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	<title>URSS | Novastan France</title>
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	<description>L&#039;Asie centrale expliquée, avec Novastan</description>
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	<title>URSS | Novastan France</title>
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		<title>Retour sur le tremblement de terre de 1966 à Tachkent : « Nous tremblons, mais nous n&#8217;abandonnons pas »</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Apr 2026 15:59:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/retour-sur-le-tremblement-de-terre-de-1966-a-tachkent-nous-tremblons-mais-nous-nabandonnons-pas/">Retour sur le tremblement de terre de 1966 à Tachkent : « Nous tremblons, mais nous n&rsquo;abandonnons pas »</a></p>
<p>Il y a 60 ans, le tremblement de terre qui a détruit Tachkent, s&#8217;est avérée être un tournant pour le paysage urbain de la capitale ouzbèke. Grâce à la reconstruction menée par divers architectes venus de toutes les républiques soviétiques, la ville s&#8217;est transformée en laboratoire du « modernisme sismique ». Le photographe allemand Heinz Krüger, qui [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/retour-sur-le-tremblement-de-terre-de-1966-a-tachkent-nous-tremblons-mais-nous-nabandonnons-pas/">Retour sur le tremblement de terre de 1966 à Tachkent : « Nous tremblons, mais nous n&rsquo;abandonnons pas »</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Il y a 60 ans, le tremblement de terre qui a détruit Tachkent, s&rsquo;est avérée être un tournant pour le paysage urbain de la capitale ouzbèke. Grâce à la reconstruction menée par divers architectes venus de toutes les républiques soviétiques, la ville s&rsquo;est transformée en laboratoire du « modernisme sismique ». Le photographe allemand Heinz Krüger, qui se trouvait par hasard sur place à l&rsquo;époque, a immortalisé non seulement la destruction, mais aussi l&rsquo;espoir et la reconstruction de Tachkent.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La plupart des habitants de Tachkent dormaient encore lorsqu’il y a 60 ans, tôt le matin du 26 avril 1966 à 5h23, heure locale, un violent séisme a secoué la capitale de l’ancienne République socialiste soviétique d’Ouzbékistan. Avec une magnitude d’environ 5,2 sur l’échelle de Richter et une profondeur très faible, ce séisme n’était en réalité que de magnitude moyenne. </p>


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<p class="wp-block-paragraph">Cependant, étant donné que l’épicentre se trouvait en plein centre-ville de la capitale ouzbèle, il a déployé une force destructrice considérable. Les onze secondes de la première secousse, ainsi que les nombreuses répliques qui ont suivi au cours des jours et des semaines suivants, qui ont détruit environ 28 000 bâtiments.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="824" height="1024" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/earthquake-2-824x1024.jpg" alt="" class="wp-image-74821" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/earthquake-2-824x1024.jpg 824w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/earthquake-2-241x300.jpg 241w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/earthquake-2-768x954.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/earthquake-2-600x746.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/earthquake-2.jpg 1236w" sizes="(max-width: 824px) 100vw, 824px" /><figcaption class="wp-element-caption">Archives Heinz Krüger. Crédit :Musée et Galerie Falkensee</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Très peu de gratte-ciel modernes ont résisté. La plupart des maisons traditionnelles, en brique de terre crue, à un ou deux étages, ont été endommagées mais ne se sont pas effondrées. Une douzaine de morts et environ 150 blessés étaient à déplorer. Favorisés par le climat chaud, les habitants se sont rapidement installés en plein air, où d’immenses campements de tentes ont vu le jour en quelques jours.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="825" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/eartquacke-3-1024x825.jpg" alt="" class="wp-image-74822" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/eartquacke-3-1024x825.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/eartquacke-3-300x242.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/eartquacke-3-768x619.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/eartquacke-3-600x483.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/eartquacke-3.jpg 1536w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Archives Heinz Krüger. Crédit : Musée et Galerie Falkensee</figcaption></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>De nouvelles constructions, plutôt qu’une reconstruction</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les années 1960, Tachkent, avec près d’un million d’habitants, était la quatrième plus grande ville de l’Union soviétique et bénéficiait d’une attention particulière de Moscou. Tout comme Leningrad (ex Saint-Petersbourg) était historiquement considérée comme la « fenêtre sur l’Europe », Tachkent était la « porte vers l’Orient ». Cela faisait de l’Ouzbékistan un « phare », et une vitrine visant à enthousiasmer le soi-disant tiers-monde pour le modèle social soviétique par le biais de la diplomatie politique, économique et culturelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce 26 avril 1966, Moscou a immédiatement réagi à la catastrophe. Le soir même, le chef du Parti, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9onid_Brejnev">Leonid Brejnev</a>, et le chef du gouvernement, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexis_Kossyguine">Alexeï Kossyguine</a>, sont arrivés Tachkent et ont été secoués par une forte réplique sismique lors de leur première réunion de crise dans la capitale ouzbèle. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Face au coup du sort que constituait l’épicentre du séisme situé en plein cœur de la ville, les autorités de Tachkent se sont appuyées sur un nouveau plan général d’urbanisme, presque achevé par hasard. Le rêve d’une métropole socialiste modèle, déjà chéri sur le papier, a alors eu du jour au lendemain la chance d’être rapidement concrétisé en acier et en béton. Le chef local du Parti communiste, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sharof_Rashidov">Charof Rachidov</a>, a saisi cette opportunité et a réussi à convaincre les dirigeants moscovites de réaffecter d’énormes ressources en main-d’œuvre qualifiée, en matériaux et en savoir-faire provenant de toute l’Union soviétique vers la métropole ouzbèke. Tachkent ne devait pas simplement être reconstruite, mais édifiée à nouveau en tant que ville idéale, conformément à la croyance socialiste dans le progrès.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le plan d&rsquo;urbanisme général a été adapté en un temps record, et adopté début 1967. Au cours des quatre années suivantes, plus d&rsquo;un million de mètres carrés de nouvelles surfaces résidentielles et utilitaires ont vu le jour dans la capitale désormais « antisismique », fidèles à la devise « <em>Nous tremblons, mais nous n&rsquo;abandonnons pas </em>», comme on pouvait le lire à l&rsquo;époque sur de nombreux murs et tentes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/laboratoire-dessais-architecturaux-tachkent-lheritage-freres-jarsky/">Tachkent, laboratoire architecturale des frères Jarsky</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus de 100 000 ouvriers du bâtiment et soldats du génie civil, ingénieurs et architectes ont répondu à l&rsquo;appel de la République soviétique socialiste d&rsquo;Ouzbékistan sous les bannières de la solidarité et de l&rsquo;amitié entre les peuples. Beaucoup de ceux qui ont participé à la reconstruction sont restés à Tachkent une fois les travaux achevés. La qualité de vie des nouveaux quartiers résidentiels, l&rsquo;accès privilégié à des logements qui faisaient défaut ailleurs, et le climat chaud ont donné à la ville, après l’accueil de nombreux orphelins pendant la Seconde Guerre mondiale, un nouvel élan multiculturel.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La naissance du « modernisme sismique »</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le modernisme s’impose alors à Tachkent. De larges avenues et boulevards, ainsi que de vastes ensembles résidentiels &#8211; abritant sans doute l’une des plus grandes diversités de bâtiments préfabriqués au monde &#8211; voient le jour. Les nouveaux immeubles d’habitation remplacent peu à peu les constructions de plain-pied de la vieille ville, tout en étendant les limites urbaines de plus de moitié grâce à l’émergence de nombreux quartiers.<br></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="835" height="1024" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/earthquacke-4-835x1024.jpg" alt="" class="wp-image-74823" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/earthquacke-4-835x1024.jpg 835w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/earthquacke-4-245x300.jpg 245w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/earthquacke-4-768x941.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/earthquacke-4-600x736.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/earthquacke-4.jpg 1253w" sizes="(max-width: 835px) 100vw, 835px" /><figcaption class="wp-element-caption">Archives Heinz Krüger. Crédit : Musée et Galerie Falkensee</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">De vastes espaces verts ont été préservés et agrandis, afin d’égayer le paysage urbain et d’atténuer la chaleur estivale typique du climat continental. Des expériences architecturales marquantes dans la construction de bâtiments publics, tout comme q*des mosaïques en céramique surdimensionnées aux accents orientaux sur de nombreux murs de maisons, ont conféré un charme supplémentaire au paysage urbain de Tachkent. Enfin, le premier métro et la plus haute tour de télévision d&rsquo;Asie centrale ont finalement contribué à la modernisation visible de cette ville.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/mitkhat-boulatov-architecte-tachkent-seconde-guerre-mondiale/">Mitkhat Boulatov, architecte de Tachkent à l’heure de la Seconde Guerre mondiale</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette spécificité de la transformation urbaine, particulièrement visible dans la construction de logements, fait de Tachkent, encore aujourd’hui, un cas architectural unique. Ce style est souvent décrit comme du « <em>modernisme sismique</em> ». En effet, outre Moscou et Leningrad, les complexes immobiliers de logements de toutes les autres républiques soviétiques y ont apporté leur contribution. Ils ont tous apporté leurs types de gratte-ciel et leurs conceptions d’appartements typiques de leur région et ont pu les mettre en œuvre à Tachkent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est ainsi que le modernisme soviétique, sous toutes ses formes, s&rsquo;est marié, de Tallinn à Bakou en passant par Novossibirsk, au charme teinté d&rsquo;orient de la tradition architecturale locale.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="600" height="900" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/hotel-uz.jpg" alt="" class="wp-image-74824" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/hotel-uz.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/hotel-uz-200x300.jpg 200w" sizes="auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px" /><figcaption class="wp-element-caption">L&rsquo;ancien hotel « Inturist », aujourd&rsquo;hui renommé en hôtel « Ouzbékistan », est un exemple marquant du « modernisme sismique ». Crédit : Bodo Thöns</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui encore, on trouve sur de nombreux immeubles de cette époque des inscriptions murales inédites, telles que « <em>De Leningrad pour Tachkent</em> », « <em>Kharkov </em>» ou « <em>Le quartier lituanien</em> ».</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/Bodo_Thoens_UZ_Taschkent_Erdbeben_Exkursion_Belarus_2026_April_000004-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-74825" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/Bodo_Thoens_UZ_Taschkent_Erdbeben_Exkursion_Belarus_2026_April_000004-1024x768.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/Bodo_Thoens_UZ_Taschkent_Erdbeben_Exkursion_Belarus_2026_April_000004-300x225.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/Bodo_Thoens_UZ_Taschkent_Erdbeben_Exkursion_Belarus_2026_April_000004-768x576.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/Bodo_Thoens_UZ_Taschkent_Erdbeben_Exkursion_Belarus_2026_April_000004-600x450.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/Bodo_Thoens_UZ_Taschkent_Erdbeben_Exkursion_Belarus_2026_April_000004.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Immeuble de Tachkent avec l&rsquo;inscription « Pour le bonheur des Tachkentois, offert par le peuple biélorusse en 1967 ». Crédit : Bodo Thöns</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Le charme esthétique particulier de ces bâtiments réside dans l’intégration d’éléments locaux. Dans de nombreux endroits, des arcades ombragées ont été prévues. De larges grilles pare-soleil ont permis de réduire le rayonnement solaire direct sur les façades vitrées. De nombreuses façades impressionnent par leurs ornements colorés et leurs vastes mosaïques panoramiques aux motifs allant du folklore au cosmos.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="900" height="600" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/Bodo_Thoens_UZ_Taschkent_Platte_Meuser_2017_Sep_0369.jpg" alt="" class="wp-image-74826" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/Bodo_Thoens_UZ_Taschkent_Platte_Meuser_2017_Sep_0369.jpg 900w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/Bodo_Thoens_UZ_Taschkent_Platte_Meuser_2017_Sep_0369-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/Bodo_Thoens_UZ_Taschkent_Platte_Meuser_2017_Sep_0369-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/Bodo_Thoens_UZ_Taschkent_Platte_Meuser_2017_Sep_0369-600x400.jpg 600w" sizes="auto, (max-width: 900px) 100vw, 900px" /><figcaption class="wp-element-caption">Décorations de façade à Tachkent destinées à réduire le rayonnement solaire direct. Crédit : Bodo Thöns</figcaption></figure>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Architecture et urbanisme après 1966</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;ancienne avenue Lénine porte aujourd&rsquo;hui le nom de Charof RaChidov, ancien chef du Parti communiste et « rénovateur de la ville ». Mais ce n’est pas tout : dès le dixième anniversaire du séisme, en 1976, le « Monument du courage » a été inauguré à l’emplacement de l’épicentre, sur l’ancien boulevard Lénine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La statue d&rsquo;une famille résistant aux forces de la nature représente un homme, une femme et un enfant posés sur un cube de granit fendu en deux. Les deux moitiés du cube indiquent la date et l&rsquo;heure du séisme. Le monument symbolise moins la catastrophe et le deuil que la catastrophe a entraîné, que le courage et l&rsquo;optimisme dont ont fait preuve les victimes lors de la reconstruction de la capitale. Le soutien apporté par de nombreuses entreprises de construction venues des quatre coins de l’ex-Union soviétique est mis à l’honneur dans les reliefs et les créneaux qui ornent l’encadrement de la place du monument.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/Bodo_Thoens_UZ_Taschkent_Erdbeben_Exkursion_2026_April_105858-1536x1152-1-1024x768.jpg" alt="" class="wp-image-74827" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/Bodo_Thoens_UZ_Taschkent_Erdbeben_Exkursion_2026_April_105858-1536x1152-1-1024x768.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/Bodo_Thoens_UZ_Taschkent_Erdbeben_Exkursion_2026_April_105858-1536x1152-1-300x225.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/Bodo_Thoens_UZ_Taschkent_Erdbeben_Exkursion_2026_April_105858-1536x1152-1-768x576.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/Bodo_Thoens_UZ_Taschkent_Erdbeben_Exkursion_2026_April_105858-1536x1152-1-600x450.jpg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2026/04/Bodo_Thoens_UZ_Taschkent_Erdbeben_Exkursion_2026_April_105858-1536x1152-1.jpg 1536w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Lors d’une visite guidée de Tachkent, il est impossible de passer à côté du monument « Courage ». Crédit : Bodo Thöns</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Avec plus de 3,5 millions d’habitants, le Tachkent d’aujourd’hui a plus que doublé de taille. L’infrastructure du centre repose toujours sur le réseau routier mis en place après 1966. Après l’indépendance de l’Ouzbékistan, de nombreux aspects de la période coloniale russo-soviétique ont fait l’objet d’une évaluation critique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan :<a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/larchitecture-sovietique-de-tachkent-a-t-elle-encore-de-la-valeur/"> L’architecture soviétique de Tachkent a-t-elle encore de la valeur ?</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En architecture aussi, la nostalgie de l’ancien Tachkent était de mise. Pour beaucoup, le modernisme n’était pas assez « ouzbek », et trop soviétique. «<em> Ce n’est pas le tremblement de terre, mais l’amitié des peuples armée de bulldozers qui a réduit l’ancien Tachkent à l’état de ruines</em> », <a href="https://www.youtube.com/watch?v=uPaUl_lKwX4">a commenté </a>avec sarcasme l’écrivaine Dina Rubina, qui vivait alors à Tachkent et réside aujourd’hui près de Jérusalem, en Israël. De nombreux bâtiments publics ont été dotés de nouvelles façades, et le marbre blanc associé à des vitrages bleus est devenu la norme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au cours des dix dernières années de réformes intensives menées par <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/qui-est-le-nouveau-president-de-louzbekistan/">Chavkat Mirzioïev</a>, un véritable boom de la construction a éclaté. La ville s’est considérablement étendue vers le nord et l’est. La densification du centre est désormais le mot d’ordre. Avec le recul des années, un regard plus nuancé s&rsquo;impose sur l&rsquo;héritage du « modernisme sismique », souvent diffamé comme du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Brutalisme">brutalisme</a>. Son caractère unique suscite, au-delà des frontières du pays, curiosité et estime, et, depuis peu, une approche prudente de cet héritage. L&rsquo;idée même d&rsquo;une candidature au patrimoine mondial de l&rsquo;UNESCO <a href="https://whc.unesco.org/en/tentativelists/6708/">est déjà évoquée</a>, pour sauvegarder le patrimoine moderniste. </p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un photographe allemand se trouvait par hasard à Tachkent</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Revenons au tremblement de terre : par hasard, deux reporters du magazine est-allemand « Freie Welt » se trouvaient à Tachkent à cette époque pour un autre sujet de reportage. Mais, pour Hans Frosch (texte) et <a href="https://de.wikipedia.org/wiki/Heinz_Kr%C3%BCger_(Fotograf)">Heinz Krüger </a>(photos), le tremblement de terre est alors devenu le seul sujet d’intérêt. Dans le numéro 23/66 paru début juin 1966, un grand reportage de cinq pages décrivait comment Tachkent faisait face aux conséquences du séisme, accompagné de plus d&rsquo;une douzaine de photos. Au total, près de 140 photos ont été prises lors de ce voyage en Asie centrale.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">La veuve du photographe Heinz Krüger (1919-1980) a fait don de ses archives, qui comprennent notamment plus de 30 000 clichés, à sa ville natale de Falkensee, près de Berlin. Cette année, certaines de ces photos seront à nouveau présentées au grand public. Un avant-goût sera notamment proposé le 29 avril au Goethe-Institut de Tachkent, qui consacre <a href="https://www.goethe.de/ins/uz/de/ver.cfm?event_id=27267510">une cérémonie commémorative </a>à l’anniversaire du tremblement de terre. L’une des conférences sera consacrée aux clichés pris à l’époque par Heinz Krüger.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Bodo Thöns, rédacteur pour la version allemande de Novastan, <br>Avec Michèle Häfliger</strong></p>


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		<title>Les échecs, une passion soviétique toujours présente en Asie centrale</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Salomé Aldeguer-Roure]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Dec 2025 11:49:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kirghizstan]]></category>
		<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
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		<category><![CDATA[URSS]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/les-echecs-une-passion-sovietique-toujours-presente-en-asie-centrale/">Les échecs, une passion soviétique toujours présente en Asie centrale</a></p>
<p>A seulement dix-neuf ans, Javokhir Sindarov est devenu le plus jeune champion de la Coupe du monde d’échecs en Inde le 26 novembre 2025. Sacré Grand maître depuis ses douze ans, la réussite du joueur uzbek illustre la popularité des échecs en Asie centrale chez la jeunesse comme chez les plus âgés. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/les-echecs-une-passion-sovietique-toujours-presente-en-asie-centrale/">Les échecs, une passion soviétique toujours présente en Asie centrale</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>À seulement dix-neuf ans, le joueur ouzbek Javokhir Sindarov est récemment devenu le plus jeune champion de la Coupe du monde d’échecs en Inde. Sacré Grand maître depuis ses douze ans, sa réussite illustre plus largement la popularité persistante des échecs en Asie centrale chez la jeunesse comme chez les plus âgés. </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Échec et mat pour les adversaires de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Javokhir_Sindarov">Javokhir Sindarov</a>, gagnant de la Coupe du monde d’échecs à 19 ans en Inde ce 26 novembre 2025. Désormais le <a href="https://www.gazeta.uz/en/2025/11/27/sindarov-chess-uzbekistan/">plus jeune joueur à remporter le tournoi</a>, il marque une victoire historique pour l’Ouzbékistan qui ne s’était pas qualifié au tournoi des candidats au Championnats du monde depuis 2004. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><p style="background-color: #d4d4d4; text-align: center;"><a href="https://www.helloasso.com/associations/novastan/formulaires/2"><strong>Faites un don à Novastan</strong></a></p></p>



<p class="wp-block-paragraph">Devenu <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Grand_ma%C3%AEtre_international">Grand maître international</a> – un titre honorifique réservé aux meilleurs joueurs d’échecs – à l’âge de 12 ans, Javokhir Sindarov illustre la popularité persistante des échecs dans l’Asie centrale post-soviétique. Alors que les écoles dans la région multiplient les programmes d’apprentissage de ce sport, les échecs ont longtemps été un promoteur de l’égalité entre citoyens et de la supériorité intellectuelle de la doctrine communiste au temps de l’URSS. </p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>“L&rsquo;École soviétique” d’échecs, une « propagande intellectuelle</strong>« <strong> ? </strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Réservés à la bourgeoisie avant la révolution d’octobre 1917, les échecs ont fait l’objet d’une politique de démocratisation menée par les bolchéviques. Pour jouer, nul besoin d&rsquo;autre matériel qu’un échiquier et quelques pièces : pratiques et peu coûteux, les échecs sont alors devenus accessibles à tous en URSS, et représentaient la volonté d&rsquo;abolition des rapports de classe.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan</strong> : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/louzbekistan-grand-gagnant-de-lolympiade-dechecs-2022/"><strong>L’Ouzbékistan, grand gagnant de l’Olympiade d’échecs 2022</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Rapidement, une <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Soviet_chess_school">École soviétique</a> des échecs s’est formée, avec comme chef-de-file l’un des premiers champions du monde de l’histoire, <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Mikhail_Botvinnik">Mikhail Botvinnik</a>. Les échecs étaient enseignés à l’école, avec des programmes d&rsquo;entraînement et des tournois financés par l’État. Dans ce sport reconnu pour sa valeur stratégique, la réussite des Grands maîtres soviétiques à l’international permettait à l’URSS d’affirmer sa domination intellectuelle, un instrument de soft power majeur dans le contexte de la Guerre froide.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, les académies, les festivals internationaux et les programmes d’apprentissage des échecs fleurissent en Asie centrale. Que ce soit en Ouzbékistan où le sport est enseigné à l’école, ou au Kazakhstan avec le programme “<a href="https://weproject.media/en/articles/detail/chess-in-central-asia-from-ancient-roots-to-global-triumphs/">Échecs dans le village</a>”, cette stratégie s’avère gagnante, puisque pas moins de 92 tournois ont <a href="https://timesca.com/two-more-grandmasters-for-kazakhstan-an-emerging-chess-power/">été organisés en 2024</a> au Kazakhstan et cinq femmes kazakhes figuraient dans le <a href="https://www.euronews.com/culture/2025/11/05/how-kazakhstans-strategy-strengthened-its-position-on-global-chessboard">top 100 mondial</a> 2025.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon Timur Turlov, homme d&rsquo;affaires au Kazakhstan président de la Fédération d&rsquo;échecs kazakhe, les échecs doivent représenter une fenêtre sur le capital intellectuel du pays, une ambition qui fait écho au passé soviétique du sport.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une passion pour les échecs toujours brûlante au Kirghizstan</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au Kirghizstan, la chute de l’URSS a provoqué un arrêt brutal des fonds accordés par le gouvernement, mais l’amour pour ce sport brûle toujours. Dans l&rsquo;aire de jeu d&rsquo;échecs libre du centre de Bichkek, la capitale kirghize, le froid de décembre ne décourage pas les quinquagénaires qui enchaînent les parties sous la lueur des lampadaires. Jusqu’après la tombée de la nuit, ils sont parfois six autour d&rsquo;une table, dos courbé et regard rivé sur l&rsquo;échiquier. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/image-1-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-73304" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/image-1-1024x768.jpeg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/image-1-300x225.jpeg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/image-1-768x576.jpeg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/image-1-1536x1152.jpeg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/image-1-600x450.jpeg 600w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2025/12/image-1.jpeg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Si les joueurs adoptent un sérieux de rigueur, l&rsquo;ambiance reste bon enfant. Les rires fusent chez les supporters qui les encerclent, certains chantonnent pendant que d&rsquo;autres n&rsquo;hésitent pas à aider d&rsquo;un discret coup de coupe leur concurrent préféré. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan</strong> : <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/pourquoi-les-echecs-sont-ils-si-populaires-en-asie-centrale/"><strong>Pourquoi les échecs sont-ils si populaires en Asie centrale ?</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">“<em>Nous ne sommes pas des professionnels, nous jouons par amour des échecs</em>”, explique Tynchtyk, Bichkékien passionné par ce jeu depuis son adolescence. Chaque dimanche, il retrouve ses amis et joue pendant des heures autour de mets et boissons à partager.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Plus qu’un jeu, ce sport intellectuel constitue désormais une instance de socialisation fondamentale pour les personnes ayant vécu sous l&rsquo;Union soviétique. Les Kirghizes ont ancré cette pratique dans leur quotidien, tant jouer aux échecs reste synonyme de cohésion sociale et d&rsquo;égalité, peu importe le genre, la classe sociale ou l&rsquo;origine du joueur. Qu&rsquo;elle soit induite par le système ou par la survivance d&rsquo;un héritage soviétique, la passion pour les échecs persiste en Asie centrale : certains affirment même qu’elle connaît aujourd’hui une véritable résurgence.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Salomé Aldeguer-Roure</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Rédactrice pour Novastan</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Elise Medina</strong></p>


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		<title>Au Kirghizstan, la plus grande statue de Lénine de la région retirée</title>
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		<dc:creator><![CDATA[wonkur]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Jun 2025 05:08:13 +0000</pubDate>
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<p>Le plus haut monument d'Asie centrale dédié au leader bolchévique, situé à Och, la deuxième ville du Kirghizstan, a été démantelé par les autorités municipales. Cette décision alimente un débat sur l'héritage soviétique, dans un contexte où des efforts sont déployés pour promouvoir l'identité nationale kirghize. Au matin du 7 juin, les habitants d'Och ont [&#8230;]</p>
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<p><strong>Le plus haut monument <strong>d'Asie centrale</strong></strong> <strong>dédié au leader bolchévique, situé à Och, la deuxième ville du Kirghizstan, a été démantelé par les autorités municipales. Cette décision alimente un débat sur l'héritage soviétique, dans un contexte où des efforts sont déployés pour promouvoir l'identité nationale kirghize. </strong></p>
<p>Au matin du 7 juin, les habitants d'<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Och">Och</a> ont découvert que la statue à l'effigie de Vladimir Ilitch Lénine, située sur la place principale de la ville, avait disparu. Elle a tout simplement été démantelée sur décision de la mairie.</p>
<p>Haute de 23 mètres et érigée en 1975, la statue était jusqu'alors considérée comme le plus haut monument dédié au père fondateur de l'Union soviétique en Asie centrale. Le média kirghiz <a href="https://24.kg/obschestvo/331960_pamyatniki_leninu_vnbspkyirgyizstane_otnbspsimvola_sovetskoy_epohi_knbspobyektu_sporov/">24.kg</a> raconte qu'elle a été coulée en bronze à Saint-Pétersbourg et longtemps servi comme symbole de la puissance soviétique dans le sud du Kirghizstan.</p>
<p>Une décision "apolitique" selon la mairie</p>
<p>Dans un communiqué, relayé par le média kirghiz <a href="https://kaktus.media/doc/525247_v_merii_osha_rasskazali_kyda_perenesyt_pamiatnik_leniny_i_chto_ystanoviat_na_ploshadi_goroda.html">Kaktus</a>, le bureau du . . .</p>

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		<title>Diasporas et diversité : brève histoire des peuples au Kazakhstan</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Oct 2024 09:51:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Allemands]]></category>
		<category><![CDATA[Coréens]]></category>
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		<category><![CDATA[Société et culture]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
		<category><![CDATA[URSS]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/diasporas-diversite-breve-histoire-peuples-kazakhstan/">Diasporas et diversité : brève histoire des peuples au Kazakhstan</a></p>
<p>En 1995, le président kazakh d&#8217;alors, Noursoultan Nazarbaïev, fait du 1er mai la Journée de l’unité du peuple, remplaçant ainsi la Fête du travail célébrée à cette date en URSS. En l’honneur du peuple kazakh et de sa diversité, le média The Village propose à ses lecteurs une brève histoire de quatre diasporas importantes de [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/diasporas-diversite-breve-histoire-peuples-kazakhstan/">Diasporas et diversité : brève histoire des peuples au Kazakhstan</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>En 1995, le président kazakh d&rsquo;alors, Noursoultan Nazarbaïev, fait du 1er mai la Journée de l’unité du peuple, remplaçant ainsi la Fête du travail célébrée à cette date en URSS. En l’honneur du peuple kazakh et de sa diversité, le média The Village propose à ses lecteurs une brève histoire de quatre diasporas importantes de ce pays.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">D’après les <a href="https://t.me/stat_gov_kz_official/1326">données</a> du Bureau des nationalités de la République du Kazakhstan pour l’année 2023, plus de 120 nationalités subsistent aujourd’hui dans le pays. La plupart d’entre elles sont arrivées à la suite de la politique de réinstallation menée par l’URSS, aux <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Répression_politique_en_Union_soviétique#Génocide,_nettoyage_ethnique_et_déportations_des_peuples">répressions staliniennes</a> et aux déportations durant la Seconde Guerre mondiale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, déjà à l’époque pré-révolutionnaire, de nombreuses diasporas ethniques commencent à se former sur le territoire du Kazakhstan. L’immensité du pays, relativement à sa démographie, le rend propice à la réinstallation de populations, principalement ouïghoures, coréennes, allemandes, polonaises, ukrainiennes, tatares, azéries et tchétchènes.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">The Village retrace l’histoire de quatre diasporas ayant subi la répression. Forcées à s’adapter, leur contribution à la culture locale continue de marquer le pays.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les Ouïghours</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les Ouïghours s’installent pour la première fois sur le territoire du Kazakhstan à la fin du XIXeme siècle, en même temps que les Dounganes, suite à la répression de la révolte ouïghoure en Chine. En 1918, les <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bolcheviks#:~:text=Les%20bolcheviks%2C%20bolchéviks%2C%20bolcheviques%2C,">bolcheviks</a> accusent la population civile ouïghoure de sympathiser avec les Kazakhs et les Russes blancs. Dans les villages, de <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%92%D0%B5%D1%80%D0%BD%D1%8B%D0%B9">Verny</a> <em>(actuellement Almaty, ndlr)</em> à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jarkent">Jarkent</a>, <a href="https://assembly.kz/ru/analitika/uygury-kazakhstana-po-puti-druzhby-i-podderzhki-kazakhskogo-naroda/">25&nbsp;000 Ouïghours</a> sont alors fusillés. Puis, à l’époque de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Collectivisation_en_Union_soviétique#:~:text=Articles%20détaillés%20%3A%20Famines%20soviétiques%20de,sabotaient%20la%20collecte%20des%20céréales.">collectivisation</a> et de la famine des années 1929-1931, une partie des Ouïghours se réinstalle en Chine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De 1926 à 1938, au Kazakhstan comme dans d’autres républiques soviétiques existe une série de districts nationaux au régime autonome. Cependant, le 17 décembre <a href="https://www.sciencespo.fr/mass-violence-war-massacre-resistance/fr/document/les-crimes-de-masse-sous-staline-1930-1953.html">1937</a>, les autorités proclament un arrêté <em>«&nbsp;sur la liquidation des districts et villages nationaux&nbsp;»</em>. Une inspection spéciale explique cette liquidation par le fait que de nombreux districts ont été créés <em>«&nbsp;par des ennemis du peuple à des fins nuisibles&nbsp;»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/region-ouighoure/immersion-dans-la-culture-ouighoure-depuis-lexil/">Immersion dans la culture ouïghoure depuis l’exil</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré cela, dans les années 1960-1970, pendant la période d’ouverture des frontières entre l’URSS et la République Populaire de Chine (RPC), une nouvelle réinstallation importante du peuple ouïghour a lieu. Deux nouvelles vagues de migrants s’installent dans la république socialiste soviétique (RSS) du Kazakhstan, principalement dans les villages et les centres de districts des oblasts <a href="https://www.novastan.org/fr/kazakhstan/almaty-la-ville-aux-1000-couleurs-et-aux-1001-annees/">d’Almaty</a> et de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Taldykourgan">Taldykourgan</a>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les Allemands</h2>



<p class="wp-block-paragraph">À la fin du XVIIIeme<sup> </sup>siècle, les premiers Allemands arrivent sur le territoire kazakh. Cela est dû à de forts mouvements migratoires internes à l’Empire russe vers les terres des frontières méridionales et orientales d’alors. Par la suite, au début du XXeme siècle, le pays compte déjà quelques dizaines de colonies allemandes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les années 1930, des Allemands issus de villages d’Ukraine, de Crimée, de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Volga">Volga</a>, de l’oblast de Leningrad et d’Azerbaïdjan arrivent au Kazakhstan. Il s’agit principalement de paysans expulsés dans le cadre de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Dékoulakisation">dékoulakisation</a>, de la collectivisation ou accusés d’espionnage pour l’Allemagne, à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Une partie d’entre eux est fusillée. D’autres sont déportés de la partie européenne de l’URSS et du Caucase en 1941, prétextant l’évacuation d’une zone de guerre dangereuse.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="666" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/10/j_aQN8IINh-HMgnmIAhXUw-wide-1024x666.jpg" alt="Déportation Kazakhstan URSS" class="wp-image-66921" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/10/j_aQN8IINh-HMgnmIAhXUw-wide-1024x666.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/10/j_aQN8IINh-HMgnmIAhXUw-wide-300x195.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/10/j_aQN8IINh-HMgnmIAhXUw-wide-768x500.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/10/j_aQN8IINh-HMgnmIAhXUw-wide.jpg 1280w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">De nombreuses populations ont été déplacées sous Staline vers le Kazakhstan. Photo : mungfali.com.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">À cause de la méfiance pour les Allemands, la plupart d’entre eux se voit attribuer le statut de <em>«&nbsp;colons spéciaux&nbsp;»</em>, soumis à la surveillance du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/NKVD">Comissariat du peuple aux affaires intérieures</a> (NKVD). Le départ du lieu d’habitation sans autorisation des organes du ministère de l’Intérieur peut alors être puni de 20 ans de travail forcé au plus. Ce n’est qu’en 1955&nbsp;que les Allemands sont radiés du registre des colonies spéciales. Ils obtiennent le droit de s’installer dans d’autres régions du pays, à l’exception de là où ils vivaient avant la guerre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1964, les accusations envers les Allemands sont reconnues infondées en raison de l’arbitraire lié au culte de la personnalité de Staline. En 1972, les restrictions sur leur lieu de vie sont complètement levées. La même année, 3 500 pères de famille allemands signent une demande d’autonomie, le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Parti_communiste_du_Kazakhstan_(Union_soviétique)#:~:text=Le%20Parti%20communiste%20du%20Kazakhstan%20est%20fondé%20en%201936%2C%20quand,avril%201990%20%2C%20l'art.">parti communiste kazakh</a> commence donc à prendre des mesures visant à atténuer leur mécontentement. Les cas particuliers des gens souhaitant émigrer en Allemagne sont examinés lors de réunions de commissions publiques spécialement organisées, et la direction du Parti communiste de l’Union soviétique (PCUS) en arrive à la conclusion qu’il est nécessaire de proclamer l’autonomie allemande. Cependant, l’idée n’aboutit pas en raison de protestations de la population kazakhe.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les Polonais</h2>



<p class="wp-block-paragraph">À la fin du XIXeme siècle, les Polonais sont arrivés au Kazakhstan <em>« pour l’exploitation de nouvelles terres »</em>. À cette époque, le royaume de Pologne se trouve sous le contrôle de l’Empire russe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1936-1937, de nouvelles migrations forcées ont lieu sous le régime stalinien. Les Polonais soviétiques de Lituanie et d’Ukraine sont déportés dans la République socialiste soviétique (RSS) du Kazakhstan. Cela est lié à la politique de confrontation de l’Union soviétique à l’égard de la Pologne. Ces derniers sont placés sous le contrôle strict du NKVD.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/monasteres-catholiques-feminins-kazakhstan-septentrional/">Le monde à travers des barreaux&nbsp;: les monastères catholiques féminins dans le Kazakhstan-Septentrional</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1939, lors du partage de la Pologne entre l’Allemagne et l’URSS, une troisième vague de déportation a lieu en direction du Kazakhstan. Ce dernier groupe de citoyens polonais s’adapte rapidement à la vie économique et agricole de la république kazakhe. Des chercheurs de Karaganda <a href="https://e-history.kz/ru/news/show/6483">écrivent</a> que les réinstallés travaillent dans des sovkhozes (<em>fermes d’État, ndlr</em>) et dans diverses entreprises industrielles de la région.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1956, ils sont retirés de la liste des <em>«&nbsp;colons spéciaux&nbsp;»</em>. Beaucoup sont alors devenus dirigeants agricoles, apportant une contribution notable au développement de l’économie nationale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les Coréens</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les premiers Coréens <a href="https://e-history.kz/ru/news/show/4480">arrivent</a> eux aussi au Kazakhstan à la fin du XIXeme siècle, quittant leur pays au moment de l’insurrection paysanne de Corée de 1893 à 1895 et de la guerre sino-japonaise qui a suivi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1904-1905 débute la guerre entre l’Empire russe et le Japon autour de la Corée et de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mandchourie">Mandchourie</a>. Le Japon sort alors vainqueur de la guerre avec la Chine, privant complètement celle-ci de ses droits sur la Corée. Toutefois, la communauté internationale ne reconnaît pas le droit des Japonais sur la péninsule du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Péninsule_du_Liaodong">Liaodong</a>. Le Japon se trouve donc contraint de la céder en bail à son grand voisin, amenant une partie des Coréens à l’Extrême-Orient de l’Empire russe, tandis qu’une autre partie du pays revient au Japon.</p>



<p class="has-light-color has-primary-800-background-color has-text-color has-background wp-block-paragraph">Envie de participer à Novastan ? Nous sommes toujours à la recherche de personnes motivées pour nous aider à la rédaction, l&rsquo;organisation d&rsquo;événements ou pour notre association. <a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/contribuer-a-la-redaction-de-novastan/">Et si c&rsquo;était toi ?</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec le début de la guerre sino-japonaise, le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_II">tsar Nicolas II</a> (1868-1918) émet un décret spécial en vertu duquel les <em>«&nbsp;visages jaunes&nbsp;»</em> d’Extrême-Orient <em>(dans le texte, cela désignait les Japonais, les Chinois et les Coréens, ndlr)</em> doivent être envoyés dans les provinces intérieures sous surveillance policière. C’est donc sous le régime tsariste qu’ont lieu les premières tentatives de réinstallation forcée des Coréens.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une deuxième vague de déportation sous Staline</h2>



<p class="wp-block-paragraph">À la fin de l’année 1928, des travaux de grande ampleur pour le développement de la riziculture se développent en URSS. Les autorités utilisent la population coréenne des régions extrême-orientales à ces fins. En 1931, le Kazakhstan est la première région rizicole d’URSS.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La majeure partie des Coréens présents aujourd’hui au Kazakhstan arrive cependant sur ordre de Staline. En 1937, un <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Koryo-saram#:~:text=Les%20Coréens%20furent%20les%20premiers,pour%20le%20compte%20des%20Japonais.">arrêté</a> est mis en place <em>«&nbsp;sur la réinstallation de la population coréenne des régions frontalières d’Extrême-Orient&nbsp;»</em>. Cette même année, des troupes japonaises envahissent le territoire chinois, amenant 172 000 Coréens ethniques à être réinstallés de force dans la RSS du Kazakhstan. Les autorités soviétiques justifient cela par la nécessité de supprimer la pénétration de l’espionnage japonais dans la région de l’Extrême-Orient. La déportation de la population coréenne signe ainsi le premier acte répressif d’expulsion de tout un peuple en URSS.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/qu-est-ce-qu-etre-un-coreen-au-kazakhstan-aujourd-hui/">Qu’est-ce qu’être un Coréen au Kazakhstan aujourd’hui ?</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon la <a href="https://e-history.kz/ru/news/show/4480">Confédération internationale des associations coréennes</a> de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Communaut%C3%A9_des_%C3%89tats_ind%C3%A9pendants">Communauté des États indépendants</a> (CEI), les Coréens ne reçoivent le statut de <em>« colons spéciaux » </em>qu’à la toute fin de la Seconde Guerre mondiale. Toutefois, après la capitulation japonaise du 28 août 1945, les Coréens n’ont plus ce statut. Jusqu’à cette date, ils ne pouvaient pas se déplacer librement de région en région, mais avaient le droit d’occuper des postes de direction et de recevoir une éducation supérieure.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quelles conséquences pour ces populations&nbsp;?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Nombreuses sont les diasporas se constituant au Kazakhstan en conséquence des répressions staliniennes. Par la suite, certains épisodes de l’histoire soviétique ont été qualifiés de génocide par le Parlement européen.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">D’après les données du procureur de l’URSS Andreï Bichinskov, ce sont plus de 389&nbsp;382 Allemands et Polonais qui ont été déportés au cours de la période allant de novembre 1939 à juin 1941 seulement. La première année de cette période, environ 10 % de la population est décédée sur les lieux de déportation.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/ouzbekistan-nationalisme-ethnique-ou-societe-de-citoyennete/">Ouzbékistan : nationalisme ethnique ou société de citoyenneté ?</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon différentes estimations fondées sur les statistiques démographiques, jusqu’à 50 000 Coréens sont morts du fait de la répression&nbsp;: principalement de faim, d’hypothermie et de difficultés d’adaptation. Les <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%9D%D0%B0%D1%86%D0%B8%D0%BE%D0%BD%D0%B0%D0%BB%D1%8C%D0%BD%D1%8B%D0%B9_%D1%81%D0%BE%D1%81%D1%82%D0%B0%D0%B2_%D0%9A%D0%B0%D0%B7%D0%B0%D1%85%D1%81%D1%82%D0%B0%D0%BD%D0%B0#:~:text=%D0%94%D0%BE%D0%BB%D1%8F%20%D0%BE%D1%81%D0%BD%D0%BE%D0%B2%D0%BD%D1%8B%D1%85%20%D1%8D%D1%82%D0%BD%D0%BE%D1%81%D0%BE%D0%B2%20%D1%81%D0%BE%D0%B3%D0%BB%D0%B0%D1%81%D0%BD%D0%BE%20%D0%BA%D1%80%D0%B0%D1%82%D0%BA%D0%B8%D0%BC,%D1%83%D0%BA%D0%B0%D0%B7%D0%B0%D0%B2%D1%88%D0%B8%D1%85%20%D0%BD%D0%B0%D1%86%D0%B8%D0%BE%D0%BD%D0%B0%D0%BB%D1%8C%D0%BD%D0%BE%D1%81%D1%82%D1%8C%20%E2%80%94%205%2C1%20%25">recensements</a> sur la composition ethnique du Kazakhstan sur son territoire indiquent que le nombre de Coréens a chuté de 96&nbsp;000 à 74&nbsp;000 personnes entre 1939 et 1959. Environ 25&nbsp;000 Ouïghours ont été fusillés à partir de 1918, mais nombre d’autres membres du groupe ethnique ont préféré continuer à vivre en URSS à cause de la confrontation avec les autorités de la RPC.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des rappatriements et des initiatives locales</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Longtemps, les groupes ethniques du Kazakhstan ont eu le statut de <em>«&nbsp;réinstallés&nbsp;»</em>, privés de la possibilité de revenir dans leurs terres historiques et de la liberté de se déplacer dans le pays. Malgré la faim, la persécution et le refus de l’autonomie pour certains peuples, les diasporas sont parvenues à s’adapter et à trouver une nouvelle patrie au Kazakhstan. Elles ont participé à la vie du pays, apportant une importante contribution culturelle, éducative et scientifique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/kazakhstan-notre-nationalisme-local-est-vide-de-sens-et-impitoyable/">Kazakhstan&nbsp;: «&nbsp;Notre nationalisme local est vide de sens et impitoyable »</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Après la chute de l’URSS, un grand nombre d’Allemands ont été rapatriés dans leur pays d’origine. Un petit nombre de Polonais a suivi leur exemple. Cependant, diverses initiatives de ces diasporas fonctionnent encore au Kazakhstan aujourd’hui et, sans elles, la vie dans le pays serait difficile à imaginer.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Janguir Djanguildine</strong><br><strong>Journaliste pour The Village</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du </strong><a href="https://www.the-village-kz.com/village/city/ustory/35563-uygury-nemtsy-polyaki-i-koreytsy-rasskazyvaem-o-chetyreh-diasporah-kazahstana"><strong>russe</strong></a><strong> par Elise Medina</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Coraline Grondin</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Helene Witkowski</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Laboratoire d&#8217;essais architecturaux à Tachkent : l&#8217;héritage des frères Jarsky</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 May 2024 09:46:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Architecture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Mosaïque]]></category>
		<category><![CDATA[Société et culture]]></category>
		<category><![CDATA[Tachkent]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
		<category><![CDATA[URSS]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/laboratoire-dessais-architecturaux-tachkent-lheritage-freres-jarsky/">Laboratoire d&rsquo;essais architecturaux à Tachkent : l&rsquo;héritage des frères Jarsky</a></p>
<p>Les logements de masse soviétiques appellent souvent dans l&#8217;imaginaire de mornes immeubles en béton préfabriqué. En Ouzbékistan, il y a pourtant de nombreux bâtiments aux façades artistiquement décorées par les frères Piotr, Nikolaï et Alexander Jarsky. N&#8217;étant pas classées aux monuments historiques, il est difficile de dire combien de temps seront conservées ces mosaïques. Des [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/laboratoire-dessais-architecturaux-tachkent-lheritage-freres-jarsky/">Laboratoire d&rsquo;essais architecturaux à Tachkent : l&rsquo;héritage des frères Jarsky</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les logements de masse soviétiques appellent souvent dans l&rsquo;imaginaire de mornes immeubles en béton préfabriqué. En Ouzbékistan, il y a pourtant de nombreux bâtiments aux façades artistiquement décorées par les frères Piotr, Nikolaï et Alexander Jarsky. N&rsquo;étant pas classées aux monuments historiques, il est difficile de dire combien de temps seront conservées ces mosaïques.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Des figures animales colorées, des fioritures et des formes issues de la géométrie islamique, des ornements floraux et des mosaïques, des figures légendaires ouzbèkes, des astronautes et des représentations du cosmos&#8230; Le livre de Philipp Meuser,&nbsp;<em>L’art des façades dans le préfabriqué.&nbsp;L&rsquo;œuvre des frères Jarsky dans le Tachkent soviétique</em> (en allemand), est consacré à l&rsquo;ensemble de l&rsquo;œuvre artistique des frères Jarsky. Il contient 540 illustrations de revêtements de façade, de plans de construction et de dessins.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Le livre ne contient pas seulement d’extraordinaires photographies d&rsquo;hier et d&rsquo;aujourd&rsquo;hui : il fournit également un aperçu des archives familiales des frères Jarsky, situées à Tachkent et à&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ijevsk">Ijevsk</a> en Russie, proposant de découvrir l&rsquo;histoire de cette famille.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;héritage architectural de Piotr, Nikolaï et Alexander Jarsky est unique : les frères ont réussi à développer leur propre style, qui se démarque de la politique de construction soviétique typologisée et axée sur la production de masse. L&rsquo;auteur du livre souligne l&rsquo;héritage culturel des frères Jarsky et appelle à une reconnaissance internationale des bâtiments qu&rsquo;ils ont conçus à Tachkent et à prendre des mesures pour leur protection.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;histoire des frères Jarsky</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;aîné du trio, Piotr Jarsky (1929-1993), est né en Estonie de parents d&rsquo;origine russe. Ses parents ont émigré avec lui en France pour y trouver du travail. Le père, Vassili Jarsky, rêvait en fait d&rsquo;intégrer la scène artistique française. Au lieu de cela, dans le contexte de la crise économique qui venait d&rsquo;éclater, il dû trouver un travail pour subvenir aux besoins de sa famille. Vassili Jarsky a travaillé comme artisan et ouvrier du bâtiment ; plus tard, il a réussi à décrocher des contrats en tant que photographe.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="562" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/Jarsky2-1024x562.jpg" alt="Mosaïque frères Jarsky Tachkent" class="wp-image-64866" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/Jarsky2-1024x562.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/Jarsky2-300x165.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/Jarsky2-768x422.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/Jarsky2.jpg 1390w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Bâtiment Jarsky sis au 8 rue Mirobod. Photo : Editions DOM, Philipp Meuser.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Ses deux fils cadets, Nikolaï Jarsky (1931-2014) et Alexander Jarsky (1936-2015), sont nés en France. Peu à peu, leur père réussit à s&rsquo;imposer sur la scène artistique française. En 1940, Vassili Jarsky rejoint l&rsquo;armée française et est interné dans un camp pour Russes. Après s&rsquo;être échappé, il adhère au&nbsp;Parti communiste français. En 1945, il participe à la création de&nbsp;l&rsquo;Association des citoyens soviétiques&nbsp;et devient le président artistique du bureau régional du Parti communiste. Ses deux fils aînés, Piotr et Nikolaï Jarsky, ont d&rsquo;abord étudié à l&rsquo;École des<strong> </strong>Beaux-Arts de Toulouse puis, en 1946, le père obtient la citoyenneté soviétique et la famille s&rsquo;installe en Union soviétique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan :&nbsp;</strong><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/larchitecture-sovietique-de-tachkent-a-t-elle-encore-de-la-valeur/"><strong>L&rsquo;architecture soviétique de Tachkent a-t-elle encore de la valeur ?</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">En Union soviétique, les trois frères se sont également consacrés à l&rsquo;art et à l&rsquo;architecture et ont parfois travaillé ensemble, notamment à la décoration de bâtiments à Tachkent. La création artistique des Jarsky ne s&rsquo;est pas limitée à l&rsquo;Ouzbékistan, mais s&rsquo;est étendue de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Chișinău">Chişinău</a> à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tbilissi">Tbilissi</a> et de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Niagan">Niagan</a> à Douchanbé. Leurs œuvres se retrouvent de manière sporadique sur des bâtiments de tout le territoire de l&rsquo;ancienne Union soviétique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La modernité de Tachkent&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Un&nbsp;<a href="https://en.wikipedia.org/wiki/1966_Tashkent_earthquake">tremblement de terre</a>&nbsp;détruit une grande partie de la vieille ville de Tachkent au printemps 1966. C&rsquo;est l&rsquo;une des raisons pour lesquelles le gouvernement soviétique lance un vaste projet de reconstruction architecturale. La capitale ouzbèke devient un immense chantier qui attire de nombreux professionnels de l&rsquo;architecture.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="562" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/Jarsky3-1024x562.jpg" alt="Nikolaï Jarsky croquis dessin" class="wp-image-64867" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/Jarsky3-1024x562.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/Jarsky3-300x165.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/Jarsky3-768x422.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/Jarsky3.jpg 1390w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Nikolaï Jarsky, croquis et dessin d&rsquo;exécution pour son élément de protection solaire, 1982. Photo : Éditions DOM.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">D&rsquo;une part, des fonds ont été alloués pour la construction de grands bâtiments. D&rsquo;autre part, c&rsquo;est sans doute l’éloignement géographique par rapport à Moscou qui a permis certaines libertés en matière de conception. Dans son livre, Philipp Meuser décrit les lacunes architecturales que les Jarsky ont su exploiter, ce qui explique pourquoi leurs décorations de façades sont encore uniques aujourd&rsquo;hui.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Entre exigences politiques et liberté artistique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikita_Khrouchtchev">Nikita Khrouchtchev</a>, arrivé à la tête de l<strong>&lsquo;</strong>État soviétique en 1953, a lancé un défi aux architectes et aux ingénieurs civils de l&rsquo;époque : les coûts de construction devaient rester bas mais les bâtiments devaient être de haute qualité et résistants. Le préfabriqué soviétique devait offrir des logements de masse et être réalisable dans toutes les zones climatiques. La production d&rsquo;éléments de construction standardisés permettait de produire des éléments en grande quantité, chacun étant identique à l&rsquo;autre. La production était axée sur l&rsquo;efficacité et la rapidité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il restait peu de place pour la liberté de conception artistique. Certains architectes ont toutefois réussi à établir un lien entre la fonctionnalité et l&rsquo;esthétique. Leurs idées de décoration et de couleurs ont permis d&rsquo;alléger et d&#8217;embellir le caractère sériel des éléments de construction finis. Leur marge de manœuvre en matière de conception résidait dans l&rsquo;habillage extérieur des éléments de construction. Ainsi, les façades, les éléments de protection solaire, les balcons, les <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Loggia">loggias</a> ainsi que les cages d&rsquo;escalier et les entrées étaient décorés de figures humaines ou d&rsquo;ornements et de courbes.</p>



<p class="has-light-color has-primary-800-background-color has-text-color has-background wp-block-paragraph">Envie de participer à Novastan ? Nous sommes toujours à la recherche de personnes motivées pour nous aider à la rédaction, l&rsquo;organisation d&rsquo;événements ou pour notre association. <a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/contribuer-a-la-redaction-de-novastan/">Et si c&rsquo;était toi ?</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les frères Jarsky en ont profité pour décorer les façades des immeubles ainsi que les cages d&rsquo;escalier avec des mosaïques, et les murs des maisons avec des formes ornementales comme des encadrements de fenêtres arrondis ou des balcons incurvés. Les bâtiments Jarsky avaient une valeur esthétique nettement supérieure à celle des immeubles d&rsquo;habitation typiques de l&rsquo;ère Khrouchtchev. C&rsquo;est probablement l&rsquo;une des raisons pour lesquelles les décorations de façade étaient tolérées et parfois même appréciées par les élites politiques de l&rsquo;Union soviétique.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un laboratoire architectural d&rsquo;Asie centrale</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les frères Jarsky ont développé leur propre méthode artistique, que Philipp Meuser illustre de manière exemplaire dans son ouvrage. Ils ont décoré des façades avec des motifs locaux en s&rsquo;inspirant des formes qu&rsquo;ils ont trouvées en Asie centrale sur d&rsquo;anciens bâtiments urbains comme les <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9dersa">médersas</a> <em>(écoles coraniques, ndlr)</em> et les mosquées. Ils se sont particulièrement inspirés de l&rsquo;art ancien&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Afrassiab_(site_arch%C3%A9ologique)">d&rsquo;Afrassiab</a> <em>(un site archéologique de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Samarcande">Samarcande</a>, ndlr)</em>, de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Varakhcha">Varakhcha</a> <em>(une cité antique <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sogdiens">sogdienne</a> près de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Boukhara">Boukhara</a>, ndlr)</em>,&nbsp;et de&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pendjikent">Pendjikent</a>, dans l&rsquo;actuel Tadjikistan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il peut paraître étonnant que ce soient justement des ornements islamiques de murs et de façades qui aient été repris pour des immeubles soviétiques, et pourtant ils répondaient aux exigences artistiques : ils s&rsquo;adaptaient au contexte local et répondaient aux exigences de reproductibilité de la politique de construction soviétique. Les éléments géométriques répétés à l&rsquo;infini pouvaient ainsi être reproduits en nombre sur les façades.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="564" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/Jarsky4-1024x564.jpg" alt="Croquis de Nikolaï Jarsky" class="wp-image-64868" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/Jarsky4-1024x564.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/Jarsky4-300x165.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/Jarsky4-768x423.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/Jarsky4.jpg 1390w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Croquis par Nikolaï Jarsky. Photo : Editions DOM.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Philipp Meuser parle de ce type d&rsquo;ornementation des bâtiments comme de la première phase des frères Jarsky. A partir du milieu des années 1970, des motifs politiques apparaissent de plus en plus. Des thèmes nationaux et sociaux sont repris, comme par exemple des représentations du domaine de la recherche spatiale et des sciences naturelles ainsi que des idéalisations de l&rsquo;homme soviétique. Dans la troisième phase, les années 1980, le trio a recours de plus en plus à un expression plus abstraite.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des façades qui s&rsquo;effritent</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">A Tachkent, de nombreux bâtiments témoignent de la création artistique des frères Jarsky. Malheureusement, ces bâtiments ne sont pas protégés à ce jour, ce qui conduit à la disparition des mosaïques et à l’effritement des façades.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Les bâtiments doivent céder la place à de nouveaux grands projets de construction. Philipp Meuser attire l&rsquo;attention sur ce problème en plaidant pour que les bâtiments des frères Jarsky soient inscrits au&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Patrimoine_mondial">patrimoine mondial de l&rsquo;UNESCO</a>, afin d&rsquo;éviter leur totale dégradation et de leur conférer l&rsquo;importance internationale qu&rsquo;ils méritent.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les bâtiments soulèvent des questions</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La monographie de Philipp Meuser invite, de façon générale, à réévaluer la valeur patrimoniale de nombreux bâtiments du modernisme soviétique. À certains moments de l&rsquo;ouvrage, le lecteur aurait souhaité plus d&rsquo;informations sur les raisons pour lesquelles l&rsquo;auteur a choisi les bâtiments Jarsky plutôt que d’autres bâtiments et d’autres artistes qui représentent le modernisme de Tachkent,&nbsp;et sur la manière dont ils ont pu s&rsquo;influencer mutuellement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan :</strong> <strong><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/architecture-mineure-pourquoi-almaty-devrait-conserver-les-arrets-de-bus-de-lepoque-sovietique/">Architecture mineure&nbsp;: pourquoi Almaty devrait conserver les arrêts de bus de l’époque soviétique&nbsp;?</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Si la valeur patrimoniale des bâtiments Jarsky est clairement exposée, d&rsquo;autres questions restent ouvertes. L&rsquo;auteur évoque les difficultés de la recherche universitaire dans le contexte ouzbek et russe. Ainsi, il ne dit pas quelles formes de dialogue existent dans le paysage international de la recherche sur le modernisme de Tachkent, s&rsquo;il existe en Ouzbékistan des institutions qui s&rsquo;occupent du sujet, ou quelles pistes de coopération sont possibles.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="610" height="1024" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/Jarsky5-610x1024.jpg" alt="Façade Tachkent Alexander Jarsky" class="wp-image-64869" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/Jarsky5-610x1024.jpg 610w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/Jarsky5-179x300.jpg 179w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/Jarsky5-768x1290.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/Jarsky5-914x1536.jpg 914w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/Jarsky5-1219x2048.jpg 1219w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/05/Jarsky5.jpg 1277w" sizes="auto, (max-width: 610px) 100vw, 610px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le 7 rue Afrosiyob, dans la mahalla Farovon du quartier Mirobod tumani, par Alexander Jarsky. Planification et construction : 1973-1975. Photo : Philipp Meuser.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Les raisons du mauvais état des bâtiments des Jarsky et la possibilité de mettre en place des mesures de réhabilitation ne sont pas évoquées. L&rsquo;auteur n&rsquo;aborde pas non plus le débat sur la protection du patrimoine en Ouzbékistan dans un contexte plus large. C’est sans doute dû aux ressources limitées en Ouzbékistan, mais ce n&rsquo;est pas le point d’achoppement du livre sur les frères Jarsky.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un appel au débat social international</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l&rsquo;ensemble, le livre est un ouvrage unique en son genre, qui saisit de manière précise et différenciée la création artistique de Piotr, Nikolaï et Alexander Jarsky. La monographie donne en outre un aperçu historique de la réception soviétique de leur œuvre, ainsi que des archives personnelles de la famille et les contextualise pour un public européen et germanophone. Ce livre illustré à la présentation élégante ne convient pas seulement aux amateurs d&rsquo;art et d&rsquo;architecture ; il invite aussi à la lecture et à la découverte des illustrations colorées.</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Envie d'Asie centrale dans votre boîte mail ? Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter hebdomadaire <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://2ff41361.sibforms.com/serve/MUIFAEUtgQP8Waps-GeAAxU6xgHAdCwla_phFOCNHYUG2N5pyugc_FC9NR3XbOOigQxU5CuQ4V0IZJcq6LjCU6Hx9fBECllNbyvRpMFItJi2WzECxpflAKA-cS-isERi5gQRcgrqND1R6toUU-9w6b_7bd4-Ty-GtfBQfXNFFjMIK0bYtfXjv8bCS5qFaXUgi00yBrR5vK187H2N">en cliquant ici.</a></span></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;ouvrage contient également une carte de tous les bâtiments Jarsky ainsi qu&rsquo;un répertoire d&rsquo;adresses. Les lecteurs peuvent ainsi facilement retrouver les façades Jarsky à Tachkent. Le livre suscite en outre un débat académique et social pertinent sur la valeur patrimoniale du modernisme soviétique et invite, à juste titre, à accorder suffisamment d&rsquo;attention à ces bâtiments avant qu&rsquo;ils ne disparaissent peu à peu du paysage urbain.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Meuser Philipp : Fassadenkunst im Plattenbau.&nbsp;Das Werk der Brüder Jarsky im sowjetischen Taschkent.&nbsp;Mit einem Beitrag von Nina Jarsky. 368 pages, Editions DOM, Novembre 2023 (en allemand)</em></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Berenika Zeller </strong><br><strong>Rédactrice pour Novastan Deutsch</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit de <a href="https://novastan.org/de/gesellschaft-und-kultur/architektonisches-versuchslabor-taschkent-ueber-den-denkmalwert-sowjetischer-plattenbauten/">l&rsquo;allemand</a> par Marc Gruber</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Ella Boulage</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Cécile Azadian</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/laboratoire-dessais-architecturaux-tachkent-lheritage-freres-jarsky/">Laboratoire d&rsquo;essais architecturaux à Tachkent : l&rsquo;héritage des frères Jarsky</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
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		<title>Mariage, fêtes et jours fériés : ces traditions soviétiques toujours présentes en Asie centrale</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Asia Plus]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Apr 2024 07:27:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Mariage]]></category>
		<category><![CDATA[Norouz]]></category>
		<category><![CDATA[Société et culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/traditions-sovietiques-toujours-presentes-en-asie-centrale/">Mariage, fêtes et jours fériés : ces traditions soviétiques toujours présentes en Asie centrale</a></p>
<p>Au Tadjikistan, nombre de pratiques traditionnelles ont été héritées de l’Union soviétique. Certaines sont inchangées, d’autres évoluent et s’adaptent au contexte. Ces nouvelles traditions révèlent une réalité plus large&#160;: la nécessité de conjuguer l’influence du passé avec la société d’aujourd’hui. Au cœur du Tadjikistan, les traditions soviétiques résonnent jusqu’à aujourd&#8217;hui. Bien que certaines aient changé [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/traditions-sovietiques-toujours-presentes-en-asie-centrale/">Mariage, fêtes et jours fériés : ces traditions soviétiques toujours présentes en Asie centrale</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Au Tadjikistan, nombre de pratiques traditionnelles ont été héritées de l’Union soviétique. Certaines sont inchangées, d’autres évoluent et s’adaptent au contexte. Ces nouvelles traditions révèlent une réalité plus large&nbsp;: la nécessité de conjuguer l’influence du passé avec la société d’aujourd’hui.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au cœur du Tadjikistan, les traditions soviétiques résonnent jusqu’à aujourd&rsquo;hui. Bien que certaines aient changé de nom, l&rsquo;essence de ces coutumes demeure, dans une continuité culturelle entre les époques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, selon le média tadjik <a href="https://asiaplustj.info/">Asia-Plus</a>, alors que les mariages ou les fêtes nationales subsistent, un sentiment de vide se fait ressentir. La cérémonie du Nouvel An, jadis flamboyante, suscite aujourd’hui des débats. Elle implique un phénomène plus large, celui d’un écart qui se creuse entre les aspirations contemporaines et le patrimoine culturel hérité.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">À l’époque soviétique, les traditions du mariage ont subi des changements importants. La famille était alors considérée comme une nouvelle unité de la société. Son rôle était de respecter les principes de la morale communiste et de participer activement à la construction du communisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/ouzbekistan-le-cycle-du-mariage-a-boukhara/"><strong>Ouzbékistan : le cycle du mariage à Boukhara</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les mariés étaient tenus de déposer des fleurs au monument du dirigeant ou sur les tombes communes pour montrer leur respect envers les héros de la nation. À Douchanbé, avant l’effondrement de l’Union soviétique, le cortège des mariés quittait généralement la ville pour se diriger vers les <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Varzob">gorges de Varzob</a>. Le soir, tout le monde attendait le mariage <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Komsomol">Komsomol</a> qui ne se déroulait que rarement sans alcool.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Beaucoup de ces traditions ont été préservées au Tadjikistan. La cérémonie d’officialisation du mariage a toujours lieu de manière solennelle dans les Palais du Mariage, suivie du dépôt de fleurs au monument, souvent celui du fondateur de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Samanides#:~:text=L%27État%20samanide%20était%20fort,ne%20se%20montrassent%20pas%20oppressifs.">l&rsquo;État samanide</a>. Aujourd’hui, plutôt que de partir en-dehors de la ville, les jeunes mariés choisissent souvent une promenade vers des sites tels que le jardin botanique ou la <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/Гиссар">forteresse de Gissar</a>.</p>



<p class="has-light-color has-primary-800-background-color has-text-color has-background wp-block-paragraph">Envie de participer à Novastan ? Nous sommes toujours à la recherche de personnes motivées pour nous aider à la rédaction, l&rsquo;organisation d&rsquo;événements ou pour notre association. <a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/contribuer-a-la-redaction-de-novastan/">Et si c&rsquo;était toi ?</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le mariage se déroule ensuite le soir venu dans le respect habituel des traditions. Cependant, l&rsquo;alcool se fait presque invisible sur les tables et le nombre d&rsquo;invités est limité. En conséquence, les bagarres qui avaient souvent lieu une fois l’ivresse et la soirée avancées se raréfient elles aussi.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Évolution des traditions communautaires : des Subbotniks à Hashar</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le travail bénévole au service de la société pendant les week-ends a émergé au début du régime soviétique. Traditionnellement, les <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Samedis_communistes">Subbotniks</a><em> (samedis communistes, ndlr) </em>étaient organisés en avril pour célébrer la naissance de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Vladimir_Ilitch_Lénine">Lénine</a>. L&rsquo;image emblématique du chef du prolétariat transportant une bûche lors d&rsquo;un Subbotnik à Moscou, immortalisée sur des photos et des tableaux d&rsquo;artistes soviétiques, servait d&rsquo;exemple à suivre pour tous les citoyens de l&rsquo;Union soviétique. Ce jour-là, dans les entreprises du pays, les travailleurs s&rsquo;engageaient gratuitement, et les médias soviétiques rendaient compte des succès laborieux sans précédent de la fête du Travail.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="673" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/04/2_Hommes-travaillant-pendant-Hashar_AsiaPlus-1024x673.jpg" alt="Tadjikistan Traditions Epoque Soviétique Héritage Hommes Travail Hashar" class="wp-image-64160" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/04/2_Hommes-travaillant-pendant-Hashar_AsiaPlus-1024x673.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/04/2_Hommes-travaillant-pendant-Hashar_AsiaPlus-300x197.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/04/2_Hommes-travaillant-pendant-Hashar_AsiaPlus-768x505.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/04/2_Hommes-travaillant-pendant-Hashar_AsiaPlus.jpg 1260w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Hommes au travail pendant le Hashar. Photo : Asia-Plus</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">De cette pratique émanait un enthousiasme révolutionnaire. À la fin de l&rsquo;existence de l&rsquo;URSS, elle est devenue une obligation, et elle existe toujours aujourd’hui. Cependant, au Tadjikistan, cette notion a cédé la place à la tradition orientale du Hashar. Elle débute fin février avec la plantation d&rsquo;arbres. Le président du pays lui-même participe activement à ces événements.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Aires géographiques&nbsp;: un abandon partiel des dénominations soviétiques</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l&rsquo;Union soviétique, la rue principale de presque toutes les villes, villages, centres régionaux et provinciaux portait le nom de Lénine. Au Tadjikistan, la ville de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khodjent">Khodjent</a> se nommait également Léninabad. Aussi, de nombreuses villes, régions, kolkhozes et sovkhozes portaient les noms d&rsquo;autres dirigeants du parti, de héros de la guerre, du travail, de poètes, ou pouvaient être nommés d&rsquo;après des dates importantes &#8211; congrès, anniversaires de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Révolution_russe">révolution</a>, de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jour_de_la_Victoire_(9_mai)">Victoire du 9 mai</a>, etc.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/quelles-sont-les-rues-de-bichkek-nommees-apres-des-femmes/"><strong>Quelles sont les rues de Bichkek nommées après des femmes ?</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Tadjikistan, cette tradition est respectée, mais avec des changements. Progressivement, tous ces noms disparaissent de la carte de la république s’ils ne sont pas tadjiks. De nos jours, les noms de lieux les plus populaires sont Istiklol (indépendance), Vahdat (unité), <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Somoni">Somoni</a>, Dusti (amitié), Guliston (jardin de fleurs).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a une spécificité pour les noms en milieu rural. Aux côtés des noms mentionnés ci-dessus, il y est tout à fait possible de rencontrer des <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jamoats_du_Tadjikistan">jamoats</a> <em>(groupement de villes, ndlr)</em> et des villages portant les noms de présidents de kolkhozes, de brigadiers, etc.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Célébrations nationales : évolution des jours de fête soviétiques</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En URSS, &nbsp;toutes les grandes fêtes étaient célébrées avec éclat : la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Journée_internationale_des_femmes">journée internationale des femmes</a>, la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Journée_internationale_des_travailleurs">journée internationale des travailleurs</a>, le jour de la Victoire de 1945 ou encore le jour de la Révolution d&rsquo;Octobre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Tadjiks n&rsquo;ont jamais considéré le 8 mars comme la journée de la lutte des femmes pour leurs droits. C’était plutôt l’occasion pour les hommes d&rsquo;offrir des fleurs et de dire des mots affectueux à leurs femmes et à leurs collègues de travail. Ce jour a persisté au Tadjikistan comme congé, devenant la fête des mères.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 23 février, jour de l’armée et de la marine, la coutume voulait que les hommes soient félicités. Au Tadjikistan, cette date n&rsquo;a pas été supprimée, conservant son essence militaire, mais elle a été rebaptisée «&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jour_du_défenseur_de_la_patrie"><em>Jour du défenseur de la patrie</em></a><em>.&nbsp;»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette fête a été perçue pendant de nombreuses années sur le territoire de l&rsquo;ex-URSS comme étant simplement la journée de l&rsquo;homme. Il semble que cette tradition se poursuive à l’avenir car, pour les femmes tadjikes, complimenter son bien-aimé le 23 février serait un bon équivalent au 8 mars.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour la journée de la Victoire du 9 mai <em>(un jour plus tard qu’en Occident du fait du décalage horaire lors de la signature de l’armistice, ndlr)</em>, rien n’a changé. Elle continue d’être célébrée avec les anciens pays soviétiques.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="605" height="404" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/04/3_Celebration-fete-du-printemps_AsiaPlus-1.jpg" alt="" class="wp-image-64164" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/04/3_Celebration-fete-du-printemps_AsiaPlus-1.jpg 605w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/04/3_Celebration-fete-du-printemps_AsiaPlus-1-300x200.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 605px) 100vw, 605px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Puisque le 1er mai, fête du printemps qui était très appréciée, n’est plus un jour de congé, les Tadjiks célèbrent à présent <a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/par-dela-la-fete-et-les-jeux-les-dessous-politiques-de-la-fete-de-norouz/">Norouz</a> <em>(Nouvel An du calendrier persan, ndlr).</em> Cette fête est célébrée en mars pendant quatre jours d&rsquo;affilée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Symboles, slogans et drapeaux</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En URSS, une grande importance était accordée à la représentation de l’État. Elle était présente presque partout, mais le plus souvent à travers des drapeaux et diplômes. Ceux qui avaient prouvé de quelque manière que ce soit leur utilité à la société se voyaient remettre des drapeaux honorifiques, des diplômes ou des certificats. Les vainqueurs des compétitions socialistes, représentant les meilleurs collectifs de travail, obtenaient un drapeau rouge.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des slogans tels que <em>«&nbsp;Les plans du parti sont les plans du peuple&nbsp;»</em>,<em> «&nbsp;Le plan quinquennal en trois ans&nbsp;»</em>, <em>«&nbsp;Donnons l&rsquo;exécution anticipée du plan !&nbsp;» </em>ou des citations de déclarations des leaders gouvernementaux étaient communément visibles sur des bannières.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="610" height="405" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/04/4_Illustrations-et-citations-dans-la-rue_asiaterra.INFO_.jpg" alt="Tadjikistan Traditions Epoque Soviétique Héritage Illustrations Citations Affiches Communistes" class="wp-image-64162" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/04/4_Illustrations-et-citations-dans-la-rue_asiaterra.INFO_.jpg 610w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/04/4_Illustrations-et-citations-dans-la-rue_asiaterra.INFO_-300x200.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 610px) 100vw, 610px" /><figcaption class="wp-element-caption">Illustrations et citations visibles dans la rue. Photo : asiaterra.info</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Cette tradition est encore observable dans de nombreux pays de l&rsquo;ancien bloc socialiste. Chez les Tadjiks, des affiches sont mises en avant avec des citations des discours du président du pays, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Emomali_Rahmon">Emomali Rahmon</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une autre tradition héritée de l&rsquo;URSS est l&rsquo;amour du drapeau étatique. Lors des fêtes nationales, il était souvent hissé sur les bâtiments d&rsquo;organisations gouvernementales et sociales, et fièrement brandi par les défenseurs du communisme.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/04/5_Douchanbe-hampe-autoporteuse-plus-haute-2011-2014_AsiaPlus-1024x683.jpg" alt="Tadjikistan Traditions Epoque Soviétique Héritage" class="wp-image-64163" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/04/5_Douchanbe-hampe-autoporteuse-plus-haute-2011-2014_AsiaPlus-1024x683.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/04/5_Douchanbe-hampe-autoporteuse-plus-haute-2011-2014_AsiaPlus-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/04/5_Douchanbe-hampe-autoporteuse-plus-haute-2011-2014_AsiaPlus-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2024/04/5_Douchanbe-hampe-autoporteuse-plus-haute-2011-2014_AsiaPlus.jpg 1386w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">À Douchanbé, hampe autoporteuse parmi les plus hautes du monde. Photo : Asia-Plus</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le Tadjikistan actuel, une grande importance est encore accordée à ce symbole d&rsquo;État. En novembre 2009, une loi a été adoptée stipulant que le 29 novembre serait célébré chaque année comme le <a href="https://novastan.org/fr/photo-du-jour/jour-du-drapeau/#:~:text=Le%2024%20novembre%20marquait%20la,ans%20à%20la%20même%20date.">Jour du drapeau</a>. Le 30 août 2011, à Douchanbé, un <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Hampe_de_drapeau_de_Douchanbé">mât de drapeau</a> de 165 mètres a été inauguré. Il a été inscrit dans le <em>Livre Guinness des records</em> comme le plus haut du monde jusqu’en 2014.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les films du Nouvel an</h2>



<p class="wp-block-paragraph">À cette liste s’ajoute le jour de l’an, bien que cette fête soit considérée par beaucoup comme étrangère au Tadjikistan et suscite le débat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Tadjikistan, le Nouvel An a été célébré pour la première fois en 1936, dans le contexte de la nouvelle Constitution soviétique et sur initiative du Komsomol. Onze ans plus tard, le jour de l’an est devenu un jour férié.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Comme dans le reste de l&rsquo;Union soviétique, l&rsquo;odeur du sapin, les mandarines, la table de fête avec la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Salade_russe">salade Olivier</a>, les émissions de télévision du Nouvel An jusqu&rsquo;au petit matin sont devenus les principaux attributs du Nouvel An. À partir de 1964, <em>Goluboy Ogonok (</em><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Little_Blue_Light"><em>Little Blue Light</em></a><em>, programme télévisé qui invite des artistes russes, ndlr) </em>est devenu inévitable, et à partir de 1976, le film <em>L&rsquo;ironie du sort (téléfilm culte du Nouvel An soviétique, ndlr) </em>également.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/comment-celebre-t-on-le-nouvel-an-en-asie-centrale/"><strong>Comment célèbre-t-on le nouvel an en Asie centrale ?</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2023, pas d’arbre de Noël en ville. Toutes les festivités ont été annulées en raison de la pandémie. Néanmoins, les maisons restent décorées avec un sapin, des cadeaux et des sucreries sont offerts, la salade Olivier<em> </em>est préparée, et il doit absolument y avoir des mandarines. Dernier ajout non hérité des traditions soviétiques, du champagne est mis sur la table.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>La rédaction d’Asia-Plus</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du </strong><a href="https://asiaplustj.info/ru/news/tajikistan/society/20231230/starie-traditsii-na-novii-lad-kakie-traditsii-sssr-mi-vse-etshe-soblyudaem">russe</a><strong> par Macha Toustou</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Coraline Grondin</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Elise Medina</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Répressions politiques soviétiques : 2,4 millions de dossiers déclassifiés par les autorités kazakhes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Eléonore Darasse]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 22 Oct 2023 14:15:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Accès abonné]]></category>
		<category><![CDATA[Famine]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Répression]]></category>
		<category><![CDATA[Société et culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/24-millions-dossiers-declassifies-autorites-kazakhes/">Répressions politiques soviétiques : 2,4 millions de dossiers déclassifiés par les autorités kazakhes</a></p>
<p>L'identification et la réhabilitation des victimes des répressions survenues entre les années 1920 et 1950 se poursuit au Kazakhstan. Terre de déportation, le pays a vu ses élites décimées et panse désormais ses cicatrices. Le 18 septembre dernier, le bureau du Procureur général du Kazakhstan a annoncé la déclassification de plus de 2,4 millions de [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/24-millions-dossiers-declassifies-autorites-kazakhes/">Répressions politiques soviétiques : 2,4 millions de dossiers déclassifiés par les autorités kazakhes</a></p>
<p><strong>L'identification et la réhabilitation des victimes des répressions survenues entre les années 1920 et 1950 se poursuit au Kazakhstan. Terre de déportation, le pays a vu ses élites décimées et panse désormais ses cicatrices.</strong></p>
<p>Le 18 septembre dernier, le bureau du Procureur général du Kazakhstan <a href="https://t.me/GenPr/1712">a annoncé</a> la déclassification de plus de 2,4 millions de dossiers concernant les victimes des répressions condamnées entre 1929 et 1956. Une partie de ces dossiers concerne des victimes déportées au Kazakhstan depuis différentes régions de l'Union soviétique au cours des années 1940.</p>
<p>Dans le détail, 251 000 dossiers ont été transférés aux archives de la présidence, et seront bientôt mis à disposition des parties intéressées. 265 000 autres dossiers le seront d'ici la fin de l'année. Par ailleurs, les condamnations prononcées à l'encontre de 311 000 personnes ont été annulées et ces victimes pleinement réhabilitées.</p>
<p>La détermination des autorités soviétiques à transformer le Kazakhstan, pays de steppes peuplé de nomades, en grenier à blé et en serre industrielle, épisode connu sous le nom de <a href="https://ru.wikipedia.org . . .
</p>

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		<title>Une petite histoire de Baïkonour, cosmodrome kazakh</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Jul 2023 07:16:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Aéronautique]]></category>
		<category><![CDATA[Astronomie]]></category>
		<category><![CDATA[Baïkonour]]></category>
		<category><![CDATA[Espace]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Russie]]></category>
		<category><![CDATA[Science]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
		<category><![CDATA[URSS]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/petite-histoire-de-baikonour-cosmodrome-kazakh/">Une petite histoire de Baïkonour, cosmodrome kazakh</a></p>
<p>Le cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan, a marqué l&#8217;histoire de la conquête spatiale : entre autres, c&#8217;est de là qu&#8217;est parti le premier homme à avoir voyagé dans l&#8217;espace. L&#8217;endroit est toujours exploité par la Russie aujourd&#8217;hui. Cependant, son empreinte écologique et les déboires judiciaires mettent un frein à son activité. Dans l’ancienne Union soviétique, [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/petite-histoire-de-baikonour-cosmodrome-kazakh/">Une petite histoire de Baïkonour, cosmodrome kazakh</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan, a marqué l&rsquo;histoire de la conquête spatiale : entre autres, c&rsquo;est de là qu&rsquo;est parti le premier homme à avoir voyagé dans l&rsquo;espace. L&rsquo;endroit est toujours exploité par la Russie aujourd&rsquo;hui. Cependant, son empreinte écologique et les déboires judiciaires mettent un frein à son activité.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’ancienne Union soviétique, la journée du 12 avril reste connue comme le&nbsp;Jour du cosmonaute, l’anniversaire du premier voyage de l’Homme dans l’espace.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 12 avril 1961, le cosmonaute soviétique <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Youri_Gagarine">Youri Gagarine</a> décolle de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ba%C3%AFkonour">Baïkonour</a> et entre en orbite autour de la Terre à bord de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Vostok_1">Vostok-1</a>. Le cosmodrome qui a rendu possible ce premier voyage ainsi que la suite de l’exploration du cosmos se trouve aujourd’hui, après la chute de l’URSS, au Kazakhstan.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La création de Baïkonour</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Tout commence en février 1955, lorsque le pouvoir soviétique décide de construire un polygone d’essais de missiles transcontinentaux. Ce polygone a ensuite été choisi pour la construction du cosmodrome Baïkonour. Situé dans <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Oblys_de_Kyzylorda">l’oblast de Kyzylorda</a>, dans la République soviétique kazakhe, ce vaste lieu présente l’avantage d’être éloigné des grandes villes, connecté au réseau ferroviaire et alimenté en eau douce.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">La construction du cosmodrome dure deux années. En 1957, la fusée P-7 décolle de Baïkonour avec, à son bord, le premier satellite artificiel. En 1960, les chiennes <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Belka_et_Strelka">Belka et Strelka</a> deviennent les deux premiers animaux à faire un aller-retour entre l’espace et la Terre. L’année suivante, le 12 avril 1961, Youri Gagarine devient le premier homme à voyager dans l’espace.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les années suivantes et jusqu’en 1991, 71 autres personnes ont voyagé dans l’espace depuis Baïkonour. Au total, l’Union soviétique a réalisé près de 2 500 lancements depuis le cosmodrome. Le cosmonaute <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Toktar_Aubakirov">Toktar Aoubakirov</a> est quant à lui le dernier à avoir effectué l’un de ces voyages sous l’URSS.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Le cosmodrome à la chute de l&rsquo;URSS</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">À la chute de l’Union soviétique, Baïkonour est devenu la propriété du Kazakhstan. Lors de la transition post-soviétique, le pays n’avait pas les ressources nécessaires pour entretenir le cosmodrome, qui n’était d’ailleurs plus au cœur des préoccupations.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="895" height="572" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/07/imgtmc_1681292138.jpg" alt="Baïkonour Kazakhstan Cosmodrome Fusée" class="wp-image-60663" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/07/imgtmc_1681292138.jpg 895w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/07/imgtmc_1681292138-300x192.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/07/imgtmc_1681292138-768x491.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 895px) 100vw, 895px" /><figcaption class="wp-element-caption">Baïkonour. Photo : AP Photo/Sergey Ponomarev.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">La fréquence des lancements a diminué et une partie des employés du centre a rejoint la Russie. Le cosmodrome et la ville de Baïkonour ont connu de <a href="https://informburo.kz/interview/cto-seicas-proisxodit-v-baikonure-intervyu-s-glavoi-goroda">grandes difficultés</a>&nbsp;: les habitants subissaient les coupures d’eau, n’avaient plus de chauffage et devaient cuisiner dans la cour des immeubles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/bonjour-de-baikonour-comment-les-habitants-de-la-ville-fermee-russe-au-kazakhstan-ont-affronte-le-coronavirus/">Bonjour de Baïkonour : comment les habitants de la ville fermée «&nbsp;russe&nbsp;» au Kazakhstan ont affronté le coronavirus</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1994, le Kazakhstan cède le cosmodrome à la Russie pour 20 ans dans l’espoir de sauvegarder la filière spatiale ainsi que la vie de Baïkonour. En contrepartie, la Russie paie 115 millions de dollars (105 millions d’euros) chaque année au Kazakhstan.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Baïkonour aujourd&rsquo;hui : une coopération kazakho-russe</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le cadre d’accords bilatéraux, le Kazakhstan et la Russie exploitent conjointement le cosmodrome et ont entrepris sa modernisation. Cette collaboration a permis de nouvelles avancées dans le domaine spatial.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’une part, le tourisme se développe : entre 2001 et 2009, sept touristes se sont rendus dans <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Station_spatiale_internationale">la station spatiale internationale</a> (ISS) au départ de Baïkonour. Les voyages ont été assurés par l’agence civile russe <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Roscosmos">Roscosmos</a>&nbsp;en partenariat avec l’entreprise américaine <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Space_Adventures">Space Adventures</a>.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="605" height="373" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/07/imgtmc_1681292274.jpg" alt="Baïkonour Kazakhstan Fusée Soyouz Cosmodrome" class="wp-image-60662" style="width:840px;height:518px" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/07/imgtmc_1681292274.jpg 605w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/07/imgtmc_1681292274-300x185.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 605px) 100vw, 605px" /><figcaption class="wp-element-caption">Des policiers russes gardent le vaisseau spacial Soyouz TMA-22 lors de son transfert vers le lieu du lancement à Baïkonour, le 11 novembre 2011. Photo : AP Photo/Mikhail Metzel.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">D’autre part, entre 2001 et 2020, 345 engins spatiaux ont été lancés depuis le cosmodrome. Enfin, en 2004, la Russie et le Kazakhstan ont promu leur projet commun, <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Baikonur_Cosmodrome_Site_250">Baïterek</a>, avec comme ambition l’amélioration de la condition environnementale de la région par l’utilisation de fusées «&nbsp;propres&nbsp;». Les essais du lanceur de fusée <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Soyouz-5_(fus%C3%A9e)">Soyouz-5</a> dans le cadre de ce projet ont été <a href="https://ria.ru/20201031/kosmos-1582448437.html">fixés à la fin de l’année 2023</a>.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La stagnation de Baïkonour</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré les quelques avancées, Baïkonour reste un site en perdition, et ce pour plusieurs raisons. Cela est dû à la gestion russe du cosmodrome.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Auparavant, la Russie exploitait le cosmodrome kazakh dans le cadre de projets nationaux et internationaux tels que des lancements vers l’ISS, des programmes scientifiques ou des lancements de satellites commerciaux. Cependant, avec le sursaut de l’intérêt des États-Unis pour le domaine spatial, les astronautes américains ont relocalisé leurs lancements du Kazakhstan vers les États-Unis.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="605" height="396" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/07/imgtmc_1681292394.jpg" alt="Baïkonour Kazakhstan Lancement Fusée" class="wp-image-60661" style="width:815px;height:533px" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/07/imgtmc_1681292394.jpg 605w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/07/imgtmc_1681292394-300x196.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 605px) 100vw, 605px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le lancement de Soyouz TMA-04M le 15 mai 2012. Photo : AP Photo/NASA, Bill Ingals.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">En 2018, le comité chargé de la filière aérospatiale du Kazakhstan <a href="https://rus.azattyq.org/a/kazakhstan-russia-baikonur-future/29535994.html">remarquait</a> que <em>«&nbsp;le nombre de lancements d’appareils pilotés depuis Baïkonour continuerait de diminuer&nbsp;»</em> si les États-Unis délaissaient totalement les lanceurs Soyouz pour le transport des astronautes américains vers l’ISS.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des carburants polluants</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La situation écologique de la région de Baïkonour a elle aussi eu un impact sur l’activité du cosmodrome. Entre 1996 et 2017, un grand nombre de satellites étrangers ont été lancés depuis Baïkonour à bord des fusées <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Proton_(fus%C3%A9e)">Proton</a> et Soyouz.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 21 ans, cette activité a <a href="https://informburo.kz/interview/kto-i-skolko-zarabatyval-na-puskax-s-baikonura">rapporté</a> entre 7 et 8 milliards de dollars (entre 6,4 et 7,3 milliards d’euros) à la Russie. Ce gain a un fort coût environnemental en raison du carburant très polluant utilisé par les fusées. L’agence Kazkosmos a même <a href="https://www.kommersant.ru/doc/1723086">suspendu</a> périodiquement l’autorisation de lancement des fusées russes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/kazakhstan-baikonour-restera-russe-jusquen-2050/">Kazakhstan : Baïkonour restera russe jusqu’en 2050</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le développement des technologies spatiales est le principal facteur des problèmes environnementaux de la région de Baïkonour. À cause des fuites de carburant, le sol de la région est devenu très pollué. Pour l’intérêt de l’économie nationale à long terme, l’activité de Baïkonour devrait être suspendue pendant une longue période.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/07/imgtmc_1681292984-1024x576.jpg" alt="Proton M Baïkonour Kazakhstan" class="wp-image-60660" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/07/imgtmc_1681292984-1024x576.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/07/imgtmc_1681292984-300x169.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/07/imgtmc_1681292984-768x432.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/07/imgtmc_1681292984.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le lanceur Proton-M avec un remorqueur DM-03 et trois satellites russes. Photo : RIA Novosti/Yourii Aliseenko.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Les traces de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9thylhydrazine">méthylhydrazine</a> – un des composants du carburant des fusées utilisé notamment par la fusée Proton – prennent entre 80 et 100 ans à disparaitre des sols. En 2013, en réaction à la chute de la fusée Proton&nbsp;lancée à Baïkonour, un mouvement de protestation&nbsp;anti-méthylhydrazine s’est formé.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des normes environementales non contrôlées</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La dégradation de la condition écologique de la région de Baïkonour s’explique aussi par le non-respect des normes de contrôle de l’activité spatiale, remarque le professeur et scientifique kazakh Boulat Kenesov.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Ces 50 dernières années, il n’y a eu quasiment aucun contrôle sur le territoire du cosmodrome et dans la zone de chute des fusées. Et si ces contrôles étaient réellement effectués, ils le seraient sans doute dans des laboratoires fermés et la population n’aurait accès à aucune information. Dans les faits, cela fait plus de 50 ans que des toxines sont répendues sur le territoire du Kazakhstan sans qu’aucun contrôle ne soit fait</em>&nbsp;», déclare-t-il dans une interview pour le média kazakh <a href="https://kz.kursiv.media/2017-08-07/uchenye-opasayutsya-vybrosa-opasnykh-soedineniy-na-kosmodrome/">Kursiv</a>.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>De nombreux accidents</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les multiples accidents qui ont eu lieu à Baïkonour ont eux aussi un impact écologique négatif. Ces catastrophes ont été nombreuses ces dernières années. Le 5 septembre 2007, la fusée Proton-M <a href="https://www.kommersant.ru/doc/802019">est retombée</a> 135 secondes après son lancement, à 40 kilomètres de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jezqaz%C4%9Fan">Jezkazgan</a>, une ville au centre du Kazakhstan. En s’écrasant, la fusée a relâché une grande quantité de substances toxiques, dont du méthylhydrazine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 5 décembre 2010, la fusée <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/GLONASS-M">Glonass-M</a> et ses trois satellites <a href="https://www.rbc.ru/society/05/12/2010/5703e1149a79473c0df17bbb">n’ont pas réussi</a> à entrer en orbite et sont retombés dans l’océan Pacifique.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="605" height="368" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/07/imgtmc_1681293167.jpg" alt="Vue aérienne Baïkonour Kazakhstan" class="wp-image-60659" style="width:777px;height:473px" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/07/imgtmc_1681293167.jpg 605w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/07/imgtmc_1681293167-300x182.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 605px) 100vw, 605px" /><figcaption class="wp-element-caption">Vue de Baïkonour depuis l’espace. Photo : AP Photo/Serguei Ilnitsky.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Le 2 juillet 2013, la fusée Proton-M&nbsp;<a href="https://ria.ru/20130702/946968487.html">s’est écrasée</a> dans la région de Baïkonour après 32 secondes de vol, à seulement 2,5 kilomètres de la zone de lancement. L’appareil retenait plus de 600 tonnes de méthylhydrazine, dont une partie a brûlé après l’impact.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des conflits autour de Baïkonour</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Baïkonour est devenu, entre autres choses, un objet de conflit entre la Fédération de Russie et le Kazakhstan. Au début du mois de mars 2023, les autorités kazakhes <a href="https://informburo.kz/novosti/bagdat-musin-s-docernego-predpriyatiya-roskosmosa-vzyshhut-pocti-137-mlrd-tenge">ont saisi</a> les biens de l’entreprise russe Roscosmos. L’affaire juridique a commencé avec le procès de l’entreprise russo-kazakhe Baïterek contre le principal opérateur des cosmodromes russes, le Centre d’exploitation des infrastructures spatiales sur Terre (TsENKI).&nbsp;Baïterek réclamait au TsENKI 13,5 milliards de tengués (27,7 millions d’euros).</p>


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<p class="wp-block-paragraph">La raison de ce procès était le non-respect des clauses fixées entre la Russie et le Kazakhstan dans le cadre de leur projet de coopération Baïterek. En accord avec les réclamations de la partie kazakhe, la Russie a été contrainte de faire un bilan écologique des activités des lanceurs de fusées Soyouz-5 dans la région de Baïkonour. Cependant, le TsENKI n’a toujours pas réalisé ce bilan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’affaire juridique s’est déroulée au Kazakhstan et le tribunal a donné gain de cause à Baïterek. Les biens saisis chez Roscosmos ont été transférés à l’entreprise commune russo-kazakhe. De plus, la justice kazakhe a décidé <a href="https://www.sibreal.org/a/kazahstan-uzhestochaet-pretenzii-k-roskosmosu-/32316510.html">d’interdire</a> le TsENKI de retirer du Kazakhstan ses biens matériels et ses actifs financiers. Cette décision a donné un coup de frein à l’une des principales activités de Baïkonour, la construction d’un nouveau lanceur de fusée Soyouz-5, et aux activités spatiales du cosmodrome en général.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Kseniya Kindeïeva</strong><br><strong>Journaliste pour Masa Media</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://masa.media/ru/site/osvoenie-kosmosa-kak-razvivalsya-baykonur">russe</a> par Thibaut Bacquaert</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Paulinon Vanackère</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Julien Goutay</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>La dénucléarisation du Kazakhstan : un héritage politique majeur </title>
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		<pubDate>Mon, 01 May 2023 19:19:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/la-denuclearisation-du-kazakhstan-un-heritage-politique-majeur/">La dénucléarisation du Kazakhstan : un héritage politique majeur </a></p>
<p>Le récit occidental de l’indépendance du Kazakhstan présente souvent le transfert des armes nucléaires comme une anecdote s'inscrivant dans une phase de transition. Pourtant, à l’époque, il n’est pas évident que le matériel nucléaire doive être récupéré par la Russie. Ce choix politique, pris dans des circonstances particulières, a des conséquences aussi bien internes qu'internationales, [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/la-denuclearisation-du-kazakhstan-un-heritage-politique-majeur/">La dénucléarisation du Kazakhstan : un héritage politique majeur </a></p>
<p><strong>Le récit occidental de l’indépendance du Kazakhstan<strong> présente souvent le transfert des armes nucléaires </strong>comme une anecdote s'inscrivant dans une phase de transition. Pourtant, à l’époque, il n’est pas évident que le matériel nucléaire doive être récupéré par la Russie. Ce choix politique, pris dans des circonstances particulières, a des conséquences aussi bien internes qu'internationales, encore jusqu'à nos jours.</strong></p>
<p>Le 25 avril dernier, une <a href="https://daviscenter.fas.harvard.edu/events/re-examining-nuclear-past-kazakhstan-and-ukraine-through-prism-war">conférence</a> du Davis Center de l'Université de Harvard s'est penchée sur le passé nucléaire du Kazakhstan et de l'Ukraine. A cette occasion, des chercheuses sont revenues sur la dénucléarisation du Kazakhstan au moment de son indépendance et sur l'importance que ce symbole a pris dans la construction de l'Etat-nation.</p>
<p>Le Kazakhstan de l’époque soviétique a une histoire nucléaire particulièrement chargée, puisque c'est lui qui accueille le premier essai, en 1949 . . .</p>

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		<title>Par-delà la fête et les jeux : les dessous politiques de la fête de Norouz</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Julian Postulart]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Apr 2023 10:13:10 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/par-dela-la-fete-et-les-jeux-les-dessous-politiques-de-la-fete-de-norouz/">Par-delà la fête et les jeux : les dessous politiques de la fête de Norouz</a></p>
<p>En Asie centrale, la fête de Norouz, également appelée Nouvel An persan, marque traditionnellement le début du printemps. Les célébrations habituelles vont des compétitions équestres aux grands banquets, en passant par les visites de famille. Mais Norouz n&#8217;est pas fait que de réjouissances et de jeux. Alors que les leaders politiques cherchent à rompre avec [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>En Asie centrale, la fête de Norouz, également appelée Nouvel An persan, marque traditionnellement le début du printemps. Les célébrations habituelles vont des compétitions équestres aux grands banquets, en passant par les visites de famille. Mais Norouz n&rsquo;est pas fait que de réjouissances et de jeux. Alors que les leaders politiques cherchent à rompre avec le passé colonial de leurs pays, Norouz reste un outil populaire pour la construction d’une identité régionale.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un faible parfum d’herbe flotte dans l&rsquo;air, le ciel est bleu mais les arbres sont nus. Dans la périphérie de Bichkek, des centaines de supporters acclament une vingtaine d’hommes à cheval s’affrontant autour d’une carcasse de chèvre. Nous sommes le 21 mars, le premier jour du printemps, mais aussi <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Norouz">Norouz</a>, une fête nationale au Kirghizstan. De toutes les manifestations organisées, c’est bien une partie de <a href="https://novastan.org/nnehegnj/fr/photo-du-jour/une-partie-de-kok-boru/">kok-borou</a>, sport similaire au polo, à l’hippodrome de Bichkek, qui offre le plus de spectacle.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;approche de Norouz est tout aussi importante que la fête elle-même. Toutes spécificités régionales mises à part, la plupart des gens en Asie centrale commencent la préparation de Norouz par un grand nettoyage de printemps. D’autres remboursent leurs dettes ou se réconcilient avec leurs ennemis pour commencer l’année du bon pied. Lors de Norouz, le jour de l’équinoxe de printemps, les habitants se mettent sur leur trente-et-un et passent du temps avec leur famille, leurs amis ou leurs voisins. Le repas et les boissons sont particulièrement importants et dans la plupart des pays, une tradition pluriséculaire exige de préparer le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Soumalak">soumalak</a>, un dessert sucré à base de blé fermenté.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les racines zoroastriennes de Norouz</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais assez parlé de traditions : la fête de Norouz possède aussi une dimension politique. Par le passé, certains chefs et colonisateurs ont tenté de s’en débarrasser. Pour mieux comprendre cette fête, il faut se plonger dans l’histoire : Norouz est également appelé le Nouvel An persan. Même si ses origines exactes restent mystérieuses, la plupart des historiens s’accordent sur le fait qu&rsquo;il trouve son origine dans le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Zoroastrisme">zoroastrisme</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/les-initiatives-de-liran-en-ouzbekistan-un-miroir-de-ses-relations-avec-lasie-centrale/">Les initiatives de l’Iran en Ouzbékistan : un miroir de ses relations avec l’Asie centrale</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La religion zoroastrienne est la plus vieille religion monothéiste du monde et ses enseignements sont ceux d’un prophète iranien, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Zoroastre">Zoroastre</a>. La notion de bataille entre le Bien et le Mal lui est centrale, souvent représentée par un affrontement entre la lumière et les ténèbres. Au prisme de cette vision du monde, l&rsquo;importance symbolique de Norouz pour les zoroastriens devient claire : le printemps amène généralement un temps plus chaud et des jours plus longs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les racines de Norouz expliquent aussi la popularité de la fête en Asie centrale. De nombreux experts affirment que Zoroastre était locuteur natif de l’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Avestique">avestique</a>. Ce dialecte persan prédominait dans une zone s’étendant de l’Est de l’Iran au Tadjikistan et à l’Ouzbékistan actuels. En bref, le zoroastrisme, avec son cortège de traditions, a des racines anciennes en Asie centrale, qui pourrait même en être le berceau.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une fête centrasiatique par excellence</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La manière de célébrer Norouz a cependant beaucoup changé à travers les millénaires. Les pratiques ont été modelées par la géographie unique de la région, ainsi que par les peuples qui sont venus y habiter à la suite des différentes migrations, invasions et assimilations parfois forcées. Historiquement, Norouz est associé au concept de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Monde_iranien">Monde iranien</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis l’Antiquité, des villes comme <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/ouzbekistan-la-ville-de-samarcande-a-vendre/">Samarcande</a> et <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/boukhara-ou-le-declin-contemporain-dune-civilisation-multiseculaire/">Boukhara</a> se sont illustrées comme des centres culturels et linguistiques perses de grande importance. Encore aujourd’hui, la majorité de leurs habitants parle le tadjik, une langue du groupe iranien. Mais avec la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Conquête_musulmane_de_la_Transoxiane">conquête musulmane de l’Asie centrale</a> et l’arrivée de tribus turques et mongoles, la domination culturelle persane a commencé à décliner.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized is-style-default"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/04/Persepolis-1-1024x683.jpg" alt="Bas-relief de Persépolis, dans l’Iran actuel. Photo : André Tchipourenko" class="wp-image-59005" width="673" height="449" title="Bas-relief de Persépolis, dans l’Iran actuel. Photo : André Tchipourenko" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/04/Persepolis-1-1024x683.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/04/Persepolis-1-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/04/Persepolis-1-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/04/Persepolis-1-1536x1024.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2023/04/Persepolis-1-2048x1365.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 673px) 100vw, 673px" /><figcaption class="wp-element-caption">Un bas-relief de Persepolis en Iran, une ville construite pour célébrer des événements comme Norouz. Photo : Andre Chipurenko.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Les nouveaux dirigeants ont apporté dans leur sillage de nouvelles influences culturelles. Certains de ces conquérants ont initialement essayé de se défaire des coutumes locales telles que Norouz. Mais ni les dirigeants musulmans, ni les chefs de guerre turco-mongols, au rang desquels se trouve <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tamerlan">Tamerlan</a>, n’ont réussi à abolir le Nouvel An persan. Au contraire, ils ont adopté avec succès une stratégie adaptative en intégrant des pans de leur folklore aux pratiques culturelles existantes. C’est pourquoi de nos jours, Norouz est caractérisé tant par des traditions venues du monde nomade, comme le kok-borou, que par des influences persanes comme la consommation du soumalak.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Colonisation et suppression</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Quand les armées impériales russes sont venues coloniser l’Asie centrale à la fin du XIXème siècle, les choses ont changé. Dans ce qui est devenu l’Ouzbékistan actuel, les Russes ont laissé en place <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Muzaffar_bin_Nasrullah">l’émir de Boukhara</a>. Pour lui, les célébrations annuelles de Norouz étaient une excellente occasion de parader afin de garder la face et de <a href="https://www.researchgate.net/publication/342512248_Celebration_of_Nowruz_in_Bukhara_and_Samarkand_in_Ritual_Practice_and_Social_Discourses_the_Second_Half_of_the_19th_to_Early_20th_Centuries">renforcer sa légitimité politique</a>. Pour des occasions, l’émir invitait même des artistes de cirque venant de Russie occidentale à se produire. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais au sein de la population locale, la popularité de Norouz était en déclin. Quand les Soviétiques ont pris le contrôle de l’Asie centrale, cette tendance s’est maintenue. Dans les villes, les ingénieurs et les urbanistes soviétiques ont redessiné l’espace public, détruisant des quartiers vieux de plusieurs centaines d’années. Cela a grandement affecté le tissu social des villes de la région et perturbé la perpétuation des fêtes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: </strong><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/hymnes-de-sang-un-recueil-de-nouvelles-tadjikes-de-lepoque-de-la-perestroika/"><strong>Hymnes de sang, un recueil de nouvelles tadjikes de l’époque de la perestroïka</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">De plus, sous le joug soviétique, Norouz était banni car perçu par les autorités comme une fête religieuse. C’est seulement après que les orientalistes et ethnologues soviétiques ont replacé la fête dans une tradition préislamique que les célébrations ont été autorisées de nouveau. Depuis l’effondrement de l’URSS, la fête a connu un impressionnant regain de popularité.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Norouz comme outil politique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Historiquement, Norouz a été soumis aux caprices des dirigeants locaux. Cet aspect n’a pas beaucoup changé. La fête de Norouz encapsule les histoires, les cultures et la géographie de l’Asie centrale. Un tel événement peut servir les intérêts de ceux voulant rompre avec l’héritage colonial soviétique dans leur quête pour la construction d’une identité régionale et nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au temps du président ouzbek <a href="https://www.novastan.org/fr/ouzbekistan/islam-karimov-un-orphelin-devenu-pere-de-la-nation/">Islam Karimov</a>, les fonctionnaires préconisaient de fêter Norouz plutôt que le Nouvel an du calendrier grégorien. Ils sont même allés jusqu’à <em>«&nbsp;donner des instructions pour stopper les célébrations de la nouvelle année calendaire&nbsp;»</em>. Les jours fériés autres que Norouz étaient considérés comme <em>«&nbsp;contraires à la culture ouzbèke&nbsp;»</em>. C’est seulement après la mort d&rsquo;Islam Karimov et l’arrivée de son successeur au pouvoir, <a href="https://www.novastan.org/fr/ouzbekistan/qui-est-le-nouveau-president-de-louzbekistan/">Chavkat Mirzioïev,</a> que les interdictions et les restrictions pesant sur les fêtes occidentales ont été relâchées.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Au Kazakhstan, la classe dirigeante a également réappris à utiliser Norouz comme un outil pour renforcer sa légitimité. Dans un geste rappelant celui de l’émir de Boukhara, le président actuel <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/kassym-jomart-tokaiev-le-diplomate-devenu-president/">Kassym-Jomart Tokaïev</a> a proposé plusieurs réformes concernant Norouz. Parmi elles, on compte une augmentation du nombre des jours fériés, de quatre actuellement à dix, ainsi qu’une proposition suggérant d’approfondir le sens moral et spirituel de la fête.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2022, Kassym-Jomart Tokaïev a été réélu président en promettant des réformes politiques et sociales qui ont pu susciter un certain espoir. Certains analystes avancent que le nouveau président tente de rompre avec l’héritage de son prédécesseur, <a href="https://www.novastan.org/fr/kazakhstan/noursoultan-nazarbaiev-le-dernier-des-soviets/">Noursoultan Nazarbaïev</a>. Mais la faible participation aux dernières élections parlementaires, juste avant Norouz, semble indiquer que l’enthousiasme initial a quelque peu reflué. Bien enraciné en Asie centrale, il est fort probable que Norouz reste un outil populaire de la politique identitaire, les gouvernements cherchant à appréhender le futur en s’appuyant sur une mémoire sélective des histoires nationales précoloniales.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Julian Postulart<br>Rédacteur pour Novastan</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit de l&rsquo;<a href="https://novastan.org/en/kazakhstan/beyond-fun-and-games-the-politics-of-nowruz/">anglais</a> par Arnaud Behr</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Lucas Morvan</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Elise Medina</strong></p>


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		<title>Pourquoi Almaty et pas Alma-Ata ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[lmorvan]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 13 Apr 2023 18:09:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Almaty]]></category>
		<category><![CDATA[Kazakh]]></category>
		<category><![CDATA[Langue]]></category>
		<category><![CDATA[Postcolonial]]></category>
		<category><![CDATA[Russe]]></category>
		<category><![CDATA[Société et culture]]></category>
		<category><![CDATA[Toponymie]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/pourquoi-almaty-et-pas-alma-ata/">Pourquoi Almaty et pas Alma-Ata ?</a></p>
<p>Au Kazakhstan, le russe est une langue qui a un statut officiel, même si elle est associée aux époques soviétique et tsariste. L&#8217;héritage de cette période est encore très important dans les esprits : ainsi, la question de la désignation des villes n&#8217;est pas seulement culturelle, mais bien politique. Depuis 1991, le moment de l&#8217;indépendance, [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/pourquoi-almaty-et-pas-alma-ata/">Pourquoi Almaty et pas Alma-Ata ?</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Au Kazakhstan, le russe est une langue qui a un statut officiel, même si elle est associée aux époques soviétique et tsariste. L&rsquo;héritage de cette période est encore très important dans les esprits : ainsi, la question de la désignation des villes n&rsquo;est pas seulement culturelle, mais bien politique.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 1991, le moment de l&rsquo;indépendance, la présence très importante des russophones à l&rsquo;échelle nationale a joué un rôle dans la politique du Kazakhstan. Pourtant, le fait d&rsquo;affirmer une identité kazakhe est rapidement devenu important. C&rsquo;est ce qui donne lieu au changement du nom de l&rsquo;ancienne capitale, passé de Alma-Ata à <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/almaty-la-ville-aux-1000-couleurs-et-aux-1001-annees/">Almaty</a> en 1993. Pourtant, l&rsquo;influence des russophones et de la langue russe n&rsquo;a pas disparu.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Ces dernières années, les <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/a-bichkek-une-conference-sur-la-decolonisation-questionne-la-politique-memorielle-du-kirghizstan/">questions postcoloniales</a> ont occupé de plus en plus d’importance au Kazakhstan. L’évolution du sentiment national implique une préférence pour la langue kazakhe et, en conséquence, pour l’emploi des toponymes kazakhs plutôt que de leurs versions russes ou soviétiques. Cependant, beaucoup de personnes au Kazakhstan – tout comme les médias russes – continuent d’employer le nom Alma-Ata. Cet article explique pourquoi l’usage de l’ancien toponyme est incorrect au regard de l’histoire coloniale.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Étymologie et sémantique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le nom d&rsquo;Almaty, dérivé de «&nbsp;almaly&nbsp;», évoque dans la langue kazakhe les pommiers. En effet, la ville a été baptisée d’après le lieu où elle a été construite, d’anciens champs de pommiers. Ce <a href="https://vlast.kz/avtory/53465-nazovi-mena-moim-imenem.html">toponyme</a> était d’ailleurs d’usage dans la littérature russe d’avant la révolution. Le nom&nbsp;Alma-Ata est une association de deux mots kazakhs – «&nbsp;pomme&nbsp;» et «&nbsp;grand-père&nbsp;» – qui ne respecte pas la grammaire kazakhe, ni aucune autre grammaire, et qui n’a pas réellement de sens en kazakh.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan :</strong> <strong><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/a-bichkek-une-conference-sur-la-decolonisation-questionne-la-politique-memorielle-du-kirghizstan/">A Bichkek, une conférence sur la décolonisation questionne la politique mémorielle du Kirghizstan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Certaines personnes défendent l’emploi d&rsquo;Alma-Ata en avançant qu’elle est une translittération du nom kazakh Almaty, tout comme&nbsp;Maskeou (Мәскеу) est la translittération kazakhe de&nbsp;Moscou. Cette comparaison n’a pas lieu d’être&nbsp;car Alma-Ata est une combinaison absurde de deux mots kazakhs, et non de deux mots russes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’analogue soviétique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le nom Alma-Ata est apparu en 1921, selon un document signé M. Akhmetov, directeur du département de la langue, des archives et de la documentation de la ville d’Almaty. Il est écrit dans ce document que <em>«&nbsp;le 5 février 1921, la ville de Vernyi a été renommée Alma-Ata, en accord avec le nom du lieu où elle a été fondée&nbsp;».</em> En réalité, le toponyme historique Almaty a été transformé en Alma-Ata. Le changement de nom de la ville a été <a href="https://forbes.kz/life/opinion/kak_pereimenovali_alma-atu/">officialisé</a> par Ouraz Djandosovyi le 3 mars 1921.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan :</strong> <strong><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/qui-etait-akhmet-baitoursinoff-lhistoire-dun-enseignant-kazakh/">Qui était Akhmet Baïtoursinoff&nbsp;? L’histoire d’un enseignant kazakh</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Adopté en Union soviétique, le nom Alma-Ata n’a pas plus lieu d’être employé aujourd’hui que Vernyi, le nom de la ville sous l’Empire russe, de la même façon que Leningrad n&rsquo;est plus utilisé pour désigner la ville de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-Pétersbourg">Saint-Pétersbourg</a>.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La constitution de 1993</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En 1991, le Kazakhstan est devenu un État indépendant. La ville d&rsquo;Alma-Ata a été officiellement <a href="http://www.demoscope.ru/weekly/2004/0183/analit07.php">renommée</a> Almaty en accord avec la Constitution de la République du Kazakhstan du 28 février 1993. De ce point de vue, il n’y a aujourd’hui aucune raison d’employer son ancien nom.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Union soviétique n’existe plus et prolonger l’emploi de l’ancien nom revient à continuer d’associer le Kazakhstan à l’Union soviétique ainsi qu’à la Russie. Au Kazakhstan, une partie de la population est habituée à l’usage soviétique d&rsquo;Alma-Ata et ne semble pas mesurer le poids que porte aujourd’hui ce terme obsolète.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Comme disent les Russes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">De nombreux journalistes russophones au Kazakhstan emploient le nom Alma-Ata en se référant à l’arrêté de l’Académie russe ainsi qu’à la prescription du président de la Fédération de Russie du 17 août 1995 qui stipule que, dans la <a href="http://www.demoscope.ru/weekly/2004/0183/analit07.php">langue russe, il est recommandé</a> d’utiliser le nom Alma-Ata. La plupart des médias et chaînes de télévision russes, mais aussi beaucoup de blogueurs et de personnalités publiques, emploient l’ancien toponyme. Par exemple, le youtubeur russe très suivi <a href="https://www.youtube.com/@varlamov">Ilya Varlamov</a> a employé dans plusieurs de ses vidéos le nom Alma-Ata<em>.</em></p>


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<p class="wp-block-paragraph">Maria Rovinskaïa, membre de la commission orthographique de l’Académie russe, a <a href="https://www.mk.ru/social/2022/01/11/almaata-ili-almaty-lingvist-obyasnila-kak-nazyvat-goroda-kazakhstana.html">répondu</a> de manière condescendante à la question que se posent les Kazakhs quant à l’emploi du bon toponyme&nbsp;: <em>«&nbsp;Nous avons ici sans doute un dilemme. Il y a, d’un côté, les toponymes inscrits dans les encyclopédies et sur les cartes. Et d’un autre côté, il y a un élan, un souhait de faire un pas vers nos amis à l’étranger qui veulent voir leurs toponymes tels qu’ils en ont l’habitude. Et plus encore si le pays utilise l’alphabet cyrillique. L’harmonie se trouve sans doute quelque part entre les deux, mais je ne suis pas vraiment encline à bousculer la norme de la langue russe&nbsp;».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, beaucoup de médias russes et de citoyens emploient la terminologie soviétique en arguant que ce terme est correct du point de vue de la grammaire russe, ce qui est erroné.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Aleksandra Akanaïeva<br>Journaliste pour The Village Kazakhstan</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du&nbsp;<a href="https://www.the-village-kz.com/village/city/asking-question/28405-pochemu-almaty-a-ne-alma-ata">russe</a>&nbsp;par Thibaut Bacquaert</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Lucas Morvan</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Elise Medina</strong></p>
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		<title>La qualité des nouvelles constructions suscite l&#8217;inquiétude des habitants de Douchanbé</title>
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		<dc:creator><![CDATA[lmorvan]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Apr 2023 17:50:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<category><![CDATA[Construction]]></category>
		<category><![CDATA[Douchanbé]]></category>
		<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Séisme]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Urbanisme]]></category>
		<category><![CDATA[URSS]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/la-qualite-des-nouvelles-constructions-suscite-linquietude-des-habitants-de-douchanbe/">La qualité des nouvelles constructions suscite l&rsquo;inquiétude des habitants de Douchanbé</a></p>
<p>Au Tadjikistan, il semblerait que la confiance générale pour les bâtiments récemment construits soit au plus bas, à tel point que certains habitants craignent pour leur vie. Cela pose la question de savoir comment renouveler le parc immobilier et l&#8217;adapter aux problématiques actuelles. Gafour Chermatov, historien et membre de l&#8217;union des architectes du Tadjikistan, a [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Au Tadjikistan, il semblerait que la confiance générale pour les bâtiments récemment construits soit au plus bas, à tel point que certains habitants craignent pour leur vie. Cela pose la question de savoir comment renouveler le parc immobilier et l&rsquo;adapter aux problématiques actuelles.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Gafour Chermatov, historien et membre de l&rsquo;union des architectes du Tadjikistan, <a href="https://www.facebook.com/profile.php?id=100005181610729">a publié un texte sur sa page Facebook</a> à propos des nouvelles constructions de la capitale. Il rappelle que plus de 80 % du territoire national se trouve sur une zone sismique de catégorie 8-9, sur un maximum de 12 sur l’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Échelle_Medvedev-Sponheuer-Karnik">échelle Medvedev-Sponheuer-Karnik</a>. La publication a suscité de nombreux commentaires, parmi lesquels la rédaction d’Asia-Plus a choisi les plus pertinents.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Avant toute chose, voici la publication de Gafour Chermatov :</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«</em>&nbsp;<em>J’ai peur. Nous ne tirons aucune leçon du tremblement de terre en Turquie. Même à l&rsquo;époque de l’Union soviétique, nous prenions plus en compte le fait que le territoire du Tadjikistan est une des zones sismiques les plus à risque. Selon la carte sismique du Tadjikistan, plus de 80 % du territoire est à un risque élevé. Le haut-plateau forestier sur la rive gauche de Douchanbé, où sont construits la plupart des hauts immeubles aujourd’hui, est une zone très peu sûre pour les constructions à hauts étages. Aujourd’hui, il faut que nous pensions au futur.&nbsp;»</em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Sacrifiés pour des bénéfices</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les commentaires, de nombreux internautes font référence aux constructions du temps de l’Union soviétique.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Sous le pouvoir de l’Union soviétique, à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khorog">Khorog</a> (ville dans le Sud-Est du pays, ndlr) par exemple, il était interdit de construire des bâtiments de plus de quatre étages. Sous le pouvoir actuel, on construit des bâtiments de neuf à douze étages, et cela rien que pour le profit. Heureusement, il n’y a qu’un seul de ces bâtiments qui soit habité actuellement, les autres sont encore en cours de construction »</em>, écrit Abazbek Ibraguimov.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/tadjikistan-en-proie-aux-seismes-un-important-barrage-menace-de-seffondrer/">Tadjikistan : en proie aux séismes, un important barrage menace de s’effondrer</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Qui se souvient des constructions d’un étage avec des pans de mur inclinés&nbsp;? Cela était fait pour résister aux tremblements de terre. Même dans les années 1950, on veillait à ne pas construire des bâtiments de plus de trois étages à Douchanbé. Le monde a changé »</em>, ajoute Sergueï Karpov.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L&rsquo;infraction aux normes de sécurité</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Certains internautes sont fortement préoccupés par le non-respect des normes de sécurité lors de la construction des immeubles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Il y a peu, j’ai lu que l’espace entre les bâtiments devait être d’au moins 20-25 mètres. Il faut voir ce que l’on construit aujourd’hui&nbsp;»</em>, partage Ossouda Nasroudinova. Dans son commentaire, Ira Salieva joint la photographie d’une de ces nouvelles constructions où deux bâtiments sont construits littéralement l’un contre l’autre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/region-ouighoure/kachgar-capitale-culturelle-ouighoure-reconstruction-forcee-exploitation-et-surveillance/">Kachgar, capitale culturelle ouïghoure : reconstruction forcée, exploitation et surveillance</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré un contrôle progressif de la fiabilité des constructions face au risque sismique – que le Comité pour l’architecture et la construction au Tadjikistan a annoncé récemment – les habitants ne sont pas rassurés.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Quand bien même des expertises prouveraient (ce qui risque déjà peu d’arriver&nbsp;!) que telle ou telle construction n’est pas sûre, où seraient relogées les personnes qui habitent depuis moins d’un an dans ces nouveaux immeubles&nbsp;? C’est pour cela que je pense que, malheureusement, on ne peut plus revenir en arrière&nbsp;! On ne peut que s’en remettre au Tout-Puissant&nbsp;»</em>, estime Machoura Ousmanova.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La dégradation de l&rsquo;image de la ville</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Certaines personnes ne sont pas seulement insatisfaites de la qualité des bâtiments, mais aussi de la nouvelle image de la ville, gâchée selon eux par les nouveaux bâtiments.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Les immeubles ne sont beaux que sur les affiches. Dans la réalité, ils sont tordus, faits de pans monolithiques en proie au vent. On a l’impression qu’ils peuvent nous tomber dessus. Un quartier entier avec de tels bâtiments a été construit, une vraie jungle. C’était autrefois le quartier le plus calme et le plus agréable de la ville. Comme si nos architectes et ceux qui valident leurs projets n’avaient aucune capacité de projection et aucun goût. S’ajoute à cela la question de la solidité et du risque sismique : on verra bien avec le temps. Il ne nous reste plus qu’à espérer »</em>, écrit Mavlouda Mirzoïeva.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les internautes expliquent la mauvaise qualité des constructions par <em>«&nbsp;l’avidité des pouvoirs publics&nbsp;».</em> <em>«&nbsp;Ils n’ont plus de temps pour réfléchir&nbsp;! Il leur faut trouver de l’argent coûte que coûte, même au prix de victimes&nbsp;»</em>, écrit Amal Khanoum Gadjieva.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des maçons qui travaillent nuit et jour</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Certains internautes disent ne pas vouloir vivre dans ces nouvelles constructions à cause de leur manque de fiabilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Les murs sont construits avec des demi-briques, c’est pour cela qu’ils ne sont pas droits. Allez sur n’importe quel chantier et voyez les méthodes de construction. Je ne veux pas vivre dans ces nouveaux bâtiments. En plus, ils ont l’air d’avoir déjà 50 ans, ce qui en dit long sur la qualité des matériaux »</em>, raconte Djek Rok.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/au-tadjikistan-les-travailleurs-migrants-rebroussent-chemin/">Les travailleurs migrants du Tadjikistan rebroussent chemin</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mariam Radjabzade évoque quant à elle les conditions de travail des maçons, qui œuvrent même la nuit&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Ce qui m’inquiète le plus, c’est que les maçons travaillent de nuit. Par exemple en face du centre commercial Saodat. La nuit, tout le monde ressent le besoin de dormir. Et comment travaille un maçon sur le chantier d’un immeuble de 18 heures à 7 heures du matin alors même qu’il est épuisé&nbsp;? Il fait son travail car les promoteurs pressent avec le calendrier, mais c’est la qualité des constructions à Douchanbé qui en pâtit. En plus de cela, les habitants ne peuvent pas dormir à cause des bruits de chantier, particulièrement à la mi-saison. Comment le chirurgien peut-il opérer le jour s’il n&rsquo;a pas dormi correctement la nuit, et l’enseignant, le comptable, le sportif&nbsp;? Et les autres personnes, comment peuvent-elles travailler ou étudier normalement&nbsp;? De cela, ni les citoyens ni les médias ne parlent. Il y a pourtant une loi qui interdit les nuisances sonores nocturnes »</em>, écrit-elle.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La crainte d&rsquo;un séisme</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un autre commentaire sous la publication de Gafour Chermatov, l’internaute s’adresse directement aux responsables des constructions&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Il y a un autre danger dont nous devons nous préoccuper&nbsp;: suite à la privatisation, beaucoup de personnes ont fait des travaux dans leurs appartements et ont abattu des murs pour gagner de l’espace. Cela a été fait sans l’accord du voisinage, sans l’autorisation des pouvoirs publics et à l’encontre des normes. Beaucoup de caves ont été transformées en salles de sport privatives, particulièrement dans le quartier de Sino. Compte tenu des catastrophes liées au tremblement de terre en Turquie, il nous est indispensable de penser chacune de nos actions en sachant que nous vivons également dans une zone à risque sismique élevé. Que cela soit pris en compte par les architectes, les ingénieurs, les constructeurs et les promoteurs.&nbsp;»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan :&nbsp;<a href="https://novastan.org/fr/decryptage/lasie-centrale-sur-le-qui-vive-apres-le-tremblement-de-terre-au-moyen-orient/">L’Asie centrale sur le qui-vive après le tremblement de terre au Moyen-Orient</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Je ne sais pas quelles normes ils appliquent, et je n’y connais d’ailleurs rien à la construction, mais je suis allée faire un tour sur les chantiers. Là, les briques sont espacées entre elles à tel point que l’on voit la rue à travers le mur. Les piliers à l’intérieur des bâtiments sont eux aussi très espacés&nbsp;»</em>, partage Olia Poulatova.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une problématique mieux gérée à l&rsquo;époque soviétique</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les commentaires, certains écrivent avoir davantage confiance dans les constructions datant de la période soviétique :</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;J’ai très peur des nouveaux immeubles. Je sais qu’ils ont été bâtis sans prendre en compte le risque sismique. Ce qui compte aujourd’hui, c’est de construire vite et de faire des économies. C’est devenu un principe ici. On a peur depuis ce qu’il s’est passé en Turquie. Il n’y a plus que les constructions soviétiques qui demeurent fiables&nbsp;»</em>, écrit Janna Soubkhakoulova-Younousova.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/architecture-mineure-pourquoi-almaty-devrait-conserver-les-arrets-de-bus-de-lepoque-sovietique/">Architecture mineure&nbsp;: pourquoi Almaty devrait conserver les arrêts de bus de l’époque soviétique&nbsp;?</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Elena Minko, en réponse à son commentaire, exprime son désaccord&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Malheureusement, les anciennes constructions sont de moins en moins sûres. En faisant des travaux, par ailleurs illégaux, les gens démolissent les murs et font trembler le bâtiment tout entier&nbsp;»</em>, répond-elle.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des immeubles-champignons</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Certains abonnés au compte de Gafour Chermatov partagent leurs expériences personnelles&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Ma mère est géologue et a écrit sa thèse sur la sismologie. L’été, je l’accompagnais dans ses expéditions où elle faisait des expériences. Elle a ensuite défendu son travail de recherche à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Novossibirsk">Novossibirsk</a>, sans aucun moyen financier… Tandis que maintenant, il suffit de payer pour défendre son travail et devenir soi-disant spécialiste ! Elle disait toujours qu’il ne fallait pas construire d’immeubles à hauts étages dans les zones à risque sismique. On a construit aujourd’hui des cages à lapins partout. Douchanbé est défiguré. C’est l’argent qui dirige le monde, ils font grimper les prix. Et ensuite ? Les tremblements de terre à Tachkent et en Arménie ne nous ont donc donné aucune leçon ? Visiblement non. Personne n&rsquo;assumera la responsabilité de quelque catastrophe que ce soit »</em>, partage Elena Bakaïeva.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Zamira Karimova s’inquiète quant à elle de la hausse fulgurante des constructions dans la ville.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Je suis aussi préoccupée au quotidien. Nous avons emménagé en 1977 dans le quartier 61. Avant sa construction, les ouvriers avaient creusé une fosse pour les fondations&nbsp;: cela avait duré très longtemps, même s’ils travaillaient du matin au soir. Depuis la chute de l’Union soviétique, j’observe les chantiers des immeubles. Ces bâtiments poussent comme des champignons&nbsp;»</em>, écrit-elle.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Choisir le bon modèle</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les internautes font le rapprochement entre la catastrophe qui a eu lieu en Turquie et la qualité de construction des immeubles de Douchanbé.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Je pense que les bâtiments n’ont pas tenu en Turquie non seulement parce qu&rsquo;ils étaient récents, mais surtout parce que leur qualité était mauvaise. J’espère que, chez nous, on accordera plus d’importance à la résistance des constructions face aux tremblements de terre »</em>, écrit Goultchera Yousoupova.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, certains exemples prouvent qu&rsquo;il est possible de construire des immeubles hauts dans des zones avec un risque sismique plus élevé qu’au Tadjikistan&nbsp;: c’est le cas notamment du Japon.</p>



<div class="wp-block-group is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained">
<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Chirine Rakhmanov<br>Journaliste pour Asia-Plus</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://asiaplustj.info/ru/news/tajikistan/society/20230225/pust-bog-uberezhet-vseh-nas-chto-tadzhikistantsi-dumayut-o-novostroikah-v-dushanbe?tg_rhash=dad9b8f651f186">russe</a>&nbsp;par Thibaut Bacquaert</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Lucas Morvan</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Véronique Tapponnier</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Retour sur le gosplan pour le coton en Asie centrale, à l&#8217;origine d&#8217;une corruption à très grande échelle </title>
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		<dc:creator><![CDATA[lmorvan]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Apr 2023 09:42:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Corruption]]></category>
		<category><![CDATA[Coton]]></category>
		<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
		<category><![CDATA[URSS]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/retour-sur-le-gosplan-pour-le-coton-en-asie-centrale-a-lorigine-dune-corruption-a-tres-grande-echelle/">Retour sur le gosplan pour le coton en Asie centrale, à l&rsquo;origine d&rsquo;une corruption à très grande échelle </a></p>
<p>Dans les années 1980, le scandale de l’affaire du coton ouzbek révèle aux yeux de tous les problèmes systémiques auxquels est confrontée l’URSS, alors entraînée dans une course aux rendements effrénée. L’affaire du coton est un événement qui montre les contradictions générées par l’utopie communiste et sa dimension productive irréaliste, qui s&#8217;insère dans une corruption [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans les années 1980, le scandale de l’affaire du coton ouzbek révèle aux yeux de tous les problèmes systémiques auxquels est confrontée l’URSS<strong>, alors entraînée dans une course aux rendements effrénée</strong>.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’affaire du coton est un événement qui montre les contradictions générées par l’utopie communiste et sa dimension productive irréaliste, qui s&rsquo;insère dans une corruption présente à toutes les échelles du système soviétique. C’est aussi une histoire à replacer dans le cadre de la politique de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Glasnost">glasnost</a>, qui favorise la divulgation publique de ce qu’il se passe vraiment en URSS.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au milieu du XXème siècle, l’Ouzbékistan est devenu le « grenier à coton » de l’URSS, approvisionnant en coton l’industrie de toute l’Union. D’année en année, le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gosplan" target="_blank" rel="noreferrer noopener">gosplan</a> pour « l’or blanc » a vu ses objectifs revus à la hausse à tel point que, dans les années 1980, presque toutes les terres agricoles du pays étaient allouées à la culture du coton.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une telle demande en coton ne se laisse pas seulement expliquer par les besoins de l’industrie textile. Le coton était le <a href="https://diletant.media/articles/45271216/">composant de base</a> dans le processus de fabrication de la nitrocellulose – substance inflammable à partir de laquelle s&rsquo;obtient de la poudre sans fumée. La nitrocellulose est destinée aux armes à feu, mais elle constitue aussi l’un des principaux ingrédients du carburant pour fusées.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Contexte</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">D’un plan quinquennal à l’autre, le gosplan de l’URSS relevait les projections de récolte de coton.&nbsp;En 1983, la République socialiste soviétique (RSS) d’Ouzbékistan devait cultiver 6 millions de tonnes de coton par an. En guise de comparaison, l’Ouzbékistan en a produit à peine plus de 3 millions de tonnes en 2020.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour atteindre les objectifs, les autorités se sont tournées vers des méthodes traditionnelles : recours aux engrais et creusement de nouveaux canaux d’irrigation, ce qui a notamment conduit à l’assèchement de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mer_d%27Aral">mer d’Aral</a>. De surcroît, médecins, étudiants, élèves et professeurs étaient réquisitionnés pour la récolte à l’automne. Les objectifs n’étaient néanmoins pas remplis.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Pour combler le manque, les autorités se mettent à falsifier les documents de production et de transport. Des cueilleurs de coton jusqu’aux cadres en passant par les comités du parti, tous participent à la création et à la récolte d&rsquo;un coton qui n’existe pas. Il est transporté dans des wagons fermés, réceptionné dans les usines de toute l’Union et figure dans les documents et les factures. C&rsquo;est alors que le coton est radié des comptes, perdu. Parfois même, il avait <em>« brûlé »</em>, donnant lieu à des <em>« pertes de production substantielles »</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque maillon de cette chaîne voit passer des pots de vins &#8211; les destinataires des livraisons, les opérateurs du réseau ferré, les ministres des républiques, les directeurs d’usines et les dirigeants des institutions de toute l’Union Soviétique ont reçu et donné des sommes d’argent considérables.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Début des investigations</strong>&nbsp;</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En 1982, après la mort de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9onid_Brejnev" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Léonid Brejnev</a>, c’est <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Iouri_Andropov" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Youri Andropov</a>, précédemment chef du Comité pour la Sécurité de l&rsquo;État&nbsp;(KGB), qui accède au poste de secrétaire général du Parti. Pendant ses 15 années à la tête du KGB, il a eu accès aux informations les plus fiables sur l’état du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ayant laissé les mains libres au KGB pour lutter contre la corruption dans le pays, il espérait accumuler des preuves solides contre ses collègues impliqués dans des montages frauduleux, ce qui renforcerait son propre pouvoir.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’Ouzbékistan n’a pas été choisi par hasard</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les abus au sein de la RSS ouzbèke étaient tels que les fraudeurs n’arrivaient plus à les dissimuler, tandis que les plaintes des citoyens au sujet de la richesse des dirigeants du parti <a href="https://istoriarusi.ru/cccp/xlopkovoe-delo-1983-1989.html">submergeaient Moscou</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/festival-goeast-le-documentaire-100-coton-met-en-lumiere-la-persistance-du-travail-force-en-ouzbekistan/">Festival GoEast : le documentaire « 100 % coton » met en lumière la persistance du travail forcé en Ouzbékistan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il fallait des cas véridiques de mauvaise gestion ou d’actions proprement illégales de la part du ministère de l’Intérieur de l’URSS. Le ministère était l’adversaire principal de Youri Andropov et le gendre de Léonid Brejnev, <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Yuri_Churbanov" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Youri Tchourbanov</a>, faisait partie de sa direction.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le secrétaire général de l’Union soviétique éprouvait une haine personnelle envers le dirigeant de la RSS d’Ouzbékistan, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sharof_Rashidov" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Charaf Rachidov</a>, qui avait pendant de longues années abusé de la confiance trop généreuse de Léonid Brejnev, et bénéficié d’un statut d’immunité pendant son mandat.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’enquête</strong>&nbsp;</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Commission d’enquête sur l&rsquo;affaire du coton est créée en février 1983 sous l’autorité de la <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Procurator_General_of_the_Soviet_Union" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Genprokuratura de l’URSS</a> pour enquêter sur les abus qui avaient été tolérés par les autorités de la RSS d’Ouzbékistan. Elle siége le 25 avril suivant à Tachkent, date qui marque le début officiel de l’affaire du coton.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ampleur du travail est connue d’avance. Ainsi, l’enquête mobilise environ 200 enquêteurs de toute l’URSS. A leurs côtés s&rsquo;activent 3 000 agents de police et du KGB. A ceux-là s’ajoutent plus de 700 experts en sciences comptables et économiques. En tout, la Commission rassemble plus de 5 000 personnes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce sont les enquêteurs de la Genprokuratura chargés des affaires spéciales Telman Gdlyane et Nikolaï Ivanov qui prennent la tête des investigations.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des premières personnes condamnées</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La première tête à tomber est celle du dirigeant de l’obkom de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Boukhara" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Boukhara</a>, Akhat Mouzafarov, arrêté pour avoir tenté de donner un pot-de-vin de 1 000 roubles (1 705 euros). Pendant la perquisition de son domicile, 1 million de roubles en espèces et 1,5 millions de roubles en monnaie d&rsquo;or impériales sont découvertes. Sachant qu’à l’époque, le salaire moyen était environ de 150 roubles.&nbsp;C’est alors qu’il commence à faire des aveux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les enquêteurs étaient divisés en deux groupes. Le premier travaillait sur le terrain, inspectant tous les points de transformation du coton. Le deuxième s’occupait des membres haut-placés du parti et des agents du gouvernement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/economie/coton-ouzbek-derriere-la-levee-du-boycott-des-reformes-en-profondeur/">Coton ouzbek : derrière la levée du boycott, des réformes en profondeur</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est bientôt au tour du chef de l’antenne du ministère des Affaires intérieures de Boukhara et du chef de l’obkom de Boukhara, <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%9A%D0%B0%D1%80%D0%B8%D0%BC%D0%BE%D0%B2,_%D0%90%D0%B1%D0%B4%D1%83%D0%B2%D0%B0%D1%85%D0%B8%D0%B4_%D0%9A%D0%B0%D1%80%D0%B8%D0%BC%D0%BE%D0%B2%D0%B8%D1%87">Abdouvakhid Karimov</a>, ainsi que du ministre des Affaires intérieures de la RSS d’Ouzbékistan, Koudrat Ergachev, de subir des interrogatoires, des perquisitions et des arrestations. Koudrat Ergachev a vent de son arrestation imminente et se suicide. Son adjoint connaît le même sort.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Charaf Rachidov fait parallèlement l’objet d’un <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kompromat_(renseignement)">kompromat</a> et est écarté du pouvoir. En septembre 1983, le Premier secrétaire de l’obkom de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Province_de_Khorezm">Khorezm</a> reconnaît qu’il a concédé 1,5 millions de roubles pour obtenir le titre de Héros du travail socialiste. Les faits sont établis, mais il décède prématurément le 31 octobre de la même année.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les conclusions de l’enquête</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’enquête sur l’affaire du coton s’étale sur six ans et <a href="https://mytashkent.uz/2008/09/23/hlopkovoe-delo-v-uzbekistane/">dure jusqu’en 1989</a>, même si son instigateur, Youri Andropov, meurt en 1984. Durant l’entièreté de l’enquête, 20 000 personnes sont interrogées. 800 mises en examen sont prononcées, au cours desquelles 4 000 personnes sont jugées&nbsp;: parmi elles, 600 dirigeants et dix Héros du travail socialiste.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/en-ouzbekistan-malgre-le-boycott-leconomie-du-coton-se-porte-bien/">En Ouzbékistan, l’économie du coton se porte bien malgré le boycott</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">100 millions de roubles (170 millions d&rsquo;euros) en argent et en actifs mal acquis sont confisqués aux condamnés. 29 cadres dirigeants du ministère des Affaires étrangères de l&rsquo;Ouzbékistan, quatre&nbsp;secrétaires du Comité central du parti communiste d&rsquo;Ouzbékistan, huit&nbsp;secrétaires d’obkom sont arrêtés et condamnés pour corruption. Le ministre de l’Industrie de fabrication du coton et le chef du <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/OBKhSS" target="_blank" rel="noreferrer noopener">contingent de lutte contre le détournement de propriété socialiste</a> (OBkhSS), Akhat Mouzaffarov, sont fusillés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les enquêteurs ont pu démontrer que pendant la seule période des années 1970 et 1980, en raison des falsifications des données de récolte, l&rsquo;URSS a perdu 3 milliards de roubles (4,1 milliards d&rsquo;euros). Rien qu’en 1983, en Ouzbékistan, 981 000 tonnes de coton non récolté et donc inexistant sont frauduleusement introduites dans les registres de production.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">La politique de glasnost entamée en 1985 par <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mikha%C3%AFl_Gorbatchev" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Mikhaïl Gorbatchev</a> implique la publication des résultats de l’enquête. En janvier 1988, le journal Pravda publie les documents de l’affaire. Le scandale éclabousse alors certaines des plus hautes sphères de l&rsquo;Etat ainsi que des grandes figures du parti.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Des accusés amnistiés</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La publication est comprise par les médias comme un signal : il est dorénavant possible de rendre compte de la corruption au sommet de l’Etat. Pendant ce temps, l&rsquo;affaiblissement du pouvoir central dû à la perestroïka donne le champ libre aux enquêteurs. L’année suivante, l’ancien secrétaire du Comité central du parti communiste de la RSS ouzbèke et représentant du Présidium du Conseil supérieur de la RSS ouzbèke, les secrétaires des obkoms de Tachkent, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ferghana">Ferghana</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Namangan">Namangan</a> et du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Karakalpakstan">Karakalpakstan</a> sont arrêtés. Certains indices commencent à pointer vers Moscou.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En mars 1989, deux commissions sont créées pour examiner de potentielles infractions commises par les enquêteurs : l’une placée sous l’autorité du Comité central du parti communiste et l’autre sous l’autorité du Présidium du Soviet suprême. Il a alors été établi que les enquêteurs ont eu recours au chantage et à des menaces pour extorquer des aveux. En mai 1989, des poursuites pénales sont engagées contre Telman Gdlyane et Nikolaï Ivanov.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 25 décembre 1991, un jour avant la fin officielle de l’Union soviétique, le président de l’Ouzbékistan <a href="https://www.novastan.org/fr/ouzbekistan/islam-karimov-un-orphelin-devenu-pere-de-la-nation/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Islam Karimov</a> amnistie tous les condamnés de l’affaire du coton purgeant leur peine sur le territoire de la RSS ouzbèke.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les représentants de l’histoire officielle abordent les événements de l’affaire du coton sous l’angle suivant : <em>« Ce sont les dirigeants du pouvoir soviétique et du parti communiste d’Ouzbékistan qui sont responsables des maux liés aux combattants contre la corruption envoyés par Moscou, qui ont accablé la population de la république d’Ouzbékistan »</em>.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Vlad Avdeïev</strong><br><strong>Journaliste pour Sarpa Media</strong>&nbsp;</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du&nbsp;</strong><a href="https://sarpa.media/cotton-case" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>russe</strong></a><strong>&nbsp;par Arnaud Behr</strong>&nbsp;</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Edité par Lucas Morvan</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Emma Jerome </strong></p>


<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Devoir de mémoire : des films sur les camps soviétiques au Kazakhstan</title>
		<link>https://novastan.org/fr/kazakhstan/devoir-de-memoire-des-films-sur-les-camps-sovietiques-au-kazakhstan/</link>
					<comments>https://novastan.org/fr/kazakhstan/devoir-de-memoire-des-films-sur-les-camps-sovietiques-au-kazakhstan/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Camille Calandre]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Jun 2022 05:43:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Goulag]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Répression]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
		<category><![CDATA[URSS]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/devoir-de-memoire-des-films-sur-les-camps-sovietiques-au-kazakhstan/">Devoir de mémoire : des films sur les camps soviétiques au Kazakhstan</a></p>
<p>Aljir est un ancien camp du Goulag réservé aux femmes et enfants des ennemis du peuple, situé non loin de la capitale kazakhe. Par devoir de mémoire, plusieurs projets cinématographiques de grande ampleur ont pour sujet la tragique histoire des répressions politiques de masse en URSS.Novastan reprend et traduit ici un article publié le 24 [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/devoir-de-memoire-des-films-sur-les-camps-sovietiques-au-kazakhstan/">Devoir de mémoire : des films sur les camps soviétiques au Kazakhstan</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><b>Aljir est un ancien camp du Goulag réservé aux femmes et enfants des ennemis du peuple, situé non loin de la capitale kazakhe. Par devoir de mémoire, plusieurs projets cinématographiques de grande ampleur ont pour sujet </b><b> la tragique histoire des répressions politiques de masse en URSS.</b><b>Novastan reprend et traduit ici un </b><b>article</b><b> publié le 24 mai 2017 par le média kazakh <a href="https://vlast.kz/memorialday/23114-nevolnice-gosudarstvo.html">Vlast</a>.</b>

Le thème des camps de rééducation par le travail a été délaissé par les cinématographes et documentaristes kazakhs pendant près de deux décennies. <a href="https://www.instagram.com/p/BTlEErRBOry/?utm_source=ig_embed&amp;ig_rid=dda8bc9f-902c-4c96-a883-d850bbe50c01"><em>Aljir</em></a>, sorti en 2017, est un drame historique qui retrace l’histoire du camp du même nom.

Ce camp, actuellement situé à quelques kilomètres de <a href="https://www.novastan.org/fr/kazakhstan/la-capitale-du-kazakhstan-renommee-nur-sultan/">Nur-Sultan</a>, la capitale kazakhe, avait la spécificité d&rsquo;être réservé aux femmes et aux enfants des ennemis du peuple.
</p>



<h5 class="wp-block-heading"><b>Le scénario d’Aljir</b></h5>



<p class="wp-block-paragraph">
Le drame historique <em>Aljir</em> a initialement été pensé comme une série en cinq épisodes. Il a été tourné à la demande de la chaîne de télévision <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Qazaqstan">Qazaqstan</a> par le réalisateur Anouar Raïbaïev. Le personnage principal du film est une jeune femme russe moderne qui arrive au Kazakhstan à la recherche d’un certain Alikhane Seïd Akhmetov.

</p>



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<p class="wp-block-paragraph">

Il s’agit d’un soldat qui affronte sans peur le terrible directeur du camp d&rsquo;<a href="https://en.wikipedia.org/wiki/ALZhIR">Aljir</a>, le major du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/NKVD">Commissariat du peuple aux Affaires intérieures</a> (NKVD), un certain Golovanov, en cachant le nouveau-né de Katia, la mère du personnage principal.

<em>«&nbsp;Le film narre la vie de beaucoup de femmes et d’enfants de l’ex-URSS et de l’étranger proche&nbsp;»</em>, racontent les créateurs du film. Les principaux motifs du film sont, selon eux, l’humanité, la fidélité, le courage et l’équité.
</p>



<h5 class="wp-block-heading"><b>Les films de mémoire</b></h5>



<p class="wp-block-paragraph">
En 1989, un film du même nom avait déjà été tourné par le réalisateur et journaliste kazakh Aïagane Chajimbaïev. À une époque où les informations sur les camps soviétiques étaient encore secrètes, il a réussi à réaliser un film unique sur les prisonnières de la section d’Akmolinsk du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Karlag">Karlag</a>, le camp de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Karaganda">Karaganda</a>, dans le centre du Kazakhstan.

En 1990, le film documentaire du réalisateur kazakh Alexandre Golovinski, dont le père a passé cinq ans au Karlag, voit aussi le jour. Le film <a href="https://www.youtube.com/watch?v=SPoddNfFAHE&amp;t=6s"><i>La Table</i></a> raconte cette histoire incroyable.

Dans les années 1980, lors de l’inauguration d’un monument à la mémoire des victimes des répressions politiques dans le village de Malinovka (aujourd’hui <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Akmol">Akmol</a>), dans l’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Oblys_d%27Aqmola">oblast d’Akmola</a>, l’invité d’honneur n’est autre que l’ancien directeur du camp, qui s&rsquo;assoit sans arrière-pensées à la même table que les anciens prisonniers. Le film de près de 50 minutes se distingue nettement d’autres films sur les camps kazakhs, puisqu’il n’aborde pas les horreurs du passé, mais l’absence de mémoire du présent.
</p>



<h5 class="wp-block-heading"><b>Le thème des répressions politiques</b></h5>



<p class="wp-block-paragraph">
Après les années 1990, le thème des répressions politiques durant la période soviétique et du passé concentrationnaire du Kazakhstan a longtemps disparu du pays. C’est seulement dans les années 2000 que des films sont à nouveau appelés à retrouver le souvenir de ces événements tragiques.

En 2007, par exemple, le service de radio et de télévision du président, avec le soutien de la municipalité d’Astana, a créé un <a href="https://www.youtube.com/watch?v=_FU1i-tqq-A">documentaire</a> de 21 minutes, <i>Le froid féroce d&rsquo;Aljir</i>. Ce film est encore montré lors des visites, des commémorations et des conférences. Dans le film, <a href="https://www.novastan.org/fr/kazakhstan/noursoultan-nazarbaiev-le-dernier-des-soviets/">Noursoultan Nazarbaïev</a> déclare&nbsp;: <em>«&nbsp;Les autorités de notre pays ont massacré leur propre peuple. Cela ne s’est jamais vu dans aucun autre pays&nbsp;!&nbsp;»</em><b>Lire aussi sur Nova</b><strong>stan :&nbsp;</strong><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/decommunisation-au-kazakhstan-beaucoup-de-pathos-mais-peu-de-concret/?noredirect=fr-FR"><strong>Décommunisation au Kazakhstan : beaucoup de pathos mais peu de concret</strong></a>

En 2008, un film de 46 minutes intitulé <a href="https://www.youtube.com/watch?v=wHuU2rpV-xQ"><i>Aljir : la mémoire restituée</i></a> a été réalisé par le groupe artistique DALI à la demande du musée et du mémorial des victimes des répressions politiques. Le documentaire est principalement consacré à la création dans le musée de Malinovka d’un mémorial pour les victimes des répressions politiques. L’architecte <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%9D%D0%B0%D1%80%D1%8B%D0%BD%D0%BE%D0%B2,_%D0%A1%D0%B0%D0%BA%D0%B5%D0%BD_%D0%96%D0%BE%D0%BC%D0%B0%D1%80%D1%82%D0%BE%D0%B2%D0%B8%D1%87">Saken Narynov</a> explique pourquoi ce monument de deuil est construit sous forme d’arc.
</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Des documentaires sur le Karlag et le Steplag</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">
En 2009, l’agence kazakhe <a href="https://khabar.kz/ru/">Khabar</a> a envoyé une équipe de tournage dans l’oblast de Karaganda, dont le but était de tourner un documentaire de 30 minutes, <i>La saga du Karlag</i>. Les auteurs racontent dans quelles conditions un <em>«&nbsp;État d’esclaves&nbsp;»</em> tout entier est apparu.

En outre, les journalistes ont examiné l’histoire du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Steplag">Steplag</a>, lui aussi situé non loin de Karaganda, un camp spécial pour les prisonniers politiques condamnés de 10 à 25 ans de travaux forcés. Les réalisateurs ont interviewé les insurgés encore en vie du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Soul%C3%A8vement_de_Kengir">soulèvement de Kengir</a> de 1954, pendant lequel les prisonniers du Steplag avaient pris possession du camp pendant plusieurs semaines.

Par ailleurs, en 1991, le réalisateur et scénariste Guennadi Zemel, dont les parents ont purgé une peine au Karlag, où il est né, a tourné le film <i>Cannibale</i>&nbsp;sur les mêmes événements de 1954.
</p>



<h5 class="wp-block-heading"><b>Les documentaires de 2011 et 2013</b></h5>



<p class="wp-block-paragraph">
En 2011, un drame populaire, <a href="https://qazaqstan.tv/news/97598/"><i>Jerouïyk</i></a>, est sorti dans les salles de cinéma kazakhes. Le film de près de deux heures décrit la période des répressions politiques mais n’illustre pas la vie des camps. Le film est consacré au sort des peuples déportés au Kazakhstan et à la façon dont les habitants locaux ont dû accueillir des <em>« mauvais éléments »</em> venus de l’Extrême-Orient, du Caucase et de la région de la Volga.

Le film se fonde sur la pièce <i>Memory</i>&nbsp;de <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Lavrenti_Son">Lavrenti Son</a>, membre de l’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Union_des_%C3%A9crivains_sovi%C3%A9tiques">Union des écrivains soviétiques</a> et de l’<a href="https://kazakhfilmstudios.kz/company/skk/">Union des réalisateurs du Kazakhstan</a>. Il a écrit pour <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Kazakhfilm">Kazakhfilm</a> un scénario pour un long-métrage appelé <i>Aljir</i><em>ou la</em><i>&nbsp;prison des mères</i>, mais ce scénario n’a pas encore trouvé son réalisateur.

En 2013, la fondation publique <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Ilyas_Zhansugurov">Ilyas Djansougourov</a> et le Nedelka Project, avec le soutien du fonds <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%A4%D0%BE%D0%BD%D0%B4_%D0%A1%D0%BE%D1%80%D0%BE%D1%81-%D0%9A%D0%B0%D0%B7%D0%B0%D1%85%D1%81%D1%82%D0%B0%D0%BD">Soros-Kazakhstan</a>, ont réalisé le projet artistique <a href="https://www.soros.kz/en/zhoktau_memory_territory/"><i>1937&nbsp;: Territoire de mémoire | Élégie</i></a>. Le groupe d’auteurs s’est rendu dans les camps de rééducation par le travail dans les oblasts d’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Oblys_d%27Almaty">Almaty</a> et de Karaganda afin de rassembler des images pour le court-métrage.
</p>



<h5 class="wp-block-heading"><b>Après 2013</b></h5>



<p class="wp-block-paragraph">
L’année 2014 a vu naître de nombreux documentaires sur le sujet, avec l’aide de l’agence Khabar et du ministre des Affaires étrangères kazakh. <a href="https://www.youtube.com/watch?v=SXTV4SZwuk4"><i>Les oubliés du Karaganda</i></a> est l’un d’eux. Le <a href="https://tengrinews.kz/cinema/zabyityie-karagande-stal-luchshim-evropeyskim-filmom-271250/">film</a> raconte l’histoire des prisonniers espagnols du Karlag. L’idée naît en 2013, lorsque le Kazakhstan transfère à l’Espagne 152 dossiers d&rsquo;archives. Le long-métrage de 60 minutes a été sacré meilleur film documentaire de 2014 par plusieurs festivals de cinéma.

<b>Lire aussi sur Nova</b><strong>stan :<a href="https://novastan.org/fr/photo-du-jour/malinovka-memoire-des-goulags-kazakhs/">&nbsp;Malinovka, mémoire des goulags kazakhs</a></strong>

Il faut remarquer que le Karlag est moins souvent traité dans les films et les programmes qu’Aljir. Néanmoins, en 2012, un documentaire scientifique sur le Karlag a été diffusé dans tout le pays. Plus tard, des poursuites judiciaires ont été engagées pour détournement de biens d’autrui à l’encontre du directeur du musée de la Mémoire des victimes de répressions politiques du village de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Dolinka_(district_de_Ve%C4%BEk%C3%BD_Krt%C3%AD%C5%A1)">Dolinka</a>. L’ancien directeur est désormais employé dans un autre musée et le film n’a finalement pas été diffusé.

En 2015, un film de dix minutes sur Aljir a été diffusé dans le cadre du projet public en ligne <a href="https://e-history.kz/en/news/show/28685/"><i>National Digital History of Kazakhstan</i></a>. <a href="https://www.youtube.com/watch?v=nGakxR5wtwI"><i>Aljir : une décision, des milliers de morts</i></a><i>&nbsp;</i>est presque entièrement constitué d’entretiens avec les employés d’un musée de la région d’Akmola, dans lequel ils racontent comment les anciens prisonniers du camp ont vécu jusqu’à leurs derniers jours dans la peur des hommes en uniforme. Ils racontent également comment le premier musée des victimes des répressions politiques au Kazakhstan a été fermé et que les corbeaux ne quittent jamais cet endroit, été comme hiver.
</p>



<h5 class="wp-block-heading"><b>Les nouvelles formes de représentations</b></h5>



<p class="wp-block-paragraph">
En 2016, le thème des répressions politiques au Kazakhstan a pris de nouvelles formes. La <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%9A%D0%A2%D0%9A_(%D1%82%D0%B5%D0%BB%D0%B5%D0%BA%D0%B0%D0%BD%D0%B0%D0%BB)">chaîne KTK</a>, en collaboration avec la fondation du premier président, a diffusé un court-métrage de trois minutes sur l’Aljir dans le cadre du projet <a href="https://www.ktk.kz/ru/news/video/2016/05/04/69139/"><i>Un peuple, un pays, un destin</i></a>. Le scénario est basé sur une histoire assez connue. Elle illustre la façon dont les habitants des villages voisins jetaient du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kashk">kourt</a>, des petits fromages secs traditionnels, aux prisonniers d’Aljir, que les gardiens de camp prenaient pour des pierres.

Un an plus tôt, la chaîne avait d’ailleurs déjà diffusé un film journalistique de 40 minutes, <a href="https://www.ktk.kz/ru/news/video/2015/05/29/60322/"><i>La Grande terreur</i></a>, qui raconte les années de répression stalinienne.

</p>


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<p class="wp-block-paragraph">

En 2016, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Qazaq_TV">Qazaq TV</a> a commencé à tourner une série d’émissions appelée <i>Les Secrets des musées</i>, dont le premier sujet était justement le <a href="https://www.youtube.com/watch?v=qrdaXaIBjL0">musée d’Aljir</a>. L’émission de 20 minutes est consacrée à l&rsquo;histoire de la prisonnière allemande <a href="https://e-history.kz/ru/news/show/6606/">Gertrude Platheis</a>.

<em>«&nbsp;Tous les camps pour prisonniers politiques de cette époque étaient terribles, mais c’est au Kazakhstan que la plupart ont survécu. Cela a été rendu possible grâce au peuple kazakh, qui, après avoir connu les privations et la faim, n’a pas perdu sa qualité particulière&nbsp;: l’empathie et le désir d’aider son prochain&nbsp;»</em>, estime le film. C&rsquo;est une idée reprise par de nombreux documentaires et films de fiction du Kazakhstan qui portent sur la période des répressions politiques des années 1930 à 1950.
</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><b>Margarita Botcharova
Journaliste pour Vlast</b></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><b>Traduit du </b><a href="https://vlast.kz/memorialday/23114-nevolnice-gosudarstvo.html"><b>russe</b></a><b> par Camille Calandre</b></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><b>Édité par Johanna Regnaud</b></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Charlotte Bonin</strong>
<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p></p>
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		<title>L&#8217;histoire du camp soviétique de Karaganda</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Camille Calandre]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 25 Jun 2022 11:23:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Goulag]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Karaganda]]></category>
		<category><![CDATA[Seconde Guerre mondiale]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
		<category><![CDATA[URSS]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/lhistoire-du-camp-sovietique-de-karaganda/">L&rsquo;histoire du camp soviétique de Karaganda</a></p>
<p>Au siècle dernier, les plus grands camps soviétiques du Goulag se trouvaient sur le territoire kazakh : pendant les années de répression, des millions de personnes ont été déportées et des milliers fusillées. Le camp de Karaganda était l&#8217;un des plus importants.Novastan reprend et traduit ici un article publié le 24 mai 2017 par le [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/lhistoire-du-camp-sovietique-de-karaganda/">L&rsquo;histoire du camp soviétique de Karaganda</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><b>Au siècle dernier, les plus grands camps soviétiques du Goulag se trouvaient sur le territoire kazakh : pendant les années de répression, des millions de personnes ont été déportées et des milliers fusillées. Le camp de Karaganda était l&rsquo;un des plus importants.</b><b>Novastan reprend et traduit ici un article publié le 24 mai 2017 par le média kazakh </b><a href="https://vlast.kz/memorialday/23099-karlag-istoria.html"><b>Vlast</b></a>.

<span style="font-weight: 400">De nombreux anciens camps d&rsquo;internement soviétiques administrés par le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Goulag">Goulag</a> se trouvent sur l&rsquo;actuel territoire du Kazakhstan, notamment aux alentours de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Karaganda">Karaganda</a> et de la capitale <a href="https://www.novastan.org/fr/kazakhstan/la-capitale-du-kazakhstan-renommee-nur-sultan/">Nur-Sultan</a>. Le média kazakh Vlast a décidé de raconter le destin des victimes dans une série d&rsquo;articles.</span>

Celui-ci est consacré au camp de travail de Karaganda, abrégé en <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Karlag">Karlag</a>, qui a vu défiler des détenus venus de toute l&rsquo;URSS.
</p>



<h5 class="wp-block-heading"><b>L&rsquo;histoire du Karlag</b></h5>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">Au cours de ses 28 ans d’existence, le Karlag</span><span style="font-weight: 400"> a été l’un des plus grands systèmes de camps du Goulag. Instauré par l’URSS, il est devenu le tombeau de milliers de personnes lors des</span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Grandes_Purges"><span style="font-weight: 400">grandes purges</span></a><span style="font-weight: 400">&nbsp;des années 1930.</span></p>



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<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">Le 11 juillet 1929, </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_des_commissaires_du_peuple_(URSS)"><span style="font-weight: 400">le Conseil des commissaires du peuple de l’URSS</span></a><span style="font-weight: 400"> adopte le décret <em>«&nbsp;Sur l’emploi des détenus&nbsp;»</em>. Selon ce décret, tous les condamnés d&rsquo;une peine de plus de trois ans étaient transférés à la Direction générale politique de l’Etat, qui s’occupait de déjouer les contre-révolutions et l’espionnage. Au printemps 1930, le Conseil des commissaires du peuple a approuvé le Règlement sur les camps de travail. </span><span style="font-weight: 400">Ce document encadrait la vie dans tous les camps de travail. Ce fonctionnement était présenté à tous comme un moyen de protéger la société communiste des éléments sociaux dangereux et d’utiliser la force de travail de citoyens peu fiables pour le bien de l’URSS. Ils devaient racheter leur dissidence à travers un travail quotidien épuisant.</span></p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-55231"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="624" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2022/06/Photo-de-Galina-Jouvakina.jpeg" alt="Photo de Galina Jouvakina." class="wp-image-55231" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2022/06/Photo-de-Galina-Jouvakina.jpeg 800w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2022/06/Photo-de-Galina-Jouvakina-300x234.jpeg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2022/06/Photo-de-Galina-Jouvakina-768x599.jpeg 768w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le Karlag.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">Ainsi, le premier paragraphe de ce Règlement indique : <em>« Le but des camps de travail est de protéger la société des délinquants socialement dangereux en les isolant, tout en fournissant une main d’œuvre et en adaptant ces délinquants aux conditions de vie en société. »</em></span></p>



<h5 class="wp-block-heading"><b>La catégorisation des détenus</b></h5>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">Les détenus des camps étaient classés en trois catégories. D’après le Règlement, la première catégorie comprenait des ouvriers, des paysans et des employés qui avaient le droit de vote avant leur condamnation et qui étaient condamnés pour la première fois à moins de cinq ans d&rsquo;enfermement pour un crime non contre-révolutionnaire. La deuxième catégorie comprenait aussi des ouvriers, mais condamnés à plus de cinq ans. La troisième comprenait tous les citoyens sans emploi condamnés pour des crimes contre-révolutionnaires.</span></p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-55237"><img loading="lazy" decoding="async" width="898" height="766" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2022/06/Batiment-de-gestion-de-Karlag-dans-le-village-de-Dolinka..jpeg" alt="Batiment de gestion de Karlag dans le village de Dolinka." class="wp-image-55237" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2022/06/Batiment-de-gestion-de-Karlag-dans-le-village-de-Dolinka..jpeg 898w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2022/06/Batiment-de-gestion-de-Karlag-dans-le-village-de-Dolinka.-300x256.jpeg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2022/06/Batiment-de-gestion-de-Karlag-dans-le-village-de-Dolinka.-768x655.jpeg 768w" sizes="auto, (max-width: 898px) 100vw, 898px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le bâtiment de gestion du Karlag.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">Les activités contre-révolutionnaires étaient sérieusement réprimées en URSS. L’article le plus célèbre du Code de la </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publique_socialiste_f%C3%A9d%C3%A9rative_sovi%C3%A9tique_de_Russie"><span style="font-weight: 400">République socialiste fédérative soviétique de Russie</span></a><span style="font-weight: 400"> était l’</span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Article_58_du_code_p%C3%A9nal_de_la_RSFSR"><span style="font-weight: 400">article 58</span></a><span style="font-weight: 400">, qui </span><span style="font-weight: 400">comprenait</span><span style="font-weight: 400"> 14 points et quatre sous-points. Il condamnait les activités contre-révolutionnaires sous toutes ses formes : du coup d’Etat à la non-dénonciation d’un membre de sa famille et au sabotage. Des articles équivalents existaient dans les Codes pénaux des autres républiques de l’URSS.</span></p>



<h5 class="wp-block-heading"><b>Les camps de travailleurs au Kazakhstan</b></h5>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">Très rapidement, des dizaines de camps ont été construits à travers le Kazakhstan. Le </span><span style="font-weight: 400">Goulag</span><span style="font-weight: 400"> avait 64 grandes branches, 500 colonies de rééducation par le travail, 770 colonies industrielles et 414 </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sovkhoze"><span style="font-weight: 400">sovkhozes</span></a><span style="font-weight: 400">. En décembre 1931, sur les fondations d’un sovkhoze, </span><span style="font-weight: 400">le camp de travail de Karaganda</span><span style="font-weight: 400"> est créé par le </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/NKVD"><span style="font-weight: 400">Commissariat du peuple aux Affaires intérieures</span></a> (<span style="font-weight: 400">NKVD</span><span style="font-weight: 400">). Ce camp, nommé Karlag, occupait trois districts de l’oblast de Karaganda : les districts de Telmane, de Jana-Arkine et de Nourine.</span></p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-55235"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="581" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2022/06/Photo-de-Galina-Jouvakina..jpeg" alt="Photo de Galina Jouvakina." class="wp-image-55235" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2022/06/Photo-de-Galina-Jouvakina..jpeg 800w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2022/06/Photo-de-Galina-Jouvakina.-300x218.jpeg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2022/06/Photo-de-Galina-Jouvakina.-768x558.jpeg 768w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption class="wp-element-caption">Au Karlag.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">La majeure partie du camp s’étendait sur 300 kilomètres du nord au sud et 200 kilomètres de l’est à l’ouest. Sur ce territoire se trouvaient</span><span style="font-weight: 400"> des villages et des petites villes créés et peuplés par des <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Allemands_de_Russie">Allemands ethniques</a> à l’époque des </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Piotr_Stolypine"><span style="font-weight: 400">réformes de Stolypine</span></a><span style="font-weight: 400">. L’un d’eux était la ville de </span><a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%94%D0%BE%D0%BB%D0%B8%D0%BD%D0%BA%D0%B0_(%D0%9A%D0%B0%D1%80%D0%B0%D0%B3%D0%B0%D0%BD%D0%B4%D0%B8%D0%BD%D1%81%D0%BA%D0%B0%D1%8F_%D0%BE%D0%B1%D0%BB%D0%B0%D1%81%D1%82%D1%8C)"><span style="font-weight: 400">Dolinka</span></a><span style="font-weight: 400">, située à 45 kilomètres de Karaganda.</span><b>Lire aussi sur Nova</b><strong>stan :&nbsp;</strong><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/kazakhstan-la-famine-des-annees-1930-mise-en-lumiere/"><strong>Kazakhstan : la famine des années 1930 mise en lumière</strong></a><span style="font-weight: 400">Ivan Kondrachev, chercheur au </span><a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%9C%D1%83%D0%B7%D0%B5%D0%B9_%D0%9A%D0%B0%D1%80%D0%BB%D0%B0%D0%B3%D0%B0"><span style="font-weight: 400">musée de la mémoire des victimes des répressions politiques</span></a> de Dolinka,<span style="font-weight: 400"> explique que <em>« le village a été construit au début du XXème siècle sur ce territoire. C’est ici que, pour mettre les terres en valeur, des Allemands sont arrivés à l’époque des réformes de Stolypine. Altgradenreit, c’était ainsi que les Allemands appelaient Dolinka : la vallée sainte et fertile. En 1909, Dolinka reçoit le statut d’unité rurale, et le </em></span><em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Volost"><span style="font-weight: 400">volost</span></a><span style="font-weight: 400"> de Dolinka est créé. En 1931, lors de la création du Karlag, Dolinka devient sa capitale. »</span></em><span style="font-weight: 400"><em>«&nbsp;Toute la population qui vivait sur le territoire du Karlag a été expulsée de force en dehors du camp. L’époque de la création du camp a coïncidé avec la collectivisation. De manière générale, les gens étaient expulsés puis privés de tous leurs biens&nbsp;»</em>, ajoute Ivan Kondrachev.</span></p>



<h5 class="wp-block-heading"><b>Un Etat dans l&rsquo;Etat</b></h5>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">L’un des objectifs du Karlag était de créer une grande base agro-alimentaire pour les centres industriels de </span><span style="font-weight: 400">Karaganda</span><span style="font-weight: 400">, </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Balkhach_(ville)"><span style="font-weight: 400">Balkhach</span></a><span style="font-weight: 400"> et </span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Karsakpay"><span style="font-weight: 400">Karsakpaï</span></a><span style="font-weight: 400">. En outre, les camps de prisonniers offraient une main-d’œuvre gratuite pour les industries du charbon et de la métallurgie.</span><span style="font-weight: 400">Les citoyens soviétiques jugés peu fiables ont été envoyés depuis toute l’URSS vers le Kazakhstan dans des wagons à bestiaux. Un travail forcé épuisant les y attendait. D’après les </span><a href="http://old.memo.ru/history/nkvd/gulag/r3/r3-190.htm"><span style="font-weight: 400">données</span></a><span style="font-weight: 400"> de 1951, 58,5 % de l’ensemble des activités était lié à l’agriculture (48,2 % à l’élevage et 51,8 % à la culture des plantes) et 41,5 % à l’industrie.</span><span style="font-weight: 400">Karlag n’était pas seulement un camp, mais une sorte d’Etat dans l’Etat, avec ses propres formations militaires, télégraphes, gares et imprimeries. Il relevait directement de la direction générale des camps de rééducation par le travail, à Moscou. Lors de sa création, Karlag </span><a href="https://articlekz.com/article/6687"><span style="font-weight: 400">comptait</span></a><span style="font-weight: 400"> 14 divisions et 64 tronçons. Dix ans plus tard, en 1941, il comptait 220 divisions et 159 tronçons. En 1953, il comptait 26 divisions, 192 unités de camp ainsi que 106 fermes d’élevage, sept jardins potagers et dix parcelles arables.</span><span style="font-weight: 400">En 1940, l’exploitation du Karlag comptait 17 710 bovins, 193 158 ovins, 5 814 chevaux, 567 porcs et 3 729 bœufs de trait. Il y avait toujours du travail à abattre pour les prisonniers du camp. Pendant l&rsquo;été, ils travaillaient dans les exploitations agricoles, pendant l&rsquo;hiver dans les usines et les fabriques.</span></p>



<h5 class="wp-block-heading"><b>Les déportés</b></h5>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400"><em>« Adieu, mes enfants. J’ai été condamné par la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tro%C3%AFka_du_NKVD">troïka</a>, je suis un ennemi du peuple&nbsp;»</em>, écrit le charpentier Philippe Seleznev à ses enfants. Il est arrêté en 1937 par l’autorité extrajudiciaire de condamnation pénale, appelée </span><span style="font-weight: 400">troïka</span><span style="font-weight: 400">, composée du chef de la direction régionale du NKVD, du secrétaire du Comité régional et du procureur de la région. L’histoire de sa famille, originaire de l’oblast de </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Koursk"><span style="font-weight: 400">Koursk</span></a><span style="font-weight: 400">, est décrite dans le </span><a href="https://www.google.fr/books/edition/%D0%9A%D0%B0%D1%80%D0%BB%D0%B0%D0%B3/awRHOpIA2KYC?hl=fr&amp;gbpv=0"><span style="font-weight: 400">livre</span></a><span style="font-weight: 400"> d’</span><a href="https://rus.azattyq.org/a/gulag_kazakhstan_karlag_ekaterina_kuznetsova/24395081.html"><span style="font-weight: 400">Ekaterina Kouznetsova</span></a><span style="font-weight: 400">, </span><i><span style="font-weight: 400">Karlag: on both sides of the </span></i><i><span style="font-weight: 400">trickles</span></i><span style="font-weight: 400">.</span></p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-55232"><img loading="lazy" decoding="async" width="553" height="417" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2022/06/Photo-fournie-par-le-musee-de-la-Memoire-des-victimes-des-repressions-politiques..jpeg" alt="Photo fournie par le musée de la Mémoire des victimes des répressions politiques." class="wp-image-55232" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2022/06/Photo-fournie-par-le-musee-de-la-Memoire-des-victimes-des-repressions-politiques..jpeg 553w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2022/06/Photo-fournie-par-le-musee-de-la-Memoire-des-victimes-des-repressions-politiques.-300x226.jpeg 300w" sizes="auto, (max-width: 553px) 100vw, 553px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le Karlag en hiver.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">Les répressions ont d’abord concerné les personnalités religieuses, l’</span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Intelligentsia"><span style="font-weight: 400">intelligentsia</span></a><span style="font-weight: 400">, la noblesse, les officiers et les paysans. Mais en 1937, c’est le début de la </span><span style="font-weight: 400">Grande terreur.</span><span style="font-weight: 400"> Pendant cette période a lieu une purge de masse qui concerne tous les échelons de la société.</span></p>


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<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">Avant la guerre, des peuples entiers ont commencé à être déportés vers les steppes du Kazakhstan, connues pour leur climat rigoureux. Pendant des semaines, des wagons à bestiaux remplis d’<em>«&nbsp;agents spéciaux&nbsp;»</em> arrivent à Sary-Arka depuis toute l’Union soviétique.</span></p>



<h5 class="wp-block-heading"><b>Un nombre de morts toujours inconnu</b></h5>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">Le Karlag a accueilli de célèbres scientifiques comme l’orientaliste </span><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Lev_Goumilev"><span style="font-weight: 400">Lev Goumilev</span></a><span style="font-weight: 400">. En mars 1951, il est envoyé en transfert au Karlag à la gare de </span><span style="font-weight: 400">Karabas</span><span style="font-weight: 400"> pendant six mois.</span></p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-55236"><img loading="lazy" decoding="async" width="1763" height="1258" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2022/06/Gare-ferroviaire-de-Karabas-2004..jpeg" alt="Gare ferroviaire de Karabas, 2004." class="wp-image-55236" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2022/06/Gare-ferroviaire-de-Karabas-2004..jpeg 1763w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2022/06/Gare-ferroviaire-de-Karabas-2004.-300x214.jpeg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2022/06/Gare-ferroviaire-de-Karabas-2004.-1024x731.jpeg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2022/06/Gare-ferroviaire-de-Karabas-2004.-768x548.jpeg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2022/06/Gare-ferroviaire-de-Karabas-2004.-1536x1096.jpeg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2022/06/Gare-ferroviaire-de-Karabas-2004.-1300x928.jpeg 1300w" sizes="auto, (max-width: 1763px) 100vw, 1763px" /><figcaption class="wp-element-caption">La gare de Karabas.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">D’après Ivan Kondrachev, plus d’un million de personnes ont vécu au Karlag pendant ses 28 ans d’existence. Cette main d’œuvre a permis de bâtir l’industrie du centre du Kazakhstan, et principalement le bassin houiller de Karaganda et les fonderies de cuivre de</span><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Jezkazgan"><span style="font-weight: 400"> Jezqazgan</span></a><span style="font-weight: 400"> et de Balkhach. La majeure partie des répressions a eu lieu pendant et après la guerre. Notamment lorsque sont envoyés dans le camp des peuples déportés et des prisonniers de guerre.</span></p>



<figure class="wp-block-image aligncenter size-full wp-image-55234"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1969" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2022/06/Photo-Gare-ferroviaire-de-Karabas-2004.-scaled.jpeg" alt="Photo Gare ferroviaire de Karabas, 2004." class="wp-image-55234" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2022/06/Photo-Gare-ferroviaire-de-Karabas-2004.-scaled.jpeg 2560w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2022/06/Photo-Gare-ferroviaire-de-Karabas-2004.-300x231.jpeg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2022/06/Photo-Gare-ferroviaire-de-Karabas-2004.-1024x788.jpeg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2022/06/Photo-Gare-ferroviaire-de-Karabas-2004.-768x591.jpeg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2022/06/Photo-Gare-ferroviaire-de-Karabas-2004.-1536x1181.jpeg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2022/06/Photo-Gare-ferroviaire-de-Karabas-2004.-2048x1575.jpeg 2048w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2022/06/Photo-Gare-ferroviaire-de-Karabas-2004.-1300x1000.jpeg 1300w" sizes="auto, (max-width: 2560px) 100vw, 2560px" /><figcaption class="wp-element-caption">La gare ferroviaire de Karabas.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><span style="font-weight: 400">De 1942 à 1949, la quantité de prisonniers passe de 42 000 à environ 70 000 personnes. Les conditions de vie dans le camp ont entraîné une mortalité élevée, autant parmi les adultes que les enfants.</span><span style="font-weight: 400">Il n’existe pas de chiffre exact des prisonniers morts au Karlag et dans les autres camps de travail du Kazakhstan, mais le nombre s’élève à des dizaines de milliers de personnes. Les archives comportent plus d’un millier et demi de certificats de fusillés et encore davantage de personnes mortes de maladie ou de la main des gardiens de camp.</span></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><b>Aïsoulou Toïchibekova
Journaliste pour Vlast</b></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><b>Traduit du </b><a href="https://vlast.kz/memorialday/23099-karlag-istoria.html"><b>russe</b></a><b> par </b><b>Camille Calandre</b></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><b>Édité par Johanna Regnaud</b></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Charlotte Bonin</strong>
<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p></p>
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		<title>Au Festival de Vesoul, des regards divergents sur l’arrivée du communisme en Asie centrale</title>
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		<dc:creator><![CDATA[dimitri]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 Apr 2022 11:38:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Basmatchi]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Empire russe]]></category>
		<category><![CDATA[Festival international des cinémas d'Asie]]></category>
		<category><![CDATA[FICA]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[URSS]]></category>
		<category><![CDATA[Yolkin Touïchiev]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/au-festival-de-vesoul-des-regards-divergents-sur-larrivee-du-communisme-en-asie-centrale/">Au Festival de Vesoul, des regards divergents sur l’arrivée du communisme en Asie centrale</a></p>
<p>A l’occasion de l’édition 2022 du Festival international des cinémas d’Asie (FICA) de Vesoul, plusieurs documentaires et films de fiction sur l’Asie centrale ont été projetés. Les équipes de Novastan ont pu assister à plusieurs projections d’œuvres plutôt confidentielles et interviewer le réalisateur ouzbek Yolkin Touïchiev, primé plusieurs fois au festival. Le réalisateur ouzbek Yolkin [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><b>A l’occasion de l’édition 2022 du Festival international des cinémas d’Asie (FICA) de Vesoul, plusieurs documentaires et films de fiction sur l’Asie centrale ont été projetés. Les équipes de Novastan ont pu assister à plusieurs projections d’œuvres plutôt confidentielles et interviewer le réalisateur ouzbek Yolkin Touïchiev, primé plusieurs fois au festival. </b></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le réalisateur ouzbek <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Yalkin_Tuychiev">Yolkin Touïchiev</a> présentait pour la troisième fois un film au <span style="color: #0563c1;"><u><a href="https://www.cinemas-asie.com/fr/">Festival international des cinémas d’Asie</a></u></span> (FICA) de Vesoul, organisé du 1<sup>er</sup> au 8 mars dernier. <i>2</i><i>000 songs of Farida</i>, diffusé en 2020, a obtenu la mention spéciale du jury du FICA. Le film montre de manière intimiste la vie familiale d’un propriétaire terrien plutôt casanier dans une Asie centrale faisant encore partie de l’évanescent <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_russe">Empire russe</a> (1721-1917). Polygame et faisant un déni sur son infertilité, il épouse une nouvelle femme qui va bouleverser l’équilibre du cocon familial.</p>



<p class="wp-block-paragraph">
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<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de cette histoire personnelle, le réalisateur montre surtout l’histoire de la transition entre le «&nbsp;féodalisme&nbsp;» d’un <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khanat">khanat</a> et la « modernité » du régime soviétique. Pour Yolkin Touïchiev, interrogé par Novastan lors du FICA, il s’agit même d’un <em>« point de non-retour »</em> qu’il explore à travers un regard qui se veut résolument impartial, jusque dans le choix artistique d’une surexposition de l’image dans le film.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><b>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: </b><span style="color: #0563c1;"><u><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/la-jeunesse-centrasiatique-sur-grand-ecran-au-festival-de-vesoul/"><b>La jeunesse centrasiatique sur grand écran au Festival de Vesoul</b></a></u></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">A l’instar d’autres anciennes républiques soviétiques centrasiatiques, la mémoire autour de cette transition politique est controversée. Cette période a été marquée par la <span style="color: #0563c1;"><u><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_basmatchi">révolte des basmatchis</a></u></span> &nbsp;qui ont combattu pour l’indépendance des peuples turciques et un mode de vie traditionnel en affrontant l’Armée rouge entre 1916 et 1934.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Actuellement, leur perception est en train de changer dans un sens plus positif et certains chefs de file sont désormais qualifiés de <em>«&nbsp;libérateurs&nbsp;»</em> en Asie centrale du point de vue de Yolkin Touïchiev. Bien qu’il prévienne des risques d’une lecture binaire, il rappelle que la période soviétique a été marquée par une description très négative des basmatchis et plus largement des catégories sociales décrites comme contre-révolutionnaires, comme les koulaks par exemple, y compris au cinéma. L’édition 2022 du FICA en donne d’ailleurs quelques exemples.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><b>Une réponse à un cinéma idéologiquement orienté</b></h5>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, <i>Incline-toi devant le feu</i> (1972) du réalisateur kirghiz <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Tolomouch_Okeev"><span style="color: #0563c1;"><u>Tolomouch Oke</u></span><span style="color: #0563c1;"><u>ï</u></span><span style="color: #0563c1;"><u>ev</u></span></a> et <i>Tachkent, ville du pain</i> (1968) de son homologue ouzbek <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Choukhrat_Abbassov"><span style="color: #0563c1;"><u>Choukhrat Abba</u></span><span style="color: #0563c1;"><u>s</u></span><span style="color: #0563c1;"><u>sov</u></span></a>, diffusés lors du FICA 2022, montrent une tout autre image de cette période de transition. Le premier montre l’élection d’une femme à la tête d’un kolkhoze kirghiz, qui se retrouve à devoir se défendre contre les agissements de certains propriétaires terriens, considérés par le pouvoir soviétique comme des <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Koulak">koulaks</a>. Le second raconte l’histoire d’un enfant à l’époque des grandes famines qui ont frappé l’URSS, lui aussi en proie à un agriculteur malhonnête.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Dans les deux films, si le ressort dramatique n’est pas le même, l’idéologie sous-jacente l’est. Il s’agit de dénoncer aux spectateurs des personnages contre-révolutionnaires, en valorisant l’innocence et l’honnêteté des protagonistes. Dans la même veine, mais plus contemporaine, la superproduction <i>Mongol</i> (2007) <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mongol_(film,_2007)">montre</a> une histoire assez arrangée de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gengis_Khan">Gengis Khan</a>, pour valoriser sa personne et son parcours.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><b>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: </b><span style="color: #0563c1;"><u><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/ou-se-situe-lasie-centrale-sur-la-carte-du-cinema-mondial/"><b>Où se situe l’Asie centrale sur la carte du cinéma mondial ?</b></a></u></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec <i>2000 songs of Farida</i>, Yolkin Touïchiev ne rentre donc pas dans ce type de récit, en tenant vers l’impartialité et la mise à distance. Le réalisateur assume de se concentrer sur les sentiments des personnes, même si ce sont ses propres questionnements qui constituent le point de départ.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce parti pris est visible dans le film à travers la mise à l’écran de l’amitié entre l’officier de l’armée impériale et le personnage principal du film, qui contraste avec une relation tendue entre ce dernier et son frère d’armes de l’armée basmatchi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De la même manière, le dénouement du film montre une des femmes du propriétaire terrien passer du côté des communistes, dont l’arrivée résume à elle seule l’ambivalence du film dans sa description de cette période historique : amenant à la fois la modernité, tant industrielle que culturelle, puisqu’ils arrivent avec quelques véhicules motorisés et un gramophone, ils se montrent brutaux. En outre, les femmes sont « libérées » du cocon familial contraignant peu avant l’arrivée de l’Armée rouge mais certaines emportent quand même leurs <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Paranja">paranjas</a>, voiles traditionnels.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><b>Un film plutôt perçu défavorablement en Ouzbékistan</b></h5>



<p class="wp-block-paragraph">Interrogé sur l’accueil du film, le réalisateur avoue ne pas trop s’intéresser à la perception, mais concède un accueil mitigé du long métrage dans son pays d’origine. Yolkin Touïchiev critique une approche parfois «<i>&nbsp;consumériste&nbsp;»</i> d’un public qui souhaiterait surtout <i>« avoir de l’émotionnel et du sentimental », </i>décrit-il auprès de Novastan. Dans son annonce des lauréats, la présidente du jury international de l’édition 2022 du FICA, Leïla Hatami, semble également quelque peu éclipser la dimension historique et géopolitique du film en l&rsquo;évoquant au travers de la <em>« nature humaine »</em> et du <em>« poids du patriarcat »</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est sans doute ignorer d’une certaine manière la dimension éminemment nationale de ce film. Yolkin Touïchiev, qui a réalisé une partie de ses études de cinéma à Moscou, assume cette influence de l’école soviético-russe de cinéma, résumée par cette maxime du réalisateur russe <span style="color: #0563c1;"><u><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sergue%C3%AF_Soloviov_(r%C3%A9alisateur)">Sergueï Soloviov&nbsp;</a></u></span>: <i>«&nbsp;il n’y a pas de cinéma sans nationalité&nbsp;»</i>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><b>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: </b><span style="color: #0563c1;"><u><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/dans-les-coulisses-du-documentaire-gerard-depardieu-mon-reve-ouzbek/"><b>Dans les coulisses du documentaire « Gérard Depardieu : mon rêve ouzbek »</b></a></u></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><i>2000 songs of Farida</i> est donc un film disposant de plusieurs niveaux de lecture, forme d’ode à la complexité de l’intrigue et des personnages, avec des questions qui restent évidemment en suspens. Au-delà du drame familial, il raconte surtout d’un point de vue individuel l’arrivée du pouvoir soviétique et de la modernité en Asie centrale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><b>Dimitri Rechov
Président de Novastan France</b></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Relu par Emma Jerome</strong></p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph"><p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p></p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/au-festival-de-vesoul-des-regards-divergents-sur-larrivee-du-communisme-en-asie-centrale/">Au Festival de Vesoul, des regards divergents sur l’arrivée du communisme en Asie centrale</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Le président kazakh commémore les victimes des répressions et de la famine des années 1930</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Léo Friedrich]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Jun 2021 07:54:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Famine]]></category>
		<category><![CDATA[Kassym-Jomart Tokaïev]]></category>
		<category><![CDATA[Mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Répression]]></category>
		<category><![CDATA[URSS]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/le-president-kazakh-commemore-les-victimes-des-repressions-et-de-la-famine-des-annees-1930/">Le président kazakh commémore les victimes des répressions et de la famine des années 1930</a></p>
<p>Le 31 mai dernier, le président kazakh Kassym-Jomart Tokaïev a honoré la mémoire des victimes de la répression politique et de la famine durant l’ère soviétique. Il a rappelé qu’une commission d&#8217;État avait été créée pour achever la réhabilitation des victimes. Celle-ci mène un travail fastidieux et conséquent, à la suite de la déclassification de [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/le-president-kazakh-commemore-les-victimes-des-repressions-et-de-la-famine-des-annees-1930/">Le président kazakh commémore les victimes des répressions et de la famine des années 1930</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le 31 mai dernier, le président kazakh Kassym-Jomart Tokaïev a honoré la mémoire des victimes de la répression politique et de la famine durant l’ère soviétique. Il a rappelé qu’une commission d&rsquo;État avait été créée pour achever la réhabilitation des victimes. Celle-ci mène un travail fastidieux et conséquent, à la suite de la déclassification de nombreuses archives.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour la Journée nationale en souvenir des victimes de la répression politique et de la famine durant l’ère soviétique, le 31 mai dernier, le président du Kazakhstan <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/kassym-jomart-tokaiev-le-diplomate-devenu-president/">Kassym-Jomart Tokaïev</a> a tenu une allocution dirigée à la population. Retranscrite sur <a href="https://www.akorda.kz/ru/glavy-gosudarstva-kasym-zhomarta-tokaeva-po-sluchayu-dnya-pamyati-zhertv-politicheskih-repressiy-i-goloda-3042454">le site officiel de la présidence kazakhe</a>, le président a évoqué <em>« l&rsquo;une des pages les plus sombres des annales du pays. »</em></p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Novastan est le seul média européen (en français, en allemand et en anglais) spécialisé sur l'Asie centrale. Entièrement associatif, il fonctionne grâce à votre participation. Nous sommes indépendants et pour le rester, nous avons besoin de vous ! Vous pouvez nous soutenir <strong><a href="https://novastan.org/fr/sabonner/"> en vous abonnant</a></strong>, en réalisant <a href="https://www.okpal.com/soutenez-novastan-seul-media-francais-sur-l-asie/#/"> un don défiscalisé à 66 %</a>, ou en devenant membre actif<strong> <strong><a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/devenez-membre-devenez-novastan/">par ici</a></strong>.</strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce discours a permis à Kassym-Jomart Tokaïev de rappeler les exactions commises par le régime soviétique sur le territoire du Kazakhstan durant les années 1930. Ce faisant, il continue de mener une politique mémorielle initiée depuis l’indépendance du Kazakhstan.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Le Kazakhstan dans les années 1930, terre de famine et de répression</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">En reprenant son <a href="https://www.akorda.kz/ru/events/akorda_news/akorda_other_events/obrashchenie-glavy-gosudarstva-kasym-zhomarta-tokaeva-po-sluchayu-dnya-pamyati-zhertv-politicheskih-repressii-i-goloda">discours de 2020</a> dans les grandes lignes, le président kazakh a évoqué la répression de 1937-1938 et la famine endurée par les Kazakhs entre 1932 et 1934.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A l’origine de la famine, la collectivisation des terres, initiée par le régime soviétique.<em> « La collectivisation effrénée a conduit à une catastrophe sans précédent dans la Grande Steppe, qui est devenue, par essence, une catastrophe humanitaire de nature mondiale »</em> a-t-il notamment déclaré à ce sujet.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/la-famine-kazakhe-grande-oubliee-de-lhistoire-sovietique/">La famine kazakhe, grande oubliée de l’histoire soviétique</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Considérant les répressions politiques, le président kazakh a déploré la déportation de plus de 100 000 Kazakhs. Parmi les déportés, un quart d’entre eux ont été condamnées à mort.  </p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus largement, 11 camps de travail forcé du Goulag se situaient sur le territoire actuel du Kazakhstan. Kassym-Jomart Tokaïev a rappelé que 5 millions de personnes avaient travaillé dans ces camps. Provenant de toutes les parties de l’Union soviétique, les habitants soupçonnés de collusion contre le régime étaient déportés dans des camps de travail. Durant la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_Guerre_patriotique#:~:text=La%20Grande%20Guerre%20patriotique%20(en,juin%201941%20%C3%A0%20mai%201945.">Grande Guerre Patriotique</a>, c’étaient les individus accusés de soutenir les ennemis de l’URSS qui étaient déportés au Kazakhstan. Les déportations de populations se sont poursuivies même après la Seconde Guerre mondiale.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Travail de la Commission d&rsquo;Etat pour la réhabilitation des victimes de la répression politique</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">Kassym-Jomart Tokaïev a fait mention du travail de la Commission d’Etat pour la réhabilitation des victimes de la répression politique. Il a fait valoir que celle-ci n’accomplissait <em>« pas seulement le devoir de l’État, mais aussi le devoir moral de la société. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Initiée par décret le 24 novembre dernier, la Commission d’Etat mène un travail sur les archives de la période. <a href="https://rus.azattyq.org/a/kazakhshtan-rehabilitation-of-victims-of-political-repressions/31281897.html">Interrogée par Radio Azzatyq</a>, la branche kazakhe du média américain Radio Free Europe, l’historienne Araïlym Moussagalieva a apporté des précisions sur le travail fourni par cette Commission d’Etat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’historienne a expliqué que celle-ci est formée de 11 groupes de travail, ayant pour but principal d&rsquo;étudier les répressions et la famine des années 1930 et 1940. Les groupes de travail ont pour objectif de traiter les archives de cette période qui n’ont à ce jour pas encore été analysées. Elles doivent permettre à terme la réhabilitation d’un nombre important de victimes du régime soviétique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Araïlym Moussagalieva a par ailleurs exposé à Radio Azzatyq les raisons de la famine kazakhe. Elle fait valoir qu’après 1928, de nombreux Kazakhs ont été victimes de la réorganisation de l’agriculture. Nomades, ces derniers ont été privés de leur bétail, confisqué par les gouverneurs soviétiques. Couplé à la sécheresse de 1932-33, beaucoup de Kazakhs ont fini par perdre une grande partie de leur bétail et de leur production.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Histoire et mémoire au Kazakhstan</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">Saluant le travail de son prédécesseur, <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/noursoultan-nazarbaiev-le-dernier-des-soviets/">Noursoultan Nazarbaïev</a> (1989-2019), le président du Kazakhstan a dénoncé <em>« la nature inhumaine du totalitarisme »</em> soviétique. Deux camps de travail forcé avaient été transformés en lieux de mémoire et d’histoire par l’ex-président.</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Envie d'Asie centrale dans votre boîte mail ? Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter hebdomadaire <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://2ff41361.sibforms.com/serve/MUIFAEUtgQP8Waps-GeAAxU6xgHAdCwla_phFOCNHYUG2N5pyugc_FC9NR3XbOOigQxU5CuQ4V0IZJcq6LjCU6Hx9fBECllNbyvRpMFItJi2WzECxpflAKA-cS-isERi5gQRcgrqND1R6toUU-9w6b_7bd4-Ty-GtfBQfXNFFjMIK0bYtfXjv8bCS5qFaXUgi00yBrR5vK187H2N">en cliquant ici.</a></span></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Kazakhstan a adopté très tôt dans son indépendance des lois de réhabilitation des victimes. En 1993, la loi sur la réadaptation des victimes de répressions politiques de masse a été votée. C’est par ailleurs Noursoultan Nazarbaïev qui avait décrété que le 31 mai deviendrait la Journée en souvenir des victimes de la répression politique.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Léo Friedrich<br />Rédacteur pour Novastan</strong></p>
<p style="text-align: right"><strong>Relu par Emma Jerome</strong></p>


<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Un référendum oublié : il y a 30 ans, les Kirghiz votaient pour l’URSS</title>
		<link>https://novastan.org/fr/kirghizstan/un-referendum-oublie-il-y-a-30-ans-les-kirghiz-votaient-pour-lurss/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Paulinon Vanackère]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 14 May 2021 08:01:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kirghizstan]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[passé soviétique]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
		<category><![CDATA[URSS]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/un-referendum-oublie-il-y-a-30-ans-les-kirghiz-votaient-pour-lurss/">Un référendum oublié : il y a 30 ans, les Kirghiz votaient pour l’URSS</a></p>
<p>Très peu de Kirghiz semblent se souvenir qu’il y a 30 ans, le 17 mars 1991, avait lieu le seul référendum de toute l&#8217;histoire de l’Union soviétique. La question qu&#8217;il posait : conserver ou non l’URSS en tant que nouvelle fédération de républiques souveraines et égales entre elles. Novastan reprend et traduit ici un article publié [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/un-referendum-oublie-il-y-a-30-ans-les-kirghiz-votaient-pour-lurss/">Un référendum oublié : il y a 30 ans, les Kirghiz votaient pour l’URSS</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/un-referendum-oublie-il-y-a-30-ans-les-kirghiz-votaient-pour-lurss/">Un référendum oublié : il y a 30 ans, les Kirghiz votaient pour l’URSS</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Très peu de Kirghiz semblent se souvenir qu’il y a 30 ans, le 17 mars 1991, avait lieu le seul référendum de toute l&rsquo;histoire de l’Union soviétique. La question qu&rsquo;il posait : conserver ou non l’URSS en tant que nouvelle fédération de républiques souveraines et égales entre elles.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Novastan reprend et traduit ici un article publié le 17 mars 2021 par <a href="https://kaktus.media/doc/433810_referendym_porosshiy_zabveniem._30_let_nazad_kyrgyzstancy_progolosovali_za_sssr.html">Kaktus Media</a></strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’époque, cette question d’actualité était extrêmement importante. Il s&rsquo;agissait même véritablement une question de vie ou de mort. En ce temps, l’Union des « républiques libres », puissante et indestructible, n’avait encore jamais été ébranlée par un tel « défilé des souverainetés ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 16 novembre 1988, l’Estonie a été la première à annoncer sa souveraineté. La Lituanie et la Lettonie ont suivi son exemple respectivement le 26 mai et le 28 juillet 1989. Le 23 septembre de la même année, c’était au tour de l’Azerbaïdjan. La Russie, quant à elle, l’a annoncé le 12 juin 1990.</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Novastan est le seul média européen (en français, en allemand et en anglais) spécialisé sur l'Asie centrale. Entièrement associatif, il fonctionne grâce à votre participation. Nous sommes indépendants et pour le rester, nous avons besoin de vous ! Vous pouvez nous soutenir <strong><a href="https://novastan.org/fr/sabonner/"> en vous abonnant</a></strong>, en réalisant <a href="https://www.okpal.com/soutenez-novastan-seul-media-francais-sur-l-asie/#/"> un don défiscalisé à 66 %</a>, ou en devenant membre actif<strong> <strong><a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/devenez-membre-devenez-novastan/">par ici</a></strong>.</strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette situation, les pays baltes, mais aussi l’Arménie, la Géorgie et la Moldavie ont refusé de prendre part au référendum. Dans les neuf autres républiques de l’URSS, comptant 185,6 millions de citoyens ayant le droit de vote, 148,5 millions se rendirent aux urnes, soit une participation de 79,5 %. Parmi eux, 113,5 millions, c&rsquo;est à dire 76,4 %, votèrent pour la conservation d’une Union soviétique réformée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est à noter qu’au Kirghizstan, le taux de participation au référendum fut de 92,9 %, et 96,4 % votèrent pour l’URSS.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>La catastrophe géopolitique du XXème siècle</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">Hélas, la réalité détruisit tous les espoirs et toutes les aspirations des électeurs, qui montrèrent clairement que sur un sixième de la planète Terre, l’opinion du peuple n’était jamais vraiment prise en compte. Le 8 décembre 1991, six mois après le référendum qui avait clairement exprimé les aspirations de la plupart des soviétiques, les chefs d’état de la Biélorussie, de la Russie et de l’Ukraine, c’est-à-dire <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Stanislaw_Chouchkievitch">Stanislaw Chouchkievitch</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Boris_Eltsine">Boris Eltsine</a> et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Leonid_Kravtchouk">Léonid Kravtchouk</a>, se réunissaient.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lors de cette « Cène », à <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Viskuli">Viskouli </a>dans un sanatorium d’état de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/For%C3%AAt_de_Bia%C5%82owie%C5%BCa">forêt de Bialovèse</a>, dans l&rsquo;est de la Pologne, les chefs d’état ont tranché. <em>« Les négociations pour la création d’une nouvelle Union et d’un nouvel accord sont dans l’impasse ; le processus de sécession des républiques et de création d’états indépendants est devenu un élément réel »</em> avaient-ils déclaré. Un accord a ensuite signé la fin de l’URSS et la création de l’Union des états indépendants (UEI).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/les-consequences-de-lere-sovietique-au-tadjikistan/">Les conséquences de l’ère soviétique au Tadjikistan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 21 décembre, les chefs des nouveaux États souverains, réunis dans la ville d&rsquo;Alma-Ata, ancien nom d&rsquo;<a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/almaty-la-ville-aux-1000-couleurs-et-aux-1001-annees/">Almaty</a>, créèrent l’UEI. Il n’a été reconnu officiellement que beaucoup plus tard que la décision de dissoudre l’URSS était allée à l’encontre de la volonté des peuples de l&rsquo;union, qui voulaient la sauvegarder. Après l’effondrement du pays, il a rapidement été admis que la dislocation de l’URSS était la plus grande catastrophe géopolitique du XXème siècle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En plus de ces malheurs, après le referendum, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mikha%C3%AFl_Gorbatchev">Mikhaïl Gorbatchev</a>, le premier président de l’URSS qui s’est aussi avéré en être le dernier, faisant preuve d’une indécision et d’une lenteur inexplicables, n’a pas le moins du monde réagi à la fin généralisée des lois du pays. Même <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Askar_Aka%C3%AFev">Askar Akaïev</a>, assez précautionneux et réservé dans ses critiques adressées au pouvoir, a fait remarquer que <em>« la glasnost et les erreurs humaines de Mikhaïl Gorbatchev ont eu des conséquences fatales pour l’URSS »</em>.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Les raisons de l’effondrement</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">Autant aujourd’hui qu’à cette époque, les opinions sont multiples quant aux raisons de l’effondrement de l’URSS. Cependant, la plupart des chercheurs et des personnalités publiques soutiennent que des réformes irréfléchies, inefficaces et hâtives y sont pour beaucoup et ont mené à la désintégration du système, de la structure de son économie nationale, de la sphère sociale et politique. Le résultat a été une chute sévère du niveau de vie sur l’ensemble du territoire des Républiques de l&rsquo;union.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est surtout l’arrêt de l’approvisionnement qui a conduit à l’insatisfaction massive de la population, alors que l’achat de presque tous les produits de base était soumis à un système de cartes de rationnement. Dans le même temps, ayant à présent le droit de voyager à l’étranger, les Soviétiques pouvaient voir de leurs propres yeux à quel point la différence de niveau de vie était marquée entre l’URSS et les pays occidentaux. Cette baisse du niveau de vie a mené à l’accentuation des revendications nationales et à la complexification des relations interethniques dans différentes régions du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/charov-rachidov-figure-de-la-diplomatie-sovietique-aupres-des-pays-du-tiers-monde/">Charov Rachidov, figure de la diplomatie soviétique auprès des pays du tiers-monde</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La perestroïka de Mikhaïl Gorbatchev a échoué premièrement parce que son propre initiateur ne savait pas bien quoi faire, ni comment, ni dans quel ordre. Deuxièmement parce que l’élite du parti savait en tirer profit, autant au centre de l’Etat que dans des contextes plus locaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une interview donnée à cette époque, le réalisateur <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Stanislav_Govoroukhine">Stanislav Govoroukhine</a> était amer. <em>« Seuls les plus primitifs et ceux qui ne comprennent vraiment rien peuvent penser que la Russie est un pays démocratique. En fait, les autorités sont faites de ces mêmes communistes, dont les pires d’entre eux : des caméléons qui ont su changer de couleur. Après le coup d’état de 1991, tous les secrétaires des comités régionaux et les directeurs d’usines ont pratiquement privatisé ce qu’ils dirigeaient. Et certains, comme <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Saparmyrat_Ny%C3%BDazow">Türkmenbaşy</a>, ont privatisé des états entiers. Et il était impossible de lutter contre tout cela »</em>, avait-il affirmé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’effondrement a été significativement accéléré par le putsch d’août du Comité d’Etat pour l’état d’urgence. Dans le même temps, le Conseil suprême de l’URSS et le Congrès des députés du peuple ont perdu de leur influence.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Un résultat déplorable</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikola%C3%AF_Amossov">Nikolaï Amossov</a>, chirurgien-cardiologue et académicien à la renommée mondiale, formulait clairement ce qui résulterait des désirs d’indépendance des républiques de l’Union. Lors d’une discussion avec un journaliste, il répondait à ses questions en décrivant comment il imaginait l’avenir de l’Ukraine. <em>« En son temps, la propagande ukrainienne nous assurait que nous étions si riches qu’à peine la domination russe serait-elle passée que le pays prospérerait et deviendrait immédiatement l&rsquo;un des plus importants d’Europe. Cela n’a pas été le cas. À peine les frontières ukrainiennes ont-elles été ouvertes que notre industrie peu compétitive en a souffert<em> »</em>,</em> avait-il constaté.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/politique/la-russie-tente-une-nouvelle-approche-diplomatique-en-asie-centrale/">La Russie tente une nouvelle approche diplomatique en Asie centrale</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«</em> <em>Grâce à la liberté économique, une classe d’entrepreneurs émerge. Cependant, notre société sera encore pauvre longtemps parce que le peuple soviétique a perdu, en plus de sa morale, sa capacité de travail et il est simplement devenu fainéant »</em>, avait affirmé le docteur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des propos similaires à ce qui a été dit sur l’Ukraine semblent pouvoir être répétés et appliqués à la majorité des autres états post-soviétiques nouvellement indépendants, dont le Kirghizstan.</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Envie d'Asie centrale dans votre boîte mail ? Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter hebdomadaire <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://2ff41361.sibforms.com/serve/MUIFAEUtgQP8Waps-GeAAxU6xgHAdCwla_phFOCNHYUG2N5pyugc_FC9NR3XbOOigQxU5CuQ4V0IZJcq6LjCU6Hx9fBECllNbyvRpMFItJi2WzECxpflAKA-cS-isERi5gQRcgrqND1R6toUU-9w6b_7bd4-Ty-GtfBQfXNFFjMIK0bYtfXjv8bCS5qFaXUgi00yBrR5vK187H2N">en cliquant ici.</a></span></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’acteur soviétique et russe <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexe%C3%AF_Petrenko">Alexeï Petrenko</a> résume efficacement les observations et les pensées de millions de ses compatriotes. <em>« Je considère comme le plus grand des crimes récents la chute de ma patrie, l’Union soviétique. Je suis convaincu qu’il devrait y avoir un jour un procès de la forêt de Bialovèse, sur le modèle des procès de Nuremberg. Les criminels qui s’y sont réunis et qui ont donné le coup de grâce à ma terre et à mon pays y seraient jugés. Je souhaite qu’à ce procès chacun soit remis à sa place et que les faits soient reconstitués <em>»</em></em>, avait-il déclaré.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«</em> <em>Certes, il est probablement difficile pour un Estonien et un Turkmène de vivre sous le même toit et de bien s’entendre. Mais il était possible et il aurait fallu agir de façon civilisée, comme l’ont fait par exemple les Tchèques et les Slovaques. Mais tel a été le sort de ce pays à la fois heureux et malheureux, tel a été le sort de ma patrie »</em>, s&rsquo;était atterré l&rsquo;acteur.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="text-align: right"><strong>Par Viatcheslav Timirbaïev pour Kaktus Media</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="text-align: right"><strong>Traduit du <a href="https://kaktus.media/doc/433810_referendym_porosshiy_zabveniem._30_let_nazad_kyrgyzstancy_progolosovali_za_sssr.html">russe</a> par Paulinon Vanackère</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph" style="text-align: right"><strong>Édité par Léonard Dillies</strong></p>
<p style="text-align: right"><strong>Relu par Robin Leterrier</strong></p>


<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/un-referendum-oublie-il-y-a-30-ans-les-kirghiz-votaient-pour-lurss/">Un référendum oublié : il y a 30 ans, les Kirghiz votaient pour l’URSS</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Kazakhstan : la famine des années 1930 mise en lumière</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jelena Dzekseneva]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Feb 2021 08:03:03 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Collectivisation]]></category>
		<category><![CDATA[Communisme]]></category>
		<category><![CDATA[Famine]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Société et culture]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
		<category><![CDATA[URSS]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/kazakhstan-la-famine-des-annees-1930-mise-en-lumiere/">Kazakhstan : la famine des années 1930 mise en lumière</a></p>
<p>Entre 1930 et 1933, la famine a pris la vie d&#8217;un quart de la population de la République soviétique socialiste autonome kazakhe. Un ouvrage réalisé par Sarah Cameron, après des longues années de recherche sur cette portion peu connue de l&#8217;histoire kazakhe, a été traduit au Kazakhstan. Novastan reprend et traduit ici un article publié [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/kazakhstan-la-famine-des-annees-1930-mise-en-lumiere/">Kazakhstan : la famine des années 1930 mise en lumière</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Entre 1930 et 1933, la famine a pris la vie d&rsquo;un quart de la population de la République soviétique socialiste autonome kazakhe. Un ouvrage réalisé par Sarah Cameron, après des longues années de recherche sur cette portion peu connue de l&rsquo;histoire kazakhe, a été traduit au Kazakhstan. </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Novastan reprend et traduit ici un article publié le 9 septembre 2020 par le média kazakh <a href="https://vlast.kz/books/41613-nerasskazannaa-istoria-goloda.html">Vlast.kz</a>.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est un sujet encore peu connu de l&rsquo;histoire kazakhe : entre 1930 et 1933, une famine liée à la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Collectivisation_en_Union_sovi%C3%A9tique">collectivisation</a> des terres, décidée par les autorités soviétiques, a causé la mort de près du quart de la population. Ce sujet a fait l&rsquo;objet <a href="https://www.amazon.fr/Hungry-Steppe-Famine-Violence-Kazakhstan/dp/1501730436">d&rsquo;un livre</a> publié en novembre 2018, intitulé<em> The Hungry Steppe: Famine, Violence, and the Making of Soviet Kazakhstan </em>et écrit par <a href="https://history.umd.edu/users/scameron">Sarah Cameron</a>.</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Novastan est le seul média européen (en français, en allemand et en anglais) spécialisé sur l'Asie centrale. Entièrement associatif, il fonctionne grâce à votre participation. Nous sommes indépendants et pour le rester, nous avons besoin de vous ! Vous pouvez nous soutenir <strong><a href="https://novastan.org/fr/sabonner/"> en vous abonnant</a></strong>, en réalisant <a href="https://www.okpal.com/soutenez-novastan-seul-media-francais-sur-l-asie/#/"> un don défiscalisé à 66 %</a>, ou en devenant membre actif<strong> <strong><a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/devenez-membre-devenez-novastan/">par ici</a></strong>.</strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">Durant l&rsquo;été 2020, l&rsquo;ouvrage a été traduit en russe et en kazakh par la fondation de <a href="https://doc-research.org/speaker/satpaev-dosym/">Dossim Satpaïev</a> également politologue au Kazakhstan. Ce livre est le résultat de nombreuses années de recherche et de travail sur des archives du Kazakhstan et de la Russie, dont certaines étaient analysées pour la toute première fois.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un sujet majeur mais non recommandé pour la recherche</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon les chiffres officiels, la famine de 1930 à 1933 a fait plus d&rsquo;un million et demi de morts et forcé le déplacement de plus d&rsquo;un million de réfugiés vers les régions environnantes. La famine a provoqué une crise économique sans précédent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Acharchylyk » (« famine » en kazakh) est un sujet majeur et si peu étudié que l&rsquo;organisation d&rsquo;un grand colloque dédié à ce sujet serait facilement imaginable. Cela permettrait à des historiens, des économistes, des sociologues ou encore des ethnographes de se rassembler pour débattre et analyser les différents impacts de cette tragédie sur le développement de la société kazakhe : des études postcoloniales, des études de genre, la construction de la nation, la politique de la mémoire ou encore la transmission d’une histoire orale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pourtant, les chercheurs kazakhs confient à Sarah Cameron que leurs superviseurs leur «<em> recommandent de choisir d&rsquo;autres sujets de recherche »</em>. La posture politique officielle sur cette question reste ambiguë. L’existence de la famine et des erreurs commises par le régime soviétique est officiellement reconnue, mais le sujet reste sensible. Cette autocensure des universitaires, mais aussi des journalistes, crée une tension autour du sujet. Ainsi, la sortie du livre en russe et en kazakh est d’autant plus significative. Cette publication est l&rsquo;opportunité d&rsquo;approfondir et de diversifier la discussion et de s&rsquo;éloigner des querelles de chapelle, par exemple sur la signification du mot « génocide ».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Conséquences de la sédentarisation dans les steppes kazakhes</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son livre, Sarah Cameron analyse la collectivisation au Kazakhstan autant dans une recherche de construction d&rsquo;une nation soviétique que dans l&rsquo;idée de modernisation d&rsquo;une société nomade. La chercheuse insère ce phénomène dans un contexte plus large : celui de la colonisation impériale. Elle démontre que la politique coloniale de l&rsquo;Empire russe dans les steppes kazakhes, depuis le XIXème siècle, a conduit d&rsquo;une part à une gigantesque transformation du mode de vie nomade et d&rsquo;autre part à un important changement écologique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’exode des paysans de la partie occidentale de la Russie et de la Sibérie au Kazakhstan a considérablement influencé l’épuisement des ressources de la steppe. Les nomades ont été contraints d&rsquo;abandonner leur habitat traditionnel, tandis que la sédentarisation et l’agriculture ont provoqué l&rsquo;épuisement des sols, le drainage des plans d&rsquo;eau et la propagation des épidémies. Les conséquences de cette sédentarisation forcée ont eu, par la suite, un impact direct sur l’ampleur de la famine.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;:&nbsp;<a href="https://novastan.org/fr/environnement/le-totalitarisme-de-lirrigation-a-tue-la-mer-daral/">Le totalitarisme de l’irrigation a tué la mer d’Aral</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec l&rsquo;avènement du pouvoir soviétique, la sédentarisation et la « civilisation » des Kazakhs ont été jugées comme étant la meilleure politique. Dès l&rsquo;époque de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Catherine_II">Catherine II</a> (1762-1796), la sédentarisation des Kazakhs fut considérée comme la voie principale pour ce peuple, même si de nombreux scientifiques prouvaient le contraire &#8211; dans les années 1920, des chercheurs soviétiques en agronomie affirmaient que l&rsquo;élevage nomade était le moyen le plus efficace pour exploiter les régions arides du Kazakhstan; ils déconseillaient fortement de rompre avec ces traditions ancestrales et proposaient des moyens pour accroître l’efficacité de l’élevage nomade.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par exemple, l&rsquo;ethnographe et économiste Sergueï Chvetsov, dans son livre <em>L&rsquo;économie kazakhe dans ses conditions traditionnelles</em> (1926), démontre que l&rsquo;élevage nomade est aussi rentable que l&rsquo;agriculture sédentaire. Et le chapitre concernant le débat scientifique et politique des années 1920 sur l&rsquo;avenir du peuple kazakh fait réfléchir à des voies alternatives de modernisation d&rsquo;une société nomade, qui auraient pu être mises en œuvre si la lutte interne du parti n&rsquo;avait pas conduit à la montée de Staline et à la terreur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« <strong>Un crime contre l&rsquo;humanité</strong>« </p>



<p class="wp-block-paragraph">Sarah Cameron utilise ces textes pour démontrer que les décisions désastreuses des dirigeants moscovites n&rsquo;étaient pas le résultat d&rsquo;une mauvaise connaissance du contexte local : le gouvernement était conscient de mettre en danger de mort un très grand nombre d&rsquo;individus, mais toutes les précautions ont été ignorées au nom de résultats politiques et économiques. Malgré la position objective et généralement quelque peu détachée de la chercheuse, l&rsquo;auteure déclare que <em>« la famine kazakhe était un crime contre l&rsquo;humanité »</em>.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="816" height="612" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/e319ca1fddc6a8b5f3b8d20b7ea65aa9_900xauto.jpg" alt="Ouvrage famine Kazakhstan" class="wp-image-43009" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/e319ca1fddc6a8b5f3b8d20b7ea65aa9_900xauto.jpg 816w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/e319ca1fddc6a8b5f3b8d20b7ea65aa9_900xauto-300x225.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/e319ca1fddc6a8b5f3b8d20b7ea65aa9_900xauto-768x576.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/e319ca1fddc6a8b5f3b8d20b7ea65aa9_900xauto-800x600.jpg 800w" sizes="auto, (max-width: 816px) 100vw, 816px" /><figcaption class="wp-element-caption">Ouvrage de Sarah Cameron « The Hungry Steppe: Famine, Violence, and the Making of Soviet Kazakhstan »</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Trois chapitres du livre sont successivement dédiés à la collectivisation, à la famine et à la campagne <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Filipp_Goloshchyokin">Goloshchekin </a>du « petit Octobre » qui les a précédées. Sarah Cameron raconte en détail et par ordre chronologique les événements de 1928 à 1934.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/la-famine-kazakhe-grande-oubliee-de-lhistoire-sovietique/">La famine kazakhe, grande oubliée de l’histoire soviétique</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le fil conducteur du récit repose sur l&rsquo;idée que la mauvaise organisation et la préparation médiocre du plan sur la collectivisation, le manque de personnel local, ainsi que la négligence de la vie et des intérêts de la population autochtone, ont causé la confusion, l&rsquo;action arbitraire des militants locaux, le pillage, la violence et la migration massive. En effet, le peuple kazakh s’est soulevé à plusieurs reprises, des milliers de personnes ont quitté le pays pour les zones frontalières. Ces événements ont mené à une terrible catastrophe, dont, dans une certaine mesure, il n&rsquo;a été possible de se remettre qu&rsquo;après des décennies.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Victimes jugées coupables</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sarah Cameron, qui parle à la fois russe et kazakh, a utilisé la voix de témoins des événements des années 1930, qui étaient alors des enfants. La chercheuse s’est tournée vers une impressionnante quantité de documents d&rsquo;archives afin de rendre cette tragédie moins abstraite. Elle s&rsquo;est concentrée sur les histoires des citoyens ordinaires et les souffrances qu’ils avaient enduré.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est difficile de croire que, aux yeux des autorités, ces citoyens étaient considérés non comme des victimes mais comme des coupables de la catastrophe. Selon l’élite du parti, l&rsquo;échec de la collectivisation était dû au « sous-développement » des nomades et à leur attachement à des liens familiaux, considérés comme arriérés selon le point de vue du marxisme-léninisme. Les archives évoquent également des histoires sur des « agents étrangers », des ravageurs, qui auraient incité la population aux soulèvements, aux migrations et à la désobéissance.</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Envie d'Asie centrale dans votre boîte mail ? Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter hebdomadaire <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://2ff41361.sibforms.com/serve/MUIFAEUtgQP8Waps-GeAAxU6xgHAdCwla_phFOCNHYUG2N5pyugc_FC9NR3XbOOigQxU5CuQ4V0IZJcq6LjCU6Hx9fBECllNbyvRpMFItJi2WzECxpflAKA-cS-isERi5gQRcgrqND1R6toUU-9w6b_7bd4-Ty-GtfBQfXNFFjMIK0bYtfXjv8bCS5qFaXUgi00yBrR5vK187H2N">en cliquant ici.</a></span></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon Sarah Cameron, la collectivisation, malgré sa monstruosité, a finalement permis aux dirigeants soviétiques d&rsquo;atteindre quelques uns de leurs objectifs à l&rsquo;égard du Kazakhstan. Le régime soviétique est ainsi parvenu non seulement à intégrer les Kazakhs au sein des institutions et de l&rsquo;autorité locale du parti, mais aussi à fabriquer le concept de nationalité, utilisé par la suite comme élément principal de l&rsquo;identité kazakhe. La mission de construction de la nation et de modernisation de la société nomade a été accomplie, mais à quel prix&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La sortie de <em>The Hungry Steppe</em> pourrait permettre de relancer le débat autour de la tragédie de Acharchylyk. Sarah Cameron admet que ce sujet <em>« garde encore de nombreux secrets »</em>. Certaines thématiques, rapidement décrites dans le livre, pourraient devenir des sujets de thèse. De plus, l&rsquo;intérêt de la recherche occidentale au sujet de la famine au Kazakhstan étant visiblement croissant, il serait irrationnel de continuer à limiter les chercheurs locaux, laissant ainsi aux historiens étrangers l&rsquo;occasion d’écrire l’histoire de la famine au Kazakhstan.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Sergeï Kim</strong><br><strong>Journaliste pour Vlast.kz</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://vlast.kz/books/41613-nerasskazannaa-istoria-goloda.html">russe</a> par Jelena Dzekseneva</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Nazira Zhukabayeva</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Jacqueline Ripart</strong></p>


<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tadjikistan : comment Léonid Brejnev a apporté un million de roubles à Nourek</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Asia Plus]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Feb 2021 09:15:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<category><![CDATA[Barrage]]></category>
		<category><![CDATA[centrale hydroélectrique]]></category>
		<category><![CDATA[Electricité]]></category>
		<category><![CDATA[Léonid Brejnev]]></category>
		<category><![CDATA[Nourek]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
		<category><![CDATA[URSS]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/tadjikistan-comment-leonid-brejnev-a-apporte-un-million-de-roubles-a-nourek/">Tadjikistan : comment Léonid Brejnev a apporté un million de roubles à Nourek</a></p>
<p>Le barrage électrique de Nourek, construit entre 1961 et 1980, est le plus important d’Asie centrale et l&#8217;un des plus hauts du monde, avec 300 mètres de hauteur. La visite du chantier par le leader soviétique de l’époque, Léonid Brejnev, a marqué un tournant pour la ville éponyme du Tadjikistan. Novastan reprend et traduit ici [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/tadjikistan-comment-leonid-brejnev-a-apporte-un-million-de-roubles-a-nourek/">Tadjikistan : comment Léonid Brejnev a apporté un million de roubles à Nourek</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le barrage électrique de Nourek, construit entre 1961 et 1980, est le plus important d’Asie centrale et l&rsquo;un des plus hauts du monde, avec 300 mètres de hauteur. La visite du chantier par le leader soviétique de l’époque, Léonid Brejnev, a marqué un tournant pour la ville éponyme du Tadjikistan.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Novastan reprend et traduit ici un article publié le 1er septembre 2020 par le média tadjik <a href="https://asiaplustj.info/ru/news/tajikistan/society/20200901/zavetshanie-brezhneva-kak-gensek-sssr-v-nurek-million-privez?tg_rhash=4ad06923c19fc6">Asia-Plus</a></strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les dates importantes liées à la construction de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Barrage_de_Nourek">centrale hydroélectrique de Nourek</a>, le 1<sup>er</sup> septembre 1970 est un jour particulier. Ce jour-là, la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Nourek">ville</a> encore toute récente reçoit la visite du chef de l’Union soviétique, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9onid_Brejnev">Léonid Ilitch Brejnev</a> (1906-1982). La visite de Nourek a été annoncée aux habitants trois jours à l’avance. Le matin du 1<sup>er</sup> septembre, Nourek avait été décorée de drapeaux rouges. La ville bruissait comme une ruche. Les gens étaient curieux de savoir à quel moment le secrétaire général du Parti socialiste viendrait, quels endroits il visiterait : s’il se rendrait à la Maison de la culture, s’il irait dans des magasins, des jardins d’enfants, des écoles.</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Novastan est le seul média européen (en français, en allemand et en anglais) spécialisé sur l'Asie centrale. Entièrement associatif, il fonctionne grâce à votre participation. Nous sommes indépendants et pour le rester, nous avons besoin de vous ! Vous pouvez nous soutenir <strong><a href="https://novastan.org/fr/sabonner/"> en vous abonnant</a></strong>, en réalisant <a href="https://www.okpal.com/soutenez-novastan-seul-media-francais-sur-l-asie/#/"> un don défiscalisé à 66 %</a>, ou en devenant membre actif<strong> <strong><a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/devenez-membre-devenez-novastan/">par ici</a></strong>.</strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">La journée était chaude et ensoleillée. Les responsables du chantier s’étaient rassemblés&nbsp;à l’entrée de la ville : le directeur de l’administration principale de l’énergie V.I. Lioultchak, le président du conseil exécutif de la ville B. Chkourov, le gestionnaire de l’association d’entreprises «&nbsp;Tadjikhydroenergosrroy&nbsp;» G. I. Tikhonov et le directeur du chantier You. K. Sevenard.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au détour de la route, le cortège composé de plusieurs <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/GAZ_Tcha%C3%AFka">Tchaïka</a> est apparu. Les voitures ont sillonné la ville. Des milliers d’habitants ont salué Léonid Brejnev. Les automobiles sont arrivées devant l’immeuble depuis lequel le chantier était dirigé. Toute l’équipe de direction s’y était rassemblée pour expliquer au leader soviétique les étapes de la construction du barrage électrique de Nourek sur la rivière <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Vakhch">Vakhch.</a></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="747" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/Brejnev2-1024x747.jpg" alt="Brejnev travailleurs Nourek" class="wp-image-43079" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/Brejnev2-1024x747.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/Brejnev2-300x219.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/Brejnev2-768x560.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/Brejnev2.jpg 1100w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Léonid Brejnev parmi les travailleurs et spécialistes de la centrale hydroélectrique de Nourek.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Après s’être entretenu avec la direction, le secrétaire général du Parti socialiste a été conduit au barrage. De tous les côtés du chantier, les travailleurs arrivaient vers lui. L’ayant remarqué, Léonid Ilitch Brejnev est descendu à leur rencontre et a tout de suite été entouré de monteurs, de maçons, d’ouvriers chargés du creusement, de machinistes, de conducteurs. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>“ Camarades, j’ai visité à maintes reprises de grands chantiers dans notre pays, je me suis rendu dans beaucoup d’autres pays et j’y ai vu nombre d’installations impressionnantes. Mais ce que j’ai vu à Nourek est hors de comparaison avec ce qui m’avait été donné de voir ! « </em>, a-t-il lancé. <em> » Vous construisez la centrale dans des conditions rendues incroyablement difficiles par le climat et le relief montagneux. Les stations de turbines hydrauliques dépassent l’imagination : il faut les réaliser avec une précision d’orfèvre « ,</em> a décrit Léonid Brejnev. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« </em> <em>En tant qu’ingénieur, je peux dire à quel point l’agencement des différentes parties de la structure est une tâche difficile, mais que vous avez réussi à accomplir. Vous</em>,<em> les habitants de Nourek, je vous félicite, vous êtes de vrais héros et votre travail est remarquable</em> <em>”</em>, a affirmé le dirigeant soviétique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>«&nbsp;Nourek, c’est la perspective de futurs chantiers grandioses&nbsp;»</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ensuite, une discussion franche a eu lieu. Les travailleurs ont évoqué les insuffisances, ils se sont exprimés simplement et sérieusement, se plaignant du manque de logements. Léonid Brejnev s’est tourné vers le dirigeant de la République tadjike, <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Jabbor_Rasulov">Djabbor Rassoulov</a>. <em>« </em> <em>Combien manque-t-il pour la construction de logements cette année ?</em>  » Le leader tadjik lui a répondu : <em>« Un million de roubles d’argent public.</em> <em>”</em> “ <em>Le </em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gosplan#:~:text=Le%20Gosplan%20(en%20russe%20%3A%20%D0%93%D0%BE%D1%81%D0%BF%D0%BB%D0%B0%D0%BD,les%20objectifs%20%C3%A9conomiques%20%C3%A0%20atteindre."><em>Gosplan</em></a><em> vous allouera ce million. <em>Nous vous aiderons aussi pour le métal et le ciment</em> ”</em>, a promis le secrétaire général aux travailleurs. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Un travailleur s’est aussi plaint qu’il était impossible de regarder des compétitions sportives internationales, faute d’antenne-relais. <em>« Très prochainement, une antenne-relais sera installée »</em>, a promis Léonid Brejnev. Il a tenu ses promesses, les fonds ont été libérés et l’antenne-relais installée sur le col de Tchormazak.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="931" height="523" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/Brejnev3.jpg" alt="Brejnev Nourek travailleurs" class="wp-image-43078" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/Brejnev3.jpg 931w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/Brejnev3-300x169.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/Brejnev3-768x431.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 931px) 100vw, 931px" /><figcaption>Lors de sa visite du supermarché de Nourek, Léonid Brejnev a pris la peine d’examiner attentivement tout le bâtiment. Il a demandé aux vendeurs quelles marchandises étaient prisées par les acheteurs et s’il y avait des plaintes sur leur qualité. Au premier étage, Brejnev s’est rendu au rayon des tissus, a salué la vendeuse Gabila Ramazanova et s’est intéressé à son travail et à sa vie privée. Comme à un ami très proche, elle lui a parlé d’elle-même, de son mari et de ses enfants.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Peu après, à Nourek, tous ressentirent combien l’attitude avait changé du côté des ministères et instances fédérales, ainsi que des usines et ateliers dont dépendait la résolution de beaucoup de problèmes concernant la construction de la centrale hydroélectrique. Le barrage de Nourek est entré dans la catégorie des projets d’infrastructure principaux et prioritaires de l’Union soviétique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Léonid Brejnev a fait plus que ses prédécesseurs et que ses successeurs à la tête de l’État soviétique pour le développement du Tadjikistan. Des complexes industriels ont aussi été créés et construits dans le sud du pays, comme l’<a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%A2%D0%B0%D0%B4%D0%B6%D0%B8%D0%BA%D1%81%D0%BA%D0%B8%D0%B9_%D0%B0%D0%BB%D1%8E%D0%BC%D0%B8%D0%BD%D0%B8%D0%B5%D0%B2%D1%8B%D0%B9_%D0%B7%D0%B0%D0%B2%D0%BE%D0%B4">usine d’aluminium</a> de Regar, le <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Yovon">complexe chimique de Yovon</a> et l’usine d’engrais azotés de Vakhch. Tous les chantiers ont été pourvus du nécessaire. Le leader soviétique envoyait au Tadjikistan les meilleurs spécialistes, qui s’employaient à la formation des cadres locaux.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">En 1978, Léonid Brejnev adresse une lettre aux bâtisseurs de la centrale électrique de Nourek, parue dans le journal Pravda du 11 février. <em>« Bientôt, les derniers travailleurs quitteront le site du Nourek, pour aller plus loin, à Rogun, sur d’autres chantiers, qui peut-être n’existent encore que dans les cartons des plans d&rsquo;État ou sont à peine entamés sur des terres inhabitées « , </em>affirme le dirigeant, mentionnant les premiers plans pour <a href="https://novastan.org/fr/decryptage/le-tadjikistan-ne-trouve-plus-dargent-pour-finir-rogun/">le barrage de Rogun</a>, actuellement en cours de construction. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« </em> <em>Mais il est parfaitement clair que le bilan général de Nourek ne se limite pas à la construction d’une nouvelle ville sur les rives de la Vakhch au terme de deux décennies de travaux, à un nouveau lac artificiel et à la centrale hydroélectrique, qui est l’élément le plus important du complexe industriel du Tadjikistan méridional. Nourek, c’est la perspective de futurs chantiers grandioses »</em>, déclarait-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/tadjikistan-la-construction-de-la-centrale-hydroelectrique-de-rogun-se-poursuit-malgre-le-coronavirus/"><strong>Tadjikistan : la construction de la centrale hydroélectrique de Rogun se poursuit malgré le coronavirus</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces lignes résonnent de manière prémonitoire, comme un testament selon lequel la<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Barrage_de_Rogoun"> centrale de Rogun</a> doit être construite. La centrale hydroélectrique de Nourek a été renommée au nom de Léonid Ilitch Brejnev à la demande des habitants en 1988, peu de temps après sa mort.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Gafour Chermatov<br>Journaliste pour Asia Plus</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://asiaplustj.info/ru/news/tajikistan/society/20200901/zavetshanie-brezhneva-kak-gensek-sssr-v-nurek-million-privez?tg_rhash=4ad06923c19fc6">russe</a> par Michel Peetermans</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Frédérique Faucher</strong> </p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Anne Marvau</strong></p>


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