Fruits Ouzbékistan Marché

L’Ouzbékistan a bénéficié de l’embargo russe sur les produits européens

L’embargo russe sur les produits occidentaux a permis à l’Ouzbékistan d’augmenter ses exportations vers Moscou.

Novastan reprend et traduit ici un article publié par le média en ligne ouzbek Spot.uz.

Selon l’agence de presse russe RIA Novosti, les membres de la Communauté des États indépendants ne tirent que des bénéfices de la mise en place par la Russie d’un embargo sur les produits occidentaux.

Les relations entre Moscou et l’Occident se sont détériorées à la suite des événements survenus en Crimée en mars 2014. La Russie, accusée d’ingérence en Ukraine, est depuis la cible de sanctions de la part du monde occidental.

Moscou a adopté à son tour des contre-sanctions en août 2014, avant de se concentrer sur la recherche d’un substitut pour ses importations et de déclarer à plusieurs reprises que la menacer de sanctions était tout sauf productif. Sur la liste des produits occidentaux interdits à l’importation en Russie figurent la viande, le poisson, les produits laitiers, les fruits et légumes et les noix.

Selon l’agence de presse russe, le manque à gagner des pays occidentaux concernés – les États-Unis, l’Union européenne, le Canada, l’Australie et la Norvège – représente près de 8,3 milliards de dollars (7,3 milliards d’euros) chaque année depuis 2014. A l’inverse, les Occidentaux peinent à mesurer les effets exacts de leurs sanctions, comme le rapporte Les Echos.

Une opportunité pour les fruits et légumes ouzbeks

En contrepartie, l’embargo russe a permis à l’Ouzbékistan d’augmenter ses exportations à destination de la Russie. « L’embargo sur les produits occidentaux a incontestablement joué en faveur des exportations de produits ouzbeks, au rang desquels figurent principalement les fruits et légumes, vers la Russie », explique à RIA Novosti Ilkhat Touchev, expert au Central Asia Investments.

D’après l’expert, la zone de passage douanier facilité pour les produits maraîchers, instaurée en 2017, a joué un rôle essentiel dans cette hausse des exportations.

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Pour Poulat Asraïev, responsable du département de Promotion de l’exportation du ministère du Commerce extérieur d’Ouzbékistan, les fruits et légumes ouzbeks acheminés sur le marché russe ont un avantage important :  « ils sont mûrs plus tôt » que les produits issus d’autres États.

+32% d’augmentation en un an

Selon la société Ouzagroexport, le volume de la production maraîchère ouzbèke exportée en Russie a augmenté de 32 % en 2017 pour atteindre 111 millions de dollars (97,4 millions d’euros) et 162 000 tonnes.

Pour accompagner la demande, la société d’export des produits ouzbeks a ouvert des filiales dans 16 régions de la Fédération de Russie et a conclu des accords et des contrats avec une série de grands détaillants comme X5, Magnit, Meridian, Holiday ou encore Maria-Ra.

La concurrence chinoise reste forte

Les experts estiment toutefois que, malgré l’embargo russe, la concurrence sur le marché russe des fruits et légumes demeure forte.  « Compte tenu de la limitation des importations depuis la Turquie, Pékin représente notre principal concurrent sur l’important marché sibérien », explique un employé d’Ouzagroexport.

La société estime que l’Ouzbékistan jouit d’une localisation particulièrement favorable d’un point de vue logistique, les frais d’exportation vers Saint-Pétersbourg et vers Irkoutsk étant comparables. Pour Ouzagroexport, il est nécessaire d’en tirer profit en développant la logistique, en travaillant sur l’empaquetage et les questions de certification et en diffusant une marque propre.

« Nous sommes aujourd’hui capables d’exporter notre production dans des régions auxquelles n’ont pas accès nos concurrents européens et turcs, telle que la Sibérie », souligne l’employé d’Ouzagroexport interviewé par Spot.uz.

Une augmentation tous azimuts du commerce ouzbek

D’après les données du comité d’État des statistiques, le volume total d’exportation des produits maraîchers frais et traités ouzbeks a augmenté de 15,6 % en 2017 pour atteindre 708,8 millions de dollars (621 millions d’euors). L’exportation à destination de la Russie représente à elle seule 18 % de ce volume.

Au cours du premier semestre 2018, le volume des exportations a été multiplié par 1,73, atteignant 463,2 millions de dollars (406,6 millions d’euros) et 590 600 tonnes, dont 15,2 % rien que vers la Russie.

Les experts considèrent qu’une part non-négligeable des fruits et légumes ouzbeks exportés vers Moscou transitent par le Kazakhstan et le Kirghizstan, qui en tirent profit dans le cadre de l’Union économique eurasiatique. L’Ouzbékistan, malgré les avances de Moscou pour rejoindre cette union, a refusé d’en faire partie.

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L’Ouzbékistan peut également espérer une augmentation de ses exportations vers la France. De fait, la France a levé le 2 août dernier les sanctions concernant les melons et les grenades ouzbeks, deux des fruits emblématiques du pays.

Traduit du russe par Pierre-François Hubert

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