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Kazakhstan : la lente lutte de l’État contre le crime organisé
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Kazakhstan : la lente lutte de l’État contre le crime organisé

Au Kazakhstan, le crime organisé a bien changé depuis les années 1990, et un certain nombre de fonctionnaires font aujourd’hui partie des groupes criminels contre lesquels l’Etat s’efforce de lutter avec plus ou moins de conviction. 

Novastan reprend et traduit ici un article publié le 24 mai 2022 par le média kazakh CABAR.

Au Kazakhstan, le crime organisé a considérablement évolué depuis les « fringantes années 1990 ». Pourtant, l’essence de ses activités est restée similaire, et la sphère des fonctionnaires est bien proche de ce type de criminalité. Certains, quels que soient leurs postes, entretiennent même des relations avec les membres de groupes criminels organisés, allant parfois jusqu’à faire affaire avec eux.

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Un groupe criminel récemment démantelé

En mars 2021, le Comité de sécurité nationale (KNB) a fait état d’une opération spéciale visant à éliminer le groupe criminel Zolotoye. Spécialisé dans la contrebande d’or, ce groupe opérait à Nur-Sultan, Almaty, Pavlodar et Semeï.

« Les 16 détenus actuels sont accusés d’enlèvement, d’extorsion, de tentative de meurtre, de vol de matières premières, y compris de l’or, dans l’une des entreprises de la région du Kazakhstan oriental et de contrebande hors de la république du Kazakhstan. En outre, ils sont aussi responsables de la création et de la direction d’un groupe criminel transnational. Ce groupe était constitué de plusieurs agents des forces de l’ordre, retraités ou encore en activité »a déclaré la municipalité.

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À la suite de leur emprisonnement, certains des détenus se sont plaints de tortures. L’un d’eux, selon ses proches, s’est même donné la mort.

Le crime organisé très présent dans le pays

En septembre 2021, des groupes criminels ont été identifiés au sein du ministère de l’Agriculture. Des inspecteurs assuraient régulièrement l’exportation irrégulière de bétail vers l’étranger contre rémunération.

Une histoire intéressante liée au poste de douane de Khorgos a été recensée. Selon les données officielles de l’enquête menée en 2013, le groupe criminel opérait sous la protection de hauts responsables du KNB. Les soutiens du leader Talgat Kairbaïev, surnommé Aulie Talgat, ont également été arrêtés. Les médias ont ajouté que, selon le témoignage de certains collègues, le vice-président du KNB, Gosman Amrin, était également coupable. Cependant, les services publics n’ont engagé aucune enquête. Il a par la suite dirigé le service des douanes, avant d’occuper le poste de vice-président du Comité des recettes de l’Etat. En 2012, Gosman Amrin a demandé « l’immunité » pour les agents du KNB en cas de détention administrative, de fouilles corporelles ou de fouilles de véhicules. L’Etat a cependant rejeté cette demande.

Des employés du gouvernement dans les groupes criminels

A de multiples reprises, des employés du KNB, des akimats (sièges du gouvernement en province), des différents ministères ou encore des établissements pénitentiaires ont été accusés d’avoir fondé ou d’appartenir à des groupes criminels. Et ce n’est là que la partie émergée de l’iceberg.

Par le passé, les dirigeants du pays avaient souligné qu’ils « étaient au courant » et que tout le monde savait où et quels groupes du crime organisé opéraient. L’Etat soupçonne à présent certains d’entre eux d’être impliqués dans des instances criminelles. Pourtant, les dirigeants n’ont rien mis en place pour endiguer le phénomène.

Un durcissement éphémère

Ainsi, en 2009, Noursoultan Nazarbaïev, qui occupait le poste de Président à l’époque, a pris la parole à ce sujet au cours d’un débat sur la peine maximale en cas de création d’un groupe de crime organisé, la faisant passer de 13 à 20 ans. Il a ordonné la liquidation de tous les groupes de crimes organisés, affirmant qu’il était conscient de l’implication de la police dans certaines affaires.

« Les services de police connaissent les groupes criminels organisés. Je le sais. Vous devez les détruire, les faire disparaître ! Autrement, je considérerai que vous entretenez des relations avec eux », a déclaré l’ancien président lors d’une réunion.

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En 2019, pourtant, le département de lutte contre le crime organisé a été dissous. D’après les dirigeants, le gouvernement l’avait créé pour faire face à une augmentation de la criminalité. Ils affirment qu’à présent, la nécessité d’une telle instance « n’est plus d’actualité ».

Une évolution drastique

En pensant aux gangs criminels, la plupart des gens imaginent des « voleurs dans la loi », élites de la mafia de l’ex-URSS, ou des parrains tatoués. Mais les criminels ont bien changé. Au Kazakhstan, selon les experts, de nombreux chefs du crime organisé travaillent dans un bureau et portent des costumes.

Dans l’article « Caractéristiques du crime organisé », les chercheurs considèrent ce dernier comme diversifié. Pour eux, c’est un mélange « entre crime ordinaire, crime économique et corruption ».

L’article indique que  « des criminels qui se seraient alliés à des hommes d’affaires sans scrupule et des fonctionnaires corrompus du gouvernement contrôleraient aujourd’hui une partie de certaines activités comme les jeux, le commerce, le divertissement, la prostitution, le trafic d’êtres humains, la drogue et les armes ».

Crime organisé et économie de marché

Le militant des droits de l’Homme Yevgeny Jovtis parle d’une fusion de l’Etat et des secteurs criminels. « Au Kazakhstan, le crime organisé a connu une forte évolution dans les années 1990 car, comme nous nous en souvenons tous, le pays connaissait à ce moment-là la transition d’une économie soviétique planifiée par l’Etat vers une économie de marché », explique-t-il.

« Ce processus s’est accompagné de la privatisation », se souvient Yevgeny Jovtis. « Dans presque tout l’espace soviétique, les élites dirigeantes se sont imposées comme les principaux bénéficiaires de cette évolution. Ce renouvellement s’est très clairement construit sur des bases frôlant les limites de la légalité, voire étant totalement illégales, et perceptiblement illégitimes. A ce moment-là, le crime a, d’une certaine manière, fusionné avec les autorités. »

Selon lui, la jonction se produit lorsque la corruption devient systémique.

« La corruption est devenue systémique dans l’espace post-soviétique pour une raison précise. Ceux qui ont commencé à s’enrichir au début des années 1990 étaient majoritairement associés à l’accès aux brevets, aux marchés financiers, aux capitaux, aux banques, etc. », dit-il.

Les domaines d’action du crime organisé

Yevgeny Jovtis se souvient de la criminalité des années 1990, qui se limitait principalement au racket et au port de vestes rouges. Il souligne que ces criminels n’ont pas tous été punis pour leurs actes.

« Notre crime organisé a pris des formes très particulières. Il est d’un côté resté actif dans certains domaines tels que la traite des êtres humains ou la drogue. En même temps, il a commencé à inclure à la fois la criminalité de base et la bureaucratie. Les forces de l’ordre ont bénéficié de la commercialisation de cette dernière, tout comme le système juridique de l’Etat en général », a déclaré le défenseur des droits de l’Homme.

« Par conséquent, lorsque nous parlons de groupes du crime organisé ou de la Communauté du crime organisé (SPO), nous pensons aux barons, aux parrains et autres. Mais en réalité, il ne se passe presque rien à l’extérieur. Tout est interne à l’appareil et au système d’Etat. Et, puisque le système est autoritaire, le crime existe dans le régime de protection de la propriété,  formé dans les années 1990. Il contrôle le gouvernement, et certains de ses représentants contrôlent la criminalité d’une manière ou d’une autre, en particulier au niveau régional », ajoute-t-il.

Des groupes criminels extérieurs au gouvernement existent également

Il existe des criminels reconnus au sein des autorités kazakhes, mais aussi des groupes criminels derrière lesquels, selon les données officielles, ne se tient aucun responsable.

Arman Djoumageldïev, aussi connu sous le nom de Wild Arman, fait partie de ces chefs du crime. Beaucoup l’ont connu à la suite de sa participation à une manifestation lors des événements de janvier 2022 au Kazakhstan. A présent, lui et les 14 membres de son groupe sont détenus et accusés d’enlèvement, de pillage et d’agression sur des agents des forces de l’ordre.

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La biographie de Wild Arman provoque une certaine dissonance cognitive. Il est tout à la fois un panturquiste convaincu, un athlète aux dizaines de milliers de followers sur Instagram et un criminel aux multiples violations de la législation kazakhe à son compte.

Wild Arman : de multiples crimes et condamnations

Son premier crime connu remonte à 2003. Dix personnes, dont Arman Djoumageldïev, ont attaqué deux hommes et tiré sur l’un d’eux.  En 2005, Wild Arman a organisé une bagarre de masse dans un hôtel où se tenait une réunion du parti d’opposition « Pour un Kazakhstan juste », fondé par les partis « Real Ak Zhol », Choix démocratique du Kazakhstan (DCK) et Parti communiste du Kazakhstan (PCC). Il a alors tenté de s’en prendre au candidat à la présidence Jarmahan Touyakbay, qui a été sauvé par des gardes du corps. Pour ce crime, il n’a reçu qu’une peine avec sursis pour « vandalisme ». En 2008, il a agressé l’entrepreneur Tokhtar Touleshov, surnommé le « roi de la bière ». Au cours de l’affrontement, deux alliés de Wild Arman ont trouvé la mort. Par la suite, il a écopé de trois ans de prison pour possession de munitions et de drogue.

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En 2011, à l’âge de 27 ans, il a déménagé en Turquie et a rejoint l’entourage du chef du crime organisé azerbaïdjanais, russe et ukrainien, Nadir Salifov, connu sous le nom de Lotu Guli. Wild Arman était alors actif sur les réseaux sociaux, voyageait à bord de yachts, postait des photos avec le ministre des Affaires étrangères Turc, avec le président de la Fédération internationale de judo ou encore avec des chanteurs kazakhs. Il était aussi associé au neveu de Noursoultan Nazarbaïev, Kairat Satybaldy. Ce dernier dirigeait les fédérations sportives du Kazakhstan. Wild Arman investissait alors financièrement dans les boxeurs kazakhs. Depuis, Kairat Satybaldy a été arrêté pour son implication dans les événements de janvier 2022.

Un personnage controversé mais soutenu

Figurant sur la liste internationale des personnes recherchées, Arman Djoumageldïev est allé jusqu’à distribuer des médicaments pendant la pandémie, pour lesquels il a même reçu une distinction de la part de l’akim du district de Kerboulak, dans la région d’Almaty.

Dans l’esprit collectif, Wild Arman est à l’origine de nombreuses affaires criminelles. Ainsi, par exemple, il est accusé de contrôler la contrebande à travers la frontière du Kazakhstan par l’Oural.

Le meurtre de Lotu Guli le 19 août 2020 explique en partie que, selon les médias, Wild Arman ait perdu son « toit », sa protection. Depuis son arrestation en janvier 2022, le compte Instagram du détenu enregistre constamment des messages accompagnés du hashtag #libérerarmandjoumageldïev. Dans l’un de ces messages, le député du Maslihat municipal d’Almaty, Kairat Koudaibergen, affirme être sous la pression de collègues « qui cherchent à obtenir de [lui] un témoignage ne correspondant pas à la vérité ».

Aitkali Maimouchev : un voleur dans la loi à l’influence très large

Peu après l’arrestation de Wild Arman, les services de police ont appréhendé l’un des principaux voleurs dans la loi, Aitkali Maimouchev, également connu sous le nom de Lekha Semipalatinsky ou Lekha Maimysh. De son point de vue, le nom de « voleur dans la loi » n’est pas un statut, mais un surnom attribué aux criminels par les dirigeants dans les années 1990.

Tout comme Wild Arman, Aitkali Maimouchev a quitté le Kazakhstan pour la Turquie, où ils se sont rapprochés. Il y aurait beaucoup à dire sur les 63 années bien remplies de sa vie, dont 20 passées en prison.

« Il est à l’origine du trafic de drogue qui passe par l’Oural et la Sibérie. En outre, ce voleur dans la loi a organisé la livraison et la vente de métal en Chine. Les bénéfices de ce commerce servent ensuite à acheter et faire de la contrebande d’alcool en le faisant entrer illégalement sur le territoire des pays de l’ancienne Communauté des Etats indépendants (CEI). Le chiffre d’affaires de cet empire criminel est excessivement élevé. Lekha Maimysh n’a jamais traité de petites affaires. On peut notamment retracer ses activités dans les industries de l’extraction de l’or et du charbon. Nous pouvons affirmer qu’Aitkali Maimouchev est un oligarque du monde criminel du Kazakhstan. En effet, le voleur dans la loi contrôle, entre autres, l’approvisionnement de pétrole russe et a commencé il y a peu une invasion du secteur agro-industriel », a indiqué le 21 octobre 2018 le site Internet « Monde criminel ».

Un criminel influent

En 2004, Aitkali Maimouchev a donné l’ordre aux prisonniers de plusieurs établissements pénitentiaires de se couper les veines. Les prisonniers se sont exécutés, et cet événement extrêmement médiatisé a permis de certifier « l’autorité » de ce voleur dans la loi dans le monde du crime organisé.

Il a récemment ouvert un compte Facebook, un compte Youtube et a même lancé son propre site Internet. Sur ces plateformes, il publie des contenus concernant l’interprétation de textes religieux, comme par exemple les Saintes Ecritures, ou encore la traduction des « Paroles d’édification » par Abai Kounanbaïev.

Selon le site Politic, l’arrestation de Lekha Semipalatinsky est liée à celle de Wild Arman.

Des voleurs dans la loi reconnus

Au Kazakhstan, deux voleurs dans la loi sont particulièrement connus. Membres de la communauté des voleurs, ils y ont adhéré au cours d’une procédure appelée le « couronnement ». Le deuxième voleur kazakh membre de cette communauté, Serik Jamanaïev, aussi connu sous le nom de Serik Golova, a écopé de 19 ans de prison en 2021. Les accusations à son encontre sont multiples : prise d’otages, acquisition ou vente de biens obtenus illégalement et lésions corporelles graves ayant entrainé le décès d’une personne par négligence. Serik Golova a également avoué le meurtre de la journaliste Oralgaisha Omarshanova, disparue le 30 mars 2007.

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Ces voleurs dans la loi représentent la majeure partie de la criminalité au Kazakhstan. Pour eux, les assassinats ou les meurtres ne sont pas un problème s’ils permettent de faire prospérer le trafic de drogue. Ils utilisent d’ailleurs ces méthodes de façon récurrente.

Inquiétude des militants et activistes

Au Kazakhstan, les militants des droits de l’Homme, les activistes et les travailleurs sociaux affirment que les autorités utilisent régulièrement les articles du Code pénal pour leur propre compte. Ces articles comprennent « l’incitation à la discorde sociale, nationale, clanique, raciale, de classe ou religieuse », en lien avec diverses situations. « La création et la direction d’un groupe organisé, d’une organisation criminelle » en est un autre exemple.

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Par exemple, l’akim de la région d’Atyraou, Bergey Ryskaliev, a été accusé de ce dernier crime à la suite du massacre de Janaozen en 2011. Des tirs sur des civils y avaient eu lieu. L’homme, qui a reçu l’asile politique, nie ces accusations. Il a qualifié par la même occasion l’ancien président du Kazakhstan de « dictateur ».

Une visibilité depuis les événements de janvier 2022

Ces articles ont également été impliqués dans les manifestations de janvier 2022. Selon des témoins oculaires, des provocateurs y auraient opéré. Le Bureau du Procureur général a accusé le groupe criminel organisé « Ayshuac Jantugel » d’avoir participé ou organisé des manifestations. En 2021, le KNB avait déjà fait état de l’arrestation de l’ensemble des membres actifs de ce groupe.

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Quant au groupe « Kazakhstanskie », il a vu sa surveillance fortement renforcée. Le grand public ne savait rien de lui, pas même son nom, jusqu’aux événements de janvier 2022. Les noms des dirigeants eux-mêmes, déjà évoqués par le gouvernement, restent inconnus. Seule information sûre : « d’anciens athlètes et des récidivistes déjà condamnés pour divers motifs » constituent le groupe. Aucune mention n’est faite non plus des éventuels rapports entre l’ancien président du KNB qui a été arrêté, Karim Massimov, et ces groupes criminels.

Il faut cependant traiter avec prudence ces informations, surtout après les événements de janvier dernier. Le public a en effet appelé le gouvernement à une enquête des plus transparente. Au cours de ces manifestations, des civils ont effet trouvé la mort.

« Retour dans les années 1990 »

Selon Yevgeny Jovtis, il s’agit là du reflet de la lutte politique intra-clanique. « Il y a eu tellement de personnalités impliquées dans des groupes criminels : le gendre de l’[ancien] président, Rakhat Aliev, mais aussi l’ancien akim d’Almaty. Tous font partie de l’opposition, n’ont pas d’influence suffisante ou de garanties de sécurité de la part de l’Etat. A partir du moment où vos garanties personnelles disparaissent, quelle qu’en soit la raison, le gouvernement peut vous considérer, vous, votre groupe et vos partenaires commerciaux, comme groupe criminel organisé », souligne Yevgeny Jovtis.

Le militant des droits de l’Homme ajoute que « ce n’est pas tant la loi qui guide le système judiciaire et les forces de sécurité, mais l’intérêt politique de ceux qui sont au pouvoir. Ceux qui pensent contrôler l’Etat ».

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Pour lui, il n’existe qu’un seul moyen d’arranger la situation. Lorsque des fonctionnaires rejoignent des groupes criminels ou qu’un akim récompense un voleur dans la loi, des actions sont nécessaires. Il s’agit de la transition vers un système d’Etat de droit et de gouvernance démocratique. Il faudrait amener à la séparation des pouvoirs, des coûts et des équilibres. Créer une vraie opposition, des médias libres et une société civile renforcée.

« Mais nous ressentons toujours un retour vers les années 1990 dans notre pays. Notre problème réside dans le fait qu’au cours de cette décennie, de nombreuses familles, groupes financiers industriels et clans oligarchiques ont constitué leurs fortunes illégalement. Celles-ci sont donc fortement vulnérables. Quiconque veut remettre en question les richesses d’un autre peut aisément le faire. Cela a été démontré par la pratique », conclut-il.

Khadisha Akayeva
Journaliste pour Central Asian Bureau for Analytical Reporting (CABAR)

Traduit du russe par Alla Forment

Édité par Eléonore Bailly

Relu par Charlotte Bonin

 

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