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Destruction du bâtiment où vivait la ballerine Malika Sabirova : quel avenir pour les mosaïques soviétiques ? Novastan | Destruction du bâtiment où vivait la ballerine Malika Sabirova : quel avenir pour les mosaïques soviétiques ?
Tadjikistan Douchanbé Immeuble Skazka Mosaïque soviétique Avenue Roudaki

Destruction du bâtiment où vivait la ballerine Malika Sabirova : quel avenir pour les mosaïques soviétiques ?

Un des bâtiments emblématiques du Douchanbé soviétique s’apprête à disparaître. C’est là que se trouvait le célèbre magasin de jouets Skazka, mais aussi là que vivait la grande ballerine Malika Sabirova. La population s’inquiète surtout du sort réservé aux panneaux de mosaïque qui ornent la façade.

Novastan reprend et traduit ici un article publié le 7 avril 2021 par le média tadjik Asia-Plus.

La ville de Douchanbé s’apprête à raser l’immeuble communément appelé le « conte de fées ». Érigé en 1963, il a été conçu par l’architecte de Leningrad Vladimir Afanasiev. Il s’agissait de l’une des premières constructions à quatre étages de la ville.

La grande ballerine Malika Sabirova a vécu ici, au 66 de l’avenue Lénine, aujourd’hui avenue Roudaki, jusqu’à ses derniers jours. Durant l’époque soviétique, un célèbre magasin de jouets pour enfants, Skazka – le conte de fées –, et un studio photo très apprécié des habitants se trouvaient au rez-de-chaussée.

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Aujourd’hui, le bâtiment est en cours de destruction.

Malika Sabirova

Surnommée la « déesse du ballet », Malika Sabirova était à la fois grande et humble, elle a toujours été très respectée. La ballerine a voyagé dans le monde entier pour accroître la renommée et le prestige de la chorégraphie soviétique et tadjike, et du ballet classique russe. Les spectacles de Malika Sabirova, originaire d’une république soviétique lointaine mal connue, ont ouvert le Tadjikistan au monde.

Ouzbékistan Douchanbé Immeuble Skazka Mosaïque soviétique Malika Sabirova

Malika Sabirova a ainsi représenté l’art du ballet du Tadjikistan dans des endroits aussi divers que Moscou, Londres, Tokyo, Prague, Budapest, Sofia, Le Caire, La Havane, Tripoli, Kuala Lumpur, Berlin, Singapour, Paris, Ottawa, Bangkok, Delhi, Bombay, Osaka, Mexico, Rio de Janeiro, Karachi, Islamabad, Rome, Santiago, Lima ou Caracas. Présidents et rois, Premiers ministres et premiers secrétaires, seigneurs et princes, maires et gouverneurs ont organisé des réceptions en son honneur.

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Aujourd’hui, la plaque commémorative avec le visage de la ballerine en bas-relief, réalisée par la sculptrice Elena Tatarinova, est toujours accrochée au coin de l’immeuble. Mais elle n’y restera pas longtemps.

Le « conte de fées »

Autrefois, le bâtiment abritait le magasin Skazka, le conte de fées, qui a donné son nom à l’ensemble de la structure.

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Ceux qui sont nés dans les années 1960-1980 du Douchanbé soviétique ont pénétré dans ce lieu féerique à maintes reprises pour vivre la magie des modèles réduits d’avions, des chemins de fer pour enfants de l’entreprise PIKO (une marque vendant des modèles réduits ferroviaires, ndlr) venant de la République démocratique allemande, des poupées tchèques et allemandes, et des voitures mécaniques et électriques, télécommandées ou non… Tous les jouets les plus tentants étaient vendus là !

Le bâtiment comportait aussi un atelier de couture. Après avoir récupéré leur commande, les enfants pouvaient se rendre vêtus de leurs nouveaux habits au studio photo situé à côté afin de faire réaliser d’élégants portraits.

Des mosaïques uniques

Des chefs-d’œuvre uniques de mosaïque en céramique soviétique, manifestation vivante du modernisme à Douchanbé dans les années 1970, sont présents sur les murs du rez-de-chaussée.

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Ces dernières années, ce type de mosaïque est devenu à la mode chez les historiens de l’art comme chez les habitants ordinaires de Douchanbé. Il ne s’agit plus seulement pour eux d’admirer les immenses panneaux de céramique sur les murs des immeubles, mais aussi de lancer des discussions sur Internet concernant la préservation de ce patrimoine artistique unique.

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Les utilisateurs des réseaux sociaux déplorent la destruction de ces bâtiments des années 1960-1970 qui possèdent encore ces mosaïques de l’époque soviétique. Hélas, tout le monde ne saisit pas leur valeur historique et culturelle.

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Il serait vraiment triste que ces magnifiques panneaux muraux disparaissent sous les coups de marteaux-piqueurs.

La population de Douchanbé ne peut qu’espérer que le ministère de la Culture veillera au démantèlement et à la préservation de ces quatre chefs-d’œuvre monumentaux installés sur la façade du « conte de fées », au 66 de l’avenue Roudaki…

Gafour Chermatov pour Asia-Plus

Traduit du russe par Salomé De Baets

Édité par Laure de Polignac

Relu par Anne Marvau

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