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Les frontières turkmènes se préparent à une possible réouverture

Alors que la pandémie semble faiblir en Asie centrale, le Turkménistan préparerait une réouverture progressive de ses frontières. De nouveaux centres de quarantaine y sont construits. C’est au sud du pays que la reprise paraît la plus dynamique : Téhéran et Achgabat célèbrent cette semaine l’ouverture d’un nouveau pont, symbole de la reprise prochaine des échanges entre les deux nations.

Le Turkménistan est en train d’aménager ses frontières pour qu’elles aient une meilleure capacité de contrôle sanitaire.  Ainsi, des changements sont en cours aux frontières turkmènes, après plus de quatre mois de fermeture : le gouvernement les avaient en effet fermées très tôt, à la fin du mois de février dernier.

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La construction de nouveaux sites de quarantaine à ses frontières avec l’Ouzbékistan, le Kazakhstan et l’Iran est en cours ou planifiée, comme l’a rapporté le 6 juin dernier l’agence de presse turque Anadolu, citant le ministre des Affaires étrangères turkmène Rachid Meredov.

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La frontière avec l’Afghanistan est plus problématique. Selon l’agence officielle du gouvernement, TDH, des discussions sur la construction de zones de quarantaine à la frontière turkméno-afghane ont eu lieu 27 mai dernier entre les présidents des deux nations, Gourbangouly Berdimouhamedov et Ashraf Ghani. Cette discussion est présentée comme motivée par un vœu de reprise des échanges, notamment dans les secteurs de l’énergie et des transports.  « Le leader turkmène a exprimé le souhait qu’avait le Turkménistan de bâtir des aménagements dans les gares ferroviaires frontalières et des check-points à d’autres endroits en Afghanistan – similaires à ceux construits dans notre pays […]. Ainsi, des mesures coordonnées permettront d’atteindre un haut niveau de sureté sanitaire, ménageant les conditions nécessaires à la désinfection des véhicules et des marchandises qui passent la frontière », décrit TDH. Cependant, ces aménagements seront difficiles à mettre en place. D’une part parce que l’Afghanistan est actuellement dépassé par la crise sanitaire, d’autre part parce que sa région limitrophe du Turkménistan est particulièrement instable.

Aménagements pour améliorer les capacités de contrôle sanitaire aux frontières

La construction de ces centres de quarantaine n’a rien d’anodin pour la réouverture des frontières. De fait, qui dit ouverture dit contrôles plus importants pour s’assurer que le coronavirus, officiellement absent du pays, ne se développe pas. Les frontières avec la Caspienne, l’Ouzbékistan et l’Iran sont déjà équipées depuis plusieurs mois pour isoler pendant les 14 jours réglementaires d’éventuels nouveaux arrivants.

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Comme l’a rapporté le média turkmène indépendant Chronicles of Turkmenistan en mars dernier, un centre de contrôle existe aussi dans la capitale Achgabat. L’existence de ces centres avait été révélée par le gouvernement en avril dernier alors qu’il se défendait de cacher des cas de coronavirus, dans le but d’illustrer sa maîtrise de la situation.

L’Iran, partenaire privilégié pour la réouverture des frontières 

Alors que la question de la reprise des échanges se pose avec les pays frontaliers du Turkménistan, l’Iran s’impose comme un pays prioritaire. L’inauguration, le 8 juin dernier, du pont de Sarakhs entre l’Iran et le Turkménistan, est une illustration de cette relation spéciale. Comme l’a rapporté le ministère des Affaires étrangères turkmène, ce pont a un but économique : accroître et fluidifier les échanges entre les deux nations. Mais il a aussi une forte valeur diplomatique, à commencer par son nom : baptisé « Pont de l’amitié », il souligne bien la volonté d’entente entre les deux pays.

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De son côté, l’ambassadeur d’Iran à Achgabat a rappelé les intérêts de son pays au Turkménistan à l’IRNA, l’agence de presse officielle de l’Iran. Plus qu’un voisin, l’Iran affirme vouloir faire du Turkménistan un partenaire économique de premier ordre. Et de manière générale, la République islamique mène ces derniers temps une politique active de renforcement des liens avec d’autres pays d’Asie centrale, notamment le Kazakhstan et le Tadjikistan.

La frontière iranienne devrait rouvrir prochainement, rapporte l’agence de presse officielle iranienne, qui a cité la date du 10 juin. Néanmoins, ce jeudi 11 juin, aucune confirmation de cette information n’a été publiée sur les médias officiels turkmènes.

Héloïse Dross
Rédactrice pour Novastan

Relu par Anne Marvau

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