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Suez et Tachkent, un “contrat stratégique” pour le groupe français

Après avoir signé un contrat de plus de 140 millions d’euros avec Tachkent, le groupe Suez s’est implanté durablement en Ouzbékistan. Au-delà de la capitale ouzbèke, l’entreprise française pourrait utiliser ce contrat pour se développer en Asie centrale. Ana Giros, directrice générale adjointe de Suez, décrit les ambitions du groupe à Novastan.

C’est le plus gros contrat signé entre une entreprise française et un partenaire centrasiatique en 2020. Le 16 juin dernier, la mairie de Tachkent et le groupe Suez ont officialisé la signature d’un contrat de co-gestion du réseau d’eau et d’assainissement, d’un montant de 142 millions d’euros. L’accord, qui a pris plus de deux ans, permet au groupe Suez de s’implanter durablement en Ouzbékistan, après un premier contrat signé en 2019 avec Samarcande.

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Après ce contrat d’envergure, l’heure est aux prospectives pour l’entreprise française. Pour en savoir plus, Novastan s’est entretenu par email avec Ana Giros, directrice générale adjointe en charge de l’International pour les régions APAC (Asie-Pacifique et Chine) et AMECA (Afrique Moyen-Orient, Asie Centrale), ainsi que des grands comptes industriels.

Novastan : Pouvez-vous revenir un peu plus en détail sur l’importance stratégique du contrat de co-gestion signé avec la mairie de Tachkent ? 

Ana Giros : C’est un contrat stratégique pour le Groupe, et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord, par le modèle proposé puisqu’il s’agit d’un contrat de co-gestion signé avec la ville de Tachkent. Ce type de modèle de collaboration est nouveau et il pourrait être répliqué dans plusieurs grandes villes ou agglomérations dans le monde. Ce modèle permet un transfert de savoir-faire, l’apport d’innovations et une forte amélioration de l’efficacité opérationnelle, dans le respect de la culture et des modes de gestion de l’entreprise en charge de la distribution de l’eau et de l’assainissement. Ensuite, par l’ancrage géographique que représente ce contrat d’une durée de sept ans. Cela permet de positionner concrètement le groupe Suez dans un pays et une région à fort potentiel. Nous sommes donc aujourd’hui très fiers de pouvoir ouvrir un nouveau chapitre du développement du Groupe à l’international, à la fois sur le plan de l’innovation contractuelle et sur le plan géographique.

Après la signature de ce contrat, que prévoyez-vous en Ouzbékistan et plus largement en Asie centrale ? 

Pour les projets dans nos activités municipales, Suez travaille depuis avril 2019 avec la ville de Samarcande. Le groupe espère également développer ses activités dans cette ville, en synergie avec la gestion du contrat signé avec la ville de Tachkent. Pour les clients industriels, Suez est présent sur le marché des produits chimiques pour le traitement de l’eau dans plusieurs industries ouzbèkes.

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L’Ouzbékistan est un pays avec une démographie et une économie dynamiques et diversifiées, qui offre de nombreuses opportunités dans les métiers de Suez : gestion de l’eau et des déchets, services environnementaux pour les clients municipaux et industriels. L’Ouzbékistan peut être également une plate-forme de développement dans des pays voisins tels que le Kazakhstan ou le Turkménistan.

L’Asie centrale est-elle une région à potentiel pour Suez ? Si oui, dans quels domaines ? 

L’Asie centrale fait partie des zones géographiques au sein desquelles Suez souhaite poursuivre son développement et renforcer sa présence, en particulier dans le domaine de la gestion de l’eau, compte tenu de la rareté des ressources en eau dans la région et de la pression démographique.

La gestion efficace de la distribution de l’eau aux populations, mais aussi l’irrigation raisonnée, au travers d’outils innovants de régulation et de contrôle, sont des enjeux majeurs dans la région. Le développement de l’assainissement est également un vecteur fort, car la région est en retard dans le domaine. Le traitement des déchets, notamment industriels, et la réhabilitation de sols pollués sont également des axes explorés dans notre groupe dans la région. En termes de perspectives, de plus en plus de projets associant le secteur privé voient le jour, permettant de combiner des financements compétitifs, une optimisation des investissements et une exploitation performante. Le transfert de savoir-faire international est également au cœur des enjeux et des priorités locales, à l’exemple de ce contrat qui couvre un volet de transfert de compétences.

Plus globalement, quelle est la stratégie de Suez pour réussir à s’implanter en Asie centrale ? Quelle place donnez-vous à la région pour vos futurs développements ? 

Suez a débuté son implantation en Azerbaïdjan dès 2012. L’Ouzbékistan et l’Azerbaïdjan seront les deux pays bases pour initier le développement de Suez dans la région Asie centrale – Caucase.  Ce développement s’effectuera au travers d’équipes locales bénéficiant du soutien d’autres compétences du Groupe, notamment des ressources situées dans le Golfe Persique et en Europe. Le transfert de savoir-faire et la formation des équipes seront des éléments clés pour un développement et une présence pérenne du groupe dans la région. L’Académie de l’eau à dimension régionale que nous mettrons en place à Tachkent permettra de devenir une vitrine de nos solutions et de notre transfert d’expertise en Asie centrale.

Propos recueillis par email par Etienne Combier
Rédacteur en chef de Novastan

Relu par Aline Cordier Simonneau

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