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Au Palais du Luxembourg, une table ronde sur le Kazakhstan a rassemblé des chercheurs et élus des deux pays

Cet événement, organisé par l’Institut Prospective et Sécurité en Europe (IPSE), a rassemblé des chercheurs et élus français et kazakhstanais autour de la thématique « Opportunités géo-économiques, défis géopolitiques au Kazakhstan et en Asie centrale ».

Une table ronde autour du Kazakhstan et de sa relation avec la France s'est déroulé au Sénat, le 13 février. Crédit : Ambassade du Kazakhstan en France
Une table ronde autour du Kazakhstan et de sa relation avec la France s'est déroulé au Sénat, le 13 février. Crédit : Ambassade du Kazakhstan en France

Cet événement, organisé par l’Institut Prospective et Sécurité en Europe (IPSE), a rassemblé des chercheurs et élus français et kazakhstanais autour de la thématique « Opportunités géo-économiques, défis géopolitiques au Kazakhstan et en Asie centrale ».

Une table ronde sur les perspectives économiques et géopolitiques du Kazakhstan s’est tenue au Palais du Luxembourg le 13 février. Côté français étaient présents des élus et chercheurs issus du monde universitaire comme de think tanks. Ils ont accueilli l’ambassadrice du Kazakhstan en France, Gulsara Arystankulova, Iskander Akylnayev, le fondateur et directeur général de Xander Group, ainsi qu’Evgenyi Bolgert, membre du Sénat kazakhstanais.

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Avec la médiation de l’IPSE, la discussion a abordé dans deux panels successifs les enjeux géoéconomiques, puis géopolitiques du Kazakhstan.

Un événement qui accompagne la dynamique de rapprochement franco-kazakh

Cette table ronde, qui relève à la fois de la diplomatie parlementaire et de la diplomatie hybride, prolonge la conférence sur le partenariat stratégique franco-kazakh organisé par l’IPSE en mai 2025.

Réalisés sous le parrainage du Président de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale Bruno Fuchs, ces deux événements s’inscrivent dans une dynamique de consolidation des relations franco-kazakhes. En effet, après plusieurs rencontres au plus haut niveau en 2022 et 2023, en 2024, le partenariat stratégique entre les deux pays a été dit « renforcé ».

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Ses priorités, identifiées sous la forme de secteurs d’investissements mutuellement bénéfiques, ont été au centre des discussions au Palais du Luxembourg. Énergie, minerais critiques, connectivité, numérique et agro-industrie ont été abordés lors du premier panel, dans une perspective à la fois française et européenne.

Le second panel a abordé la diplomatie multivectorielle du Kazakhstan, en abordant la question délicate de ses relations avec la Russie, compétiteur stratégique de l’Union européenne et de la France dans la région, mais partenaire incontournable dans son environnement immédiat.

De nouvelles perspectives économiques pour le Kazakhstan

La discussion a été ouverte par Madame l’Ambassadrice Gulsara Arystankulova, qui a exposé l’objectif économique actuel du Kazakhstan : « passer d’une économie d’extraction à une économie d’innovation ».

Pour attirer les investissements de long terme nécessaires à ce projet, le Kazakhstan entend jouer le rôle de moteur d’intégration et de stabilité macroéconomique dans la région. À ces fins, la connectivité logistique serait érigée en priorité, avec notamment le corridor transcaspien et le développement du réseau ferroviaire.

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Le lien entre développement du capital humain et la protection des droits et libertés a été souligné, moins d’un mois avant la soumission à un référendum du nouveau projet constitutionnel.

Une économie dynamique et stratégique

Les autres intervenants ont présentée comme un terrain particulièrement attractif pour les investisseurs internationaux. Après une multiplication par 20 en vingt ans de son PIB nominal, Goldman Sachs lui prédit la place de 30e économie mondiale en 2060. « Cela notamment grâce à une population jeune, dont 35 % a moins de 15 ans, et à un sous-sol exceptionnellement riche en pétrole et en matériaux critiques, placé au centre des convoitises internationales« , rappelle Emmanuel Dupuy, directeur de l’IPSE.

Dans le contexte de la guerre menée par la Russie en Ukraine depuis 2022, le Kazakhstan s’impose comme acteur-clé non seulement du contournement de la Russie pour l’acheminement de marchandises, mais aussi de l’approvisionnement européen en énergie par des sources alternatives.

La France avec l’Union européenne, un contrepoids aux grands voisins ?

C’est pourquoi l’Union européenne cherche à se positionner comme contrepoids à la Chine dans la région avec l’argument d’une « coopération durable », consistant tant à soutenir l’extraction qu’à gérer la pollution engendrée. C’est dans cette perspective que le premier bureau de la Banque européenne d’investissements a ouvert ses portes à Tachkent début 2026, qu’un investissement de 12 milliards d’euros a été acté à l’issue du sommet UE-Asie centrale à Samarcande en avril 2025.

La France cherche, elle aussi, à se rapprocher du Kazakhstan. De pair avec l’Ouzbékistan, celui-ci assure 35 % de sa consommation d’uranium. Si elle n’est que le cinquième investisseur au Kazakhstan, sa présence y est forte de 200 entreprises ouvertes à des partenariats de longue durée et à un partage d’expertise.

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« Cela concerne par exemple les domaines de l’agro-alimentaire (exploitation de la betterave), du tourisme (mise en valeur des montagnes autour d’Almaty), de la logistique, de l’IA, des biens de consommation et de luxe, ou enfin dans les énergies renouvelables et nucléaires, avec les technologies d’EDF mobilisées dans les projets actuels de centrale nucléaire », a rapporté Steven Bostroem, Directeur Général de la Chambre de Commerce et d’Industrie France Kazakhstan.

Le Corridor médian, projet de désenclavement

Le « Middle Corridor », ou « Corridor médian » en français, constitue aujourd’hui un point de focale pour les investissements en infrastructure, parmi lesquels la France s’illustre aux côtés de l’Allemagne. « D’après la Banque internationale pour la reconstruction et le développement, le niveau d’investissement actuel lui permettra d’atteindre l’objectif d’un volume de transit de 865 000 EVP en 2040, contre 18 000 en 2023 et environ 90 000 aujourd’hui », a expliqué Samuel Doveri Vesterbye, directeur du think tank European Neighborhood Council à Bruxelles.

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Cette croissance extrêmement rapide est liée à l’adoption, à peu d’intervalle, de sanctions contre l’Iran et la Russie. Elle confirme le positionnement stratégique du Kazakhstan, pierre angulaire de sa diplomatie dite multivectorielle.

À l’heure où le bilatéral revient en force, le plus grand pays enclavé du monde reste fortement engagé dans les arènes multilatérales : fédérateur des pays enclavés à l’ONU, investi d’un rôle moteur dans la majorité des organisations régionales en Asie centrale et dernièrement, membre du Conseil pour la Paix de Donald Trump. Reste à savoir si cette ouverture tous azimuts constituera, à long terme, un facteur d’équilibre durable.

Elise Medina,
Rédactrice pour Novastan

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