois qui constituaient l’ossature des forces du commissaire Andreï Frolov, arrivé à&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Achgabat">Achgabat</a>&nbsp;pour rétablir l’ordre. Les bolchéviques y furent vaincus et leur commandant exécuté par les ouvriers locaux. Plus tard, les internationalistes ont pris part à toutes les batailles majeures du front transcaspien&nbsp;: à l’attaque ratée de&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Merv">Merv</a>&nbsp;en août 1918 et à la défaite des bolchéviques près de la station Douchak deux mois plus tard. Le général blanc Boris Litvinov, qui commandait la division de la Transcaspienne, attribue une caractéristique nationale aux forces ennemies dans ses mémoires&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Le front blanc de la Transcaspienne s’est organisé par lui-même dès le début de l’année 1918. D’une façon ou d’une autre, [le front] a arraché de ses propres forces aux bolchéviques toute la région transcaspienne et l’a conservé toute l’année 1918, portant un coup dur aux germano-hongro-bolchéviques. »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>D’une armée à l’autre</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’un des Hongrois qui s’est battu dans les déserts et les steppes du Turkestan pour le camp soviétique était Sándor Sziklai, une personnalité connue du mouvement communiste. En 1918, cet ancien fermier membre de l’armée austro-hongroise a créé l’unité « Communard de Samara » dans la région de la Volga, avec laquelle il a combattu dans l’Oural et près d’Orenbourg, puis en Asie centrale. En Transcaspienne, Sándor Sziklai a été gravement blessé. Il prend ensuite part à la révolution hongroise, travaille au Komintern et part participer à la guerre civile espagnole. En 1956, il est tué par des opposants aux communistes lors de l’insurrection hongroise.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="768" height="1024" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/e76844a0-e1c4-41eb-b578-3d5308ae9a3f-768x1024.jpeg" alt="Sándor Sziklai" class="wp-image-76205" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/e76844a0-e1c4-41eb-b578-3d5308ae9a3f-768x1024.jpeg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/e76844a0-e1c4-41eb-b578-3d5308ae9a3f-225x300.jpeg 225w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/e76844a0-e1c4-41eb-b578-3d5308ae9a3f.jpeg 992w" sizes="auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px" /><figcaption class="wp-element-caption">Sándor Sziklai. Photo : Fergana News.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant la Première Guerre mondiale, le soldat autrichien Ernest Koujello a déserté pour se rallier aux Russes. Plus tard, lorsque la guerre civile éclate à Orenbourg, il y est nommé commandant de la région fortifiée d’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sol-Iletsk">Iletsk</a>, qui correspond aujourd’hui à Aktioubé. Arrivé en Asie centrale, il fit une carrière militaire brillante dans la république du Turkestan. Koujello a occupé alternativement les postes de commandant des forces d’Andijan, dirigeant de la division distincte de Ferghana, commandant de la brigade de cavalerie des internationalistes, commandant du groupe des forces de l’armée rouge de&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kattakourgan">Katta-Kourgan</a>. Il s’est battu contre les basmatchis jusqu’en 1924, ce pour quoi il a été récompensé deux fois de l’ordre du Drapeau rouge.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des combats idéologiques&nbsp;?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, les combattants idéologiques comme Sziklai et Koujello ne représentaient qu’une minorité parmi les internationalistes. Malgré leur meilleure préparation militaire par rapport aux autres divisions de l’armée rouge, les anciens prisonniers de guerre ne se distinguaient pas par des qualités psychologiques supérieures et cédaient souvent à la faiblesse si l’ennemi se montrait tenace.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, après les défaites de la première moitié de 1919 sur le front d’Aktioubé, les membres étrangers de l’Armée rouge sous les ordres de Gueorguy Kolouzaïev ont refusé de combattre et ont commencé à demander à être rapatriés. Les Anglais ont immédiatement utilisé cette opportunité de fomenter une révolte dans ces divisions. Les bolchéviques ont donc désarmé les internationalistes avec beaucoup de difficultés et, après la réunion du Turkestan à la Russie, ont renvoyé ceux qui le souhaitaient chez eux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le façonnement idéologique des étrangers ne s’arrêtait cependant pas même pendant la bataille. Comme le rapportait à Tachkent un commissaire politique du front transcaspien fin 1919&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Le travail politique se porte bien. On dispense des cours en allemand et en hongrois… Le régiment compte 2 000 internationalistes, dont 1 400 sont entrés au parti. »</em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Défendre le pouvoir soviétique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En 1920, tous les « Magyars rouges » et les autres membres de l’armée rouge étrangers avaient été intégrés dans deux régiments internationalistes du Turkestan, qui comptaient environ 1 000 combattants chacun. Ils combattaient en Transcaspienne contre les partisans de Denikine et contre les basmatchis dans toute la région. Les Hongrois prenaient aussi part aux actions punitives, permettant d’étouffer les insurrections, dont celle de Tachkent en 1919, soulevée par Osipov. Les insurgés avaient réussi à occuper les casernes de l’armée, mais, en essayant de prendre la forteresse de la ville, ils se sont heurtés à la résistance des internationalistes. Selon les mots de Bailey&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« La forteresse de Tachkent était occupée par d’anciens prisonniers de guerre hongrois libérés, qui étaient passés au service de l’armée rouge. Ils étaient restés loyaux aux bolchéviques, et un duel d’artillerie a eu lieu entre la forteresse et les casernes du deuxième&nbsp;régiment. La résistance de ces Hongrois dans la forteresse s’est avérée être la raison principale de l’échec du soulèvement d’Osipov. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;:&nbsp;<a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/lhistorien-alexander-morrison-presente-son-livre-sur-la-conquete-russe-de-lasie-centrale/">L’historien Alexander Morrison présente son livre sur la conquête russe de l’Asie centrale</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les combattants commandés par le Hongrois Iosif Nemeș se sont particulièrement distingués au combat contre les basmatchis. Son unité a été décorée de l’ordre du Drapeau rouge&nbsp;<em>« pour son excellence dans les combats contre les ennemis de la patrie socialiste près de la ville de Tchoust, près du kichlak de Pap, dans le kichlak d’Arkham et à Marguilan »</em>. Tout le 1er régiment internationaliste du Turkestan a plus tard été décoré d’une façon analogue.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Former de nouvelles unités</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les dispositions suivantes ont été envoyées au printemps 1920 du Conseil militaire révolutionnaire du Turkestan au front de Semirétchié&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Le commissaire militaire régional doit former, avec les anciens prisonniers de guerre allemands et hongrois se trouvant dans les délimitations de la région de Sémirétchié, une unité de 125 cavaliers et 375 fantassins de l’armée rouge&nbsp;; ce sera une unité spéciale sous l’autorité des internationalistes du Conseil militaire révolutionnaire du front du Turkestan. Tous les internationalistes se trouvant en garnison doivent être réaffectés depuis leurs divisions et constituer le noyau principal de l’unité en formation. »</em></p>


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<p class="wp-block-paragraph">Comme le montrent les documents soviétiques de cette époque, la création de cette unité est une réponse à l’appel du groupe hongrois du parti communiste russe de Semipalatinsk aux anciens prisonniers de guerre&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Camarades, frères travailleurs&nbsp;! En Hongrie, les suppôts de la bourgeoisie et les généraux couverts d’or anéantissent nos frères travailleurs par milliers. Des torrents de sang ouvrier se déversent en Hongrie. Nous devons mettre fin à ce bain de sang… Que tous ceux qui chérissent la révolution prennent les armes&nbsp;! Entrez dans l’armée rouge, qui apporte victoire et liberté au prolétariat mondial. »</em></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="886" height="1024" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/130e0c38-ca0a-4fcf-b624-85d989654701-886x1024.jpeg" alt="Sphinx cimetière Tachkent" class="wp-image-76204" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/130e0c38-ca0a-4fcf-b624-85d989654701-886x1024.jpeg 886w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/130e0c38-ca0a-4fcf-b624-85d989654701-260x300.jpeg 260w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/130e0c38-ca0a-4fcf-b624-85d989654701-768x887.jpeg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/130e0c38-ca0a-4fcf-b624-85d989654701.jpeg 992w" sizes="auto, (max-width: 886px) 100vw, 886px" /><figcaption class="wp-element-caption">Sphinx dans le cimetière de Botkine à Tachkent. Photo&nbsp;: Wikimedia.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">La traditionnelle déchirure de la propagande bolchévique est tout à fait compréhensible dans ce cas-ci&nbsp;: en Hongrie, les communistes ont subi une défaite de la part des interventionnistes roumains ayant laissé le pouvoir au régent&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mikl%C3%B3s_Horthy">Miklós Horthy</a>. Cependant, en Russie, la situation a pris la tournure inverse&nbsp;: l’armée rouge a détruit toutes les tentatives de renverser le pouvoir soviétique, à la fois de la part de la contre-révolution intérieure et des acteurs extérieurs, bien que le rôle de ces derniers ne soit invariablement exagéré dans l’historiographie russe.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Après les combats</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La participation des internationalistes à la guerre civile ne retient pas toute l’attention des historiens. Sans prendre en considération la Russie entière, mais seulement le Turkestan, on peut affirmer avec certitude que ce sont ces prisonniers de guerre qui ont assuré la survie des autorités soviétiques dans la période qui lui a été la plus difficile.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que les bolchéviques locaux, coupés de la Russie, n’étaient pas soutenus par la population musulmane, ils ont dû affronter les basmatchis, la garde blanche, les ennemis de Khiva et Boukhara. Les « Magyars rouges » et leurs semblables sont alors devenus les sauveurs de la « patrie socialiste », souvent contre leur propre volonté.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;:&nbsp;<a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/traditions-sovietiques-toujours-presentes-en-asie-centrale/">Mariage, fêtes et jours fériés : ces traditions soviétiques toujours présentes en Asie centrale</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Après la fin de la phase initiale de combats en 1922-1923, les divisions internationalistes ont été dissoutes ; nombre de combattants sont rentrés chez eux, mais quelques-uns ont préféré rester et obtenir la citoyenneté soviétique. Au cimetière de Botkine à Tachkent, dans les cimetières de Kokand, Samarcande et d’autres villes, se trouvent des tombes d’anciens soldats austro-hongrois, dont celles de participants à la guerre civile.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Personne n’a jamais cherché à savoir combien d’entre eux avaient été enterrés au Turkestan. Le sphinx qui veille sur les tombes hongroises de la capitale ouzbèke semble regarder devant lui avec une indifférence absolue.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Piotr Bologov<br>Journaliste pour Fergana News</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du&nbsp;</strong><a href="https://fergana.agency/articles/144354/"><strong>russe</strong></a><strong>&nbsp;par Paulinon Vanackère</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Anaïs Marayphonh</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>« Si loin si proche, Pamir », le livre qui fait dialoguer un photographe français et un poète pamiri</title>
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		<pubDate>Thu, 22 Oct 2026 09:36:54 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/pamir-livre-dialoguer-photographe-francais-poete-pamiri/">« Si loin si proche, Pamir », le livre qui fait dialoguer un photographe français et un poète pamiri</a></p>
<p>Un livre réunissant des photographies de François Pache et des poèmes de Sashi Zaifi est à paraître en novembre. L&#8217;un y questionne les représentations du Pamir, la justesse du regard d&#8217;un photographe occidental et le rapport entre photographie et réel. L&#8217;autre évoque des réminiscences d&#8217;un pays dont il est séparé, frappant le lecteur par sa [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un livre réunissant des photographies de François Pache et des poèmes de Sashi Zaifi est à paraître en novembre. L&rsquo;un y questionne les représentations du Pamir, la justesse du regard d&rsquo;un photographe occidental et le rapport entre photographie et réel. L&rsquo;autre évoque des réminiscences d&rsquo;un pays dont il est séparé, frappant le lecteur par sa poésie tantôt onirique, tantôt politique.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Ce n&rsquo;est pas un livre grand public »</em>, résume François Pache. Ce photographe a découvert le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pamir">Pamir</a> en 2023 et y est retourné après un passage par l&rsquo;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89cole_nationale_sup%C3%A9rieure_de_la_photographie">école nationale supérieure de la photographie d&rsquo;Arles</a> en 2025, avec un regard nouveau. De ces deux séjours est née une série de clichés qui a alimenté sa réflexion sur la justesse d&rsquo;un regard occidental sur les régions et les cultures qui lui sont lointaines, et plus particulièrement sur celle-ci, <em>« saturée de beauté et de propagande »</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il était alors nécessaire de faire dialoguer ces images avec quelqu&rsquo;un capable de parler de la vie de ces femmes et de ces hommes, Sashi Zaifi. Ce barde pamiri, contraint par la pression policière de fuir son pays en 2022 pour s&rsquo;installer en Europe, a composé 16 poèmes que lui ont inspiré ces 90 clichés. Ses vers, présentés en version originale avec leur traduction française, racontent la beauté de son pays, mais aussi les routes de l&rsquo;exil.</p>



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<p class="wp-block-paragraph"><em>« Aucun ne parle à la place de l’autre. Le montage du livre prolonge cette relation. Les photographies et les poèmes disposent chacun d’un espace autonome, permettant leur résonance, mais aussi leur dissonance. La poésie ne commente pas les images ; elle fait entendre ce qui, dans ce contexte politique, reste tu ou déplacé. Parfois, elle vient en contrepoint de ce que pourraient laisser penser les images »</em>, écrit le photographe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le livre porte sept temps de narration visuelle : le passage, les territoires, l&#8217;emprise politique, les paysages intérieurs, la jeunesse et le renouveau, les visages de l&rsquo;hospitalité et la sortie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La genèse d&rsquo;un projet</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« La raison première de ce projet est de créer un dialogue entre mes photos et les poèmes de Sashi Zaifi »</em>, raconte François Pache dans un entretien avec Novastan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2025, il a visité les mêmes lieux et retrouvé les mêmes personnes que deux ans auparavant. <em>« J&rsquo;y suis retourné en 2025 avec un nouveau questionnement sur la justesse du regard. Comment mon regard occidental sur une culture étrangère pouvait-il approcher au plus près de la réalité du territoire ? Je savais que je n&rsquo;y arriverais pas »</em>, ajoute-t-il. Cette fois, le fils de la famille qui le recevait à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khorog">Khorog</a> l&rsquo;a accompagné et lui a permis d&rsquo;entrer plus étroitement en contact avec le territoire et ses habitants.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="684" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/pamir_473-32-nb-1024x684.jpg" alt="Pamir Yamg" class="wp-image-76127" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/pamir_473-32-nb-1024x684.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/pamir_473-32-nb-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/pamir_473-32-nb-768x513.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/pamir_473-32-nb.jpg 1417w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Au petit matin, les vaches du village de Yamg traversent le Pianj pour aller<br>paître sur les pâturages afghans. Photo : François Pache.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">A Khorog, les photos du président sont partout depuis la fin de la <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/tadjikistan-20-ans-apres-la-guerre-civile-lheure-est-au-souvenir/">guerre civile</a>. Celles-ci ont renvoyé le photographe à quelques-uns de ses propres clichés qui, malgré lui, créaient une forme différente de propagande en idéalisant la réalité, ou s&rsquo;attachaient trop à la beauté des paysages. C&rsquo;est ce qu&rsquo;il a compris en rendant visite à une jeune femme d&rsquo;un village isolé pour lui offrir le portrait tiré d&rsquo;elle deux ans auparavant : <em>« Je me suis rendu compte que j&rsquo;avais sans doute idéalisé sa vie, l&rsquo;imaginant retirée mais paisible et heureuse. Elle était titulaire d&rsquo;un master à l&rsquo;université de Khorog et vivait désormais dans ce village, où elle disait qu&rsquo;elle n&rsquo;avait pas une minute à elle. »</em> Pourtant, quand il lui demande d&rsquo;écrire quelques mots sur sa vie à l&rsquo;abri des regards, la jeune femme se dit parfaitement heureuse.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="481" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/Capture-decran-2026-08-24-a-12.02.33-1024x481.jpg" alt="Khorog" class="wp-image-76130" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/Capture-decran-2026-08-24-a-12.02.33-1024x481.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/Capture-decran-2026-08-24-a-12.02.33-300x141.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/Capture-decran-2026-08-24-a-12.02.33-768x361.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/Capture-decran-2026-08-24-a-12.02.33-1536x721.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/Capture-decran-2026-08-24-a-12.02.33-2048x961.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Scènes de rue à Khorog. Photo : François Pache.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Marziya vient de me rappeler que la photographie n&rsquo;est pas la réalité »</em>, constate-t-il. Il était alors souhaitable qu&rsquo;une tierce personne puisse s&rsquo;exprimer, et non plus seulement ses photos. Il est alors entré en contact avec Sashi Zaifi.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le photographe et le barde</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sashi Zaifi a fui le Pamir en décembre 2022 à cause de la <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/rapporteur-onu-minorites-sest-rendu-au-tadjikistan/">pression des services secrets</a>, qui tentaient de l&#8217;empêcher d&rsquo;écrire, d&rsquo;autant que ses amis, de plus en plus des amis proches, finissaient en prison voire disparaissaient. Il était sans doute le barde le plus connu du Pamir, célébrant la justice sociale et la liberté, dénonçant les dominations dans ses chansons et ses poèmes.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="684" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/pamir_323a-32-nb-1024x684.jpg" alt="Pamir" class="wp-image-76128" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/pamir_323a-32-nb-1024x684.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/pamir_323a-32-nb-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/pamir_323a-32-nb-768x513.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/pamir_323a-32-nb.jpg 1417w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Pamir, juillet 2023. Photo : François Pache.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Face à la douleur de l&rsquo;exil, il décrit ce projet comme <em>« une goutte de vie »</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Je suis venu avec les tirages de mes images, que j&rsquo;ai posés au sol. Pendant quelques jours, il les a regardés. Cela a réveillé des souvenirs douloureux, il a sorti des cahiers dans lesquels il avait écrit des poèmes et pris des notes et les a associés aux images qui réveillaient ses souvenirs. Je ne l&rsquo;ai ni dirigé ni questionné sur ses choix »</em>, se souvient François Pache.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La plupart des textes ont été écrits en russe et environ un quart en <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Shughni">shughni</a>, la langue majoritaire du Pamir. La traduction s&rsquo;est faite entre le fils de Sashi Zaifi et François Pache, en passant par l&rsquo;anglais. Il y a ensuite eu des points de vérification avec des locuteurs franco-russes et franco-shughnis.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une vision qui évolue entre les deux voyages</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le photographe s&rsquo;est principalement rendu dans les vallées du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Piandj">Piandj</a>, de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Cha%C3%AEnon_Shakhdara">Shakhdara</a>, de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Vanch">Vanj</a> et de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bartang">Bartang</a>, ainsi que dans les régions de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Murghab_(Tadjikistan)">Murghab</a> et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Lac_Kara-Kul">Karakoul</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="480" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/Capture-decran-2026-08-24-a-11.57.04-1024x480.jpg" alt="Deux soeurs village Yamg" class="wp-image-76131" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/Capture-decran-2026-08-24-a-11.57.04-1024x480.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/Capture-decran-2026-08-24-a-11.57.04-300x141.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/Capture-decran-2026-08-24-a-11.57.04-768x360.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/Capture-decran-2026-08-24-a-11.57.04-1536x720.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/Capture-decran-2026-08-24-a-11.57.04-2048x960.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Deux soeurs du village de Yamg. Photo : François Pache.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« En 2023, j&rsquo;étais comme tous les photographes européens qui découvrent cette beauté éblouissante et en prennent plein les yeux, surtout si on est sensible aux particularités culturelles du pays. Je suis revenu avec plus de recul. Mon regard avait été changé aussi par mon passage par une école d&rsquo;art, je voyais d&rsquo;autres choses »</em>, ajoute-t-il.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="481" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/Capture-decran-2026-08-24-a-12.02.44-1024x481.jpg" alt="Maison Pamir" class="wp-image-76129" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/Capture-decran-2026-08-24-a-12.02.44-1024x481.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/Capture-decran-2026-08-24-a-12.02.44-300x141.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/Capture-decran-2026-08-24-a-12.02.44-768x361.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/Capture-decran-2026-08-24-a-12.02.44-1536x721.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/Capture-decran-2026-08-24-a-12.02.44-2048x961.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">L&rsquo;intérieur d&rsquo;une maison au Pamir. Photo : François Pache.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Cette évolution du regard est perceptible sur une photographie prise de nuit sur la route entre Douchanbé et Khorog. Celle-ci montre un militaire de dos qui longe la frontière et <em>« l&rsquo;omniprésence policière, qui prétend protéger la population. »</em> Il est bien sûr interdit de prendre en photo ces militaires, mais François Pache n&rsquo;a pas pu s&#8217;empêcher de le faire et d&rsquo;en montrer le tirage à Sashi Zaifi et à son fils.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On devine un garde-frontière sur la photo, mais Sashi Zaifi a gratté sa silhouette avec un couteau, <em>« comme pour détruire cette présence qui l&rsquo;a lui-même détruit, comme un acte de résistance, faisant apparaître une silhouette spectrale. Comme lui-même lorsqu&rsquo;il a fui le Pamir. Cette photo est ambigüe, ambivalente. Elle exprime à la fois la fuite, l&rsquo;exil et la présence policière. »</em> C&rsquo;est ainsi, éraflée au couteau, qu&rsquo;elle est présentée dans le livre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une poésie dure et onirique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le livre peut être vu de deux manières différentes. On peut y voir la rudesse de la vie des habitants, des belles photos, un dialogue avec la poésie. Mais on peut aussi y saisir un moyen de donner de la visibilité à ce territoire, en abordant la question de la justesse du regard porté sur lui.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/europe-et-asie-centrale/colloque-pamir-a-eu-lieu-a-linalco/">Un colloque sur le Pamir a eu lieu à l’Inalco</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour François Pache, <em>« ce livre est politique d&rsquo;une certaine manière, même si ce n&rsquo;est pas explicite. L&rsquo;espace ouvert à la voix de Sashi avec certains poèmes très durs sur le régime donnent une portée politique certaine au livre. Il rappelle le prix de la liberté dans son pays, mais aussi chez nous, en démocratie. Ce n&rsquo;est pas uniquement un livre de photographies. »</em> Et en effet, Sashi Zaifi évoque à de nombreuses reprises l&rsquo;évolution de la situation dans sa région d&rsquo;origine, comme dans ces vers :</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Ici, la vie tremble comme un fil.<br>Soudain, je me suis demandé comment on pouvait y vivre. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais certains poèmes sont aussi oniriques : Sashi Zaifi a une formation de philosophe et de journaliste. Il n&rsquo;écrit pas de poésie moraliste mais plutôt métaphysique, avec une tonalité particulière, parlant par réminiscences d&rsquo;un pays dont il est séparé.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un livre édité sous sa propre marque éditoriale</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le sujet étant trop niche, croisant une portée documentaire, poétique et humaine engagée, il n&rsquo;a pas été possible de trouver un éditeur. Pour eux, le public était trop restreint pour s&rsquo;engager. Le photographe a alors créé sa propre marque éditoriale et lancé une campagne de <a href="https://fr.ulule.com/si-loin-si-proche--pamir/">financement participatif</a> pour en tirer 500 exemplaires. L&rsquo;ouvrage paraitra au mois de novembre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Je prévoyais d&rsquo;abord de faire un livre en couleur et grand format, mais en rencontrant des éditeurs, j&rsquo;ai vite compris que le sujet était trop niche et qu&rsquo;il n&rsquo;y aurait pas d&rsquo;équilibre économique si je ne revoyais pas le coût d&rsquo;impression à la baisse. La raison d&rsquo;être du livre est le dialogue entre les photos et les poèmes, rien d&rsquo;autre. Il ne s&rsquo;agit pas de montrer seulement des photos mais aussi des résonnances et des dissonances »</em>, se souvient le photographe.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, en réanalysant la maquette initiale, il a trouvé que le noir et blanc et la réduction du format à 22 sur 24 cm permettaient de renforcer la cohérence des images autour des poèmes et de proposer le livre à un prix plus accessible, 28 euros. Le livre devient ainsi accessible non plus seulement à des amateurs de photographie prêts à payer le prix fort pour un livre d&rsquo;art, mais aussi à ceux qui aiment ce territoire ou la poésie de Sashi Zaifi.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Les photographies n&rsquo;étaient pas prises pour le noir et blanc et j&rsquo;ai veillé dans cette transformation à trouver un juste compromis entre la qualité de rendu et la portée documentaire »</em>, conclut François Pache.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>La rédaction</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>« 2330 » : Viner transforme les sons d&#8217;Asie centrale en musique de club</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Mathieu Lemoine]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Oct 2026 09:03:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[L'Europe et l'Asie centrale]]></category>
		<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Société et cultures]]></category>
		<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<category><![CDATA[musique de club]]></category>
		<category><![CDATA[musique électronique]]></category>
		<category><![CDATA[shashmaqam]]></category>
		<category><![CDATA[Viner Khaiitov]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://novastan.org/fr/?p=76104</guid>

					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/viner-2330-asie-centrale-musique-electronique/">« 2330 » : Viner transforme les sons d&rsquo;Asie centrale en musique de club</a></p>
<p>Le DJ et producteur Viner Khaiitov publie « 2330 », un EP construit à partir d'enregistrements réalisés en Asie centrale en 2022. Entre Tachkent, Moynaq, Patar, Barcelone et Marseille, le disque mêle musique de club, exil et quête d'identité.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le DJ et producteur Viner Khaiitov publiera le 18 novembre « 2330 », un EP électronique composé à partir d&rsquo;enregistrements réalisés en Ouzbékistan et ailleurs en Asie centrale en 2022. Derrière les cinq morceaux se dessinent aussi une histoire d&rsquo;exil, des racines familiales entre Tadjikistan, Ouzbékistan et région Volga-Oural, et un refus des identités trop facilement assignées.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque Viner Khaiitov arrive à Tachkent le 6 mars 2022, il ne vient pas en Asie centrale pour enregistrer un disque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Ce n&rsquo;était pas un voyage, c&rsquo;était une fuite », raconte aujourd&rsquo;hui le DJ et producteur, installé entre Marseille et Barcelone. Quelques jours plus tôt, après le début de l&rsquo;invasion à grande échelle de l&rsquo;Ukraine par la Russie, il avait participé à des manifestations contre la guerre et avait été interpellé. Lorsque la police est revenue chez lui une seconde fois, il a quitté la Russie avec deux sacs à dos.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Ouzbékistan était alors « la destination la moins chère ». Viner n&rsquo;y avait encore jamais vécu. Son rapport à la région était pourtant ancien : son père est ouzbek et tatar mishar, sa mère bachkire et tatare, tandis qu&rsquo;une partie de sa famille avait vécu à Patar, dans le nord du Tadjikistan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quatre ans plus tard, les sons recueillis pendant cette période forment la matière première de <em>2330</em>, un EP de cinq morceaux que Viner publiera le 18 novembre sur son propre label, PATAR.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais <em>2330</em> n&rsquo;est ni un disque d&rsquo;archives sonores, ni une tentative de faire entrer quelques instruments « traditionnels » dans de la musique électronique occidentale. Les voix, percussions, bruits de rue et fragments musicaux enregistrés en Asie centrale y sont découpés, répétés et transformés jusqu&rsquo;à devenir la structure même des morceaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan</strong>: <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/waiting-for-the-sea-un-documentaire-entre-musique-electronique-et-folklorique-en-ouzbekistan/" data-type="link" data-id="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/waiting-for-the-sea-un-documentaire-entre-musique-electronique-et-folklorique-en-ouzbekistan/">«&nbsp;Waiting for the Sea&nbsp;» : un documentaire entre musique électronique et folklorique en Ouzbékistan</a><br></p>



<p class="wp-block-paragraph">« Je n&rsquo;ai pas besoin que l&rsquo;auditeur entende « l&rsquo;Asie centrale ». J&rsquo;ai besoin qu&rsquo;il entende un morceau », résume Viner.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">De Tachkent à Moynaq</h2>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Son premier séjour ouzbek commence au moment où les abricotiers fleurissent à Tachkent. Deux semaines plus tard arrive Navrouz, la fête du printemps célébrée dans toute l&rsquo;Asie centrale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Viner parcourt alors la vieille ville avec un enregistreur prêté par Josef Tumari, un musicien de Tachkent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une partie importante de <em>2330</em> vient de ces journées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Une bonne partie de l&rsquo;EP vient de Navrouz à Tachkent : des musiciens de rue, des gens en fête », explique-t-il. Une nuit en particulier lui reste en mémoire. Du sumalak, cette préparation de blé germé traditionnellement cuite pendant de longues heures à l&rsquo;occasion de Navrouz, était préparé pendant que jouait de la musique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il enregistre l&rsquo;atmosphère, avant d&rsquo;en fragmenter les sons plusieurs années plus tard.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« J&rsquo;ai enregistré toute cette atmosphère, puis je l&rsquo;ai émiettée en petits morceaux pour en faire des percussions. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelques semaines plus tard, il rejoint Moynaq, dans la république autonome du Karakalpakstan, où il travaille comme directeur technique du festival Stihia, organisé près de l&rsquo;ancienne mer d&rsquo;Aral.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan</strong>: <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/le-festival-de-musique-electronique-stihia-naura-pas-lieu-au-karakalpakstan/" data-type="link" data-id="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/le-festival-de-musique-electronique-stihia-naura-pas-lieu-au-karakalpakstan/">Le festival de musique électronique Stihia n’aura pas lieu au Karakalpakstan</a><br></p>



<p class="wp-block-paragraph">Juste avant l&rsquo;ouverture, une tempête de sable frappe le site.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Une grande partie des structures, toits compris », est emportée, se souvient-il. Puis arrive un orage, avec des éclairs « sur tout le ciel ». L&rsquo;équipe répare les installations et le festival ouvre dès le lendemain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Paradoxalement, l&rsquo;un des épisodes les plus spectaculaires de son séjour ne produira aucun enregistrement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Si je n&rsquo;avais pas été responsable du site, j&rsquo;aurais sans doute été simplement heureux. Je n&rsquo;ai enregistré ni la tempête ni l&rsquo;orage : j&rsquo;avais autre chose à faire. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au retour, il traverse Khiva, Boukhara et Samarcande en voiture, enregistrant au passage des fragments sonores. D&rsquo;autres prises viennent de la route vers Moynaq, de sons industriels, de la nature et, plus tard, d&rsquo;une résidence musicale organisée par le Goethe-Institut près d&rsquo;Ulugbek.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le morceau <em>1629</em> conserve ainsi la trace d&rsquo;une scène presque banale à Boukhara.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Il y a une musique que j&rsquo;ai enregistrée à Boukhara. Elle sortait à plein volume d&rsquo;une fenêtre, et je l&rsquo;ai captée avec mon enregistreur. »</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">La ville devient percussion</h2>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les cinq pistes de <em>2330</em> portent uniquement des nombres : <em>1233</em>, <em>1619</em>, <em>1629</em>, <em>1516</em> et <em>1317</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Viner refuse d&rsquo;en expliquer la signification.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Tout titre est une étiquette, comme celles contre lesquelles cet EP a été fait. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce refus de nommer traverse tout le projet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans <em>1619</em>, par exemple, la base rythmique est constituée de frappes de doira, de différents tambourins, de kayrok &#8211; des percussions formées de pierres plates &#8211; mais aussi de bruits urbains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Je tape sur des clôtures et sur tout ce qui me tombe sous la main ; quelque part, on entend un klaxon. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces sons sont ensuite transformés en polyrythmies et en syncopes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Si l&rsquo;on tend l&rsquo;oreille, on entend la ville presque partout dans le morceau. Juste une ville, ordinaire et bien urbaine. »</p>



<a href="https://viner.bandcamp.com/album/2330">2330 by Viner</a>



<p class="wp-block-paragraph">Cette manière de travailler éloigne <em>2330</em> d&rsquo;une utilisation décorative des musiques traditionnelles centrasiatiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Viner, l&rsquo;exotisation commence précisément lorsqu&rsquo;un son devient un raccourci géographique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Une voix, un doira, donc l&rsquo;Asie centrale. Un tel son est posé par-dessus : on l&rsquo;enlève, et le morceau tient toujours. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans <em>2330</em>, dit-il, c&rsquo;est l&rsquo;inverse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Les enregistrements ne sont pas posés sur le beat, ils sont le beat. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les fragments utilisés sont d&rsquo;ailleurs extrêmement courts, généralement inférieurs à une seconde. Une voix, un coup de percussion ou un bruit de rue cesse progressivement d&rsquo;être identifiable comme élément « traditionnel » pour devenir une texture.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Mes morceaux sont construits comme une mosaïque. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette approche a également retenu l&rsquo;attention de Theodore Levin, professeur au Dartmouth College et spécialiste des musiques d&rsquo;Asie centrale, à qui Viner a fait écouter l&rsquo;EP. Selon le chercheur, la musique évite « les clichés musicaux orientalistes longtemps utilisés pour stéréotyper l&rsquo;Orient ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il souligne également la façon dont Viner transforme ses enregistrements d&rsquo;origine jusqu&rsquo;à les rendre pratiquement méconnaissables, pour en faire une œuvre musicale nouvelle. Une démarche qui, selon lui, dépasse la simple incorporation de sonorités traditionnelles dans une composition électronique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">Une région présente « dans la pièce d&rsquo;à côté »</h2>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Si Viner n&rsquo;avait jamais vécu en Ouzbékistan avant 2022, l&rsquo;Asie centrale était pourtant omniprésente dans son enfance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« L&rsquo;Asie centrale a toujours été chez nous, mais comme dans la pièce d&rsquo;à côté », raconte-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ses parents parlaient entre eux tatar, bachkir, ouzbek et tadjik. Avec leurs enfants, en revanche, ils n&rsquo;utilisaient que le russe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Ils avaient peur que l&rsquo;accent nous trahisse. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">La région était ailleurs : dans les repas, les objets, les souvenirs familiaux. Dans la maison se trouvaient des objets venus d&rsquo;Asie centrale et les cornes d&rsquo;un bouquetin abattu par son grand-père maternel dans le Pamir. Sa famille mangeait plov, manty ou chourpa.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La branche maternelle avait vécu dans le Pamir et à Oura-Tioubé, aujourd&rsquo;hui Istaravchan, au Tadjikistan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Du côté paternel, le point d&rsquo;ancrage est Patar, un village situé près de Konibodom, dans la vallée de Ferghana. Ses grands-parents y vivaient et son frère et sa sœur aînés y sont nés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Viner n&rsquo;y est retourné que deux fois dans son enfance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Patar a toujours été pour moi une maison qui n&rsquo;existe pas, mais qui se trouve quelque part, tout près. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est ce nom qu&rsquo;il a choisi pour son label.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;idée de PATAR existait avant 2022, mais l&rsquo;exil lui donne une autre signification.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À son arrivée en Europe, Viner dit avoir eu du mal à trouver sa place. Il parlait imparfaitement les langues locales et ressentait le besoin de reconstruire une forme de foyer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Je me suis dit alors que Patar pouvait devenir une maison, pour moi et pour quiconque voudrait la considérer comme la sienne. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Fondé au printemps 2025, PATAR est aujourd&rsquo;hui un label et laboratoire artistique basé à Barcelone.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">« Russe », et puis plus rien</h2>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette question du lieu et de l&rsquo;appartenance constitue l&rsquo;autre versant de <em>2330</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Europe, explique Viner, il est presque systématiquement présenté comme « russe ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas le terme lui-même qui l&rsquo;irrite le plus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« C&rsquo;est qu&rsquo;après lui la conversation s&rsquo;arrête. On a dit « russe », et tout semble réglé : la langue, la culture, d&rsquo;où je viens, ce qui me parle. »</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="859" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/viner-khaiitov-paola-idrontino-1128-1024x859.jpg" alt="" class="wp-image-76110" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/viner-khaiitov-paola-idrontino-1128-1024x859.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/viner-khaiitov-paola-idrontino-1128-300x252.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/viner-khaiitov-paola-idrontino-1128-768x644.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/viner-khaiitov-paola-idrontino-1128-1536x1289.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/viner-khaiitov-paola-idrontino-1128.jpg 1800w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Viner Khaiitov. Photo : Paola Idrontino.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sous cette définition disparaissent selon lui les trajectoires de sa famille : ouzbèke, tatare mishar, bachkire, tadjike par les lieux de vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Viner fait également une distinction importante entre les termes russes <em>russkiy</em>, qui renvoie généralement à l&rsquo;appartenance ethnique russe, et <em>rossiyanin</em>, qui désigne un citoyen de la Fédération de Russie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Même en Russie, je ne me suis jamais dit <em>russkiy</em> ; je disais <em>rossiyanin</em>. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette nuance se perd presque entièrement en français ou en anglais, où « russe » ou <em>Russian</em> peuvent désigner les deux réalités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour lui, la question a aussi une dimension politique depuis 2022.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Quand un État range parmi « les siens » tous ceux qui parlent russe, c&rsquo;est une revendication sur les pays voisins. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne cherche cependant pas à effacer la Russie de sa propre histoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Le russe est ma première langue, j&rsquo;ai grandi en Russie. Mes racines ouzbèkes, tatares et bachkires ne m&rsquo;exonèrent pas de cette question, elles la rendent plus complexe. »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>2330</em> devient ainsi moins une affirmation d&rsquo;identité définitive qu&rsquo;une manière de résister à sa simplification.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">Ni folklore, ni continuité</h2>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Viner refuse également de présenter son travail comme la continuation naturelle d&rsquo;une tradition centrasiatique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Je ne suis pas un héritier du shashmaqam et je ne cherche pas à en avoir l&rsquo;air : je dialogue avec cette tradition. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ses références musicales sont elles-mêmes géographiquement éclatées : la rave britannique et The Prodigy, le footwork de Chicago de RP Boo, le producteur kényan Slikback, l&rsquo;Égyptien Abadir ou encore Muslimgauze, musicien mancunien dont la pratique du collage et du montage l&rsquo;a marqué.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« La musique de club n&rsquo;a plus de centre depuis longtemps, et elle n&rsquo;appartient pas à l&rsquo;Europe. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">À la question de savoir où situer <em>2330</em> sur une carte musicale, il répond donc par une autre carte, biographique celle-ci.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Oulianovsk, où je suis né, Kazan, où je suis devenu musicien, Patar, Tachkent, Moynaq, Marseille et Barcelone. C&rsquo;est ça, ma réponse. »</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">Retourner à Patar</h2>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il reste pourtant des lieux où Viner aimerait revenir avec un enregistreur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier est Patar, où il n&rsquo;est pas retourné depuis l&rsquo;enfance. Le second est le Pamir.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="683" height="1024" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/viner-khaiitov-irene-lapin-3799-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-76111" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/viner-khaiitov-irene-lapin-3799-683x1024.jpg 683w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/viner-khaiitov-irene-lapin-3799-200x300.jpg 200w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/viner-khaiitov-irene-lapin-3799-768x1152.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/viner-khaiitov-irene-lapin-3799-1024x1536.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/viner-khaiitov-irene-lapin-3799.jpg 1365w" sizes="auto, (max-width: 683px) 100vw, 683px" /><figcaption class="wp-element-caption">Viner Khaiitov. Photo : Irène Lapin.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis viendrait la région Volga-Oural, liée à l&rsquo;autre moitié de son histoire familiale et aux traditions tatares et bachkires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce voyage-là reste pour l&rsquo;instant impossible : Viner dit ne pas pouvoir rentrer en Russie, où sa famille vit toujours.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Peut-être est-ce aussi pour cela que <em>2330</em> ressemble moins à un retour qu&rsquo;à une circulation permanente entre plusieurs lieux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les sons enregistrés en 2022 n&rsquo;ont pas été conservés intacts. Ils ont voyagé avec lui, ont été découpés, déformés et réassemblés quatre ans plus tard entre Barcelone et Marseille.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/viner-khaiitov-tatita-zhiliaeva-0184-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-76112" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/viner-khaiitov-tatita-zhiliaeva-0184-1024x683.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/viner-khaiitov-tatita-zhiliaeva-0184-300x200-1.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/viner-khaiitov-tatita-zhiliaeva-0184-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/viner-khaiitov-tatita-zhiliaeva-0184-1536x1024.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/viner-khaiitov-tatita-zhiliaeva-0184.jpg 1800w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Viner Khaiitov. Photo : Tatita Zhiliaeva.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme Patar, ils renvoient à un endroit réel tout en désignant quelque chose de plus difficile à situer : une maison reconstruite à partir de fragments.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>2330</em>, dont le mastering a été réalisé par A. Fruit, sortira le 18 novembre 2026 sur le label PATAR. L’EP est disponible en précommande sur <a href="https://viner.bandcamp.com/album/2330" data-type="link" data-id="https://viner.bandcamp.com/album/2330">Bandcamp</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><em>Par Mathieu Lemoine, président de Novastan France.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Achgabat, ville blanche -5- Blocs</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Élyne Dragée]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 19 Oct 2026 04:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Photo du jour]]></category>
		<category><![CDATA[Asie centrale]]></category>
		<category><![CDATA[Photo du Jour]]></category>
		<category><![CDATA[Turkménistan]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/photo-du-jour/blocs/">Achgabat, ville blanche -5- Blocs</a></p>
<p>Les blocs résidentiels se succèdent dans la ville de Dachogouze, à 455 km au Nord d&#8217;Achgabat. En dehors de la capitale turkmène, les effusions d&#8217;or et de marbre sont moins omniprésentes. L&#8217;architecture continue cependant de donner le même ton, blanc sur blanc. Crédit photo : Anton Pfaller (Allemagne, @apr_jnr)</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/photo-du-jour/blocs/">Achgabat, ville blanche -5- Blocs</a></p>

<p class="wp-block-paragraph">Les blocs résidentiels se succèdent dans la ville de <strong><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Daşoguz" data-type="link" data-id="https://fr.wikipedia.org/wiki/Daşoguz">Dachogouze</a></strong>, à 455 km au Nord d&rsquo;Achgabat. En dehors de la capitale turkmène, les effusions d&rsquo;or et de marbre sont moins omniprésentes. L&rsquo;architecture continue cependant de donner le même ton, blanc sur blanc.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Crédit photo : Anton Pfaller</strong> (Allemagne, <strong><a href="https://www.instagram.com/apr_jnr">@apr_jnr</a></strong>)</p>



<p class="wp-block-paragraph"><p>Retrouvez <span draggable="true"><a href="https://novastan.org/fr/cat/photo-du-jour/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">toutes nos photos du jour</a></span>. Vous pouvez <u><span draggable="true"><a href="https://novastan.org/fr/novastan/vous-pouvez-acheter-les-photos-du-jour-de-novastan/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">en acheter certaines par ici</a></span></u> et les recevoir chez vous. Vous aimeriez voir vos photos figurer dans cette rubrique ? N'hésitez pas à nous <a href="photo@novastan.org"><u>contacter.</u></a>" </p></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Achgabat, ville blanche -4- </title>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 15 Oct 2026 04:27:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Photo du jour]]></category>
		<category><![CDATA[Achgabat]]></category>
		<category><![CDATA[architecture moderne]]></category>
		<category><![CDATA[Photo du Jour]]></category>
		<category><![CDATA[Turkmenistan]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/photo-du-jour/achgabat-ville-blanche-3-2/">Achgabat, ville blanche -4- </a></p>
<p>Quand vient la nuit, les blanches façades des monuments d&#8217;Achgabat se métamorphosent en une féérie colorée, un mirage électrique au milieu du désert du Karakoum. Crédits photo : Cornelia Steinigen (Allemagne, @cornelia_la_andarina)</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/photo-du-jour/achgabat-ville-blanche-3-2/">Achgabat, ville blanche -4- </a></p>

<p class="wp-block-paragraph">Quand vient la nuit, les blanches façades des monuments d&rsquo;Achgabat se métamorphosent en une féérie colorée, un mirage électrique au milieu du <strong><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Désert_du_Karakoum">désert du Karakoum.</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Crédits photo : Cornelia Steinigen</strong> (Allemagne, <a href="https://www.instagram.com/cornelia_la_andarina?stkn=cGw2d3JkOWdmeWhu&amp;utm_source=qr" target="_blank" rel="noopener">@cornelia_la_andarina</a>)</p>



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		<item>
		<title>Au Kazakhstan, l’OTSC affiche sa coopération militaire face aux menaces régionales</title>
		<link>https://novastan.org/fr/kazakhstan/otsc-kazakhstan-exercices-militaires-2026/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Lenny Cabrol Noto]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 15 Oct 2026 00:23:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Kirghizstan]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<category><![CDATA[coopération militaire]]></category>
		<category><![CDATA[OTSC]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/otsc-kazakhstan-exercices-militaires-2026/">Au Kazakhstan, l’OTSC affiche sa coopération militaire face aux menaces régionales</a></p>
<p>En septembre 2026, les forces de quatre États membres de l’OTSC se sont réunies au Kazakhstan pour des exercices militaires conjoints. Au-delà des démonstrations de force, ces manœuvres illustrent les enjeux de coopération sécuritaire en Asie centrale, les préoccupations liées à la frontière tadjiko-afghane et la place de la Russie dans l’organisation.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/otsc-kazakhstan-exercices-militaires-2026/">Au Kazakhstan, l’OTSC affiche sa coopération militaire face aux menaces régionales</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Du 13 au 18 septembre 2026, les forces du Kazakhstan, du Kirghizstan, de la Russie et du Tadjikistan ont participé à l’exercice « Frontier-2026 » sur le polygone de Koktal, dans la région de Jetyssou. Au-delà de la démonstration militaire, ces manœuvres interrogent la place de l’Organisation du traité de sécurité collective (<a href="https://en.odkb-csto.org/news/news_odkb/v-kazakhstane-nachalas-aktivnaya-faza-sovmestnogo-ucheniya-s-kollektivnymi-silami-bystrogo-razvyerty/" data-type="link" data-id="https://en.odkb-csto.org/news/news_odkb/v-kazakhstane-nachalas-aktivnaya-faza-sovmestnogo-ucheniya-s-kollektivnymi-silami-bystrogo-razvyerty/">OTSC</a>) dans la sécurité de l’Asie centrale.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dirigées par le colonel Makhsout Gousseïnov, commandant des troupes d’assaut aéroportées du Kazakhstan, ces manœuvres ont mobilisé environ 1 500 militaires, plus de 300 équipements militaires et spécialisés, dont 115 drones. <a href="https://www.gov.kz/org/mod/press/news/details/1294367" data-type="link" data-id="https://www.gov.kz/org/mod/press/news/details/1294367">Selon les organisateurs</a>, les Forces collectives de déploiement rapide de la région centrasiatique se sont entraînées à repousser des groupes armés illégaux ayant pénétré sur le territoire d’un État membre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><p style="background-color: #d4d4d4; text-align: center;"><a href="https://www.helloasso.com/associations/novastan/formulaires/2"><strong>Faites un don à Novastan</strong></a></p></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’exercice s’inscrit dans le programme d’entraînement de l’OTSC, au moment où l’organisation cherche à démontrer l’interopérabilité de ses contingents. Les préoccupations sécuritaires autour de la frontière tadjiko-afghane constituent l’une des dimensions régionales de ce débat, sans résumer à elles seules les objectifs des États membres.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Des priorités nationales au défi de la coordination militaire</h3>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence du <a href="https://en.odkb-csto.org/news/news_odkb/v-kazakhstane-nachalas-aktivnaya-faza-sovmestnogo-ucheniya-s-kollektivnymi-silami-bystrogo-razvyerty/" data-type="link" data-id="https://en.odkb-csto.org/news/news_odkb/v-kazakhstane-nachalas-aktivnaya-faza-sovmestnogo-ucheniya-s-kollektivnymi-silami-bystrogo-razvyerty/">secrétaire général adjoint de l’OTSC Mirlan Tourgounbekov</a>, du chef adjoint de l’état-major général kazakh Askar Jolamanov et du chef adjoint de l’état-major interarmées de l’OTSC Rouslan Chpekbayev.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les responsables de l’organisation ont insisté sur la <a href="https://en.odkb-csto.org/news/news_odkb/v-kazakhstane-nachalas-aktivnaya-faza-sovmestnogo-ucheniya-s-kollektivnymi-silami-bystrogo-razvyerty/" data-type="link" data-id="https://en.odkb-csto.org/news/news_odkb/v-kazakhstane-nachalas-aktivnaya-faza-sovmestnogo-ucheniya-s-kollektivnymi-silami-bystrogo-razvyerty/">préparation commune</a> des états-majors et la capacité des contingents nationaux à réagir à des menaces transfrontalières. L’exercice était coordonné avec les manœuvres stratégiques kazakhstanaises « Decisive Repulse-2026 ». </p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-09-at-18.13.33-2-1024x682.jpeg" alt="" class="wp-image-76172" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-09-at-18.13.33-2-1024x682.jpeg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-09-at-18.13.33-2-300x200-1.jpeg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-09-at-18.13.33-2-767x511.jpeg 767w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-09-at-18.13.33-2-1536x1023.jpeg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-09-at-18.13.33-2.jpeg 1600w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Des soldats kazakhstanais participent aux manœuvres militaires « Frontier-2026 », réunissant quatre États membres de l&rsquo;OTSC dans la région du Jetyssou, au Kazakhstan, en septembre 2026. Photo: Ministère de la Défense de la République du Kazakhstan.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette coordination illustre le croisement des priorités : pour le Kazakhstan, l’entraînement conjoint permet de tester la réactivité de ses forces sur son propre territoire ; pour l’OTSC, il sert de démonstration de coopération entre plusieurs armées nationales. Les autorités présentent ces exercices comme une réponse à des scénarios de terrorisme et d’incursion armée, qu’il convient de distinguer des menaces effectivement constatées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les entraînements se sont déroulés en terrain montagneux et désertique et ont associé les forces de déploiement rapide aux gardes-frontières et à la Garde nationale kazakhstanaise. La défense contre les drones, la guerre électronique et les moyens antiaériens ont également occupé une place importante.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">Un scénario d’incursion armée et d’évacuation de civils</h3>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.gov.kz/org/mod/press/news/details/1294367" data-type="link" data-id="https://www.gov.kz/org/mod/press/news/details/1294367">Selon le scénario communiqué par les organisateurs</a>, des groupes armés fictifs avaient franchi une frontière et occupé plusieurs localités. Les contingents devaient les bloquer, reprendre les zones occupées et sécuriser la population. Les exercices ont notamment porté sur les postes de contrôle, la reconnaissance aérienne, l’appui-feu, la coordination des unités et l’évacuation de civils. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Les troupes tadjikes ont notamment participé aux séquences d’évacuation et de sécurisation. Les contingents kazakhstanais et russes ont conduit des actions d’assaut en coopération avec des moyens sans pilote. Il s’agit d’opérations simulées, et non d’affrontements réels.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les unités ont également travaillé la protection contre les menaces aériennes et l’emploi des drones. La répartition des tâches entre contingents illustre la volonté affichée d’améliorer leur coordination, sans permettre à elle seule de mesurer leur efficacité en situation de combat. </p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading">La frontière tadjiko-afghane, un enjeu sécuritaire pour l’OTSC</h3>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">La frontière entre le Tadjikistan et l’Afghanistan reste un point d’attention pour les autorités de sécurité régionales. Les autorités tadjikes font régulièrement état de confrontations armées avec des groupes qu’elles identifient comme des trafiquants de stupéfiants. <a href="https://en.avesta.tj/2026/07/13/over-1-5-tons-of-drugs-were-seized-on-the-tajik-afghan-border-in-the-first-six-months-of-the-year/" data-type="link" data-id="https://en.avesta.tj/2026/07/13/over-1-5-tons-of-drugs-were-seized-on-the-tajik-afghan-border-in-the-first-six-months-of-the-year/">Selon les données communiquées par l’Agence tadjike de contrôle des drogues</a>, sept affrontements de cette nature ont été enregistrés au premier semestre 2026, contre dix sur l’ensemble du premier semestre 2025 selon les chiffres rapportés précédemment. Ces données officielles ne suffisent pas à établir un lien entre ces incidents et les groupes djihadistes. </p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-09-at-18.13.33-1-1024x682.jpeg" alt="" class="wp-image-76171" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-09-at-18.13.33-1-1024x682.jpeg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-09-at-18.13.33-1-300x200-1.jpeg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-09-at-18.13.33-1-767x511.jpeg 767w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-09-at-18.13.33-1-1536x1023.jpeg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/10/WhatsApp-Image-2026-10-09-at-18.13.33-1.jpeg 1600w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Des militaires tadjiks lors des exercices conjoints « Frontier-2026 » de l&rsquo;Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), organisés au Kazakhstan en septembre 2026. Photo: Ministère de la Défense de la République du Kazakhstan.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">À cette menace liée aux trafics s’ajoutent les inquiétudes suscitées par la présence de groupes extrémistes en Afghanistan, notamment l’État islamique au Khorassan (EI-K). Il importe toutefois de distinguer ces organisations, leurs objectifs et leurs activités des réseaux criminels opérant à la frontière. La référence à l’Afghanistan dans le discours sécuritaire de l’OTSC ne signifie pas que toutes les menaces évoquées se matérialisent de la même manière sur le terrain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour l’OTSC, les manœuvres de septembre offrent aussi l’occasion de réaffirmer son utilité politique. L’organisation est fragilisée par le gel de la participation <a href="https://www.reuters.com/world/asia-pacific/armenia-freezes-participation-russia-led-security-bloc-prime-minister-2024-02-23/" data-type="link" data-id="https://www.reuters.com/world/asia-pacific/armenia-freezes-participation-russia-led-security-bloc-prime-minister-2024-02-23/">arménienne</a> annoncé en 2024, tandis que les États d’Asie centrale poursuivent des partenariats sécuritaires diversifiés. Son intervention au Kazakhstan en <a href="https://finance.yahoo.com/news/armenia-says-peacekeepers-russian-led-213532032.html" data-type="link" data-id="https://finance.yahoo.com/news/armenia-says-peacekeepers-russian-led-213532032.html">janvier 2022</a>, décidée à la demande des autorités kazakhstanaises pendant les troubles intérieurs, a en outre montré que ses missions ne se limitaient pas à la défense contre une agression extérieure. L’exercice « Frontier-2026 » met ainsi en scène une solidarité militaire entre États membres ; sa portée politique et opérationnelle reste néanmoins à apprécier au-delà des démonstrations officielles. </p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Lenny Cabrol Noto</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Rédacteur pour Novastan</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p></p>
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		<title>Achgabat, ville blanche -3- </title>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 12 Oct 2026 04:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Photo du jour]]></category>
		<category><![CDATA[Architecture]]></category>
		<category><![CDATA[Asie centrale]]></category>
		<category><![CDATA[Photo du Jour]]></category>
		<category><![CDATA[Turkménistan]]></category>
		<category><![CDATA[Urbanisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/photo-du-jour/achgabat-ville-blanche-3/">Achgabat, ville blanche -3- </a></p>
<p>Sortis de terre, comme incongrus au milieu de la verdure, ces bâtiments immaculés marquent le paysage de la capitale turkmène. Ces hauts immeubles se sont multipliés dès l&#8217;indépendance du pays en 1990, poussés par une collaboration resserrée avec des entreprises de BTP françaises (Bouygues, Vinci) et turques (Polimeks). Le Turkménistan étant l&#8217;un des pays les [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/photo-du-jour/achgabat-ville-blanche-3/">Achgabat, ville blanche -3- </a></p>

<p class="wp-block-paragraph">Sortis de terre, comme incongrus au milieu de la verdure, ces bâtiments immaculés marquent le paysage de la capitale turkmène. Ces hauts immeubles se sont multipliés dès l&rsquo;indépendance du pays en 1990, poussés par une <strong><a href="https://www.mediapart.fr/journal/international/151210/turkmenistan-bienvenue-bouygues-land" data-type="link" data-id="https://www.mediapart.fr/journal/international/151210/turkmenistan-bienvenue-bouygues-land">collaboration resserrée avec des entreprises de BTP françaises</a></strong> (Bouygues, Vinci) et turques (Polimeks). Le Turkménistan étant l&rsquo;un des pays les plus dotés en gaz naturel, les ressources de l&rsquo;exportation permettent des chantiers monumentaux, fantaisies hallucinées qui fleurissent dans la capitale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Crédits photo : Cornelia Steinigen</strong> (Allemagne, <a href="https://www.instagram.com/cornelia_la_andarina?stkn=cGw2d3JkOWdmeWhu&amp;utm_source=qr" target="_blank" rel="noopener">@cornelia_la_andarina</a>)</p>



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		<title>Achgabat, ville blanche -2-</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 09 Oct 2026 04:09:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Photo du jour]]></category>
		<category><![CDATA[Achgabat]]></category>
		<category><![CDATA[Photo du Jour]]></category>
		<category><![CDATA[Turkmenistan]]></category>
		<category><![CDATA[Voitures]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/photo-du-jour/achgabat-ville-blanche-2/">Achgabat, ville blanche -2-</a></p>
<p>À Achgabat, lorsque les rues ne sont pas désertes, elles sont remplies de voitures blanches, et uniquement blanches. Cette situation a commencé en 2015, avec l’interdiction d’importer des voitures noires. En 2018, en dehors de tout cadre légal, les voitures de couleur ont été progressivement interdites et confisquées. Leurs propriétaires ont dû envisager de dépenser [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/photo-du-jour/achgabat-ville-blanche-2/">Achgabat, ville blanche -2-</a></p>

<p class="wp-block-paragraph">À Achgabat, lorsque les rues ne sont pas désertes, elles sont remplies de voitures blanches, et uniquement blanches. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette situation a commencé en 2015, avec l’interdiction d’importer des voitures noires. En 2018, en dehors de tout cadre légal, les voitures de couleur ont été progressivement interdites et confisquées. Leurs propriétaires ont dû envisager de dépenser des sommes considérables pour les faire repeindre en blanc et les récupérer. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Crédit photo : Anton Pfaller</strong>&nbsp;(Allemagne,&nbsp;<strong><a href="https://www.instagram.com/apr_jnr">@apr_jnr</a></strong>)</p>



<p class="wp-block-paragraph"><p>Retrouvez <span draggable="true"><a href="https://novastan.org/fr/cat/photo-du-jour/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">toutes nos photos du jour</a></span>. Vous pouvez <u><span draggable="true"><a href="https://novastan.org/fr/novastan/vous-pouvez-acheter-les-photos-du-jour-de-novastan/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">en acheter certaines par ici</a></span></u> et les recevoir chez vous. Vous aimeriez voir vos photos figurer dans cette rubrique ? N'hésitez pas à nous <a href="photo@novastan.org"><u>contacter.</u></a>" </p></p>
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		<title>Sur la route</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 05 Oct 2026 04:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Photo du jour]]></category>
		<category><![CDATA[autoroute du Pamir]]></category>
		<category><![CDATA[Pamir]]></category>
		<category><![CDATA[Photo du Jour]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/photo-du-jour/sur-la-route-4/">Sur la route</a></p>
<p>Deux motards passent à Alichur, petit village sur le chemin de l&#8217;autotoroute du Pamir. Nommée M41 à l&#8217;époque soviétique, cette route s&#8217;allonge sur plus de 1200km. Sinueuse, escarpée, dévoilant des paysages spectaculaires, c&#8217;est l&#8217;une des plus hautes autoroutes au monde. Elle représente souvent le seul passage reliant la province autonome du Haut-Badakhchan au reste du [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/photo-du-jour/sur-la-route-4/">Sur la route</a></p>

<p class="wp-block-paragraph">Deux motards passent à <strong><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Alichur" data-type="link" data-id="https://en.wikipedia.org/wiki/Alichur">Alichur</a></strong>, petit village sur le chemin de l&rsquo;<strong><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Route_M41" data-type="link" data-id="https://fr.wikipedia.org/wiki/Route_M41">autotoroute du Pamir</a></strong>. Nommée M41 à l&rsquo;époque soviétique, cette route s&rsquo;allonge sur plus de 1200km. Sinueuse, escarpée, dévoilant des paysages spectaculaires, c&rsquo;est l&rsquo;une des plus hautes autoroutes au monde. Elle représente souvent le seul passage reliant la province autonome du <strong><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Haut-Badakhchan" data-type="link" data-id="https://fr.wikipedia.org/wiki/Haut-Badakhchan">Haut-Badakhchan</a></strong> au reste du Tadjikistan. Isolée géographiquement, cette région est historiquement habitée par les Pamiris, régulièrement et gravement<strong><a href="https://novastan.org/fr/politique/un-an-apres-les-evenements-de-mai-dans-le-pamir-que-sest-il-reellement-passe/" data-type="link" data-id="https://novastan.org/fr/politique/un-an-apres-les-evenements-de-mai-dans-le-pamir-que-sest-il-reellement-passe/"> persécutés par le gouvernement central tadjik</a></strong>. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Crédits photo : Simone Bergonzi </strong>(Italie, @simobergz)</p>



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		<title>Achgabat, ville blanche</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 03 Oct 2026 04:23:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Photo du jour]]></category>
		<category><![CDATA[Achgabat]]></category>
		<category><![CDATA[Architecture]]></category>
		<category><![CDATA[Photo du Jour]]></category>
		<category><![CDATA[Turkménistan]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/photo-du-jour/achgabat-ville-blanche/">Achgabat, ville blanche</a></p>
<p>Au-dessus de la masse blanche des bâtiments, une statue de cheval émerge à plus de 40 mètres de haut. Elle signale le stade olympique construit pour les Jeux asiatiques de 2017.&#160; Achgabat a été inscrite, en 2013, dans le Livre Guinness des records comme la cité ayant le plus grand nombre de bâtiments en marbre [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/photo-du-jour/achgabat-ville-blanche/">Achgabat, ville blanche</a></p>

<p class="wp-block-paragraph">Au-dessus de la masse blanche des bâtiments, une statue de cheval émerge à plus de 40 mètres de haut. Elle signale le stade olympique construit pour les <strong><a href="https://novastan.org/fr/turkmenistan/turkmenistan-les-jeux-asiatiques-en-salle-comme-theatre-de-communication/">Jeux asiatiques de 2017.</a></strong>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Achgabat a été inscrite, en 2013, dans le <strong><a href="https://www.guinnessworldrecords.com/world-records/highest-density-of-white-marble-clad-buildings">Livre Guinness des records</a></strong> comme la cité ayant le plus grand nombre de bâtiments en marbre blanc au monde, soit 543&nbsp;édifices d’une surface totale de 4 514&nbsp;millions de mètres carrés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est le résultat de la volonté de ses deux présidents successifs, <strong><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Saparmyrat_Nyýazow">Saparmourat Niazov </a></strong>(décédé en 2006) et <strong><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gurbanguly_Berdimuhamedow">Gourbangouly Berdymoukhamedov</a></strong>. Ce dernier a&nbsp;d’ailleurs écrit, à l’occasion du 140e&nbsp;anniversaire de la création de la ville, un livre intitulé Achgabat, ville blanche.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Crédit photo : Cornelia Steinigen</strong> (Allemagne, <a href="https://www.instagram.com/cornelia_la_andarina?stkn=cGw2d3JkOWdmeWhu&amp;utm_source=qr" target="_blank" rel="noopener">@cornelia_la_andarina</a>)</p>



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		<title>Bayram Balcı : « La Turquie gagne en influence en Asie centrale, mais ne remplace ni la Russie ni la Chine »</title>
		<link>https://novastan.org/fr/kirghizstan/influence-turquie-asie-centrale-bayram-balci/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Mathieu Lemoine]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 Oct 2026 09:57:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Décryptage]]></category>
		<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Kirghizstan]]></category>
		<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Turkménistan]]></category>
		<category><![CDATA[Accès abonné]]></category>
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		<category><![CDATA[Chine]]></category>
		<category><![CDATA[Géopolitique]]></category>
		<category><![CDATA[Organisation des États turciques]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>
		<category><![CDATA[Turquie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/influence-turquie-asie-centrale-bayram-balci/">Bayram Balcı : « La Turquie gagne en influence en Asie centrale, mais ne remplace ni la Russie ni la Chine »</a></p>
<p>La Turquie gagne en visibilité et en influence en Asie centrale, sans pour autant remplacer la Russie ou la Chine. Le chercheur Bayram Balcı analyse pour Novastan les ressorts et les limites de ce rapprochement.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/influence-turquie-asie-centrale-bayram-balci/">Bayram Balcı : « La Turquie gagne en influence en Asie centrale, mais ne remplace ni la Russie ni la Chine »</a></p>
<p>La Turquie gagne en visibilité et en influence en Asie centrale, sans pour autant remplacer la Russie ou la Chine. Le chercheur Bayram Balcı analyse pour Novastan les ressorts et les limites de ce rapprochement . . .</p>

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		<title>Au Kazakhstan, le service militaire continue d’inquiéter les jeunes hommes</title>
		<link>https://novastan.org/fr/kazakhstan/au-kazakhstan-le-service-militaire-continue-dinquieter-les-jeunes-hommes/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Eléa Muresan]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 Oct 2026 06:27:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Armée]]></category>
		<category><![CDATA[Astana]]></category>
		<category><![CDATA[Bizutages]]></category>
		<category><![CDATA[Défense]]></category>
		<category><![CDATA[Jeunesse]]></category>
		<category><![CDATA[Service militaire]]></category>
		<category><![CDATA[Violences]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/au-kazakhstan-le-service-militaire-continue-dinquieter-les-jeunes-hommes/">Au Kazakhstan, le service militaire continue d’inquiéter les jeunes hommes</a></p>
<p>Au Kazakhstan, l’automne marque le retour de la conscription. Si certains jeunes hommes considèrent le service militaire comme un devoir envers leur pays, d’autres cherchent par tous les moyens à y échapper. À Astana, les récits de recrutements forcés dans les lieux publics et de violences dans les casernes nourrissent une défiance persistante envers l’armée. [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/au-kazakhstan-le-service-militaire-continue-dinquieter-les-jeunes-hommes/">Au Kazakhstan, le service militaire continue d’inquiéter les jeunes hommes</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Au Kazakhstan, l’automne marque le retour de la conscription. Si certains jeunes hommes considèrent le service militaire comme un devoir envers leur pays, d’autres cherchent par tous les moyens à y échapper. À Astana, les récits de recrutements forcés dans les lieux publics et de violences dans les casernes nourrissent une défiance persistante envers l’armée.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Kazakhstan, le mois de septembre a marqué l&rsquo;ouverture de la campagne automnale de recrutement de jeunes, dans le cadre de la conscription. Le gouvernement kazakh <a href="https://aqshamnews.kz/kz/article/bilimdi-qyzdar-bilimdi-ult.html">prévoit le recrutement de 23 000 hommes</a>, âgés de 18 à 25 ans, d&rsquo;ici fin décembre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><p style="background-color: #d4d4d4; text-align: center;"><a href="https://www.helloasso.com/associations/novastan/formulaires/2"><strong>Faites un don à Novastan</strong></a></p></p>



<p class="wp-block-paragraph">Héritage de l&rsquo;ère soviétique, le service militaire représente au Kazakhstan un fait de société important, car il concerne l&rsquo;ensemble des jeunes hommes. En principe, tous sont soumis à l&rsquo;obligation de servir l&rsquo;armée pendant une année entière, à travers une formation physique et théorique permettant de se familiariser avec l&rsquo;univers militaire et sa discipline. Mais dans la pratique, de nombreux jeunes cherchent à y échapper, mettant en place un volet de stratégies pour obtenir des dispenses. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Associée à une réputation sulfureuse, l&rsquo;armée peine à recruter, malgré le caractère obligatoire de la conscription. Des méthodes de recrutement plus offensives que la simple convocation se sont développées depuis quelques années, parmi lesquelles des formes d&rsquo;enlèvement de jeunes orchestrés par la police dans des espaces publics.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Violence et controverses dans l&rsquo;armée</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Novastan est allé à la rencontre des habitants d&rsquo;Astana, la capitale kazakhe, afin de comprendre leurs représentations et expériences relatives au service militaire. La majorité de ces échanges laissent entendre que le service militaire ne jouit pas d&rsquo;une bonne réputation auprès des habitants de la capitale kazakhe. « <em>Moi je n&rsquo;irai pas. Chaque année il y a des centaines de garçons qui reviennent blessés</em>. <em>Certains meurent, d&rsquo;autres qui se suicident, c&rsquo;est hyper violent. Le Kazakhstan n&rsquo;est même pas un pays en guerre, ça n&rsquo;a aucun sens</em>« , raconte Jordan, jeune informaticien âgé de 23 ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan :</strong> <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/la-violence-dans-larmee-enfer-des-militaires-au-kazakhstan/"><strong></strong><strong>Dans les rangs de l’armée kazakhe, une violence inouïe : « Mes reins se sont déplacés à cause des coups »</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">La conscription suscite effectivement de l&rsquo;inquiétude auprès de nombreux kazakhs. Des drames survenant chaque année ont forgé une réputation de violence dans l&rsquo;imaginaire collectif autour du service militaire : morts, blessures, harcèlement, suicides.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les scandales les plus viraux des dernières années, le cas de Moukhtar Yerebatan, jeune homme de 18 ans, victime d&rsquo;une commotion cérébrale dans le cadre de son service, avait également suscité l&rsquo;indignation dans tout le pays. Après un coma de deux ans, la mort du jeune homme le 23 juin dernier avait relancé la polémique sur les violences au sein de l&rsquo;armée. D&rsquo;après les sources officielles, il se serait blessé à la tête en tombant dans les toilettes par accident, mais cette version est contestée par ses proches qui suspectent des violences intentionnelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La semaine passée, <a href="https://timesca.com/deaths-during-caspian-military-drills-kazakhstan-investigates-commanders-actions/">la mort d’une dizaine de jeunes conscrits</a> lors d’un accident dans la mer Caspienne a intensifié la colère et les inquiétudes des parents concernant le service militaire, ne croyant plus en la capacité de l&rsquo;armée à assurer la sécurité de leurs enfants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Les nouvelles sont terrifiantes. Si j&rsquo;avais un fils, en aucun cas je ne le laisserais rejoindre l&rsquo;armée</em>« , confie Samal, hôtesse de l&rsquo;air et mère de famille à Astana.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nombreux sont les jeunes qui mettent en place des stratégies pour échapper à la conscription, souvent avec le soutien de leurs parents et de leur réseau. Ces méthodes peuvent se baser sur des dispositifs légaux, mais aussi sur des formes de corruption. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Sont notamment exemptées les personnes déclarées inaptes lors de la visite médicale, et les inscrits à l&rsquo;université. Timour, 22 ans, ancien étudiant en économie et commerce, raconte que beaucoup d&rsquo;étudiants à l&rsquo;université sont uniquement inscrits pour échapper à l&rsquo;armée. Il explique les raisons pour lesquelles lui-même s&rsquo;est soustrait au service militaire : « <em>Je pense que c&rsquo;est pas pour moi. J&rsquo;ai pas envie de perdre un an de ma vie, c&rsquo;est pas le bon moment, j&rsquo;ai des projets personnels, je compte acheter un appart, voyager…</em>« </p>



<p class="wp-block-paragraph">Rouslan, 26 ans, créateur de contenu, a suivi de longues études et obtenu un doctorat en anthropologie, un choix motivé à la fois par son intérêt pour la discipline et par la possibilité temporaire d&rsquo;échapper au service obligatoire. « <em>Après 25 ans, si on n&rsquo;a pas encore servi, on peut être exempté en passant une formation militaire de 40 jours. C&rsquo;est payant, mais les conditions sont beaucoup moins rudes, on est mieux traités que pour le service d&rsquo;un an.</em>« </p>



<h2 class="wp-block-heading">« Rapts » et « Kidnapping »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Faute de parvenir à recruter un nombre de jeunes correspondant aux effectifs prévus annuellement, le ministère de la Défense met en place des mesures offensives. En particulier, ce que les locaux nomment des “rapts” ou “kidnappings” de jeunes, des formes de mobilisation forcées menées par la police et les militaires dans des lieux publics, sans être toujours justifiées légalement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Timour raconte que pendant les périodes de recrutement, à l&rsquo;image de celle qui a débuté le 1er septembre, de nombreux jeunes évitent au maximum de fréquenter des lieux publics, par peur de se faire convoquer de force : « <em>La police vient dans des endroits comme ça, par exemple dans le jardin botanique, où y&rsquo;a beaucoup de jeunes, potentiellement ceux qui n&rsquo;ont pas servi. Ça peut être un club, un billard, ou des salles de jeux vidéo, ce type d’endroits, où les mecs traînent souvent. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan :</strong> <a href="https://novastan.org/fr/non-classe/avec-de-nouveaux-blindes-le-kazakhstan-fait-evoluer-son-armement-pour-une-diversification-prudente/"><strong></strong><strong>Avec de nouveaux blindés, le Kazakhstan fait évoluer son armement pour une diversification prudente</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un système de solidarité entre usagers s&rsquo;est d&rsquo;ailleurs développé sur l&rsquo;application 2GIS, l&rsquo;équivalent de Google Maps au Kazakhstan, pour s&rsquo;entraider à éviter les lieux. Les utilisateurs peuvent se notifier entre eux et écrire des messages à propos de plusieurs lieux publics. Sur l&rsquo;image, un utilisateur notifie « <em>Police présente pour conscription, ils sont avec des camions</em>« .</p>



<p class="wp-block-paragraph">Contrairement à ses amis qui réduisent leurs sorties pendant les périodes de recrutement, Timour a fait le choix de garder son mode de vie inchangé malgré le risque. « C<em>&lsquo;est impossible de surveiller partout où ils pourraient me trouver. Un</em> <em>ami est allé au magasin près de chez lui, et quand il est sorti, ils l&rsquo;ont attrapé, embarqué dans une voiture et envoyé direct au bureau militaire. On peut se faire prendre n&rsquo;importe où, mais je n&rsquo;ai pas envie de rester enfermé chez moi constamment. J&rsquo;ai peut-être de la chance</em>« , sourit-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, au cours des deux dernières années, Timour a été embarqué par la police à plusieurs reprises, depuis qu’il a interrompu ses études. Pour s’en sortir, il compte surtout sur le soutien de son réseau. “<em>J&rsquo;ai des amis, certains dans des organes d&rsquo;État. Disons qu’ils ont des ressources administratives. Quand je les appelais, on me libérait directement</em>” explique Timour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il relate le cas d’un ami qui a échappé de justesse à l&rsquo;armée. Après avoir été embarqué par la police, il aurait été aidé par son père pour s’inscrire in extremis dans une université afin d’obtenir un sursis. D’autres, moins chanceux, ne disposent pas assez de ressources sociales et financières pour se tirer d&rsquo;affaires. Si les bourses au mérite existent pour entrer dans l&rsquo;enseignement supérieur, les places sont rares et la stratégie de l’inscription à l&rsquo;université reste souvent coûteuse.</p>



<h2 class="wp-block-heading">« J&rsquo;ai progressé dans tout »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré les controverses et les appréhensions de nombreux citoyens kazakhs, certains ayant déjà servi, défendent les mérites et l&rsquo;importance du service militaire pour la nation. Alikhan, 31 ans, dirigeant d&rsquo;entreprise, partage son expérience au sein de l&rsquo;armée, revenant une dizaine d&rsquo;années en arrière : « <em>Si c&rsquo;était à refaire, je le referais sans la moindre hésitation. Je suis devenu meilleur. Au niveau discipline mentale et physique, ça m&rsquo;a beaucoup apporté. Avant l&rsquo;armée, j&rsquo;étais tout maigre, je ne pouvais faire que trois tractions, et au retour j&rsquo;en faisais vingt, je courais mieux… j&rsquo;ai progressé dans tout</em>« , raconte-t-il avec nostalgie. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le jeune dirigeant d&rsquo;entreprise poursuit son témoignage en vantant les valeurs qui imprègnent l&rsquo;armée : « <em>Ce qui est intéressant avec l&rsquo;armée c&rsquo;est que tu ne sais pas qui est qui, qui vient de quelle famille&#8230; On porte tous le même uniforme, il n&rsquo;y a pas de hiérarchie. Si quelqu&rsquo;un a du mal, on l&rsquo;aide directement. Tout nous encourage à la solidarité. Il n&rsquo;y a pas de filles, pas d&rsquo;alcool, c&rsquo;est une pure compagnie masculine. C&rsquo;est cool. Certains viennent à l&rsquo;armée et ne savent pas pourquoi ils sont là, ils s&rsquo;attendent à ne rien faire.</em>« </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan :</strong> <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/kazakhstan-passionnes-identifier-soldats-deuxieme-guerre-mondiale/"><strong></strong><strong>Au Kazakhstan, des passionnés cherchent à identifier des soldats morts pendant la Deuxième guerre mondiale</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">S’alignant sur d’autres témoignages des habitants d’Astana, Alikhan estime que le service militaire renforcerait la masculinité des jeunes : « <em>Les hommes sont faibles de nos jours. Je trouve ça dommage que vous ayez pas ça chez vous en France. Le passage par l’armée, c&rsquo;est comme une école, une année d&rsquo;étude, avec l&rsquo;école, le lycée, tu deviens ado, avec l&rsquo;armée tu deviens un homme</em>. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Même si Timour a refusé de rejoindre l&rsquo;armée, il lui reconnaît certains bienfaits. Pour l&rsquo;un de ses amis qui a été enlevé puis directement conscrit de force, l&rsquo;expérience s&rsquo;est avérée assez vertueuse. « <em>L&rsquo;armée lui a vraiment fait du bien. Il s&rsquo;est mis à réfléchir au travail, à ce qu&rsquo;il voulait dans la vie et il avait justement le temps d&rsquo;y penser. Il me racontait que certes, il s&rsquo;était battu à certains moments, mais globalement, il trouve qu&rsquo;il n&rsquo;a pas perdu son temps.</em>« </p>



<p class="wp-block-paragraph">A la mention des faits divers et la réputation de violence du service militaire, Timour et Alikhan relativisent la gravité du phénomène. Ils estiment que la violence dans l&rsquo;armée est à l&rsquo;image de la vie quotidienne : « <em>C’est le hasard, dans la rue aussi y a des accidents</em> » raconte Timour. Alikhan ajoute : “<em>Les parents pensent qu’ils sauvent leurs enfants en les aidant à contourner l&rsquo;armée. Mais ils ne se rendent pas compte que la vie quotidienne est plus dure, et qu’ils élèvent des garçons qui ne sont capables de rien.</em>« </p>



<h2 class="wp-block-heading">Précarité et racket pendant le service militaire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Contrairement à la vision élogieuse de l&rsquo;armée partagée par Alikhan, Rouslan porte un regard plus mitigé. Son frère aîné, qui a servi durant toute une année au sein de la garde nationale, aurait vécu une expérience assez “<em>rude</em>” : “<em>Je me souviens, tous les jours, il me demandait de lui envoyer de l’argent pendant les six premiers mois. Je ne savais même pas pourquoi il me le demandait aussi souvent</em>”.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l&rsquo;unité où se trouvait le frère de Rouslan, le racket et les violences semblent être des pratiques courantes. Rouslan décrit l’existence d’une hiérarchie entre les jeunes, fondée sur l&rsquo;ancienneté au sein de l&rsquo;armée avec des statuts servant à justifier les abus. “<em>Une fois, il est revenu à la maison avec une côte cassée… il avait perdu une ou deux dents. Il n&rsquo;est jamais vraiment entré dans les détails</em>, <em>mais je pense que c&rsquo;était un peu traumatisant pour lui. En tout cas, il a toujours voulu éviter que je fasse mon service. Il disait que c&rsquo;était inutile et ennuyant</em>.”</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Comme de nombreux Kazakhs, Rouslan et Timour défendent l&rsquo;idée d’une professionnalisation de l&rsquo;armée, et d’une réforme du service militaire : « <em>Dans notre culture, servir son pays, mourir pour sa foi, mourir pour son pays, mourir pour sa famille, ce sont des valeurs à part entière. Cela devrait venir de la personne elle-même, et pas de quelqu&rsquo;un qui l&rsquo;y oblige.</em>« </p>



<p class="wp-block-paragraph">Alikhan confirme la valeur d&rsquo;attachement à la patrie&nbsp; : « <em>Je suis obligé d’y aller si nous entrons en guerre, nous devons être prêts à défendre notre pays. J’estime que c&rsquo;est ma dette envers ma patrie. Mon pays ce n’est pas seulement le gouvernement, c’est l’endroit où vivent mes sœurs, mes parents, mes proches. Même si je ne veux pas, il faut être prêt à le défendre.</em>”</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Eléa Muresan, <br>Rédactrice pour Novastan</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p></p>
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		<title>Entre monumentalité et quotidien à Astana</title>
		<link>https://novastan.org/fr/photo-du-jour/entre-monumentalite-et-quotidien-a-astana/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Sep 2026 18:31:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Photo du jour]]></category>
		<category><![CDATA[architecture moderne]]></category>
		<category><![CDATA[Astana]]></category>
		<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Photo du Jour]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/photo-du-jour/entre-monumentalite-et-quotidien-a-astana/">Entre monumentalité et quotidien à Astana</a></p>
<p>Les spectateurs attendent l&#8217;ouverture des portes de l&#8217;Opéra d&#8217;Astana. La symétrie rigoureuse de l&#8217;architecture contraste avec l&#8217;animation qui règne dans la foule. Crédit : Simone Bergonzi (Italie, @simobergz)</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/photo-du-jour/entre-monumentalite-et-quotidien-a-astana/">Entre monumentalité et quotidien à Astana</a></p>

<p class="wp-block-paragraph">Les spectateurs attendent l&rsquo;ouverture des portes de l&rsquo;<strong><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Opéra_d%27Astana">Opéra d&rsquo;Astana</a></strong>. La symétrie rigoureuse de l&rsquo;architecture contraste avec l&rsquo;animation qui règne dans la foule.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Crédit : Simone Bergonzi</strong> (Italie, <strong><a href="https://www.instagram.com/simobergz/">@simobergz</a></strong>)</p>



<p class="wp-block-paragraph"><p>Retrouvez <span draggable="true"><a href="https://novastan.org/fr/cat/photo-du-jour/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">toutes nos photos du jour</a></span>. Vous pouvez <u><span draggable="true"><a href="https://novastan.org/fr/novastan/vous-pouvez-acheter-les-photos-du-jour-de-novastan/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">en acheter certaines par ici</a></span></u> et les recevoir chez vous. Vous aimeriez voir vos photos figurer dans cette rubrique ? N'hésitez pas à nous <a href="photo@novastan.org"><u>contacter.</u></a>" </p></p>
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		<title>Kristina Mikhaïlova : « Je voulais rendre visible la capacité d’agir des femmes »</title>
		<link>https://novastan.org/fr/kazakhstan/kristina-mikhailova-river-dreams-kazakhstan-femmes/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Mathieu Lemoine]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Sep 2026 14:31:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Société et cultures]]></category>
		<category><![CDATA[Aksay]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma kazakhstanais]]></category>
		<category><![CDATA[Kristina Mikhailova]]></category>
		<category><![CDATA[River Dreams]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/kristina-mikhailova-river-dreams-kazakhstan-femmes/">Kristina Mikhaïlova : « Je voulais rendre visible la capacité d’agir des femmes »</a></p>
<p>La réalisatrice Kristina Mikhailova raconte comment River Dreams, né d’un voyage le long de l’Aksay, est devenu un portrait du Kazakhstan à travers les voix de ses femmes, entre liberté, violence, identité et appartenance.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/kristina-mikhailova-river-dreams-kazakhstan-femmes/">Kristina Mikhaïlova : « Je voulais rendre visible la capacité d’agir des femmes »</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>En suivant une petite rivière depuis les montagnes jusqu’à la steppe kazakhstanaise, la réalisatrice Kristina Mikhaïlova avait entrepris d’imaginer ses rêves. Cinq ans plus tard, ce voyage était devenu un portrait du Kazakhstan raconté à travers les voix de ses femmes. Après la Berlinale, River Dreams sera présenté en première française au Festival international du film de La Roche-sur-Yon en octobre.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Une petite rivière parcourt 130 kilomètres à travers le Kazakhstan. Elle prend sa source parmi les sommets et les glaciers avant de disparaître progressivement dans l’immensité du paysage en contrebas. Lorsque la réalisatrice Kristina Mikhaïlova a décidé pour la première fois de suivre l’Aksay de sa source jusqu’à son terme, elle imaginait réaliser un film sur les rêves de la rivière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cinq ans plus tard, cette idée était devenue quelque chose de beaucoup plus vaste.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Le long de l’Aksay, Kristina a interrogé une centaine de femmes, en posant à chacune une question inhabituelle : si vous étiez une rivière, quelle rivière seriez-vous ? 15 d’entre elles ont finalement trouvé leur place dans <em>River Dreams</em>, un film de 98 minutes dans lequel l’Aksay est à la fois paysage, témoin et métaphore.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui en est ressorti n’est donc pas simplement le portrait d’une rivière. À travers des récits de femmes sur la liberté, la violence, la dignité et l’appartenance, le film est devenu ce que sa réalisatrice décrit comme<em> « un portrait politique du Kazakhstan à travers un regard féminin ».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis, le film a voyagé à l’international, recevant une trentaine d’invitations dans des festivals et remportant le <strong>Prix du Jury œcuménique dans la section Forum de la Berlinale 2026</strong>. Il a également rencontré un accueil enthousiaste plus près de chez lui, avec notamment trois projections à guichets fermés au Kazakhstan et une séance matinale comble au Kirghizstan, où il a remporté le prix du meilleur long métrage documentaire au festival international du film documentaire UmutDoc, à Bichkek.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film sera également présenté en première française au <strong>Festival international du film de La Roche-sur-Yon</strong>, le 16 octobre 2026.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, toucher un public plus large au Kazakhstan même s’est révélé bien plus difficile. Kristina affirme que la censure empêche <em>River Dreams</em> d’obtenir la sortie nationale qu’elle souhaiterait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Novastan, Kristina Mikhaïlova s’est entretenue avec Mathieu Lemoine, rédacteur en chef de Novastan English et président de Novastan France, autour de la « sororité des rivières », des femmes rencontrées le long de l’Aksay, des souvenirs de sa grand-mère ukrainienne, de la capacité d’agir des femmes et de la violence, de son identité de Kazakhstanaise d’origine russe, ainsi que de l’expérience douloureuse consistant à se sentir profondément attachée à un pays dont elle a parfois l’impression qu’il la repousse.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="827" height="1024" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/09/02_Kristina_Mikhailova_Bauyrzhan_Bismildin-827x1024.jpg" alt="" class="wp-image-76063" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/09/02_Kristina_Mikhailova_Bauyrzhan_Bismildin-827x1024.jpg 827w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/09/02_Kristina_Mikhailova_Bauyrzhan_Bismildin-242x300.jpg 242w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/09/02_Kristina_Mikhailova_Bauyrzhan_Bismildin-768x950.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/09/02_Kristina_Mikhailova_Bauyrzhan_Bismildin-1241x1536.jpg 1241w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/09/02_Kristina_Mikhailova_Bauyrzhan_Bismildin.jpg 1616w" sizes="auto, (max-width: 827px) 100vw, 827px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Kristina Mikhailova, réalisatrice de River Dreams. Photo : Bauyrzhan Bismildin.</em></figcaption></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Une sororité de rivières</h2>



<h3 class="wp-block-heading">Novastan : Le film est né de l’idée de suivre l’Aksay sur l’ensemble de ses 130 kilomètres. Que cherchiez-vous lorsque vous êtes partie pour la première fois ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Kristina Mikhaïlova :</strong> Quand j’ai commencé à tourner, j’étais très jeune. C’était l’idée de mon premier long métrage : je voulais suivre la rivière sur toute sa longueur, parcourir ses 130 kilomètres du début à la fin, et imaginer ce dont elle pouvait rêver &#8211; puis filmer ces rêves tels que je les voyais.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais après avoir parcouru seule toute la rivière, j’ai constaté à quel point elle se transformait en chemin. Je voulais saisir ces changements et regarder la réalité à travers les yeux de la rivière, la personnifier. Je travaillais avec une approche posthumaniste et je cherchais un moyen de donner une voix à la rivière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ainsi que m’est venue l’idée de demander aux filles qui vivaient le long de son cours quelle sorte de rivière elles seraient.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="429" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/09/03_River_Dreams_still_Amir_Zarubekov-1024x429.jpg" alt="" class="wp-image-76065" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/09/03_River_Dreams_still_Amir_Zarubekov-1024x429.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/09/03_River_Dreams_still_Amir_Zarubekov-300x126.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/09/03_River_Dreams_still_Amir_Zarubekov-766x321.jpg 766w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/09/03_River_Dreams_still_Amir_Zarubekov-1536x644.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/09/03_River_Dreams_still_Amir_Zarubekov.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Une image de River Dreams. Photo : Amir Zarubekov / River Dreams.</em></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Cette question m’a immédiatement permis de mieux comprendre la personne qui se trouvait face à moi et d’orienter la conversation de manière à lui permettre de partager quelque chose de très important pour elle. Dans le contexte kazakhstanais, on accorde souvent très peu de place au point de vue des femmes. Il était important pour moi, en tant que femme, de créer cet espace et que, grâce au film, d’autres femmes puissent elles aussi en disposer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Peu à peu, ce qui est apparu était un portrait politique du Kazakhstan à travers un regard féminin.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Pourquoi avoir choisi précisément l’Aksay ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">L’Aksay, ou Aksaïka, est une rivière toute petite et modeste. Je voulais justement filmer une rivière discrète de ce type, parce que nous en avons énormément.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son parcours est typique de nombreuses rivières de montagne d’Asie centrale : elles naissent au milieu des sommets et des glaciers, puis disparaissent quelque part dans la steppe ou se jettent dans des lacs, sans jamais atteindre l’océan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En filmant l’Aksay, je filmais aussi toutes ces autres rivières. J’ai appelé cela une « sororité de rivières ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est assez amusant, parce que j’ai un jour entendu quelqu’un dire que si le film montrait certains aspects négatifs de la vie des femmes au Kazakhstan, c’était parce que j’avais choisi la « mauvaise » rivière &#8211; une rivière trop insignifiante. Apparemment, si j’avais choisi une grande rivière « digne de ce nom », l’histoire aurait été différente.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’en doute.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Rendre visible la capacité d’agir des femmes</h2>



<h3 class="wp-block-heading">Vous avez interrogé une centaine de femmes pendant la réalisation du film, dont 15 apparaissent finalement dans la version définitive. Que vous ont appris ces rencontres ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Avant toute chose, elles m’ont appris des choses sur moi-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Récemment, je me suis mise à réfléchir à la manière dont j’avais changé pendant les cinq années qu’a duré la réalisation du film. Bien sûr, je me suis affirmée comme réalisatrice, mon nom est devenu connu et de nouvelles possibilités se sont ouvertes. Mais il s’est aussi passé quelque chose de beaucoup plus personnel : je me suis découverte comme femme du Kazakhstan. J’ai compris qui j’étais.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En rencontrant d’autres femmes, j’ai réalisé à quel point nous sommes différentes et combien de douleurs nous partageons. J’ai aussi appris à mieux comprendre les relations entre les hommes et les femmes &#8211; et les hommes eux-mêmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour moi, cela a véritablement constitué une nouvelle étape dans la compréhension de moi-même. Un seul film a donné lieu à tant de découvertes personnelles.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La liberté semble être l’un des thèmes centraux du film. Sa réalisation a-t-elle changé votre manière de comprendre la liberté et les contraintes auxquelles les femmes sont confrontées ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Je suis contente que vous ayez remarqué ce thème de la liberté, parce qu’il s’agissait pour moi de l’un des thèmes essentiels du film sur le plan humain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant la réalisation, j’ai compris combien les restrictions pouvaient comporter de couches différentes. Certaines sont si profondément ancrées et si difficiles à identifier qu’il peut parfois sembler utopique de vouloir les dépasser.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais si nous parlons d’autonomisation, alors oui, absolument. Et les femmes élargissent elles-mêmes le champ de leurs possibilités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je pense que chacune des 100 filles que j’ai interrogées, et chacune des 15 qui apparaissent finalement dans le film, a contribué à créer un espace sûr grâce à son histoire et à sa volonté de partager sa vulnérabilité &#8211; un espace sûr pour nous toutes pendant ces 98 minutes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est un espace dans lequel les femmes de tout le Kazakhstan peuvent entrer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est pour cette raison que je me bats autant pour obtenir une large diffusion du film au Kazakhstan. Je voudrais que chaque femme kazakhstanaise puisse le voir. Son titre de distribution est <em>Qyz Republic</em>.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le film aborde des expériences difficiles, notamment la violence, mais les femmes ne sont jamais réduites au statut de victimes. Était-ce une volonté consciente de remettre en question les représentations stéréotypées des femmes ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Je n’avais pas pour objectif explicite de m’éloigner des représentations stéréotypées des femmes. J’avais une autre ambition : rendre visible leur capacité d’agir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela peut sembler légèrement paradoxal, mais c’est nécessaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avant tout, je voulais que mes filles se sentent fortes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je pense que les hommes comme les femmes peuvent se reconnaître dans cette expérience. Mais pour les filles en particulier, le film crée un lieu dans lequel elles peuvent se reconnaître, se sentir vues et se sentir fortes &#8211; un lieu où elles peuvent se percevoir comme capables de préserver leur dignité malgré tout.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’aboutissement de cette idée arrive bien sûr dans les scènes finales liées à la violence. À ce moment-là, le conflit devient totalement explicite &#8211; presque noir et blanc.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais à mes yeux, aucune de mes filles n’a l’air d’une victime.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La rivière comme témoin</h2>



<h3 class="wp-block-heading">Le paysage lui-même semble presque fonctionner comme un autre personnage. Comment vouliez-vous que la rivière et son environnement apparaissent à l’écran ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le paysage est définitivement mon témoin silencieux &#8211; le fantôme du père d’Hamlet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai toujours voulu que la photographie des paysages soit minimaliste et statique, sans mouvements de caméra. Je voulais qu’elle enregistre de manière impartiale tout ce qui se trouvait devant elle, créant ce que mon directeur de la photographie appelle des « photographies en mouvement ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je voulais laisser la place à une expérience transcendante allant au-delà de mon propre propos, afin que chaque spectateur puisse construire sa propre représentation de la rivière à travers ces paysages.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne voulais ni les dramatiser ni sélectionner volontairement uniquement des paysages chargés en émotion. J’ai montré les paysages tels que la rivière les traversait, du début à la fin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien sûr, beaucoup de choses ont dû être laissées de côté, mais je pense que le film permet tout de même de découvrir environ tous les dix kilomètres du parcours de la rivière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je voulais laisser le paysage parler de lui-même.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La rivière d’une grand-mère</h2>



<h3 class="wp-block-heading">Votre grand-mère apparaît également dans le film, alors que vous n’aviez pas prévu au départ de l’y inclure. Comment son histoire y est-elle entrée ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Je pense avoir hérité de ma grand-mère cette attention particulière au monde qui m’entoure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle comprenait le monde de manière intuitive. La guerre a profondément marqué son enfance &#8211; les lieux et les conditions dans lesquels elle pouvait étudier notamment &#8211; et l’a finalement amenée au Kazakhstan lorsqu’elle était encore une petite fille.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsqu’elle est arrivée ici, ma grand-mère ne parlait qu’ukrainien. Elle ne connaissait pas le russe. Je pense que cela a également aiguisé sa perception : elle devait lire la réalité et apprendre par l’observation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je n’avais initialement pas prévu de l’inclure dans le film. J’ai simplement décidé de parler avec elle, au bord de la rivière, de l’histoire de notre famille et de son passé. Puis, au montage, j’ai découvert ce moment où elle s’anime soudainement en se souvenant de la rivière de son enfance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ma grand-mère a 93 ans. C’est presque un siècle. Pourtant, la rivière de son enfance en Sibérie comme ma rivière au Kazakhstan peuvent sortir de leur lit et inonder maisons et villes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À travers la mémoire de ma grand-mère, je voulais faire entrer cette sensation d’intemporalité dans le film.</p>



<h2 class="wp-block-heading">« J’appartiens entièrement à cet endroit »</h2>



<h3 class="wp-block-heading">Le film est multilingue, à l’image du Kazakhstan lui-même. Comment votre propre identité façonne-t-elle le regard avec lequel vous représentez le pays ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">J’adore le fait que le film soit devenu multilingue &#8211; exactement comme notre réalité au Kazakhstan. Je considère cela comme une force.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais je comprends qu’en tant que Kazakhstanaise dont le passeport indique « russe » pour l’appartenance ethnique, j’ai mon propre point de vue. Il ne peut pas représenter l’ensemble des sensibilités qui entourent les questions d’identité au Kazakhstan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si je parle uniquement de ce que je ressens, j’appartiens entièrement à cet endroit. J’y suis profondément attachée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais parfois &#8211; ou souvent ? &#8211; j’ai l’impression qu’il cherche à me repousser.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je ressens cela aussi bien en tant que Kazakhstanaise d’origine russe qu’en tant que femme et réalisatrice.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pourtant, il n’existe aucun autre endroit sur Terre où je me sente aussi utile, ni où je puisse aussi facilement trouver un terrain d’entente avec les gens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ici, je comprends tout. Malheureusement, je ne peux pas tout accepter.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Entre documentaire et art visuel</h2>



<h3 class="wp-block-heading"><em>River Dreams</em> mêle cinéma documentaire, rêves, métaphores, musique et images très stylisées. L’avez-vous jamais envisagé comme un documentaire conventionnel ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Dès le départ, je ne réalisais pas un documentaire traditionnel. Pour moi, il s’agissait d’une vaste pratique artistique qui, par sa forme, se rapprochait le plus du cinéma documentaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au fond, je faisais de l’art visuel et conceptuel.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/09/04_Kristina_filming_Dana_Ageleuova-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-76066" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/09/04_Kristina_filming_Dana_Ageleuova-1024x682.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/09/04_Kristina_filming_Dana_Ageleuova-300x200-1.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/09/04_Kristina_filming_Dana_Ageleuova-767x511.jpg 767w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/09/04_Kristina_filming_Dana_Ageleuova-1536x1024.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/09/04_Kristina_filming_Dana_Ageleuova.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Kristina Mikhailova pendant le tournage de River Dreams. Photo : Dana Ageleuova.</em></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne me suis donc pas imposé de limites quant aux moyens que je pouvais utiliser. J’ai cherché différentes manières d’exprimer mes métaphores à travers les images, différents registres visuels et le montage lui-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au bout du compte, je pense que c’est la rivière elle-même qui a dicté à quoi devaient ressembler ses rêves.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je reçois des réactions très différentes face à ces procédés. Certaines personnes les trouvent extraordinaires. D’autres n’y voient rien d’autre que des images d’illustration. Certaines affirment qu’ils ne sont absolument pas poétiques, tandis que d’autres les trouvent infiniment poétiques. Certaines personnes les jugent naïfs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’aime le fait qu’ils provoquent une réaction émotionnelle et mettent l’imagination en mouvement. Je pense que c’est ce que le véritable cinéma devrait faire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En tout cas, c’est ce que le cinéma fait sur moi. Et je suis heureuse que mon film ait eu cet effet sur d’autres personnes.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La musique occupe également une place importante dans le film. Que vouliez-vous qu’elle apporte ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">La musique joue un rôle très important.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film comprend plusieurs compositions d’un artiste écossais que j’apprécie ainsi qu’un morceau d’un artiste américain très connu. Mais pour moi, l’élément le plus important est le chant a cappella.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il apparaît à quatre reprises. J’interprète moi-même une courte mélodie, tandis que les autres sont chantées par des filles rencontrées le long de la rivière. Puis, à la fin, il y a un clip avec la formation classique du groupe KeshYOU, qui constitue pour moi une déclaration distincte, méta-ironique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne me reconnais absolument pas dans cette idée, répandue dans tout l’espace postsoviétique, selon laquelle le « vrai cinéma » ne devrait pas comporter de musique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’utilise la musique parce qu’elle s’adresse avant tout, à mes yeux, à nos émotions. Et elle correspond particulièrement bien à ce film parce que sa structure est elle-même profondément émotionnelle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Succès à l’étranger, censure au Kazakhstan</h2>



<h3 class="wp-block-heading">Le film a désormais beaucoup voyagé et reçu une reconnaissance internationale importante. Comment le public a-t-il réagi ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Au moment où nous enregistrons cet entretien, la première kazakhstanaise a déjà eu lieu et nous avons organisé trois projections à guichets fermés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Kirghizstan, nous avons rempli une salle de cinéma à 9 h 30 du matin et remporté le Grand Prix du festival. Le film a reçu un prix à la Berlinale et une trentaine d’invitations dans des festivals du monde entier.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="682" height="1024" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/09/05_Berlinale_Dario_Lehner-682x1024.jpg" alt="" class="wp-image-76067" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/09/05_Berlinale_Dario_Lehner-682x1024.jpg 682w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/09/05_Berlinale_Dario_Lehner-200x300.jpg 200w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/09/05_Berlinale_Dario_Lehner-768x1152.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/09/05_Berlinale_Dario_Lehner-1024x1536.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/09/05_Berlinale_Dario_Lehner.jpg 1333w" sizes="auto, (max-width: 682px) 100vw, 682px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>River Dreams a reçu le Prix du Jury œcuménique dans la section Forum de la 76e Berlinale. Photo : Dario Lehner / Berlinale Forum.</em></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Je vais bientôt partir pour une tournée de trois mois à travers l’Europe, l’Afrique, l’Asie et l’Amérique latine. La première américaine a déjà eu lieu à New York, et la première latino-américaine aura bientôt lieu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais malgré tout cela, je continue d’avoir beaucoup de mal à obtenir une sortie générale du film au Kazakhstan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La raison en est la censure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’espère que nous réussirons à la surmonter, mais en tant qu’artiste, je trouve profondément humiliant de devoir constamment me battre simplement pour cela.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai encore du mal à supporter l’immense douleur de ne pas me sentir acceptée au niveau de l’État ou de l’industrie.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Pourtant, la réaction du public au Kazakhstan semble avoir été très différente. Comment vivez-vous cette contradiction ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le Kazakhstan est aussi mon public &#8211; les femmes comme les hommes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film a suscité ici une réaction extraordinaire et profondément émotionnelle. J’ai vu des rivières de larmes. J’ai entendu tant de personnes se confier à moi après les projections.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et mon cœur est déchiré entre mon amour pour ma patrie et la douleur brûlante de sentir qu’elle me rejette.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/09/06_Kazakhstan_event_Polina_Minakova-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-76068" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/09/06_Kazakhstan_event_Polina_Minakova-1024x682.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/09/06_Kazakhstan_event_Polina_Minakova-300x200-1.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/09/06_Kazakhstan_event_Polina_Minakova-767x511.jpg 767w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/09/06_Kazakhstan_event_Polina_Minakova-1536x1024.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/09/06_Kazakhstan_event_Polina_Minakova.jpg 2000w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne sais pas encore comment résoudre cette contradiction.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai essayé de l’exprimer dans le film.</p>



<h2 class="wp-block-heading">« L’univers est mon pays »</h2>



<h3 class="wp-block-heading">Après cinq années consacrées à ce film et tant de rencontres le long de la rivière, comment envisagez-vous l’avenir du Kazakhstan ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Je pense à l’avenir du pays comme à l’avenir des personnes qui y vivent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Kazakhstan, j’ai rencontré tant de personnes qui me donnent de l’espoir. Elles expriment ouvertement leurs opinions. Elles accordent de la valeur à leur liberté et sont prêtes à se battre pour elle. Elles créent de l’espace pour les autres. Elles rendent les gens qui les entourent plus heureux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Envie d'Asie centrale dans votre boîte mail ? Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter hebdomadaire <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://2ff41361.sibforms.com/serve/MUIFAEUtgQP8Waps-GeAAxU6xgHAdCwla_phFOCNHYUG2N5pyugc_FC9NR3XbOOigQxU5CuQ4V0IZJcq6LjCU6Hx9fBECllNbyvRpMFItJi2WzECxpflAKA-cS-isERi5gQRcgrqND1R6toUU-9w6b_7bd4-Ty-GtfBQfXNFFjMIK0bYtfXjv8bCS5qFaXUgi00yBrR5vK187H2N">en cliquant ici.</a></span></strong></span></p></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais il y a également eu des périodes durant lesquelles j’ai rencontré beaucoup de personnes rongées par l’autocensure et le désespoir &#8211; des personnes qui semblent ne plus considérer leur propre dignité comme quelque chose d’inviolable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est pourquoi réfléchir à l’avenir du pays est actuellement très douloureux pour moi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le film, je raconte un rêve que je faisais lorsque j’étais enfant. Je suis un bébé qui ne cesse de grandir et de s’étendre jusqu’à atteindre les dimensions de l’univers, sans jamais parvenir à ses limites.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, j’ai l’impression d’être à nouveau ce bébé, et que l’univers est mon pays, le Kazakhstan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Peut-être dois-je dépasser ses frontières. Peut-être suis-je déjà en train de devenir trop grande pour elles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais je ne sais pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ma famille vit ici.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’aime profondément cet endroit.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Mathieu Lemoine, rédacteur en chef de Novastan English</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p></p>
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		<title>Frontières</title>
		<link>https://novastan.org/fr/photo-du-jour/frontieres/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 28 Sep 2026 04:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Photo du jour]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[Kopet-Dag]]></category>
		<category><![CDATA[Photo du Jour]]></category>
		<category><![CDATA[Turkménistan]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/photo-du-jour/frontieres/">Frontières</a></p>
<p>Vue sur les contreforts arides et imposants du massif du Kopet Dag, au Turkménistan qui s&#8217;élèvent au sud de la capitale et forment la frontière naturelle avec l&#8217;Iran. Crédits photo : Anton Pfaller (Allemagne, @apr_jnr)</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/photo-du-jour/frontieres/">Frontières</a></p>

<p class="wp-block-paragraph">Vue sur les contreforts arides et imposants du massif du <strong><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kopet-Dag" data-type="link" data-id="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kopet-Dag">Kopet Dag</a></strong>, au <strong><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Turkménistan" data-type="link" data-id="https://fr.wikipedia.org/wiki/Turkménistan">Turkménistan</a></strong> qui s&rsquo;élèvent au sud de la capitale et forment la frontière naturelle avec l&rsquo;Iran.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Crédits photo : <strong>Anton Pfaller</strong> (Allemagne, <strong><a href="https://www.instagram.com/apr_jnr">@apr_jnr</a></strong>)</p>



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		<title>Marche au pied des montagnes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Sep 2026 17:17:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Photo du jour]]></category>
		<category><![CDATA[Montagne]]></category>
		<category><![CDATA[Photo du Jour]]></category>
		<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/photo-du-jour/marche-au-pied-des-montagnes/">Marche au pied des montagnes</a></p>
<p>Une femme marche dans les montagnes du Tadjikistan, un livre fermement serré dans la main. Une scène ordinaire, avec pour toile de fond les paysages arides des hauts plateaux d&#8217;Asie centrale. Crédit : Sascha Ronneburger (Allemagne)</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/photo-du-jour/marche-au-pied-des-montagnes/">Marche au pied des montagnes</a></p>

<p class="wp-block-paragraph">Une femme marche dans les montagnes du Tadjikistan, un livre fermement serré dans la main. Une scène ordinaire, avec pour toile de fond les paysages arides des hauts plateaux d&rsquo;Asie centrale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Crédit : Sascha Ronneburger </strong>(Allemagne)</p>



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		<title>Au détour d&#8217;une rue</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Sep 2026 04:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Photo du jour]]></category>
		<category><![CDATA[Asie centrale]]></category>
		<category><![CDATA[Boukhara]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Photo du Jour]]></category>
		<category><![CDATA[Vie quotidienne]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/photo-du-jour/au-detour-dune-rue/">Au détour d&rsquo;une rue</a></p>
<p>Promenade quotidienne dans les ruelles de Boukhara, en Ouzbékistan. Au Xe siècle, alors que la ville est déjà habitée depuis des siècles, ces mêmes rues ont accueilli de grands noms : le médecin et philosophe Avicenne, le poète Roudaki, le savant Al-Birouni&#8230;. Crédits photo : Étienne de Vaumas (France)</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/photo-du-jour/au-detour-dune-rue/">Au détour d&rsquo;une rue</a></p>

<p class="wp-block-paragraph">Promenade quotidienne dans les ruelles de <strong><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Boukhara" data-type="link" data-id="https://fr.wikipedia.org/wiki/Boukhara">Boukhara</a></strong>, en Ouzbékistan. Au Xe siècle, alors que la ville est déjà habitée depuis des siècles, ces mêmes rues ont accueilli de grands noms : le médecin et philosophe <strong><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Avicenne" data-type="link" data-id="https://fr.wikipedia.org/wiki/Avicenne">Avicenne</a></strong>, le poète <strong><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Roudaki" data-type="link" data-id="https://fr.wikipedia.org/wiki/Roudaki">Roudaki</a></strong>, le savant <strong><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Al-Biruni" data-type="link" data-id="https://fr.wikipedia.org/wiki/Al-Biruni">Al-Birouni</a></strong>&#8230;.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Crédits photo : Étienne de Vaumas</strong> (France)</p>


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		<title>Divine splendeur</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Sep 2026 04:09:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Photo du jour]]></category>
		<category><![CDATA[Gour Emir]]></category>
		<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Photo du Jour]]></category>
		<category><![CDATA[Route de la Soie]]></category>
		<category><![CDATA[Samarcande]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/photo-du-jour/divine-splendeur/">Divine splendeur</a></p>
<p>Le mausolée de Tamerlan à Samarcande, le Gour Emir, est une merveille architecturale datant de 1403 qui aurait inspiré le Taj Mahal (1631) à Agra , Inde, et la mosquée de Saint-Pétersbourg en Russie (1910). Il pourrait être un symbole de cette notion si discutée et commentée de Route de la soie. Crédit : Salomé Aldeguer-Roure (France)</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/photo-du-jour/divine-splendeur/">Divine splendeur</a></p>

<p class="wp-block-paragraph">Le mausolée de <strong><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tamerlan">Tamerlan </a></strong>à Samarcande, le <strong><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gour_Emir">Gour Emir</a></strong>, est une merveille architecturale datant de 1403 qui aurait inspiré le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Taj_Mahal">Taj Mahal</a> (1631) à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/%C4%80gr%C4%81">Agra</a> , Inde, et la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mosqu%C3%A9e_de_Saint-P%C3%A9tersbourg">mosquée de Saint-Pétersbourg</a> en Russie (1910). Il pourrait être un symbole de cette notion si discutée et commentée de <strong><a href="https://novastan.org/en/politics/silk-road-paradigm-central-asia-china-europe/">Route de la soie</a></strong>. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Crédit : <strong>Salomé Aldeguer-Roure</strong> (France)</p>


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			</item>
		<item>
		<title>En Asie centrale, l&#8217;eau rapproche aussi les États</title>
		<link>https://novastan.org/fr/kirghizstan/eau-asie-centrale-cooperation/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Mathieu Lemoine]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Sep 2026 18:43:25 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/eau-asie-centrale-cooperation/">En Asie centrale, l&rsquo;eau rapproche aussi les États</a></p>
<p>Souvent présentée comme une source potentielle de conflits en Asie centrale, l'eau est aussi au cœur d'une coopération régionale ancienne et en pleine évolution. Après 25 années passées à travailler dans la région, dont près de 20 sur les questions d'eau et d'assainissement, Olivier Normand observe une transformation profonde des relations entre les États d'Asie [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/eau-asie-centrale-cooperation/">En Asie centrale, l&rsquo;eau rapproche aussi les États</a></p>
<p><strong>Souvent présentée comme une source potentielle de conflits en Asie centrale, l'eau est aussi au cœur d'une coopération régionale ancienne et en pleine évolution. Après 25 années passées à travailler dans la région, dont près de 20 sur les questions d'eau et d'assainissement, Olivier Normand observe une transformation profonde des relations entre les États d'Asie centrale. Des héritages soviétiques au rapprochement récent entre le Kirghizstan, le Tadjikistan et l'Ouzbékistan, la gestion de l'eau raconte une autre histoire de la région.</strong></p>
<p>Lorsqu'Olivier Normand arrive pour la première fois en Asie centrale, en juin 2000, la région ne ressemble guère à celle d'aujourd'hui. Son premier contact avec l'Ouzbékistan est presque fortuit : une rencontre avec un Ouzbek à Moscou le conduit à participer à un projet consacré à de nouvelles techniques agricoles.</p>
<p>Il traverse alors le pays, de Namangan à Ourguentch, en passant par Boukhara, Samarcande, Termez et Tachkent. À partir de 2003, il dirige depuis Termez un projet d'appui au ministère du Travail, avant de travailler sur différents projets sociaux. Depuis 2007, ses activités sont principalement consacrées à l'eau et à l'assainissement, notamment dans le bassin du Syr-Daria et la vallée de Ferghana.</p>
</p>
<p>Ce qui l'a retenu en Asie centrale ? <em>« Le sentiment d'être au centre du monde et d'assister à l'Histoire en marche », </em>répond-il<em>.</em></p>
<p>25 ans plus tard, cette histoire a considérablement changé.</p>
<p>Parmi les transformations qu'il aurait difficilement imaginées au début des années 2000, Normand cite l'ouverture des frontières, une plus grande liberté de circulation à l'intérieur de l'Ouzbékistan, la simplification du système bancaire et des taux de change, le développement d'Internet, la modernisation des infrastructures et la transformation des villes.</p>
<p>Mais il insiste surtout sur le rapprochement entre les pays d'Asie centrale, et notamment entre ceux qui se partagent la vallée de Ferghana.</p>
<p>Le 31 mars 2025, les présidents du Kirghizstan, du Tadjikistan et de l'Ouzbékistan se sont retrouvés à Khodjent, au Tadjikistan, pour signer un traité fixant le point de jonction de leurs trois frontières ainsi que la Déclaration de Khodjent sur l'amitié éternelle. Cette rencontre venait consacrer le règlement de différends frontaliers qui avaient longtemps empoisonné les relations régionales. Elle a également ouvert de nouvelles perspectives de coopération dans des domaines allant des transports et du commerce à l'énergie, l'environnement et l'eau.</p>
<p>Pour Normand, le 31 mars 2025 constitue ainsi moins un accord spécifiquement consacré à l'eau qu'un symbole d'une évolution beaucoup plus large : la région apprend progressivement . . .</p>

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