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De nouveaux incidents à la frontière entre le Tadjikistan et le Kirghizstan
Barbelés

De nouveaux incidents à la frontière entre le Tadjikistan et le Kirghizstan

Source de tensions continues, la frontière entre Kirghizstan et Tadjikistan a connu deux affrontements en l’espace de dix jours. Le dernier en date aurait tué un garde-frontière tadjik. 

Le 14 juin dernier, un incident est survenu entre des soldats kirghiz et tadjiks dans la zone du poste-frontière de Kekh, dans le sud du Kirghizstan et le nord du Tadjikistan.

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À six heures du matin, heure locale, un poste frontalier aurait été soudainement mitraillé par des soldats kirghiz, provoquant la mort d’un de ses garde-frontières, selon le média tadjik Asia-Plus. Cependant, le ministère des Affaires étrangères du Tadjikistan n’a pas confirmé cette information, affirmant que l’état de santé du commandant tadjik était « évalué comme critique. »

Les deux pays s’accusent mutuellement

Comme de coutume avec ce genre d’incidents, les deux voisins n’ont pas la même version des faits. Selon le Tadjikistan, le Kirghizstan serait à l’origine de l’attaque et aurait effectué des tirs de mortier.

Seulement une heure et demie après le début des combats, les deux gouvernements se sont réunis pour entamer des négociations d’urgence qui ont abouti à un cessez-le-feu. Cependant, le gouvernement tadjik soutient que le Kirghizstan multiplie les actions hostiles à son encontre, affirmant « que de telles provocations sont devenues systématiques. Ces actions illégales ne font qu’aggraver la situation à la frontière et ne contribuent pas à maintenir l’esprit d’amitié et de bon voisinage entre les deux pays. »

Lire aussi sur Novastan : Un mort après des échanges de coup de feu à la frontière entre le Tadjikistan et le Kirghizstan

De son côté, le service des frontières du Comité national pour la sécurité nationale kirghiz, relayé par le média russe Sputnik, affirme que la partie tadjike a continué d’utiliser des lance-grenades et des mortiers pendant plusieurs dizaines de minutes, malgré l’accord trouvé entre les deux parties.

Des négociations qui interviennent dans un contexte tendu

La réunion entre les deux représentants a permis de clarifier les itinéraires des forces chargées de sécuriser la frontière dans la région de Boulak Bacha, selon Asia-Plus. Les chefs de postes frontaliers où les tirs sont arrivés devront tenir des réunions quotidiennes, afin de partager les informations.

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Cet incident est le deuxième en un peu moins de deux semaines à la frontière entre les deux Etats. Le 3 juin dernier, une fusillade est survenue dans l’enclave de Voroukh, territoire tadjik entouré du Kirghizstan. Les échanges de tirs ont blessé deux gardes-frontières kirghiz et un militaire tadjik. Interviewée par Asia-Plus, une source locale affirme que « les gardes-frontières kirghiz se sont déplacés vers un territoire protégé par des militaires tadjiks. Au début, ils ont été sommés de quitter le territoire, mais ils ont ignoré cette exigence. »

Un conflit latent

Depuis l’indépendance des deux États, seuls 519 des 987 kilomètres de frontière ont été reconnus par les deux pays, provoquant des tensions récurrentes malgré de nombreuses rencontres diplomatiques. Un an après les affrontements meurtriers de la province de Batken, le président kirghiz Sadyr Japarov se félicitait le 28 avril dernier lors d’un discours « des progrès accomplis ».

Suite à de précédents affrontements, les présidents des deux pays s’étaient réunis en juin 2021, permettant la mise en place d’une commission de maintien de la paix, afin de « résoudre tous les problèmes frontaliers », selon un communiqué de la République kirghize, ce qui n’a pas empêché de nouveaux incidents.

Lire aussi sur Novastan : La frontière entre le Kirghizstan et le Tadjikistan reste une source de tensions

Comme le rappelle Radio Azattyq, la branche kazakhe du média américain Radio Free Europe, la frontière entre les deux pays est officiellement fermée. Toutefois, certaines catégories de citoyens sont autorisées à la franchir, bien que les autorités locales appellent la population à être vigilante.

Les régions concernées par les incidents sont des zones revendiquées par les deux États, où des affrontements entre des résidents et des gardes-frontières subsistent pour le droit d’accès à la terre, aux communications et à l’eau, comme le rappelle Radio Ozodi, la branche tadjike du média américain Radio Free Europe.

Paul Mougeot
Rédacteur pour Novastan

Relu par Emma Jerome 

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