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Sadyr Japarov et le national-populisme Novastan | Sadyr Japarov et le national-populisme
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Sadyr Japarov et le national-populisme

Au Kirghizstan, l’arrivée au pouvoir de Sadyr Japarov a donné une impulsion supplémentaire à l’intérêt de la recherche sur le populisme. Certains spécialistes estiment que son élection est une manifestation de l’influence croissante de la tendance populiste de droite et, en ce sens, s’explique bien par les tendances mondiales. Mais quelles sont les particularités du national-populisme de Sadyr Japarov ?

Novastan reprend et traduit ici un article publié le 25 mai 2021 par le Central Asian Analytical Network.

Après le changement de pouvoir au Kirghizstan en octobre 2020, l’étude du « phénomène Sadyr Japarov », dont l’ascension politique soudaine en a surpris plus d’un, est devenue d’actualité. Pour tenter de comprendre les processus en cours et leurs causes, les chercheurs ont étudié le phénomène en tant que manifestation de l’influence croissante du national-populisme dans de nombreuses régions du monde, principalement dans les pays occidentaux.

Certains chercheurs ont qualifié Sadyr Japarov de « Trump kirghiz ». Ils se réfèrent aux raisons qui ont permis à ce type d’hommes politiques d’accéder au plus haut niveau du pouvoir politique de leur pays ainsi qu’aux effets produits par leur arrivée.

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Par exemple, la base sociale du soutien à Sadyr Japarov était en grande partie formée par le mouvement anti-establishment kirghiz, c’est-à-dire par la population rurale pauvre.

Les moteurs de ce processus sont les inégalités croissantes et de multiples fractures sociales, la déception face à la construction de la démocratie libérale et une crise dans la représentation des intérêts des différentes couches de la population. Les chercheurs observent également un rejet brutal de la classe supérieure, représentée principalement par des fonctionnaires corrompus et des privilégiés ayant acquis leur richesse illégalement.

Un « Trump kirghiz » ?

Toutes les raisons mentionnées ci-dessus sont valables et expliquent en grande partie l’effondrement du régime précédent ainsi que la montée au pouvoir de Sadyr Japarov. Mais d’un autre côté, la conception occidentale du national-populisme ne reflète pas pleinement les caractéristiques de cette tendance au Kirghizstan.

Le populisme kirghiz ne s’explique pas seulement et pas tellement par les tendances mondiales. Les processus inachevés d’édification de la nation et de l’État après la chute de l’Union soviétique revêtent une grande importance. En ce sens, le populisme de Sadyr Japarov n’est en aucun cas un phénomène nouveau.

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Il existe des différences notables entre le syndrome « Brexit-Trump », caractéristique du national-populisme occidental, et la version kirghize de ce même mouvement. Dans les pays occidentaux, la montée du populisme de droite a été observée sur fond de frustrations envers la démocratie libérale, et pas seulement en raison d’inégalités économiques croissantes et de privations.

La peur de l’influence étrangère

Dans les démocraties des pays développés, le populisme est structuré autour de craintes associées à la perception de la structure ethnique, religieuse et raciale du pays. L’évolution rapide de la société est perçue comme une menace importante pour l’identité historique de la nation et du mode de vie existant. Les migrations intensives et l’afflux de réfugiés dans certains pays ont été à l’origine de ces craintes.

Au Kirghizstan, la migration n’a pas lieu à une échelle qui serait perçue comme une menace pour l’identité nationale. Une certaine partie de la population craint que des projets religieux étrangers ne menacent l’identité nationale, dont l’une des composantes est l’islam. Cependant, il y a une différence significative entre plusieurs conceptions de cette religion.

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Il ne s’agit pas de migrants qui s’installent dans le pays, mais de citoyens kirghiz qui se sont retrouvés sous l’influence d’une religion « étrangère », souvent associée à l’arabisation. Actuellement, les chercheurs observent une croissance de la religiosité dans la société et la disparition progressive de la partie laïque de la population en tant que courant dominant.

Des minorités vulnérables

Dans de nombreux pays, notamment en Asie du Sud-Est, les minorités ethniques ou religieuses sont parfois désignées comme ennemies. Une telle perception des ethnies au Kirghizstan serait une tragédie. Bien qu’il n’y ait pas d’immigration massive au Kirghizstan, il existe des catégories de population qui peuvent être ciblées par les populistes en tant qu’ennemies.

Ces populations regroupent des citoyens de la République kirghize et comptent par exemple les représentants du tengrisme (une religion ancestrale et chamanique), qui sont pratiquement devenus des parias. Les représentants d’ONG, de médias non étatiques ou de minorités sexuelles sont également en situation de vulnérabilité.

Le rejet des partis politiques

Un autre élément distingue le développement du populisme au Kirghizstan. En Occident, les partis politiques dominants, qui sont devenus bureaucratiques et ont cessé de se conformer aux procédures démocratiques, ont perdu la fidélité de leur électorat. En d’autres termes, l’apparition du populisme dans le monde occidental est une réaction à l’érosion des institutions politiques établies.

Au Kirghizstan, l’idée de partis politiques en tant qu’institutions faisant partie du processus démocratique a été rejetée avant même que les institutions aient vraiment eu le temps de prendre forme. Cela est dû au fait que les partis politiques ont très rapidement été perçus comme des projets commerciaux qui n’ont rien à voir avec la représentation des différentes couches de la société.

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D’où le soutien à l’idée d’un retour au modèle de scrutin majoritaire des élections législatives, perçu à tort comme une solution au manque de représentation des intérêts populaires dans le système électoral existant. De plus, l’idée d’un parlement comme incarnation de la branche législative et représentative du pouvoir a été discréditée. Au Kirghizstan, cela a conduit à la réanimation d’un organe représentatif archaïque : le qurultay (assemblée de notables chez les peuples mongols et turcs).

Jusqu’à présent, l’institution du qurultay est perçue par beaucoup comme un remède aux problèmes de la représentation des intérêts des citoyens ordinaires et de leur éloignement du monde politique. Mais, malheureusement, un tel remède n’existe pas. De plus, le qurultay a de fortes chances d’être instrumentalisé dans l’intérêt de cette même élite combattue par ceux qui se tournent vers le populisme.

Quelques aspects historiques du populisme kirghiz

La version kirghize du national-populisme est difficile à comprendre sans tenir compte des défis spécifiques auxquels la société kirghize est confrontée : édifier une nation et un État, ce qui est caractéristique des pays post-soviétiques.

Au Kirghizstan, la question de maintenir la souveraineté de l’État et de construire une identité nationale est d’actualité. Depuis la chute de l’Union soviétique, les élites politiques et intellectuelles kirghizes sont à la recherche de leur propre formule pour construire une nation. Différentes approches ont été proposées, de l’ethno-nationalisme au national-libéralisme.

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Des situations similaires ont été observées dans d’autres pays post-communistes. Mais la caractéristique intéressante du Kirghizstan est la suivante : malgré le fait que l’idée d’une identité ethnique reste attrayante pour la majorité des citoyens du pays, les élites politiques au pouvoir ont en général réussi à promouvoir le concept d’une identité construite à partir d’une citoyenneté commune.

Ainsi, dans la constitution kirghize en constante évolution, le peuple kirghiz a toujours été perçu comme constitué de tous les groupes ethniques vivant sur le territoire kirghiz. C’est ce qui est à ce jour inscrit dans l’article premier de la Constitution de 2021.

Plusieurs identités nationales ?

Le slogan de l’ancien président Askar Akaïev, « Le Kirghizstan est notre maison commune », illustre les tentatives visant à cultiver une conception de l’identité nationale basée sur la citoyenneté plutôt que sur l’ethnicité. Le renforcement de l’unité du peuple kirghiz et des relations interethniques dans la République kirghize, dont le développement a commencé sous la présidente de la phase de transition, Roza Otounbaïeva, et a été adopté pendant la présidence d’Almazbek Atambaïev en 2013.

De même, la colonne « nationalité » a été supprimée dans les passeports biométriques civils, mis en œuvre sous Almazbek Atambaïev. Le terme « nationalité » est ici à comprendre dans le sens post-soviétique : il désigne l’appartenance ethnique et non la citoyenneté.

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L’actuel président poursuit cette tradition. Par exemple, lors de sa première conférence de presse en octobre 2020, il avait déclaré vouloir rétablir la possibilité, à la demande des citoyens, d’indiquer leur appartenance ethnique dans leur passeport.

Ainsi, le 13 novembre 2020, Sadyr Japarov a signé un décret sur le développement d’une identité nationale basée sur la citoyenneté. Le gouvernement a organisé un groupe interministériel chargé d’élaborer un plan de développement de l’identité nationale sur la période 2021-2026.

Une souveraineté mise à l’épreuve depuis l’indépendance

Cependant, il est important de comprendre que tous ces documents et plans d’action associés ne sont pas toujours interprétés sans ambiguïté pendant la phase de mise en œuvre. Il existe encore de nombreux partisans de l’idée de former une identité nationale sur la base du « noyau ethnique titulaire ». Le concept du plan Kirghiz Jarany (« citoyen kirghiz », le nom du décret mentionné plus haut) aura-t-il plus de succès que les précédents concepts de développement d’une identité commune ?

C’est très peu probable étant donné l’état actuel de la société kirghize, qui est divisée. Il ne faut pas oublier que beaucoup de membres des partis Ata-Jourt et Mekentchil, associés à Sadyr Japarov, se sont toujours distingués par des positions favorables à l’édification d’une nation basée sur l’ethnicité.

En ce qui concerne le problème de la souveraineté, le Kirghizstan a été confronté à divers défis depuis son indépendance. L’intégrité territoriale du pays a été menacée, par exemple lors de l’invasion de bandes terroristes dans la province de Batken en 1999-2000.

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Le conflit à la frontière avec le Tadjikistan depuis avril 2021 a renforcé le sentiment qu’une menace pesait sur l’intégrité territoriale dans l’esprit de nombreux citoyens. Un sentiment que Sadyr Japarov peut utiliser pour consolider l’autoritarisme ou l’identité nationale en la fondant sur des sentiments patriotiques.

Dépendance économique

La perception des menaces visant la souveraineté nationale est aussi liée à la dépendance économique du Kirghizstan vis-à-vis d’acteurs extérieurs. Sur cette question, la position des politiciens populistes diffère souvent de celle des personnes qui les soutiennent habituellement.

Pendant les périodes de mobilisations politiques, les populistes utilisent souvent une rhétorique nationaliste, alors que dans la pratique les élites dirigeantes du Kirghizstan adoptent en règle générale une position de comprador vis-à-vis des acteurs externes plus puissants. Dans le même temps, les « gens ordinaires » perçoivent la dépendance économique du Kirghizstan vis-à-vis des investisseurs extérieurs et des États partenaires comme une menace pour la souveraineté.

Le développement de la démocratie depuis l’indépendance

Le développement de l’espace libéral démocratique est étroitement lié à ces questions. Au Kirghizstan, l’idée d’une démocratie libérale a commencé à se développer avec l’indépendance du pays.

Après la chute de l’URSS, le Kirghizstan était qualifié d’îlot de démocratie en Asie centrale, étant donné l’ampleur et la rapidité des transformations démocratiques libérales. Cependant, ce tournant libéral-démocratique a été moins flagrant en politique et le libéralisme politique a rapidement perdu de son attrait dans le pays.

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Le libéralisme n’a pas réussi à s’enraciner dans le sol politique kirghiz. La construction d’une démocratie libérale dans un pays géopolitiquement vulnérable et, de plus, dans un environnement autoritaire, s’est révélée difficile.

Une société marquée par un passé soviétique

Comme dans d’autres pays du monde post-communiste, le Kirghizstan n’a pas facilement laissé son passé soviétique derrière lui. La première décennie après l’effondrement de l’URSS a été notamment marquée par de fortes attentes des habitants vis-à-vis de l’État en tant que fournisseur de biens publics : éducation, soins de santé, emploi et services sociaux. La population avait une vision égalitaire de ce que devait être la société.

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Des défis tels que la pauvreté, la corruption généralisée, le détachement des élites politiques vis-à-vis des besoins de la population et l’absence d’élections libres ont renforcé la déception et le rejet des idées de démocratie libérale au Kirghizstan.

Cependant, 30 ans après l’indépendance, l’idée d’une société égalitaire est toujours forte et le désir de voir apparaître un leader fort qui assumera toutes les responsabilités de l’État explique en partie l’élection de Sadyr Japarov.

Un contexte économique facilitant la montée du populisme

Les tentatives des élites politiques du Kirghizstan pour construire une démocratie libérale ont coïncidé avec plusieurs crises économiques mondiales, ce qui a influencé la croissance des mouvements nationaux-populistes qui considéraient la mondialisation comme la cause de la crise. En d’autres termes, la transition démocratique au Kirghizstan n’a pas été un franc succès.

Par conséquent, il n’est pas surprenant que les citoyens expriment de plus en plus leurs aspirations à revenir à des valeurs telles que la participation des masses à la politique, le respect de la volonté du peuple, l’identité nationale et la priorité des intérêts nationaux sur les règles et institutions internationales.

Il est difficile pour le mouvement libéral-démocrate d’opposer quoi que ce soit aux mots d’ordre des populistes. Aux élections législatives d’octobre 2020, même si les partis politiques et mouvements libéraux-démocrates ont exploité dans leurs campagnes des valeurs comme le thème de la lutte contre la corruption ou le retour du pouvoir au peuple, ils n’ont pas réussi à rassembler plus de partisans que les populistes.

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À l’issue de la période de transition, les libéraux ont été incapables de prendre le pouvoir en raison de leur petite taille, de leur fragmentation et de leur faiblesse. C’est dans de telles circonstances que Sadyr Japarov a facilement réussi à se saisir du pouvoir.

Des réformes nationalistes déjà en cours sous Almazbek Atambaïev

Le terrain était déjà prêt pour le national-populisme avant l’arrivée au pouvoir de Sadyr Japarov. En 2016, le président alors au pouvoir, Almazbek Atambaïev, a fait pression pour changer la Constitution. Ces changements incluaient l’instauration d’une priorité du droit national sur le droit international, ce qui entre dans une démarche nationaliste et populiste.

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L’idée d’un qurultay en tant qu’institution traditionnelle authentique, capable de rendre le pays plus démocratique que des institutions comme le parlement, germe depuis de nombreuses années. Le gouvernement lui-même, par exemple sous Kourmanbek Bakiev, a réuni un qurultay qui selon l’idée de l’administration présidentielle devait devenir un instrument de soutien au président.

Les politiciens de l’opposition ont également souvent participé à des qurultays alternatifs, qui ont toujours été qualifiés de « populaires ». Le droit de tenir des qurultays populaires sur des questions d’importance publique était inclus dans la constitution précédente de 2016, et un certain nombre de politiciens et de personnalités publiques kirghiz promeuvent constamment cette idée, comme Kadyr Kochaliev ou Azimbek Beknazarov.

Les raisons de la montée du populisme

Néanmoins, c’est sous Sadyr Japarov que le qurultay a été non seulement inclus dans la Constitution en tant qu’organe représentatif du peuple, mais aussi doté de pouvoirs importants, dont le droit à l’initiative législative et à la participation à la formation du Conseil de justice.

Sadyr Japarov a profité d’un moment historique qui s’est avéré très favorable pour lui. L’ampleur du mécontentement face à la corruption, le rejet par la société d’un parlement inefficace et la crise économique qui s’est intensifiée pendant la pandémie ont joué en faveur du politicien.

Cultiver le mythe d’un ennemi intérieur

Pour renforcer son image de leader, Sadyr Japarov n’est pas le premier populiste à utiliser des théories du complot sur des « forces destructrices » qui auraient pour but d’annihiler la nation. La rhétorique d’Almazbek Atambaïev ou de Sooronbaï Jeenbekov était généralement similaire à celle de Sadyr Japarov.

De plus, l’approbation tacite et parfois même l’utilisation de divers groupes vigilantistes persécutant des militants de la société civile, des représentants de minorités sexuelles ou leurs partisans, a déjà été observée sous les présidences précédentes.

Contrairement à ce qui se passe dans les démocraties occidentales, le populisme au Kirghizstan se caractérise par une perception artificielle de groupes ennemis de la communauté. En fait, en termes de taille et de niveau d’impact sur la société, ces groupes ne peuvent pas devenir une menace pour l’identité nationale. Les politiciens populistes jouent un rôle important dans la mythification de l’ennemi, représenté par les ONG et les communautés LGBT, les médias, etc.

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Il est par ailleurs encore trop tôt pour affirmer que le président actuel n’est qu’un démagogue jouant des slogans populistes pour renforcer son pouvoir ou s’il croit vraiment à ces valeurs.

Une idéologie contradictoire

En réalité, Sadyr Japarov est contradictoire. Il combine national-libéralisme et national-populisme. D’une part, il est partisan des qurultays et prône le retour de l’indication de l’ethnicité dans le passeport. D’autre part, sa rhétorique économique dans son ensemble est toujours basée sur des principes libéraux-démocrates.

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Il souligne aussi dans certaines interviews l’importance de la liberté et l’impossibilité d’usurper le pouvoir au Kirghizstan. Dans son discours lors de la cérémonie de signature de la nouvelle constitution le 5 mai 2021, le président a déclaré qu’il comprenait les énormes défis économiques et politiques auxquels le Kirghizstan était confronté.

Il est évident qu’il comprend également la dépendance du pays vis-à-vis de l’aide internationale, sur laquelle il sera difficile de compter en cas de rupture complète du processus démocratique. Il est alors probable que Sadyr Japarov tente à l’avenir de procéder progressivement à une sorte de détoxification de son image politique afin de se débarrasser de ses caractéristiques les plus négatives.

Anar Mousabaïeva pour CAAN

Traduit du russe par Amir Ayat

Édité par Paulinon Vanackère

Relu par Baptiste Longère

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