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La bonne gestion des ressources en eau, élément clé de la croissance économique de l’Asie centrale Novastan | La bonne gestion des ressources en eau, élément clé de la croissance économique de l’Asie centrale
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La bonne gestion des ressources en eau, élément clé de la croissance économique de l’Asie centrale

En Asie centrale, la faible productivité des ressources en eau pourrait à l’avenir compromettre la sécurité alimentaire, la croissance économique et la stabilité sociale. Les experts de la Banque mondiale proposent des solutions.

Novastan reprend et traduit ici un article publié le 16 juin 2020 par le média ouzbek Gazeta.uz.

Selon une publication du 30 mars 2020 de la Banque mondiale, la croissance économique, le bien-être de la population et la stabilité sociale en Asie centrale dépendraient de la bonne gestion de l’eau. Selon l’organisation internationale, la productivité économique de l’usage de l’eau dans la région reste très faible et nécessite une attention particulière.

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Même si pour le moment la région ne connaît pas de pénurie, des mesures s’avèreront nécessaires pour accompagner la croissance économique.

Une consommation moyenne par habitant supérieure à la moyenne mondiale

Même dans les zones urbaines, la gestion de l’eau potable n’est pas toujours efficace. En effet, toute la population n’est pas desservie par le réseau d’égouts et les infrastructures existantes vieillissent et ne sont pas correctement entretenues. Pourtant, la population ne cesse de croître et, par conséquent, la pression sur les ressources en eau limitées augmente. Par ailleurs, le climat de la région change rapidement et le réchauffement global augmente la demande en eau.

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Pour le moment, l’Asie centrale ne connaît pas de pénurie d’eau, soulignent les auteurs de la publication. Le Kazakhstan, le Kirghizstan et le Turkménistan figurent dans la meilleure moitié du classement des pays du monde en matière de ressources en eau disponibles par habitant. Le Tadjikistan et l’Ouzbékistan se classent certes moins bien, mais sans pour autant connaître de pénurie.

Malgré cette absence de pénurie, l’ensemble des États d’Asie centrale figure parmi les 10 % des pays ayant la consommation annuelle moyenne par habitant la plus élevée en matière de prélèvements d’eau. Le volume d’eau prélevé dans la région est environ cinq fois supérieur à la moyenne mondiale. Dans certains cas, la pression sur le système des ressources en eau est excessive, selon l’étude.

L’efficacité économique de l’usage de l’eau est très faible

En parallèle, les auteurs insistent sur le fait que l’eau ne joue qu’un faible rôle économique actuellement.

La faible rentabilité des ressources en eau dans la région est due au fait que les cultures à faible rendement et à forte consommation d’eau sont courantes dans l’agriculture. Il est donc urgent d’améliorer l’efficacité économique de l’irrigation car aucun État d’Asie centrale n’utilise pleinement son potentiel hydraulique, poursuit l’article.

Des changements rapides attendus

Selon les experts de la Banque mondiale, la population de la région passera d’ici 2050 de moins de 80 millions actuellement à entre 90 et 100 millions de personnes. Mais les prévisions à long terme sont incertaines, entre un doublement de la population d’ici 2100 et une légère baisse.

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Le changement climatique aura de graves conséquences économiques, avec un réchauffement dans la région qui devrait dépasser la moyenne mondiale. En 2100, les températures annuelles moyennes pourraient augmenter de 5 à 6 degrés. Le réchauffement entraînera une fonte plus précoce de la couverture neigeuse et des glaciers et décalera les pics de débit des rivières de l’été au printemps.

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Les prévisions concernant les précipitations sont très incertaines, pouvant augmenter ou diminuer par rapport aux années précédentes. Une forte croissance économique nécessitera de rediriger une partie de l’eau utilisée pour l’irrigation vers l’industrie et le secteur des services.

Statu quo ou réformes à venir ?

Si la situation demeure en l’état, la faible productivité des ressources en eau compromettra la sécurité alimentaire et la croissance économique. Un niveau d’approvisionnement en eau trop bas retardera le développement humain et pourra menacer la stabilité sociale, souligne la publication. À mesure que le climat changera dans la région, les divisions transfrontalières s’aggraveront et nuiront à la qualité des relations entre voisins, estiment les experts de la Banque mondiale.

Lire aussi sur Novastan : Tensions sur l’utilisation de l’eau des fleuves transfrontaliers entre Chine et Kazakhstan

Pour faire face à ce défi, les spécialistes proposent de mener des politiques publiques appropriées, notamment dans la redistribution des ressources et des risques en eau, des réformes institutionnelles et des investissements dans la modernisation des infrastructures, en particulier l’irrigation.

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Les propositions de modifications de la Banque mondiale en Asie centrale.

L’organisation internationale suggère deux axes de travail au niveau national. Tout d’abord, des investissements dans le secteur de l’eau et de l’assainissement pour assurer la stabilité sociale et le développement humain. Ensuite, la Banque mondiale estime qu’il faut mener des réformes de la gestion de l’eau et de l’irrigation afin d’améliorer la productivité de l’eau. Des plans régionaux sont nécessaires pour gérer les bassins fluviaux. Au niveau national, il est essentiel de tenir une comptabilité des ressources en eau et de moderniser les infrastructures d’irrigation. La participation du secteur privé à l’irrigation peut favoriser l’innovation et la productivité.

Aux niveaux national et régional, il importe d’investir dans les mesures d’adaptation aux changements climatiques en vue de renforcer la résilience économique et sociale.

En outre, selon la Banque mondiale, des projets sont nécessaires pour s’adapter à l’aggravation des sécheresses, à la modification du débit des rivières et à l’augmentation des besoins en eau dus au réchauffement climatique. Ces chantiers devraient d’ailleurs s’étendre à l’Afghanistan, en tant qu’acteur important du bassin de l’Amou-Daria.

Les objectifs de ces projets comprennent la modernisation des installations météorologiques et du système d’information sur les ressources en eau, notamment les prévisions à court terme et saisonnières, l’ajustement de l’exploitation des réservoirs, les investissements dans l’hydroélectricité et l’adaptation du commerce de l’électricité aux défis du changement climatique.

Traduit du russe par Pierre-François Hubert

Edité par Carole Pontais

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