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	<title>discrimination | Novastan France</title>
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	<description>L&#039;Asie centrale expliquée, avec Novastan</description>
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	<title>discrimination | Novastan France</title>
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		<title>Au Kazakhstan et au Kirghizstan, l’épineux combat des militants LGBT+</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Juliette Amiranoff]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Dec 2021 17:13:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Kirghizstan]]></category>
		<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/au-kazakhstan-et-au-kirghizstan-lepineux-combat-des-militants-lgbt/">Au Kazakhstan et au Kirghizstan, l’épineux combat des militants LGBT+</a></p>
<p>Au Kazakhstan et au Kirghizstan, les responsables des mouvements féministes et LGBT+ constatent un grave recul de leurs droits. Outre les menaces directes dont leurs communautés font l’objet, ils dénoncent plus largement la déliquescence des sociétés et la généralisation des discriminations. Novastan reprend et traduit ici un article publié le 25 mai 2021 par le média [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/au-kazakhstan-et-au-kirghizstan-lepineux-combat-des-militants-lgbt/">Au Kazakhstan et au Kirghizstan, l’épineux combat des militants LGBT+</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Au Kazakhstan et au Kirghizstan, les responsables des mouvements féministes et LGBT+ constatent un grave recul de leurs droits. Outre les menaces directes dont leurs communautés font l’objet, ils dénoncent plus largement la déliquescence des sociétés et la généralisation des discriminations.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Novastan reprend et traduit ici un article publié le 25 mai 2021 par le média kazakh <a href="https://vlast.kz/obsshestvo/45135-borba-silnee-straha.html">Vlast.kz</a>.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La journée mondiale de lutte contre l’homophobie, la biphobie et la transphobie, le 17 mai, a une signification particulière pour les militants féministes et LGBT+ kazakhs et kirghiz. Les obstacles auxquels ils font face demeurent considérables. Réunis à cette occasion lors d’une table ronde organisée par l’ambassade néerlandaise à <a href="https://www.novastan.org/fr/kazakhstan/la-capitale-du-kazakhstan-renommee-nur-sultan/">Nur-Sultan</a>, ils ont réaffirmé leur volonté de poursuivre la lutte en faveur des droits humains et contre toute forme de discrimination.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/paroles-de-feministes-et-militants-lgbt-au-kazakhstan/">Paroles de féministes et militants LGBT au Kazakhstan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 2009, l’association <a href="https://indigo.kg/en">Kyrgyz Indigo</a> représente la communauté LGBT+ au Kirghizstan. Ses membres s’inquiètent de la détérioration de la situation des droits humains depuis l’arrivée de <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/sadyr-japarov-le-chuchoteur-du-peuple/">Sadyr Japarov</a> au pouvoir, à l’automne 2020.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Le piège de la nouvelle constitution kirghize</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Notre <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Constitution_du_Kirghizistan">constitution</a> a été entièrement réécrite. Elle a pour fil rouge de régir les valeurs des citoyens du Kirghizstan. Toute ONG dont l’objet serait de défendre les droits des personnes LGBT+ et les droits des femmes tombe ainsi sous le coup d’une forme d’interdiction, ne correspondant pas aux valeurs morales kirghizes telles qu’elles ont été définies »</em>, explique le représentant de Kyrgyz Indigo.

</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Selon lui, les militants ont été placés sous la surveillance de la police, laquelle aurait exposé leurs données personnelles sur Internet. Malgré ces tentatives d’intimidation, ils ont décidé de poursuivre leur combat.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/entre-succes-et-rejet-les-feministes-kirghizes-continuent-de-se-battre/">Entre succès et rejet, les féministes kirghizes continuent de se battre</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Dans l’ensemble, la politique menée par le nouveau gouvernement kirghiz est beaucoup plus répressive qu&rsquo;auparavant, à l’égard des voix dissidentes. Les militants ou les blogueurs qui expriment des opinions critiques sont étroitement surveillés. La solidarité qui existait dans la société civile a disparu&#8230; Il n’y a plus d’actions d’ampleur. Nous avons beaucoup réfléchi après la publication de nos données personnelles mais nous en sommes arrivés à la conclusion que la lutte est plus forte que la peur, et que notre amour est plus fort que la mort. Notre objectif est de parvenir à ce qu’aucun membre de la communauté LGBT+ au Kirghizstan ou en Asie Centrale n’ait à souffrir de ce qu’il est ou de ce qu’il fait »</em>, poursuit le militant kirghiz.</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Au Kazakhstan, le succès du mouvement «&nbsp;anti-genre&nbsp;»</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Il y a de l’espoir, mais la situation est critique&nbsp;»</em>, reconnaît la cofondatrice du mouvement féministe kazakh <a href="https://feminita.kz/">Feminita</a>, Janar Sekerbaïeva. <em>« Au Kazakhstan, on peut plus facilement se mobiliser et exprimer ses opinions, mais le développement des mouvements anti-genre nous a pris au dépourvu. »</em></p>



<figure class="wp-block-image alignnone wp-image-52230 size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1280" height="853" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/12/Vlast-LGBT-1.jpg" alt="Militants LGBT Droits des femmes Féministes Kazakhstan Kirghizstan Almaty Marche" class="wp-image-52230" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/12/Vlast-LGBT-1.jpg 1280w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/12/Vlast-LGBT-1-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/12/Vlast-LGBT-1-1024x682.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/12/Vlast-LGBT-1-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/12/Vlast-LGBT-1-128x86.jpg 128w" sizes="(max-width: 1280px) 100vw, 1280px" /><figcaption class="wp-element-caption">Les militantes Galzada Serjan, Janar Sekerbaïeva et Tatiana Tchernobyl lors de la marche des femmes, Almaty, 2021.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Je pense que nous n’avons pas réagi assez vite aux premières déclarations des mouvements anti-genre. Feminita a tout de même lancé un débat sur le genre, suite à la proposition de la députée du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Majilis">Majilis </a></em>(la chambre basse du parlement kazakh, ndlr) <em>Irina Ounjakova de remplacer le mot “genre” par le mot “égalité des sexes”. Nous avons retrouvé l’origine de cette expression : c’est une rhétorique fasciste développée par l’extrême droite allemande (…). Nous en sommes donc arrivés, dans le Kazakhstan contemporain, à reprendre les mots du fascisme. Il y a de nombreuses personnes sensibles aux propos des mouvements anti-genre, des anti-LGBT+, et beaucoup d’autres “anti” … »</em>, soupire la militante kazakhe.
</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>L’enjeu de l’accès au droit
</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">La pandémie de Covid-19 a également contribué à la détérioration de la situation et à placer les membres de la communauté LGBT+ dans une situation de grande vulnérabilité. Aupavant, ils pouvaient vivre en autonomie, sortir de chez eux pour fuir la réprobation ou le rejet de leurs familles. Ils se retrouvent désormais isolés et subissent la défiance de leurs proches, sans entrevoir d’échappatoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour lutter contre ce phénomène, la <a href="https://afew.org/countries/kazakhstan/">fondation AFEW Kazakhstan</a> a formé dix militants aux principes de l’accès au droit. Ils sont chargés de délivrer des consultations en ligne aux membres de la communauté LGBT+. L’obstacle principal semble être l’ignorance des personnes concernées quant à leurs propres droits, comme le reconnaît le directeur exécutif de la fondation, Roman Doudnik.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/lgbtqi-quand-novastan-rencontre-quarteera/">LGBTQI : quand Novastan rencontre Quarteera</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Parfois, on a le sentiment de vivre au Moyen Âge. Mes poils se hérissent en lisant certains témoignages. Comment peut-on vivre ainsi ? Notre société trouve encore normal d’insulter une personne transgenre, de lui demander de se déshabiller pour montrer des parties de son corps. C’est inhumain ! La situation s’aggrave aussi parce que les membres de la communauté LGBT+ ignorent leurs droits. Ils ne réalisent pas certaines atteintes à leurs droits et ne savent pas où se renseigner »</em>, explique-t-il.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">

Pour Roman Doudnik, l’éducation juridique est la priorité. Il considère en effet qu’une personne doit connaître ses droits, savoir quand ils ne sont pas respectés, savoir où se renseigner et comment se défendre. La fondation a donc renforcé ses actions en ce sens et a formé de nouveaux assistants juridiques dans cinq villes du Kazakhstan.
</p>



<h5 class="wp-block-heading"><strong>Combattre toutes les formes de discriminations</strong></h5>



<p class="wp-block-paragraph">
Pour Evgueni Jovtis, directeur du <a href="https://bureau.kz/en/">Kazakhstan International Bureau for Human Rights</a>, il est difficile d’être sans cesse victime de discrimination et de lutter en permanence, mais sans cette lutte, il n’y a pas d’avancée possible. Il cite l’exemple de la lutte contre la peine de mort dans les années 1990, qui n’a finalement été aboli qu’en 2020, après un moratoire de 20 ans. De même pour la torture, tabou absolu jusqu’à la fin des années 1990 mais dont on parle aujourd’hui ouvertement.

</p>



<figure class="wp-block-image alignnone wp-image-52231 size-full"><img decoding="async" width="900" height="600" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/12/VLAST-LBGT-2.jpg" alt="Evgueni Jovtis Militant Droits de l'Homme LGBT Droits des Femmes Kazakhstan" class="wp-image-52231" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/12/VLAST-LBGT-2.jpg 900w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/12/VLAST-LBGT-2-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/12/VLAST-LBGT-2-768x512.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/12/VLAST-LBGT-2-128x86.jpg 128w" sizes="(max-width: 900px) 100vw, 900px" /><figcaption class="wp-element-caption">Evgueni Jovtis.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« La communauté LGBT+ est soudée, mais il est essentiel de comprendre que l’enjeu des discriminations qui traverse toute la société, ne concerne pas seulement notre communauté. De très nombreux groupes sont également touchés. Si l’on veut lutter pour éliminer toutes les causes de discrimination sur quelque fondement que ce soit, il est d’autant plus important de se battre tous ensemble contre tout type d’exclusion, de rabaissement, de négation de quelque droit que ce soit, qu’elle qu’en soit la raison. Parce qu’ainsi, chacun peut s’occuper de ses affaires, résoudre ses problèmes particuliers et vivre sa vie. Il est primordial d’éliminer les discriminations dans la loi et dans la pratique »</em>, résume Evgueni Jovtis.
</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Tamara Vaal</strong><br><strong>Journaliste pour Vlast</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://vlast.kz/obsshestvo/45135-borba-silnee-straha.html">russe</a> par Juliette Amiranoff</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Guillaume Gérard</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Jacqueline Ripart</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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			</item>
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		<title>LGBTQI : quand Novastan rencontre Quarteera</title>
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		<dc:creator><![CDATA[zarinaz]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Jan 2021 13:45:08 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/lgbtqi-quand-novastan-rencontre-quarteera/">LGBTQI : quand Novastan rencontre Quarteera</a></p>
<p>Le 7 avril 2020, la version allemande de Novastan a organisé son premier évènement en ligne en coopération avec Quarteera. Les échanges entre les expert-e-s et les participant-e-s ont été consacrés à la question de la vie quotidienne des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres, queer et intersexe (LGBTQI) en Asie centrale, à la migration queer [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/lgbtqi-quand-novastan-rencontre-quarteera/">LGBTQI : quand Novastan rencontre Quarteera</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le 7 avril 2020, la version allemande de Novastan a organisé son premier évènement en ligne en coopération avec Quarteera. Les échanges entre les expert-e-s et les participant-e-s ont été consacrés à la question de la vie quotidienne des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres, queer et intersexe (LGBTQI) en Asie centrale, à la migration queer et à l&rsquo;engagement concernant les sujets LGBTQI, ainsi qu’au manque de couverture médiatique de ces sujets dans la région.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Novastan reprend ici un article publié le 28 avril 2020 dans <a href="https://novastan.org/de/novastan-ev/rueckblick-novastan-trifft-quarteera/">notre version allemande</a>.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Initialement prévue en format physique à Berlin à la fin du mois d’avril 2020, la rencontre a été annulée du fait de la crise sanitaire liée au coronavirus. Au lieu de cela, l’équipe allemande de Novastan et l’ONG <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Quarteera">Quarteera</a>, spécialisée dans les questions lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres, queer et intersexe (<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Lesbiennes,_gays,_bisexuels_et_transgenres">LGBTQI</a>) dans l’espace russophone, ont organisé leur tout premier évènement en ligne le 7 avril.</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Novastan est le seul média européen (en français, en allemand et en anglais) spécialisé sur l'Asie centrale. Entièrement associatif, il fonctionne grâce à votre participation. Nous sommes indépendants et pour le rester, nous avons besoin de vous ! Vous pouvez nous soutenir <strong><a href="https://novastan.org/fr/sabonner/"> en vous abonnant</a></strong>, en réalisant <a href="https://www.okpal.com/soutenez-novastan-seul-media-francais-sur-l-asie/#/"> un don défiscalisé à 66 %</a>, ou en devenant membre actif<strong> <strong><a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/devenez-membre-devenez-novastan/">par ici</a></strong>.</strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec cette organisation en format distanciel, plus de 20 personnes ont pu y participer, y compris des individus qui ne se trouvaient pas à Berlin et donc n’auraient pas pu être présents si l’évènement avait été en présentiel.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Terminologie : quel est le concept de genre ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le panel s’est ouvert avec l’intervention de l’experte en étude de genre <a href="https://univie.academia.edu/SaltanatShoshanova">Saltanat Chochanova</a>, qui a exposé les différences entre le sexe, le genre et la sexualité. Afin de mieux comprendre le sujet, le genre a été présenté à travers le concept du « Genderbread Person » en utilisant quatre catégories : le genre biologique apparenté au sexe de la personne, l’identité de genre correspondant au genre auquel s’identifie l’individu, l’expression de genre et l’autodétermination sexuelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De plus amples informations sur ce sujet se trouvent sur le site officiel <a href="https://www.genderbread.org/">de The Genderbread Person v4.0</a>. L’experte a ensuite expliqué le terme alternatif « queer », qui a une signification différente dans les communautés LGBTQI russophones où ce terme est souvent utilisé comme pseudonyme. Lors de l&rsquo;échange avec les participants, elle a relevé que l’Asie centrale avait également ses propres termes pour désigner la communauté LGBTQI, des termes souvent utilisés dans un contexte négatif.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Migration et engagement queer</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les pays d&rsquo;Asie centrale, il existe encore des stéréotypes caricaturaux et des idées erronées sur les personnes queer qui peuvent entrainer des menaces voire des agressions physiques. C’est pour cette raison que de nombreuses personnes LGBTQI émigrent vers des pays <em>« où elles peuvent respirer »</em> et avoir une <em>« vie meilleure »</em>, a décrit Saltanat Chochanova<em>.</em> Par chance, nos invité-e-s originaires d’Asie centrale et appartenant à la communauté LGBTQI n’ont pas été persécuté-e-s dans leur pays d&rsquo;origine. Néanmoins, il ressort de ces échanges un mal-être dans ces sociétés où la haine anti-LGBTQI est toujours fortement présente.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Europe, de nombreuses personnes homosexuelles issues de l&rsquo;immigration se sont engagées à soutenir les personnes LGBTQI en Asie centrale à travers plusieurs projets. Une de ces initiatives est le projet <a href="https://www.kok.team/">Kok.team</a>, basé à Prague. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une plateforme en ligne informative sur la communauté LGBTQI au Kazakhstan. Kok.team s&rsquo;est fixé comme objectif de créer une communauté LGBTQI dans le pays et d&rsquo;informer sur des sujets spécifiques à cette communauté. L&rsquo;une des tâches les plus importantes de la plateforme Kok.team est de rendre publics des cas de violations des droits de l&rsquo;Homme sur les personnes LGBTQI au Kazakhstan. De surcroît, l&rsquo;équipe tente de mettre en place des conseils juridiques pour les personnes concernées et de leur apporter un soutien financier, notamment grâce au financement participatif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le projet <a href="https://www.kickstarter.com/projects/khk/olar-a-trilingual-qazaqstani-lgbtqia-zine?lang=fr&amp;fbclid=IwAR0sRpBARSV_IjDAgE3ZpdNAaNepRKLMFwUfktRJWLqKIP3VaueZQQij9cI">OLAR</a> est un autre exemple d’engagement. Il s&rsquo;agit de la première plateforme trilingue en ligne au Kazakhstan dédiée aux sujets LGBTQI . OLAR vise à mettre en lumière le côté créatif et culturel des personnes LGBTQI. Pour ce faire, la plateforme publie des créations artistiques diverses allant des poèmes aux peintures. Il est important que le contenu soit disponible dans les trois langues : kazakh, russe et anglais.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment vivent les personnes LGBTQI en Asie centrale ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">D’un point de vue européen, il est difficile de distinguer la situation de la communauté LGBTQI dans les différents pays d’Asie centrale. Cependant, celle-ci n’est pas uniforme dans la région. Afin de pouvoir mieux différencier les spécificités selon les pays et le traitement des personnes LGBTQI dans chacun d’eux, un participant a créé une pyramide classant les pays les plus répressifs en bas et les pays les moins répressifs à son sommet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En bas de la pyramide se trouve le Turkménistan, où l&rsquo;homosexualité est une infraction pénale. Selon l&rsquo;article 135 du Code pénal du pays, les relations homosexuelles entre hommes et des pratiques telle que la sodomie sont passibles de deux ans de prison, décrit <a href="https://www.rferl.org/a/lgbt-in-turkmenistan-go-to-jail-or-live-a-lie/30230788.html">le média américain Radio Free Europe</a>. Il n’existe que peu d&rsquo;informations sur les personnes LGBTQI car le Turkménistan communique très peu, voire pas du tout, sur le sujet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Ouzbékistan vient en deuxième position des pays les plus répressifs. Comme au Turkménistan, il existe encore une loi dans le Code pénal prévoyant jusqu&rsquo;à trois ans d&#8217;emprisonnement pour les actes sexuels volontaires entre deux hommes. Un participant ouzbek a indiqué que les normes sociales sont très différentes de la loi stricto sensu. Dans la loi, seuls les rapports entre hommes sont punis, laissant les rapports entre femmes et personnes transsexuelles hors du champ d’application théorique. Cependant dans la pratique, d’un point de vue sociétal, la situation est très différente. Les personnes LGBTQI sont fortement critiquées en public, une stigmatisation qui peut entraîner des persécutions et des menaces, relève le média des droits de l’Homme <a href="https://www.opendemocracy.net/en/odr/uzbekistan-homosexuality-illegal-heres-what-lgbt-life/">Open Democracy</a>.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Au milieu de la pyramide se trouve le Tadjikistan. Ce pays a une forte structure patriarcale et l’homosexualité est souvent considéré comme un péché et une « honte pour toute la famille ». Les personnes de la communauté LGBTQI sont souvent soumis à un chantage de la part de leurs proches soucieux de protéger  » l&rsquo;honneur de leur famille ”. De nombreux homosexuels doivent ainsi en passer par un mariage “ conventionnel ” et avoir des enfants <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/la-communaute-lgbt-traquee-au-tadjikistan/">tout en menant une double vie</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/tadjikistan-la-communaute-lgbti-decrite-pour-la-premiere-fois-dans-un-documentaire/">Tadjikistan : la communauté LGBTI décrite pour la première fois dans un documentaire</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Kazakhstan suit, à la quatrième place. Il existe un certain nombre de groupes d&rsquo;initiative, de mouvements et d&rsquo;associations défendant les droits des personnes LGBTQI. Grâce aux protestations de ces groupes, le projet de loi contre la « propagande homosexuelle » a échoué en 2019. Les médias rapportent plus souvent des sujets spécifiques aux LGBTQI de manière équilibrée et neutre. Néanmoins, il n&rsquo;existe pas de structures officielles représentant la communauté LGBTQI dans le pays, l&rsquo;engagement se trouve davantage sur Internet. La situation est encore aggravée par l’absence de loi anti-discrimination. Pour cette raison, de nombreuses personnes LGBTQI ne se sentent pas protégées et <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/nous-existons-la-jeunesse-lgbt-au-kazakhstan-13/">préfèrent vivre cachées</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/paroles-de-feministes-et-militants-lgbt-au-kazakhstan/">Paroles de féministes et militants LGBT au Kazakhstan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au sommet de la pyramide se trouve le Kirghizstan, où il existe des organisations LGBTQI reconnues par l&rsquo;État et des organisations de coopération LGBTIQ. Les militant-e-s LGBTQI sont autorisé-e-s à descendre dans la rue et à exprimer publiquement leurs opinions, ils et elles constituent une partie importante de la société civile kirghize. Cependant, de fortes voix dissidentes se font encore entendre, tant dans la société que dans le gouvernement. La participation d&rsquo;activistes LGBT à la marche durant <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/kirghizstan-la-marche-de-solidarite-pour-la-journee-des-droits-des-femmes-interrompue-par-des-agresseurs-masques/">la Journée des droits des femmes en 2019</a> a entraîné une forte polémique dans tout le pays, comme <a href="https://www.rferl.org/a/rainbow-rage-kyrgyz-rail-against-lgbt-after-central-asia-s-first-gay-pride-march/29825158.html">l’a relevé Radio Free Europe</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment les médias rapportent-ils les problèmes spécifiques aux LGBTQI ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Durant la conférence, les participant-e-s ont également discuté de la couverture médiatique des sujets spécifiques aux LGBTQI dans la région. Si le traitement de ces sujets diffère d’un pays à l’autre dans la région d’Asie centrale, un consensus existe sur l’absence de couverture médiatique neutre sur les questions LGBTQI. Les sujets sont traités superficiellement et parfois de manière anecdotique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De nombreux journalistes ont peur d’écrire sur ces thèmes, ce qui entraîne un manque de visibilité sur de nombreux problèmes. Andreas Schmiedecker, un expert du <a href="https://www.n-ost.org/97-network-of-journalists-focusing-on-lgbtq-in-post-soviet-states">projet « Unit» du média allemand n-ost,</a> a déclaré que d’après son expérience, il est très difficile d’obtenir des informations fiables sur les LGBTQI en Asie centrale. Les communautés LGBTQI dans ces pays sont très fermées, ce qui explique que les signalements se font principalement par l&rsquo;intermédiaire de personnes ou d’organisations non officielles, comme Kok.team.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un autre problème se pose : le fossé linguistique. Il existe beaucoup d&rsquo;informations sur des sujets spécifiques aux LGBTQI en russe, mais presque aucune traduction dans les langues d’Asie centrale. Dans ce contexte, les informations restent inaccessibles pour un grand nombre de personnes LGBTQI.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Si vous souhaitez obtenir plus d&rsquo;informations sur les personnes LGBTQI dans les pays</em> <em>russophones, ou si vous connaissez quelqu’un qui a besoin d&rsquo;aide, vous pouvez contacter</em> <em><a href="http://www.quarteera.de/wir">Quarteera e.V</a>. La conférence a eu lieu dans le cadre du projet <a href="http://raznoobrasije.org/">Pазнообразие heißt Vielfalt</a>.</em></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Zarina Zinnatova<br>Membre du bureau de Novastan Deutsch</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit <a href="https://novastan.org/de/novastan-ev/rueckblick-novastan-trifft-quarteera/">de l’allemand</a> par Clémence de Lacour</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Laura Sauques</strong> </p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Anne Marvau</strong></p>


<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Tadjikistan : la communauté LGBTI décrite pour la première fois dans un documentaire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[dlebotlan]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Oct 2020 13:32:26 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
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		<category><![CDATA[discrimination]]></category>
		<category><![CDATA[Documentaire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/tadjikistan-la-communaute-lgbti-decrite-pour-la-premiere-fois-dans-un-documentaire/">Tadjikistan : la communauté LGBTI décrite pour la première fois dans un documentaire</a></p>
<p>Six représentants de la communauté LGBTI tadjike ont partagé leur histoire à travers un court-métrage documentaire intitulé Le silence assourdissant. Avec trois minutes par interview, ces citoyens décrivent leur quotidien dans un pays où les personnes LGBTI sont victimes de discriminations permanentes.&#160; Novastan reprend ici et traduit un article publié le 15 juillet 2020 par [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Six représentants de la communauté LGBTI tadjike ont partagé leur histoire à travers un court-métrage documentaire intitulé <em>Le silence assourdissant</em>. Avec trois minutes par interview, ces citoyens décrivent leur quotidien dans un pays où les personnes LGBTI sont victimes de discriminations permanentes.&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Novastan reprend ici et traduit un article publié le 15 juillet 2020 par le média russe spécialisé sur l’Asie centrale, <a href="https://fergana.site/articles/119814/">Fergana News</a>.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Nous avons peur de parler parce que nous savons que nous sommes un sujet tabou. Après le tournage, certains de nos héros ont été victimes d&rsquo;intimidation et l&rsquo;équipe de tournage a dû résider en dehors du pays le temps que l&rsquo;affaire se tasse »</em>, annonce une voix off au début du documentaire <em>Le silence assourdissant</em>. Ce <a href="https://www.youtube.com/watch?v=4seW1sIL04w&amp;feature=youtu.be">court-métrage</a>, le premier du genre au Tadjikistan, décrit le quotidien des personnes lesbiennes, gay, bisexuels, transsexuels et intersexuels (LGBTI) dans un pays où ils ne sont pas les bienvenus.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Le tournage a duré deux semaines en 2019. Si les prises de vues se sont faites au Tadjikistan, le montage et le mixage l’ont été à l&rsquo;étranger. Les auteurs sont des militants et sont soutenus par le Centre anti-discrimination (ADC) de l&rsquo;association Memorial.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/un-jour-dans-la-vie-dun-homosexuel-de-bichkek/">Un jour dans la vie d&rsquo;un homosexuel de Bichkek</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le générique du film, il est expliqué que pour des raisons de sécurité, il a été décidé de ne pas montrer les visages des interviewés, de changer leurs noms et leurs voix. Les voix ont été prêtées par d’autres ressortissants de la communauté LGBTI qui ont vécu une expérience semblable au Tadjikistan et qui sont désormais exilés en Europe pour échapper aux persécutions liées à leur orientation sexuelle. D&rsquo;après le guide de voyage pour gay <a href="https://spartacus.gayguide.travel/">Spartacus</a>, être gay au Tadjikistan est très risqué et peut mettre sa vie en danger. En 2019, dans le classement des pays les plus gay-friendly, Spartakus a positionné le Tadjikistan à la 110ème place sur 197.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>«&nbsp;Si tu n’es pas dans la norme, on ne te témoigne que de la violence&nbsp;»</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les protagonistes du film vivent dans différentes régions du pays. Ils racontent leurs expériences compliquées sur fond de paysages connus. Ainsi, Hussein confie avoir découvert qu&rsquo;il aimait les hommes à treize ans et que déjà, il tâchait de le cacher à ses proches. Mais plus tard, il a tout de même dû faire face à une discrimination imputée à son homosexualité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"> » <em>Mes proches avaient honte de moi, ils ont rompu nos liens. On m&rsquo;a mis en garde à vue, frappé, j&rsquo;ai démissionné plusieurs fois, ne pouvant plus supporter les moqueries de mes collègues. Si tu n&rsquo;es pas dans la norme, on ne te témoigne que de la violence « </em>, explique-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/la-communaute-lgbt-traquee-au-tadjikistan/">La communauté LGBT traquée au Tadjikistan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Tous révèlent leur peur de découvrir et de vivre leur orientation sexuelle. En plus du rejet de leur famille, les homosexuels doivent parfois affronter la violence de la société. Il leur sera impossible de trouver un emploi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien que l’homosexualité ne soit plus un délit pénal depuis plus de vingt ans, les gays ont souvent des problèmes avec la police. «&nbsp;<em>Nous avons beaucoup d&rsquo;ennuis avec les forces de l&rsquo;ordre. Ils font la rencontre de gays sur les réseaux sociaux, puis leur font du chantage, leur mettent la pression en menaçant de tout raconter à leur famille », </em>expose Vafo.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/nous-existons-la-jeunesse-lgbt-au-kazakhstan-33/">Nous existons ! La jeunesse LGBT au Kazakhstan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les transgenres et les homosexuels porteurs du VIH doivent, eux, faire face à une double discrimination.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’expérience de Noura, lesbienne</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nouria, lesbienne, confirme cette agressivité. Elle a été mariée contre sa volonté à un homme. Quand elle lui a annoncé qu&rsquo;elle aimait les femmes, il lui a répondu que maintenant elle n&rsquo;avait pas d&rsquo;autre choix que de vivre avec lui.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em> » Les lesbiennes sont forcées à se marier avec des hommes. Quand elles s&rsquo;y opposent, leurs parents leur disent qu&rsquo;elles ont des impuretés en elles, qu&rsquo;il suffit de prier pour que ça passe « ,</em> raconte Nouria.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle continue en disant qu&rsquo;au Tadjikistan, les lesbiennes sont violées pour qu&rsquo;elles <em> » puissent essayer les hommes « </em> et rejeter leur orientation, ce qui inflige un traumatisme encore plus grave aux femmes homosexuelles. D&rsquo;autres témoins confirment ces faits. Les Tadjiks sont tenus de fonder tôt leur famille. Si un homme ou une femme refuse de se marier, ils vont soulever des interrogations. Alors, beaucoup de membres de la communauté LGBTI vont se marier pour cacher leur véritable orientation.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em> » La plupart des gays ont une famille, font des enfants, mais intérieurement il leur est difficile de faire taire ce qu&rsquo;ils sont. Je n&rsquo;ai jamais rencontré quelqu&rsquo;un qui se réduise à sa sphère conjugale et tous continuent de côtoyer des hommes en cachette « ,</em> relate Vafo dans le film.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une situation plus que difficile</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;une des voix dans <em>Le silence assourdissant </em>appartient à Islom Alizoda (pseudonyme), l&rsquo;auteur du film. En 2015, il a dû quitter le pays avec son compagnon pour l&rsquo;Europe après des déconvenues avec les forces de l&rsquo;ordre.</p>


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<p class="wp-block-paragraph"> » <em>L&rsquo;idée de ce film me trottait dans la tête depuis cinq ans. Elle n&rsquo;est venue qu’après que je suis devenu réfugié. J&rsquo;ai parlé à l&rsquo;administration de l&rsquo;oppression des homosexuels tadjiks. Ils m&rsquo;ont demandé si je pouvais prouver mes propos par des articles de médias en ligne, il n&rsquo;y avait rien. Le sujet des LGBTI est tellement tabou, que malgré le sort de la communauté, les journalistes n&rsquo;en parlent pas « , </em>décrit Islom Alizoda à Fergana News.</p>



<figure class="wp-block-embed-youtube wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe title="Оглушительная тишина - Трейлер" width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/4seW1sIL04w?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Un constat confirmé par <a href="https://adcmemorial.org/wp-content/uploads/lgbt_ca_ru.pdf">le rapport</a> de soixante pages du Centre anti-discrimination de Memorial intitulé <em>LGBTI+ en Asie centrale : répression, discrimination, isolement</em>. Rendu public en mai dernier, il décrit qu&rsquo;effectivement, excepté les quelques agences de presse étrangères, les médias tadjiks passent la thématique sous silence.</p>



<p class="wp-block-paragraph"> » <em>Les</em> <em>journalistes les plus progressistes parlent du manque de médias prêts à publier leurs articles ainsi que de l&rsquo;homophobie à laquelle leurs collègues font face quand ils proposent de telles publications. Ils dénoncent un manque d&rsquo;information sur l&rsquo;orientation sexuelle. En outre, il n&rsquo;y a presque pas d&rsquo;experts, de défenseurs des droits de l&rsquo;Homme, de militant et d&rsquo;activistes dans le domaine public capables de commenter la situation réelle des personnes LGBT « , </em>indique le rapport<em>.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan :  <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/la-question-des-droits-des-minorites-sexuelles-toujours-en-suspens-au-kirghizstan/">La question des minorités sexuelles toujours en suspens au Kirghizstan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La condition de la communauté est aggravée par un vide représentatif&nbsp;: ni personnalité, ni organisation publique ne porte leur voix. <em> » Jusqu&rsquo;à présent, l&rsquo;enregistrement des groupes d&rsquo;initiative qui affichent directement un travail avec des personnes LGBTI est impossible au Tadjikistan, car la protection des droits des personnes LGBTI est vue comme une violation de la morale publique. Il en résulte que plusieurs associations exercent sans s&rsquo;enregistrer, d&rsquo;autres adoptent un champ d&rsquo;action plus vaste, comme celui de la santé « , </em>indique le rapport.</p>



<p class="wp-block-paragraph"> » <em>Après m&rsquo;être installé en Europe, je suis allé, de moi-même, vers les journalistes. Je leur proposais des sujets à aborder et les aidais à trouver des personnes souhaitant témoigner, ou répondais moi-même aux interviews. J&rsquo;ai fait tout ça pour montrer au monde que nous existons, que nous sommes en grande difficulté et pour que les personnes ayant fui le pays puissent acquérir le statut de réfugié en s&rsquo;appuyant sur ces publications « </em>, explique Islom Alizoda<em>.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un tournage de film compliqué et risqué</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le projet de film dédié à&nbsp;la communauté LGBT n’a pas trouvé de partisans dans l’espace médiatique tadjik car le tournage d’un tel film, même d’un court-métrage, est une affaire compliquée et risquée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"> » <em>Je</em> <em>tenais</em> <em>particulièrement à filmer au Tadjikistan. Bien sûr, nous pouvions organiser le tournage en Europe, d&rsquo;autant plus qu&rsquo;il y a suffisamment de réfugiés LGBTI venant de toute l&rsquo;Asie centrale pouvant partager leurs histoires. Toutefois, il était important pour nous de montrer que des homosexuels vivent aujourd&rsquo;hui et partout au Tadjikistan. Pour certains ce sont des choses évidentes, mais l&rsquo;essentiel de la société tadjike préfère penser que nous n&rsquo;existons certainement pas dans le pays « </em>, décrit Islom Alizoda<em>.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est précisément parce que le réalisateur connaît personnellement tous les protagonistes qu&rsquo;ils ont bien voulu se laisser filmer. L&rsquo;équipe de tournage fait également partie du cercle d&rsquo;amis d&rsquo;Islom Alizoda, encore au Tadjikistan. Néanmoins, vers la fin du tournage, l&rsquo;un des personnages du film a été contacté par des policiers qui l&rsquo;ont questionné sur une certaine journaliste étrangère cherchant des informations sur la communauté LGBTI du pays.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="496" height="310" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/10/2.jpg" alt="LGBTI Tadjikistan Documentaire Court-métrage Berlin exilés" class="wp-image-40121" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/10/2.jpg 496w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/10/2-300x188.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 496px) 100vw, 496px" /><figcaption>Des réfugiés tadjiks à la Gay Pride de Berlin. </figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"> » <em>En vérité, la journaliste en question travaillait sur notre projet et était tadjike. À Douchanbé, une équipe d&rsquo;experts étrangers était effectivement venue observer le tournage. Cependant, les policiers ont été pour nous une piqûre de rappel et pour contrer tout risque, nous avons décidé de quitter le pays</em> « , raconte Islom Alizoda.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour rencontrer les différents interprètes du film, l&rsquo;équipe a sillonné toutes les régions du pays, à l&rsquo;exception de la région autonome du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Haut-Badakhchan">Haut-Badakhchan</a>.  » <em>Faute de budget, nous n&rsquo;avons pas pu aller là-bas. À l&rsquo;origine, nous avions prévu d&rsquo;inclure aussi des personnes ne venant pas de la communauté queer, comme des médecins, des journalistes et des fonctionnaires d&rsquo;État liés à notre sujet. J&rsquo;espère qu&rsquo;à l&rsquo;avenir nous aurons l&rsquo;occasion de construire une œuvre plus</em> <em>complète</em> « , confie le militant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des stéréotypes présents au sein même de la communauté LGBTI</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré les appels répétés <a href="https://adcmemorial.org/wp-content/uploads/lgbt_ca_ru.pdf">des comités des Nations Unies</a>, les autorités tadjikes refusent toujours d&rsquo;adopter une législation protégeant des discriminations les minorités sexuelles et de genre. En 2019, en réponse à ces recommandations, Zarif Alizoda, le médiateur des droits de l&rsquo;Homme du Tadjikistan a déclaré qu&rsquo;il était impossible de les suivre en raison des<em> « normes morales et de l’éthique des relations entre les individus du pays »</em>, a <a href="https://fergana.media/articles/111898/">rapporté Fergana News</a><em>.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">À chaque mention du thème des LGBTI, les médias locaux se heurtent à une tempête d&rsquo;indignation publique. De plus, des stéréotypes discriminatoires continuent d&rsquo;exister au sein même de la communauté. Le rapport de Memorial cite des témoignages de militants qui dénigrent la cause lesbienne en la qualifiant de moins grave et ne nécessitant pas autant de protection que celle des hommes. Tout cela s&rsquo;explique par les stéréotypes patriarcaux, dont les représentants LGBTI eux-mêmes n&rsquo;ont pas conscience, et par le fait que le niveau de rejet des lesbiennes par la société n&rsquo;est pas le même que pour les hommes homosexuels.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Lola Khodjaïeva<br>Journaliste pour Fergana News</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit <a href="https://fergana.site/articles/119814/">du russe</a> par Daniel Le Botlan</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Christine Wystup</strong> </p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Anne Marvau</strong></p>


<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Les droits de l’Homme progressent lentement en Ouzbékistan</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Pierre-François Hubert]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Mar 2019 15:43:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[discrimination]]></category>
		<category><![CDATA[Droits de l'Homme]]></category>
		<category><![CDATA[Droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté d'expression]]></category>
		<category><![CDATA[Liberté de la presse]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
		<category><![CDATA[Travailleurs migrants]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/les-droits-de-lhomme-progressent-lentement-en-ouzbekistan/">Les droits de l’Homme progressent lentement en Ouzbékistan</a></p>
<p>70 ans après la Déclaration universelle des droits de l’Homme, les Ouzbeks peinent à faire reconnaître leurs droits. Quand ils savent qu&#8217;ils en ont. Novastan reprend et traduit un article initialement publié par le site d&#8217;informations ouzbek Hook-report. A la fin de l&#8217;année 2018, l’humanité a célébré en grande pompe l’anniversaire de la Déclaration universelle [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/les-droits-de-lhomme-progressent-lentement-en-ouzbekistan/">Les droits de l’Homme progressent lentement en Ouzbékistan</a></p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY"><strong>70 ans après la Déclaration universelle des droits de l’Homme, les Ouzbeks peinent à faire reconnaître leurs droits. Quand ils savent qu&rsquo;ils en ont.</strong></p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY"><strong>Novastan reprend et traduit un article initialement publié par le site d&rsquo;informations ouzbek <a href="https://hook.report/2018/11/ili-pravo-imeyu/">Hook-report</a>.</strong></p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY">A la fin de l&rsquo;année 2018, l’humanité a célébré en grande pompe l’anniversaire de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_universelle_des_droits_de_l'homme">Déclaration universelle des droits de l’Homme</a>. Ce document, qui définit la valeur absolue de chaque citoyen de la planète, a été rédigé il y a 70&nbsp;ans.</p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY">En Ouzbékistan, la situation des droits de l’Homme a toujours été ambiguë&nbsp;: chacun en bénéficie dès sa naissance, mais personne n’y accorde beaucoup d’attention. Les autorités bafouent régulièrement les libertés de leurs citoyens, qui n’y voient aucun problème et considèrent que les droits de l’Homme sont issus du libéralisme occidental qui n’a pas sa place dans cette région du monde.</p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY">Depuis deux ans, cette situation s’est légèrement modifiée&nbsp;: les Ouzbeks ont découvert que leur gouvernement faisait fi de leurs droits, de sorte que certains se sont mis à exiger le respect de ceux-ci. Toutefois, ce changement ne s’est opéré que dans les principales villes du pays. Impossible en effet de savoir ce qu’il en est dans les régions où les citoyens ne connaissent rien de leurs droits et laissent les autorités locales en tirer profit.</p>
<p style="text-align: justify;" align="CENTER"><strong>Une signature tardive</strong></p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY">La définition en est assez simple&nbsp;: tout être humain jouit de droits dès sa naissance. Ces droits ne dépendent pas de législations nationales, il ne s’agit pas de privilèges arbitraires ; ce sont des règles qui garantissent la dignité et la liberté de tout individu. Les États sont tenus de les exécuter et les faire respecter sans en dédaigner aucune. La Déclaration universelle des droits de l’Homme, signée le 10&nbsp;décembre 1948 et reconnue par la majorité des pays, a transformé ces règles en principe fondateur.</p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY">
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<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY">L’Ouzbékistan ne fait pas exception. Le pays a adopté ces droits et s’est engagé à en garantir l’application en 1991, après la chute de l&rsquo;URSS. Avec certaines nuances toutefois&nbsp;: si la plupart des documents des Nations unies relatifs aux droits de l’Homme ont été signés, certains protocoles et conventions attendent encore leur heure.</p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY">Ainsi, en 1995, l’Ouzbékistan a signé la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, sans ratifier le protocole facultatif à cette convention. Ce qui signifie que les citoyens ouzbeks ne disposent pas de mécanisme de plainte s’ils sont victimes de discriminations ou que leurs droits sont bafoués.</p>
<p><figure id="attachment_22497" aria-describedby="caption-attachment-22497" style="width: 900px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-22497" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2019/03/DH-1.jpg" alt="" width="900" height="445" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2019/03/DH-1.jpg 900w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2019/03/DH-1-300x148.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2019/03/DH-1-768x380.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 900px) 100vw, 900px" /><figcaption id="caption-attachment-22497" class="wp-caption-text">En Ouzbékistan, 160 000 personnes sont victimes de travail forcé</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY">Autre exemple&nbsp;: la Convention contre la torture, signée en 1995. À nouveau, un protocole non signé prive les citoyens de la possibilité de porter plainte. Il en va de même du protocole à la Convention relative aux droits des personnes handicapées. Ou celui concernant la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille, que l’Ouzbékistan n’a d’ailleurs pas adopté.</p>
<p style="text-align: justify;" align="CENTER"><strong>Le gouvernement ouzbek volontaire</strong></p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY">Conformément à l’usage international et à la position du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme (HCDH), l’État est toujours responsable des violations des droits fondamentaux. En effet, outre les violations directes, l’État est directement responsable de ce qui se passe sur son territoire. Il lui incombe donc de créer des barrières et des mécanismes de protection.</p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY"><strong>Lire aussi sur Novastan :&nbsp;<a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/notre-objectif-cest-une-democratie-entiere-affirme-lambassadeur-douzbekistan-aux-etats-unis/">« Notre objectif, c’est une démocratie entière », affirme l’ambassadeur d’Ouzbékistan aux Etats-Unis</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY">Si votre voisin entre chez vous et vous torture, c’est l’État que l’on pointe du doigt, puisqu’il n’a pas été en mesure de créer les conditions rendant impossible un tel acte.</p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY">Si l’on enlève votre fille ou votre sœur avant le mariage ou qu’on les marie de force, l’État est toujours responsable, car il est le garant de l’atmosphère et du développement de la société. Bien sûr, chaque individu doit répondre de ses crimes, mais c’est avant tout la faute de l’État, qui est incapable de mettre en place des mécanismes de protection efficaces.</p>
<p><figure id="attachment_22502" aria-describedby="caption-attachment-22502" style="width: 876px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-22502" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2019/03/DH-6.jpg" alt="" width="876" height="474" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2019/03/DH-6.jpg 876w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2019/03/DH-6-300x162.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2019/03/DH-6-768x416.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 876px) 100vw, 876px" /><figcaption id="caption-attachment-22502" class="wp-caption-text">L’État est toujours responsable des violations des droits fondamentaux</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY">Le 5 mai 2018, le président ouzbek&nbsp;<a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/qui-est-le-nouveau-president-de-louzbekistan/">Chavkat Mirzioïev</a> a signé le décret <em>« relatif au programme d’action pour le 70<span style="font-size: 13.3333px;">ème</span>&nbsp;anniversaire de l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l’Homme »</em>. En vertu de celui-ci, un programme d’action a été mis en place, ainsi qu’une commission veillant à son application.</p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY">Si la nature et la substance de ce programme ne sont pas encore claires, le site du médiateur fédéral parle d’une <em>« coopération étroite avec les organisations internationales, en particulier avec les organismes des Nations unies, une participation active des représentants de l’Ouzbékistan aux manifestations internationales célébrant le 70<span style="font-size: 13.3333px;">ème&nbsp;</span>anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et leur large diffusion dans les médias »</em>.</p>
<p style="text-align: justify;" align="CENTER"><b>Des violations courantes&nbsp;</b></p>
<p style="text-align: justify;" align="CENTER">Les violations des droits de l’Homme dans le pays sont tellement monnaie courante que la majorité des citoyens n’y portent même pas attention. L’absence d’information sur ces droits laisse à penser qu’ils sont une valeur imposée par l’Occident, totalement inutile dans la région. Car si l’on dispose d’une constitution, de lois et de droits nationaux, à quoi sert le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme ?</p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY"><strong>Lire aussi sur Novastan :&nbsp;<a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/louzbekistan-se-dit-pret-a-cooperer-avec-lonu-sur-les-droits-de-lhomme/">L’Ouzbékistan se dit prêt à coopérer avec l’ONU sur les droits de l’Homme</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY">Il n’en demeure pas moins que la Convention a été ratifiée par l&rsquo;Ouzbékistan et que celui-ci doit en garantir le respect.&nbsp;Mais il arrive que l’État commette les principales violations aux droits de l’Homme plutôt que d’en assurer la protection.</p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY">L’histoire n’est pas neuve. Au cours des dernières décennies et jusqu’à la mort d’<a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/islam-karimov-un-orphelin-devenu-pere-de-la-nation/">Islam Karimov</a> en 2016, le pays a été impliqué dans des violations très graves.</p>
<p align="JUSTIFY"><strong>Malgré une interdiction officielle&#8230;</strong></p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY">Parmi les droits de l&rsquo;Homme, il existe deux droits inconditionnels, justifiables ou contournables en aucune circonstance&nbsp;: les interdictions de la torture et de l’esclavage. Pourquoi sont-ils absolus ? Parce que la moindre violation de ces droits procure à l’État un pouvoir illimité, hors de portée de toute gestion ou influence. Il a par ailleurs été maintes fois prouvé que la prévention est inefficace contre la torture&nbsp;: l’État n’est pas certain d’obtenir les informations requises, car la torture n’empêche pas un individu de mentir.</p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY">En 2015, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Amnesty_International">Amnesty International</a> a mené une vaste campagne mondiale contre la torture et l’Ouzbékistan y a joué un rôle prépondérant. Dans son enquête, l’organisation a constaté que la torture était utilisée par les autorités partout et tout le temps et qu’aucun citoyen n’était à l’abri.</p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY">L’organisation se bat depuis plus de deux ans en Ouzbékistan pour interdire la torture à des fins d’aveux et de témoignages légaux et pour que les tribunaux refusent les preuves obtenues par ce moyen. Le président Chavkat Mirzioïev a finalement signé un décret interdisant l’utilisation de preuves obtenues sous la pression le 30 novembre 2017.</p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY"><strong>&#8230; la torture est encore utilisée en Ouzbékistan</strong></p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY">Toutefois, ce décret ne représente qu’une première étape dans la lutte contre l’abolition de la torture, car la formulation <em>« sous la pression »</em> ne parle pas directement de torture et laisse place à interprétation.</p>
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<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY">La torture continue d’être une réalité en Ouzbékistan, voire un outil d’État. L’histoire récente du journaliste Davlatnazar Rouzmetov témoigne du fait que les citoyens ouzbeks ne sont pas protégés contre la torture et les menaces pour obtenir des témoignages.</p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY">C&rsquo;est également le cas du député Mourad Djouraïev, tombé en disgrâce et condamné à 21 ans de détention pour « activité antigouvernementale » à caractère politique. Il a subi des sévices et des punitions en prison, qui ont gravement nui à sa santé. Lorsqu’il a finalement été autorité à quitter le pays, les lenteurs administratives l’ont empêché de se procurer un visa.</p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY"><strong>Lire aussi sur Novastan :&nbsp;<a href="https://novastan.org/fr/turkmenistan/aucun-pays-dasie-centrale-ne-reconnait-le-terme-de-prisonnier-politique/">« Aucun pays d’Asie centrale ne reconnaît le terme de prisonnier politique »</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY">Ou encore les affaires autour de Salidjon Abdourahmanov et Azam Farmonov, prisonniers politiques reconnus coupables de torture, mais libérés par les nouvelles autorités en place qui ont déclaré leur peine infondée.</p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY">À sa décharge, Chavkat Mirzioïev affiche sa volonté de convaincre la communauté internationale et d’éliminer cette pratique dans le pays. À cette fin, plusieurs organisations internationales ont été invitées sur le territoire ouzbek afin d’analyser la situation.</p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY"><strong>L&rsquo;esclavage recule</strong></p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY">Le second droit absolu concerne l’esclavage. L’Ouzbékistan occupe toujours une position peu enviable, 69<span style="font-size: 13.3333px;">ème</span>&nbsp;sur 167 pays, dans la liste du <a href="https://www.globalslaveryindex.org/">Global Slavery Index&nbsp;2018 </a>dressée par l’ONG Walk Free Foundation. 160 000 personnes y sont victimes de travail forcé et 47 Ouzbeks sur 100 sont vulnérables à l’esclavage. L’esclavage moderne se caractérise par le fait qu’un individu demeure exempt de tout droit à un travail volontaire et décent, comme c’est le cas pour la collecte du coton et avec les travailleurs migrants. On compte en outre l’esclavage sexuel dont sont victimes les citoyens désespérés, souvent privés de documents officiels, contraints de fournir des services sexuels.</p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY">Pour autant, le ministère de l’Intérieur n’en considère pas les victimes comme des esclaves modernes, de sorte que, selon le rapport, leurs plaintes ne font pas l’objet d’une enquête et les auteurs ne sont pas traduits en justice. D’après la fondation, on compte 40,3 millions d’esclaves dans le monde, dont 71&nbsp;% de femmes.</p>
<p><figure id="attachment_22500" aria-describedby="caption-attachment-22500" style="width: 821px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-22500" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2019/03/DH-4.jpg" alt="" width="821" height="546" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2019/03/DH-4.jpg 821w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2019/03/DH-4-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2019/03/DH-4-768x511.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2019/03/DH-4-128x86.jpg 128w" sizes="auto, (max-width: 821px) 100vw, 821px" /><figcaption id="caption-attachment-22500" class="wp-caption-text">L’Ouzbékistan a été retiré de la liste des pays où le travail forcé des enfants est appliqué</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY">Le rapport sur l’esclavage moderne prend en compte la traite des êtres humains, le travail et le mariage forcés, le travail des enfants et toute autre violation du principe d’égalité et du droit à la liberté individuelle.</p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY">La situation concernant le travail forcé en Ouzbékistan change, mais assez lentement et comme à contrecœur. Cette année, le gouvernement américain a retiré l’Ouzbékistan de la liste des pays où le travail forcé des enfants est appliqué. Cependant, le pays figure toujours dans celle des États confrontés au travail forcé pour les adultes. De plus en plus, le moindre scandale concernant la production de coton déclenche une réaction éclair dans le pays, suivie par des licenciements et d’un arsenal de mesures. Citons l’exemple de Zohir Mirzaïev, impliqué dans l’incident du canal. Mais dès lors que le coton n’est pas au cœur de l’affaire, les incidents sont trop souvent ignorés, et la victime passe pour le coupable.</p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY">Il convient de noter que le non-respect de l’interdiction de l’esclavage viole également l’article&nbsp;23 de la Déclaration des droits de l’homme, qui dispose que <em>« quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu’à sa famille une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s’il y a lieu, par tous autres moyens de protection sociale »</em>.</p>
<p style="text-align: justify;" align="CENTER"><strong>Où en sont les libertés d’expression et de culte ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY">Par le passé, le pays a plutôt prôné une certaine loi du silence qu’une liberté d’expression. Les journalistes, défenseurs des droits de l’homme et citoyens ouzbeks ont été persécutés en raison de leurs divergences de vue avec les autorités. Les violations en ce domaine étaient légion.</p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY">Ainsi, en 2009 et 2010, la documentaliste et journaliste ouzbèke Oumida Ahmedova, ainsi que bon nombre de ses confrères, ont été reconnus coupables d’insulte et de diffamation envers le peuple ouzbek, en vertu des articles&nbsp;139 et 140 du Code pénal. Le tribunal les a amnistiés, mais les persécutions se sont poursuivies. Toujours en 2010, des accusations similaires ont été portées à l’encontre du journaliste de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Voice_of_America">Voice of America</a>, Abdoumalik Boboïev, poursuivi pour <em>« atteinte à l’image de l’Ouzbékistan sur la scène internationale »</em>.</p>
<p><figure id="attachment_22501" aria-describedby="caption-attachment-22501" style="width: 769px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-22501" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2019/03/DH-5.jpg" alt="" width="769" height="446" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2019/03/DH-5.jpg 769w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2019/03/DH-5-300x174.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2019/03/DH-5-768x445.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 769px) 100vw, 769px" /><figcaption id="caption-attachment-22501" class="wp-caption-text">Entre 2009 et 2010, plusieurs journalistes ont été reconnus coupables d’insulte et de diffamation</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY">Dans son <a href="https://www.hrw.org/fr/news/2018/03/27/ouzbekistan-des-journalistes-poursuivis-et-harceles">rapport sur la situation de la liberté d’expression en Ouzbékistan</a>, Human Rights Watch indique que <em>« les évolutions positives dans le domaine de la liberté de la presse demeurent modestes tandis que la censure est toujours autant utilisée. Les autorités contrôlent encore les médias par l’intermédiaire d’organes du gouvernement, l’Agence ouzbèke de Presse et d’Information et l’Association nationale des Médias en ligne, qui exigent un enregistrement officiel et régulent le travail des journalistes. Ces organes continuent d’intimider régulièrement les rédacteurs en chef et les journalistes indépendants. Les persécutions pleuvent toujours sur les journalistes et les citoyens qui critiquent de manière pacifique le pouvoir ».</em></p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY">De plus, ni le site Human Rights Watch ni celui d’Amnesty International ne sont disponibles en Ouzbékistan sans VPN, malgré la visite officielle de représentants des deux organisations.</p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY">La situation de la liberté de culte est tout aussi déplorable. Si la Constitution ouzbèke est ouverte à toutes les confessions, il n’est pas rare que les citoyens soient persécutés et fassent l’objet de dossiers montés de toute pièce.</p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY">Ces persécutions sont dirigées vers des musulmans, accusés d’islamisme, à l’instar des trois membres de la section de la province de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Province_de_Kachkadaria">Kachkadaria</a> de la Société des droits de l’homme en Ouzbékistan, poursuivis en 2010.</p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY">Les représentants de confession chrétienne sont également concernés. L’Union des Chrétiens baptistes évangéliques d’Ouzbékistan ainsi que des Témoins de Jéhovah ont été persécutés à plusieurs reprises pour leurs opinions religieuses.</p>
<p style="text-align: justify;" align="CENTER"><strong>Des arbitrages arbitraires</strong></p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY">En Ouzbékistan, l’impartialité d’un tribunal constitue une exception plutôt qu’une règle. Les articles&nbsp;7, 8, 9, 10 et 11 de la Déclaration des droits de l’homme sont appliqués dans la mesure du possible. Les Ouzbeks ne peuvent pas toujours obtenir un procès équitable et défendre leurs droits.</p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY">Ainsi, en ce qui concerne la démolition illégale de logements à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Samarcande">Samarcande</a> ou la tentative d’expulsion des résidents de la maison n°&nbsp;45 à Tachkent, les juges s’opposent directement dans leur décision au droit à un procès équitable en se positionnant en faveur des promoteurs qui n’avaient pourtant aucune autorisation de procéder aux expulsions de force. L’histoire de la destruction de Samarcande et, plus globalement, l’implantation arbitraire de la ville par les complexes résidentiels destinés aux élites en lieu et place des immeubles d’habitation violent également l’article&nbsp;17 sur le droit de propriété.</p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY"><strong>Lire aussi sur Novastan :&nbsp;<a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/detruire-ou-sauver-la-question-de-la-renovation-du-patrimoine-posee-a-tachkent/">Détruire ou sauver ? La question de la rénovation du patrimoine posée à Tachkent</a></strong></p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY">Pour faire respecter les droits de l’homme, il convient d’adresser une plainte à la Commission internationale. Ce recours n’est toutefois possible qu’après avoir épuisé les voies juridiques nationales auprès de tribunaux locaux sans obtenir de résultat satisfaisant.</p>
<p><figure id="attachment_22499" aria-describedby="caption-attachment-22499" style="width: 1200px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-22499" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2019/03/DH-3.jpg" alt="" width="1200" height="808" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2019/03/DH-3.jpg 1200w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2019/03/DH-3-300x202.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2019/03/DH-3-768x517.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2019/03/DH-3-1024x689.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2019/03/DH-3-128x86.jpg 128w" sizes="auto, (max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption id="caption-attachment-22499" class="wp-caption-text">Les violations des droits de l’homme sont tellement monnaie courante que la majorité des citoyens n’y portent même pas attention</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY">L’une des violations les plus graves des droits de l’homme en Ouzbékistan est la privation de la nationalité. Conformément à l’article&nbsp;15 de la Déclaration, chacun a droit à la citoyenneté dans un État et à une nationalité. C’est pourtant le pays qui détient le record du nombre de violations de cet article, d’après le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme. Pas moins de 100 000&nbsp;Ouzbeks se sont vus déchus de leur nationalité pour une raison ou une autre.</p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY">Citons l’exemple de Hourchida Djalilova, privée de sa nationalité en 2011 et qui a tenté en vain de la récupérer. Une énième audience dans cette affaire aura lieu en décembre. La situation de Hourchida rappelle non sans violence que personne dans notre pays n’est à l’abri d’une privation de nationalité pour un prétexte quelconque, puisque toutes les affaires ne sont pas d’ordre politique.</p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY">Du haut de ses 28&nbsp;ans, l&rsquo;Ouzbékistan a édifié le non-respect des droits et des conventions internationales en norme. Certains petits changements positifs laissent néanmoins espérer un avenir meilleur pour les citoyens ouzbeks en quête de justice.</p>
<p style="text-align: right;" align="JUSTIFY"><strong>Darina Solod, journaliste pour Hook Report</strong></p>
<p style="text-align: right;" align="JUSTIFY"><strong>Traduction du <a href="https://hook.report/2018/11/ili-pravo-imeyu/">russe</a> par Pierre-François Hubert</strong></p>
<p style="text-align: justify;" align="JUSTIFY"><p style="text-align: left;"><i><span style="font-weight: 400;">Si vous avez aimé cet article, n'hésitez pas à nous suivre sur </span></i><a href="https://twitter.com/novastan_fr"><i><span style="font-weight: 400;">Twitter</span></i></a><i><span style="font-weight: 400;">, </span></i><a href="https://www.facebook.com/Novastan.org/"><i><span style="font-weight: 400;">Facebook</span></i></a><i><span style="font-weight: 400;">, </span></i><a href="https://telegram.me/novastan"><i><span style="font-weight: 400;">Telegram</span></i></a><i><span style="font-weight: 400;">, </span></i><a href="https://www.linkedin.com/company/fondation-novastan/"><i><span style="font-weight: 400;">Linkedin</span></i></a><i><span style="font-weight: 400;"> ou </span></i><a href="https://www.instagram.com/novastanorg/"><i><span style="font-weight: 400;">Instagram</span></i></a><i><span style="font-weight: 400;"> ! Vous pouvez également vous inscrire pour recevoir</span></i><a href="http://eepurl.com/O0Qub"> <i><span style="font-weight: 400;">notre newsletter hebdomadaire</span></i></a><i><span style="font-weight: 400;"> ou nous soutenir en devenant </span></i><a href="https://novastan.org/fr/novastan/soutenir-novastan-mode-demploi/"><i><span style="font-weight: 400;">membre de la communauté Novastan</span></i></a><i><span style="font-weight: 400;">.</span></i></p></p>
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		<title>Il n&#8217;y a aucune femme maire au Kirghizstan</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Kristina Rozhkova]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Apr 2018 05:09:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kirghizstan]]></category>
		<category><![CDATA[Asie centrale]]></category>
		<category><![CDATA[discrimination]]></category>
		<category><![CDATA[Droits des femmes]]></category>
		<category><![CDATA[Egalité des sexes]]></category>
		<category><![CDATA[Election]]></category>
		<category><![CDATA[Femme]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/il-ny-a-aucune-femme-maire-au-kirghizstan/">Il n&rsquo;y a aucune femme maire au Kirghizstan</a></p>
<p>Selon les statistiques, il y a de moins en moins de femmes au pouvoir chaque année au Kirghizstan. Ce sont les représentants masculins qui sont nommés en priorité. Novastan reprend et traduit ici un article publié initialement par Radio Azattyk.&#160; L&#8217;inégalité entre les sexes est très présente au sein du Parlement kirghiz. À ce jour [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/il-ny-a-aucune-femme-maire-au-kirghizstan/">Il n&rsquo;y a aucune femme maire au Kirghizstan</a></p>
<p style="text-align: justify"><strong>Selon les statistiques, il y a de moins en moins de femmes au pouvoir chaque année au Kirghizstan. Ce sont les représentants masculins qui sont nommés en priorité.</strong></p>
<p><strong>Novastan reprend et traduit ici un article publié initialement par <a href="https://rus.azattyk.org/a/kyrgyzstan-politics-women-gender/28937131.html">Radio Azattyk</a>.&nbsp;</strong></p>
<p style="text-align: justify">L&rsquo;inégalité entre les sexes est très présente au sein du Parlement kirghiz. À ce jour on n&rsquo;y compte que <a href="http://www.kenesh.kg/ru/deputy/list/35">19 femmes</a>, malgré la loi selon laquelle les femmes devraient constituer au moins un tiers de la composition du Parlement, soit 40 femmes. Les femmes sont peu présentes dans trois des cinq factions, et dans les deux autres factions, « Kirghizstan » et « Bir Bol » (« Soyons unis »), il n&rsquo;y a pas un seul député du sexe féminin. Dans les conseils locaux, les femmes ne représentent que 10% du personnel.</p>
<p><strong>Une seule femme dans les conseils des villages</strong></p>
<p style="text-align: justify">Les organes locaux au niveau des villages, appelés <em>aïyl kenech</em> ne comptent qu’une seule femme dans tout&nbsp; le Kirghizstan.</p>
<p style="text-align: justify">Kanayym Sultanova est la directrice de l&rsquo;école secondaire du village Bach-Dobo, dans la région d&rsquo;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Uzgen">Uzgen</a>&nbsp;située dans le&nbsp;Sud du Kirghizstan. Elle est aussi ancienne députée et présidente du conseil du village. Selon elle, les femmes éprouvent beaucoup de difficultés en politique, à cause de leur appartenance au sexe féminin. Tout d’abord, note-t-elle, les femmes ayant de grandes ambitions et le désir de concourir pour des postes de direction avec les hommes sont restreintes par la mentalité kirghize. Ensuite, la société elle-même n&rsquo;est pas prête à soutenir les projets menés par une femme. Enfin, Madame Sultanova&nbsp; est convaincue que ce positionnement dans le pays est une conséquence de sa situation économique. Dans le «&nbsp;kenech&nbsp;» local du village de Bach-Dobo lors des élections de 2016, il n&rsquo;y avait qu&rsquo;une femme parmi des candidates.</p>
<p style="text-align: justify"><em>« Dans les zones rurales, les députés sont plus souvent directeurs d&rsquo;écoles, médecins responsables des établissements médicaux. Depuis qu&rsquo;on leur a «&nbsp;interdit » d&rsquo;aller aux urnes, les députés femmes sont devenues beaucoup moins nombreuses. Avant, il y avait quatre femmes dans le kenech du village Bach-Dobo, maintenant il n’y en a plus qu&rsquo;une. Seuls les personnes instruites devraient pouvoir devenir députés. Actuellement, dans l’aïyl kenech&nbsp;local, on compte plusieurs enseignants, médecins et quelques personnes qui avaient déjà travaillé à l&rsquo;étranger. Mais les autres personnes du kenech n’ont pas fait d’études supérieures »</em>, déplore Madame Sultanova.</p>
<p><strong>Lire aussi sur Novastan:</strong> <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/kirghizstan-40-portraits-de-femmes-incontournables/">Kirghizstan : 40 portraits de femmes incontournables</a></p>
<p style="text-align: justify">Les femmes activistes sont convaincues que si le nombre de femmes dans les kenechs locaux diminue, les autorités locales cesseront de s&rsquo;intéresser à certains thèmes importants, comme surveiller l’état des écoles et des crèches. Elles ne traiteront plus les questions de santé publique,&nbsp; ne s’occuperont plus de la diminution de la mortalité maternelle, ne feront plus d’actions pour renforcer l&rsquo;institution familiale, l’émigration ou l’éducation des jeunes.</p>
<p><figure id="attachment_15584" aria-describedby="caption-attachment-15584" style="width: 2000px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-15584" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/04/parlamentkirigish.jpg" alt="Kirghizstan Bichkek Parlement" width="2000" height="1125" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/04/parlamentkirigish.jpg 2000w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/04/parlamentkirigish-300x169.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/04/parlamentkirigish-768x432.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/04/parlamentkirigish-1024x576.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/04/parlamentkirigish-1300x731.jpg 1300w" sizes="auto, (max-width: 2000px) 100vw, 2000px" /><figcaption id="caption-attachment-15584" class="wp-caption-text">Dans le parlement kirghiz</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify">Kanayym Sultanova fait aussi partie de ces activistes : «<em>&nbsp;Lorsque les hommes participent aux élections, leurs familles et leurs proches ont plus de foi en leur réussite. Mais les femmes mettent de l&rsquo;ordre dans les «&nbsp;kenech&nbsp;». De plus, les hommes ne prêtent pas attention aux problèmes sociaux. Tout ce qui les préoccupe est d’entretenir les routes ou de construire les canalisations. Personne ne parle du développement des écoles, des crèches, de la médecine locale, des bibliothèques. Les femmes n&rsquo;ont généralement pas d&rsquo;argent pour participer aux campagnes électorales. »</em></p>
<p style="text-align: justify">Les 19 conseils des villages du de l&rsquo;a région d&rsquo;Uzgen sont dirigés par des hommes, continue Sultanova. Les départements voisins de l&rsquo;Alaï et du Chon-Alaï connaissent une situation similaire. Il y a plus de 450 conseils de villages au Kirghizstan, dont seulement 15 sont dirigés par des femmes. Il n&rsquo;y a aucune femme parmi les dirigeants des conseils départementaux.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Le parlement du même sexe</strong></p>
<p style="text-align: justify">Selon une étude de l&rsquo;agence des technologies sociales, les femmes dans le Parlement actuel du Kirghizstan représentent 10% du nombre de députés, soit 3% de moins que lors des précédentes élections parlementaires. La représentante de l&rsquo;organisation, Baktygul Islamova indique que les militants pour l&rsquo;équilibre entre les sexes proposent d&rsquo;introduire un quota de femmes pour assurer un nombre suffisant de femmes au sein des parlements locaux : «<em> Selon nos statistiques, il y a de moins en moins de femmes députées dans les conseils locaux. En 2008, elles étaient 19% en 2010, puis 17% en 2012, 13% en 2016, et aujourd&rsquo;hui elle ne sont plus que 10%. De telles inégalités entre les sexes sont également présentes dans les conseils municipaux, où les femmes représentent 130 des 600 mandats (soit 21% des élus). Dans le Parlement kirghiz, il n&rsquo;y a que 16 femmes. »&nbsp;</em></p>
<p style="text-align: justify">Après les élections législatives de 2005, la composition du Jogorkou Kenech, le Parlement kirghiz, est devenue presque exclusivement masculine. Comme signe de protestation, les activistes du mouvement contre les inégalités de sexe au sein du gouvernement ont offert des fleurs pour la fête de la femme, le 8 mars, aux&#8230; députés masculins. Suite à l’indignation des citoyens,&nbsp; un quota de femmes a été introduit en 2007 lors de l&rsquo;élection des députés kirghiz. Mais cela a-t-il conduit à une augmentation du nombre de femmes en politique ?</p>
<p><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/le-sexisme-au-kirghizstan/">Le sexisme au Kirghizstan</a></strong></p>
<p style="text-align: justify">La députée du Parlement kirghiz et ancienne vice-présidente du Parlement, Altynaï Omourbekova, estime qu&rsquo;il y existe encore une discrimination à l&rsquo;égard des femmes liée à leur genre au Kirghizstan :&nbsp;<em>« Par exemple, le Conseil des juges a été récemment élu et c’était clairement indiqué qu’il devrait être composé de 30% de femmes. Mais seuls des hommes ont candidaté. Trois des neuf auditeurs de la Chambre des comptes doivent être des femmes, mais pour autant que je sache il n&rsquo;y en a qu&rsquo;une. La discrimination est présente à tous les niveaux. Le gouvernement devrait être composé de 30% des femmes. Ne parlons même pas du Parlement. L’organe législatif lui-même viole les lois. Mais nous ne devons pas laisser la situation telle qu&rsquo;elle est. Les femmes sont très fortes.</em> <em>Je n&rsquo;exagère pas si je dis que les femmes ont tiré&nbsp;vers le haut l&rsquo;économie dans les années 1990. Nous ne devons pas oublier cela.»</em></p>
<p style="text-align: justify">Selon le quota exigé dans la faction «&nbsp;Onuguu-Progress&nbsp;», parmi les 13 députés de la faction, 3 devraient être des femmes, mais en réalité il n’y en a qu’une.</p>
<p style="text-align: justify"><em>«&nbsp;Évidemment, les femmes occupent une position spéciale dans la société&nbsp;»,</em>&nbsp;a déclaré Miralan Bakirov, membre et vice-président de cette faction. <em>«&nbsp;Il y a une femme dans notre faction.&nbsp;La loi oblige à compiler des listes de députés du parti en tenant compte du quota, mais ne précise pas le genre. Normalement, il est demandé que les représentants du même sexe ne comptent pas plus de 70% des députés. Notre faction a proposé la candidature de Guljan Koshokova au Conseil des Juges. En vertu de la nouvelle Constitution, l&rsquo;autorité de nommer les dirigeants des districts, appartient au premier ministre, ainsi le gouvernement devrait être concerné par cette question. Pourquoi les femmes sont-elles peu nombreuses en politique ? Peut-être est-ce lié à leur nature, à leurs opportunités, ou aux mentalités. Les capacités financières peuvent également affecter leur compétitivité.</em> »</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Le fameux facteur du genre</strong></p>
<p style="text-align: justify">Quand on parle du rôle des femmes leaders au Kirghizstan, on cite souvent les noms du procureur général Indira Djoldubaeva, la juge de la Cour suprême Aïnash Tokbaeva et la présidente de la Commission électorale centrale Nurjan Chayldabekova. Récemment encore, une femme, Alina Chaïkova a été nommée pour gouverner le Département des marchés publics.</p>
<p style="text-align: justify">Mais tout cela ne sont que des formalités, pense la députée du Parlement kirghiz, Aïda Kasymalieva, qui avait déjà parlé à plusieurs reprises de l&rsquo;inégalité entre les sexes dans le milieu politique du Kirghizstan. Selon elle, la société continue de vivre avec des stéréotypes selon lesquels les femmes ont moins de succès dans les postes de direction : «&nbsp;<em>On dit souvent que nous avons un procureur général et une femme juge. Mais au Kirghizstan, ces nominations sont plutôt formelles. Il n&rsquo;y a presque pas de femmes gouverneurs dans les régions, les femmes ne deviennent pas maires au niveau des conseils des villages. Un système majoritaire est appliqué lors des élections locales. Les conseils ruraux, dans leur majorité, sont dirigés par des personnes riches, les hommes d&rsquo;affaires. Après être devenue députée, je l&rsquo;ai ressenti moi-même. Lorsque les femmes s’adressent aux électeurs en réunion électorale au sujet de la construction des routes, des écoles etc., on leur nous accorde pas autant de confiance qu’aux hommes en pensant : «&nbsp;Mais de quoi sont-elles capables, ces femmes ?&nbsp;»</em>, déclare la députée.</p>
<p style="text-align: justify">Elle explique qu&rsquo;il est tout d&rsquo;abord nécessaire de prêter attention aux instances décisionnaires.<em> « Avant, les femmes étaient systématiquement nommées pour prendre la place des adjoints des gouverneurs locaux</em><em>&nbsp;et s&rsquo;occuper des problèmes sociaux. Maintenant il y en a de moins en moins. Les femmes deviennent plutôt responsables de la gestion du budget. C&rsquo;est le concept du budget du genre. Mais à l&rsquo;heure actuelle, lors de la préparation des budgets locaux, le «&nbsp;facteur du genre&nbsp;» n&rsquo;est pas pris en compte. Et la recommandation des Nations Unies selon laquelle les représentants du sexe féminin devraient composer au moins 30% des instances gouvernementales n&rsquo;est pas plus appliqué par les organes de l’État. »</em></p>
<p><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/mon-corps-mes-affaires-des-marches-feministes-au-kirghizstan/">« Mon corps &#8211; mes affaires » : des marches féministes au Kirghizstan</a></strong></p>
<p style="text-align: justify">Sur les douze ministères au Kirghizstan, les femmes sont au pouvoir de deux d&rsquo;entre eux seulement. Dans les agences, services et fonds publics, il n&rsquo;y a pas de dirigeantes. Les gouverneurs des sept régions du Kirghizstan sont également masculins. La Commission électorale centrale compte cinq femmes parmi les douze membres du comité électoral. Tous les maires des villes (trente-et-un) sont des hommes. Une image similaire est observée dans les établissements d&rsquo;enseignement supérieur du pays : sur plus de cinquante universités, les femmes en dirigent seulement trois.</p>
<p><figure id="attachment_15583" aria-describedby="caption-attachment-15583" style="width: 778px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-15583" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/04/mestojenwinykg.png" alt="Kirghizstan parlement femmes" width="778" height="338" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/04/mestojenwinykg.png 778w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/04/mestojenwinykg-300x130.png 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2018/04/mestojenwinykg-768x334.png 768w" sizes="auto, (max-width: 778px) 100vw, 778px" /><figcaption id="caption-attachment-15583" class="wp-caption-text">« Femme, ta place est dans cette maison » &#8211; un appel pour plus de femmes au parlement kirghiz</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify">En même temps, une partie de la population est sûre que l&rsquo;influence des femmes en politique devrait être renforcée naturellement. Les observateurs notent que lors de la nomination à des postes uniquement par les quotas, plutôt que par une concurrence naturelle, les femmes deviennent des outils entre les mains de certaines personnes.</p>
<p style="text-align: justify"><strong>Les femmes sont compétitives !</strong></p>
<p style="text-align: justify">Tolkun Tilekova, le chef de l&rsquo;Association des centres de crise, se rapporte également à leur éducation dans la famille. Selon elle, les filles doivent être formées dès leur plus jeune âge à la capacité de rivaliser avec les garçons.&nbsp;<em>«&nbsp;</em><em>Comment élevons-nous les filles ? Comment vont-elles s&rsquo;efforcer d&rsquo;entrer au Parlement si dès l&rsquo;enfance nous leur inspirons que leur but est d&rsquo;avoir des enfants et de rester à la maison ? Il est nécessaire de développer les qualités de leadership des filles. Tout dépend de l&rsquo;éducation de la famille. En outre, on dit souvent que la politique est une sale affaire, les femmes n&rsquo;y ont rien à faire. Mais aussi, les hommes d&rsquo;affaires riches interviennent souvent en politique. La question devrait être donc considérée de manière globale.&nbsp;&nbsp;»</em></p>
<p style="text-align: justify">Rosa Bekmatova, chef du Département des politiques de genre du ministère du Travail et du Développement social, note que l&rsquo;activité économique des femmes est devenue nettement plus faible que celle des hommes au Kirghizstan.</p>
<p style="text-align: justify">Dans le classement de l&rsquo;égalité des sexes du Forum économique mondial en 2013, l&rsquo;Islande était la première place. Les femmes de ce pays ont un accès égal à l&rsquo;éducation, à la médecine, à la politique et à l&rsquo;économie. Les leaders du classement incluaient également la Finlande, la Norvège et la Suède. Le Kirghizstan figurait à la 63ème place sur la liste, le Kazakhstan à la 32àme, le Tadjikistan à la 90ème, la Russie à la 61ème place.</p>
<p style="text-align: justify">Au printemps 2017, le Parlement kirghiz a adopté un projet de la loi selon lequel, lors de la nomination de femmes députées à d’autres postes similaires, un poste vacant ne peut être pris que par la femme suivante sur la liste du parti. La norme entrera en vigueur à partir de 2020.</p>
<p style="text-align: right"><strong>Traduit <a href="https://rus.azattyk.org/a/kyrgyzstan-politics-women-gender/28937131.html">du russe</a> par&nbsp;Kristina Rojkova</strong></p>
<p style="text-align: right"><strong>Édité par Anne-Chloé Joblin</strong></p>
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		<title>“Mon corps &#8211; mes affaires” : des marches féministes au Kirghizstan</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Clara Marchaud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 10 Mar 2018 14:34:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kirghizstan]]></category>
		<category><![CDATA[8 mars]]></category>
		<category><![CDATA[Accès abonné]]></category>
		<category><![CDATA[Bichkek]]></category>
		<category><![CDATA[discrimination]]></category>
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		<category><![CDATA[Journée de la femme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/mon-corps-mes-affaires-des-marches-feministes-au-kirghizstan/">“Mon corps &#8211; mes affaires” : des marches féministes au Kirghizstan</a></p>
<p>Le 8 mars est un jour férié très populaire dans les pays post-soviétiques. Alors que les cadeaux et les fleurs pleuvent, les droits des femmes semblent laissés à l’arrière-plan. Au Kirghizstan, environ 100 personnes dans la capitale et 30 dans la deuxième ville du pays ont manifesté pacifiquement pour les droits des femmes et les [&#8230;]</p>
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<p style="text-align: justify;">Le 8 mars est un jour férié très populaire dans les pays post-soviétiques. Alors que les cadeaux et les fleurs pleuvent, les droits des femmes semblent laissés à l’arrière-plan. Au Kirghizstan, environ 100 personnes dans la capitale et 30 dans la deuxième ville du pays ont manifesté pacifiquement pour les droits des femmes et les droits humains. </p>
<p style="text-align: justify;">La plupart des regards étaient perplexes le 8 mars dernier sur les visages des passants à <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/och-ville-frontiere-du-kirghizstan/">Och</a>, dans le sud du Kirghizstan, quand ils ont aperçu le cortège dans les rues. Au son de chansons de Katy Perry ou Beyoncé, de très jeunes filles - certaines encore au lycée - ont crié joyeusement des slogans comme “Les droits de l’homme sont les droits des femmes”, “mon corps, mes affaires” ou encore “Liberté, égalité, sororité” (solidarité entre consœurs). </p>
<p style="text-align: justify;">“<em>Aujourd’hui, le sens du 8 mars a été oublié. Nous voulons rappeler aux habitants d’Och</em>&nbsp;<em>que ce n’est pas un jour de cadeaux, de fleurs et du printemps</em>” rappelle Cholpon Kojosheva, une des organisatrices de la marche, de l’ONG <a href="http://noviritm.org/">Novyi Ritm</a>. Environ 30 personnes dont une dizaine d’étrangers ont marché dans les rues de . . .</p>

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		<title>Le cheveu et la balance dans la main de l’homme</title>
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		<dc:creator><![CDATA[dreyhan]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Mar 2018 07:49:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Région Ouïghoure]]></category>
		<category><![CDATA[Abduwali Ayup]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/region-ouighoure/le-cheveu-et-la-balance-dans-la-main-de-lhomme/">Le cheveu et la balance dans la main de l’homme</a></p>
<p>Le linguiste et écrivain ouïghour Abduwali Ayup, exilé en Turquie, livre à l'occasion de la journée mondiale du droit des femmes un témoignage marquant mêlant voile, islam et patriarcat. Abduwali Ayup est linguiste et éducateur mais aussi une personnalité publique ouïghoure, la population majoritaire dans le Xinjiang, une région du nord-ouest de la Chine. Il [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/region-ouighoure/le-cheveu-et-la-balance-dans-la-main-de-lhomme/">Le cheveu et la balance dans la main de l’homme</a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le linguiste et écrivain ouïghour Abduwali Ayup, exilé en Turquie, livre à l'occasion de la journée mondiale du droit des femmes un témoignage marquant mêlant voile, islam et patriarcat.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Abduweli_Ayup">Abduwali Ayup</a> est linguiste et éducateur mais aussi une personnalité publique ouïghoure, la population majoritaire dans le Xinjiang, une région du nord-ouest de la Chine. Il a été condamné à un an et demi de prison en 2013 pour avoir mobilisé la société ouïghoure afin d'ouvrir des crèches en langue ouïghoure. A sa sortie de prison, il s'est réfugié en Turquie et vit actuellement a Ankara.</p>
<p style="text-align: justify;">Il a également rédigé une série de livres de langue maternelle pour les enfants de la diaspora depuis l'année dernière. Novastan a le plaisir de publier une traduction d'un de ses textes.</p>
<p style="text-align: justify;">"Ce matin sur le chemin de . . .</p>

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		<title>« Nous existons ! » &#8211; La jeunesse LGBT au Kazakhstan (1/3)</title>
		<link>https://novastan.org/fr/kazakhstan/nous-existons-la-jeunesse-lgbt-au-kazakhstan-13/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[pgarcia]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Feb 2017 17:53:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Almaty]]></category>
		<category><![CDATA[discrimination]]></category>
		<category><![CDATA[LGBT]]></category>
		<category><![CDATA[Minorité]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/nous-existons-la-jeunesse-lgbt-au-kazakhstan-13/">« Nous existons ! » &#8211; La jeunesse LGBT au Kazakhstan (1/3)</a></p>
<p>Au Kazakhstan, les minorités sexuelles vivent cachées et sont obligées de mener une double vie. Alors que le pays a légalisé en 1998 les relations entre personnes de même sexe, les discours de haines,  les menaces, les gestes d&#8217;intimidation et les attaques envers les personnes homosexuelles sont courants. Par ailleurs en février 2015, le parlement kazakh avait passé [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/nous-existons-la-jeunesse-lgbt-au-kazakhstan-13/">« Nous existons ! » &#8211; La jeunesse LGBT au Kazakhstan (1/3)</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/nous-existons-la-jeunesse-lgbt-au-kazakhstan-13/">« Nous existons ! » &#8211; La jeunesse LGBT au Kazakhstan (1/3)</a></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><em><strong>Au Kazakhstan, les minorités sexuelles vivent cachées et sont obligées de mener une double vie. Alors que le pays a légalisé en 1998 les relations entre personnes de même sexe, les discours de haines,  les menaces, les gestes d&rsquo;intimidation et les attaques envers les personnes homosexuelles sont courants. Par ailleurs en février 2015, le parlement kazakh avait passé u<a href="https://www.hrw.org/news/2015/07/23/kazakhstan-lgbt-community-living-fear">ne loi sur « la propagande homosexuelles chez les jeunes »</a>, <a href="https://www.hrw.org/world-report/2016/country-chapters/russia">calquée sur celle que la Russie a appliquée en 2013</a>. Néanmoins elle a été révoquée par la Cour Constitutionnelle. </strong></em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><em><strong>Il existe très peu de chiffres récentes quant à la situation de la communauté LGBT. <a href="http://www.soros.kz/uploads/user_67/2013_09_04__04_43_19__269.pdf">La dernière étude </a>menée à ce sujet a été publiée en 2009 par la <a href="http://en.soros.kz">Fondation Soros-Kazakhstan</a>. Sur 1000 personnes homosexuelles interviewées, 81% considéraient que les gays et lesbiennes « devaient sans cesse affronter à la réprobation de la part de la population en général et n&rsquo;étaient jamais respectés ». Dans le dernier rapport de <a style="color: #000000;" href="https://freedomhouse.org/report/freedom-world/2017/kazakhstan">Freedom House</a>, le Kazakhstan obtient la note de 5/7 quand il s&rsquo;agit des libertés civiles, 7 étant la pire note.</strong></em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">N<strong>ovastan traduit, en trois parties, un reportage sur la jeunesse LGBT au Kazakhstan, publié par <a style="color: #000000;" href="http://theopenasia.net/articles/detail/my-sushchestvuem-lgbt-podrostki-v-kazakhstane/">theopenasia.net.</a></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Elle a accepté de nous voir, cette jeune et jolie jeune femme, de petite taille et élégante. Nous nous sommes rencontrés. Elle s’appelle Nastasia, elle a 18 ans et est étudiante à l’université afin de devenir enseignante. Elle est bisexuelle, enfin, plutôt <a style="color: #000000; text-decoration: underline;" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pansexualité">« <em>pansexuelle »</em></a>, puisqu’elle peut aimer autant les hommes que les femmes. Nastasia peut éprouver une attirance émotionnelle et sexuelle pour les hommes et pour les femmes, le genre de l’individu importe peu.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><em>« J&rsquo;étais toujours aimé aller aux toilettes avec des jeunes filles. Je sais que cela peut sembler idiot, confie Nastasia. Mais quand j’avais 14 ans, que l’amitié que j’avais construite avec un des filles était très forte. Je me demandais alors: « et si c’était plus que de l’amitié ? »</em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><em>« Si je souhaiterais que mes enfants aient à l’école une telle enseignante ? Bien sûr, oui. Je ne serais pas contre que Nastasia soit l’une d’entre elles. Elle est cultivée, intelligente et sait même être ironique. C’est une femme moderne et qui a plein de tact. » [raconte une personne de l’entourage de Nastasia].</em></span></p>
<p><figure id="attachment_9001" aria-describedby="caption-attachment-9001" style="width: 711px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-9001" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2017/02/20-1-300x225.jpg" alt="Etre soi meme" width="711" height="533" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2017/02/20-1-300x225.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2017/02/20-1-768x576.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2017/02/20-1-1024x768.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2017/02/20-1-800x600.jpg 800w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2017/02/20-1.jpg 1280w" sizes="auto, (max-width: 711px) 100vw, 711px" /><figcaption id="caption-attachment-9001" class="wp-caption-text">Une des photos exposées lors de l&rsquo;exposition « être soi-même », qui s&rsquo;est tenu à Moscou et à Almaty en 2015 (crédit: <a href="https://vk.com/beyourselfinbunker?from=quick_search&amp;z=album-68143176_222305036">Arina Osinovskaya</a>)</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Cela fait presque une heure que Nastasia parle d’elle et de ce qui lui est déjà arrivé dans sa courte vie… Les jeunes LGBT existent au Kazakhstan. Ils marchent ensemble, dans les mêmes rues, s’assoient derrière le même pupitre et prennent le même autobus. Mais nous ne les remarquons pas. Ils sont obligés de mener une double-vie. Une première, publique et une deuxième, vie privée, où ils dévoilent leur réelle identité. Le journal web theopenasia.net a recueilli les histoires de certains de ces jeunes, a découvert leurs sujets de discussions et a rencontré des adolescents qui ont osé se dévoiler.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><em>« Ignorante à l’époque, j’ai partagé mes peurs avec ma mère, mes angoisses de me sentir attirée par une jeune femme. Mais contrairement à ce que je m’attendais, la réaction de ma mère a été extrêmement dure et négative. Elle m’a interdit de me connecter sur Internet, de mentionner le prénom de cette jeune femme et a jeté toutes ses photos qui étaient dans ma chambre. En fait, elle a effacé tout ce qui pouvait me faire penser à celle que j’aimais. Elle me rappelait sans cesse :  » ce n’est pas bien, Nastia. Mon Dieu, je veux avoir des petits-enfants ! ». Je suis en général quelqu’un d’extroverti, de très ouvert. J’ai donc naturellement parlé de cela à tous mes amis. Et comme cela peut arriver à l’école, tout le monde était au courant de ce que j’avais dit, de la 6<sup>ème</sup> à la terminale. »</em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Nastasia se rappelle que, suite à cela, sa vie s’est arrêtée.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><em>« Les gens entretenaient une relation agressive-passive avec moi. A la cantine, un camarade de classe pouvait chuchoter derrière moi : « Les hommes c’est mieux, tu sais cela ?! » « </em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Nastia est une jeune femme meurtrie. Tout ce qu’elle a vécu l’a beaucoup affaiblie. Mais le pire c’était à la maison.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><em>« Ensuite, c’est mon beau-père qui l’a appris. Il m’a interdit d’être à la maison. J’ai squatté ça et là, chez différents amis pendant 6 mois… « .</em> Quand Nastasia raconte, on aimerait sans cesse lui redemander quel âge elle avait à ce moment-là. Elle avait 16 ans seulement. <em>« Ma mère a eu très peur, mais elle ne savait pas comment faire. Vous pouvez vous imaginer, ce que cela signifie quand tu dois d’un seul coup partir et couper toute relation avec ta famille, une relation qui s’est construite pendant 10 – 15 ans ? Quand je vivais chez mes amis, ma mère a pris une décision. Elle a dû choisir entre ses deux filles. Et finalement, ma mère et moi avons dû nous séparer de mon beau-père et de mes sœurs. Comment ma mère a vécu cette séparation, je ne sais pas. Elle continue d’entretenir une relation avec ma sœur, elles se voient toujours. Mais en réalité, elle a dû faire un choix. Et je suis très fière, qu’elle ait choisi de vivre avec moi. Si elle était restée avec mon beau-père, cela aurait été vraiment dur pour moi. »</em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Aujourd’hui Nastasia étudie à l’université pour devenir enseignante. Mais on continue de se comporter de la même façon avec elle : on lui envoie des messages à double sens, on lui fait des blagues grivoises, insultantes et dénigrantes.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><em>« Un enseignant a vu comment j’embrassais ma copine et d’une voix très sévère m’a dit : « Anastasia, vous êtes sûre que tout va bien chez vous? ». Il s’est ensuite moqué plusieurs fois, en faisant beaucoup de gestes : « Vous ne vous êtes pas trompée d’orientation, Anastasia ? ». </em>Et Anastasia l’a regardé ne sachant pas comment réagir <em>« c’est un adulte, il doit sûrement rigoler. Mais est-ce que c’est vraiment drôle ? »</em> se disait-elle.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Elle travaille à côté de ses études, en tant que nounou dans une famille. Elle a eu de la chance de tomber sur des employeurs qui semblent être des gens corrects qui ne cherchent pas à fouiller dans la vie privée des autres. Mais en fait Nastasia ne veut pas vraiment devenir enseignante. En tout cas pas dans ce pays. Selon elle, dans le système éducatif et dans la société kazakh on ne considère pas l’être humain comme individu.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><em>« Vous pouvez vous imaginer, vous, ce que c’est que de garder un secret tout le temps ? C’est très dur. Surtout quand cela concerne une part de ta vie. Dans notre société il est plus simple se cacher derrière une image hétérosexuelle. Mais est-ce que ça doit vraiment être comme ça ? Pourquoi les gens ne peuvent pas révéler leur identité ? Si j’arrive au travail et je dis : « Bonjour ! J’aime faire du modelage ! » On me dirait : « C’est super ! ». Mais si je dis : « Bonjour, je vois une jeune femme en ce moment… » Qu’est ce que j’entendrais ? Des paroles abominables ! Enfin c’est un trait particulier de ma personnalité et c’est ma façon d’envisager ma vie. Si on approfondit cela chez un neurologue, en approfondissant, un neurologue dirait que tout cela se construit dans la tête. Et cela n’est en rien anormal – c’est juste être une personne différente. »</em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Ensuite la jeune femme raconte qu’elle a arrêté de se fier aux simples théories et a compris comment s’était développée son orientation sexuelle, comment elle s’est construite. Elle s’est aperçue que les environnements sociaux influent sur les goûts et attirances envers hommes ou femmes. Maintenant elle est prête à vivre l’amour. En tout cas aujourd’hui. Mais un adulte, qui souffre de cette situation particulière « non traditionnelle », ne peut pas comprendre ce qui lui arrive et souvent il rejette le monde qui l’entoure. Nastia a même pensé à se suicider. Elle a changé d’avis : elle a compris, dit-elle, <em>« qu’être gay ou lesbienne, c’est comme infliger des coups à son entourage ».</em></span></p>
<p><figure id="attachment_9012" aria-describedby="caption-attachment-9012" style="width: 1280px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-9012" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2017/02/13-1.jpg" alt="Exposition au Bunker" width="1280" height="960" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2017/02/13-1.jpg 1280w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2017/02/13-1-300x225.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2017/02/13-1-768x576.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2017/02/13-1-1024x768.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2017/02/13-1-800x600.jpg 800w" sizes="auto, (max-width: 1280px) 100vw, 1280px" /><figcaption id="caption-attachment-9012" class="wp-caption-text">Photos de l&rsquo;exposition « Être soi-même » présentée à Almaty en octobre 2015 [crédit: <a href="https://vk.com/beyourselfinbunker?from=quick_search&amp;z=album-68143176_222305036">Arina Osinovskaya</a>]</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">En Russie, l’homophobie est quelque chose d’extrêmement banal comme l’a rappelé Nastasia. Le film <a href="https://www.youtube.com/watch?v=RaUucGoErnw">« Les enfants du 404 »</a>, tourné par des défenseurs LGBT, montre l’ampleur de ce fléau.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Mais au Kazakhstan, il est impossible de montrer un tel film. L’homophobie dans la république s’exprime autrement. Nastasia et les autres témoins du reportage de <a href="http://theopenasia.net/articles/detail/my-sushchestvuem-lgbt-podrostki-v-kazakhstane/">theopenasia.net</a> ont expliqué les différentes facettes de l’homophobie au Kazakhstan. L’exposition « Être soi-même » dans la galerie <a href="http://bunker.kz">Bunker </a>était une manière de vouloir réconcilier la société kazakhe avec la jeunesse LGBT. Cette exposition a été financée par le fond <a href="https://vk.com/abbiehoffman">Abbie Hoffman.</a></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Arina Osinovskaya, une activiste qui travaille pour cette organisation, précise que le reportage photo a été réalisé par l’artiste moscovite<a href="https://www.flickr.com/photos/marygelman/"> Maria Gelman</a> dont chaque portrait était rattachée à une histoire personnelle. <em>« L’exposition s’est d ‘abord déroulée à Moscou mais elle a été sous le feu de vives critiques et victime de comportements homophobes. Nous avons décidé de continuer l’exposition à Almaty [au Kazakhstan]. Au début nous avons imprimé les photos, les biographies de chaque personnage que nous avons ensuite collées dans toute la ville. Puis, une semaine plus tard, nous avons recueilli les réactions des citadins. Il y aussi eu une vidéo qui filme le moment où l’on a essayé de nous attaquer et de prendre notre matériel. Nous avons présenté tout cela à l’exposition. »</em></span></p>
<p><figure id="attachment_9010" aria-describedby="caption-attachment-9010" style="width: 1280px" class="wp-caption alignnone"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-9010" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2017/02/4-3.jpg" alt="Etre soi-même" width="1280" height="960" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2017/02/4-3.jpg 1280w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2017/02/4-3-300x225.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2017/02/4-3-768x576.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2017/02/4-3-1024x768.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2017/02/4-3-800x600.jpg 800w" sizes="auto, (max-width: 1280px) 100vw, 1280px" /><figcaption id="caption-attachment-9010" class="wp-caption-text">Scène de l&rsquo;exposition « Être soi-même » au Bunker, galerie d&rsquo;Almaty, en octobre 2015 [crédit: <a href="https://vk.com/beyourselfinbunker?from=quick_search&amp;z=album-68143176_222305036">Arina Osinovskaya</a>]</figcaption></figure></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">L’exposition a été présentée le 17 mai 2015, le jour mondial contre l’homophobie puis le 11 octobre, lors de la journée internationale du « coming-out ». A en juger par les photos prises lors de l’exposition, la salle était loin d’être vide. Selon les organisateurs, à la suite de l’exposition, beaucoup de personnes sont venues nous voir pour nous remercier et nous féliciter de ce travail.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;">Les réactions homophobes des Kazakhs montrent parfaitement que la question de la sexualité homosexuelle pose encore un problème. <em>« </em><em>Le fait qu’on n’en parle pas ne présage rien de bon »</em><strong> </strong>explique Arina Osinovskaya. <em>« Pourtant, au même moment, le grand nombre de visiteurs lors de l’exposition montre bien qu’il n’y a pas encore assez d’événements de ce type. Les visiteurs ne veulent ni regarder ni lire des histoires qui ont lieu à l’étranger mais veulent comprendre leur société, dont une partie se sait discriminée, vit dans la peur d’être attaquée et sait que sa vie est en danger. Il faut faire preuve d’enthousiasme en créant un espace ouvert à la discussion et où l’on n’a pas peur d’être soi-même. Les jeunes LGBT sont parmi les personnes les plus discriminées, vulnérables et invisibles dont les problèmes et l’existence sont encore reniés. Mais ils existent bien et ils agissent pour être entendus. Notre exposition est juste notre manière de montrer notre solidarité citoyenne avec eux. »</em></span></p>
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<p style="text-align: right;"><em><strong>Reportage de Marina Mikhtayeva</strong></em></p>
<p style="text-align: right;"><em><strong>Traduit du russe par Pablo Garcia</strong></em></p>
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