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L’hiver en Ouzbékistan : un week-end enneigé à Soukok Novastan | L’hiver en Ouzbékistan : un week-end enneigé à Soukok
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L’hiver en Ouzbékistan : un week-end enneigé à Soukok

Le village de Soukok, qui a connu des chutes de neige exceptionnelles cet hiver, attire les touristes. Traditions locales, paysages majestueux, forêts et même plats typiques aux accents romantiques, voilà un résumé d’une charmante bourgade ouzbèke à aller visiter.

Novastan reprend et traduit ici un article publié le 27 janvier 2021 par le média russe spécialisé sur l’Asie centrale Fergana News.

L’hiver ouzbek est rarement rigoureux. Dans cette région, les dernières grandes vagues de froid prolongées ont eu lieu il y a 30 ans. Depuis, il n’y a eu que des hivers cléments et légèrement humides.

Même l’anticyclone arctique de début 2021, d’une inhabituelle puissance, qui a amené en Russie et en Europe des températures extrêmes et records, n’a touché Tachkent que pendant deux jours. Cela a duré le temps d’un weekend, en apportant des chutes de neige et des températures nocturnes jusqu’à -13 °C.

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Cet évènement a cependant suffi à enthousiasmer les passionnés de sports d’hiver. La ruée vers les stations de ski populaires comme Tchimgan dans la région de Bostanlyk, Amirsoï ou encore Beldersoï, a alors provoqué un arrêt temporaire du trafic à sens unique sur la route traversant cette région. Les amateurs de ski, de luge et de snowboard ont donc dû rentrer à la capitale en faisant un détour le long des berges du Lac Tcharvak.

Les sites touristiques aux alentours

Tchimgan n’est pas la seule station d’altitude dans les environs de Tachkent. Les territoires agraires du district de Parkent ont toujours attiré l’attention des touristes, autant étrangers que locaux. Au printemps, les champs sont rouges de coquelicots. À l’automne se déroulent les vendanges et les traditionnelles compétitions de cavaliers, dans un jeu appelé koupkari en ouzbek, plus connu sous le nom perse bouzkachi.

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Et l’hiver, même pendant les années les plus chaudes, la neige recouvre les gorges du sud du Tchatkal d’un manteau de 50 centimètres d’épaisseur, voire plus. Il y a là quantité de kichlaks, ces habitations hivernales semi-nomades, nichées dans les montagnes et dignes d’un tableau par leur allure typique.

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Le kichlak de Soukok.

Le mot kichlak vient du mot kich, commun à toutes les langues turciques pour désigner l’hiver et qui signifie plus littéralement « hivernage », un endroit où les bergers peuvent se reposer l’hiver et laisser leurs troupeaux.

Débats autour de l’étymologie de Soukok

Le village de Soukok est niché sur un terrain pentu, sous la crête rocheuse de Chakhkourgan. L’origine de son nom est encore source de débats entre les ethnographes.

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La vie quotidienne à Soukok (illustration).

Certains pensent qu’il vient directement de l’ouzbek « souv oq » ou « eau blanche », d’autres de « souqmoq », « le sentier ». Dans certains documents historiques, le village apparaît sous le nom de Soukhak. Le toponymiste Souïoun Karaïev a émis l’hypothèse que le nom avait été donné par des migrants venus de la vallée de Ferghana, dans la région de la rivière Sokh. Dans ce cas, Soukok signifierait « Petit Sokh » et serait donc affilié au nom de la rivière.

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Même sans se soucier des interprétations possibles de son nom et du gentilé de ses habitants, Soukok est indubitablement l’un des plus beaux endroits d’Ouzbékistan, à seulement une quarantaine de kilomètres de Tachkent.

Un village pittoresque

Les maisons de Soukok, avec leurs épaisses parois extérieures faites de terre crue, sont traditionnellement serrées les unes contre les autres. Contrairement aux villages des plaines, ces maisons occupent plusieurs niveaux sur la pente et ne comptent jamais plus de deux étages. Le premier étage dispose généralement d’une véranda ouverte sous un auvent.

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L’étymologie de Soukok fait débat (illustration).

De nos jours, les fils électriques ont envahi les ruelles étroites autant que les rues principales, comme une toile d’araignée. Il s’y trouve aussi des tubes métalliques qui doivent distribuer le gaz naturel du réseau national. Bien que les habitants soient contraints à l’utilisation d’un poêle en argile pour faire cuire le pain au feu de bois.

Néanmoins, des installations modernes sont utilisées pour le chauffage, notamment pour chauffer l’eau au gaz.

Une vie entre viticulture, élevage et sites naturels

Des centaines d’hectares de vignes et de vergers s’étendent en-dessous de Soukok. Ici, comme dans pratiquement tout le district de Parkent, la population vit principalement de la culture viticole. Par ailleurs, dans certains kichlaks, les cours intérieures contiennent de vastes étables pour le bétail, des enclos pour les moutons et des poulaillers.

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Arbres enneigés dans la forêt reconstituée de Tchatkal.

À Tachkent, les brochettes de Soukok sont réputées pour leur particularités culinaires dites romantiques. Les habitants racontent que les moutons locaux se nourrissent de centaines de plantes différentes, dont des plantes médicinales. C’est pourquoi ils auraient une chair particulièrement tendre, goûteuse et ayant même des vertus thérapeutiques.

Au goût, ces brochettes sont pourtant très difficiles à différencier de celles préparées par n’importe quel producteur du centre du district de Parkent, alors qu’elles y sont moins chères.

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Branche enneigée d’un conifère dans la forêt reconstituée de Tchatkal.

Mais pour la classe moyenne de la capitale ouzbèke, la mode est de partir en joyeuse compagnie manger des brochettes à Soukok ou d’organiser des pique-niques pour profiter de l’air frais de la montagne. Avec pour paysage les hauteurs rocheuses de Bagyzchakh et de Chakhkourgan. Peut-être que le romantisme vient justement du cadre…

Un lieu de villégiature

Depuis la période soviétique, Soukok est connue pour ses maisons de repos et ses colonies de vacances, rénovées et encore ouvertes, situées à l’est de la région. Le développement du tourisme a rendu quelques excursions locales incontournables.

Il est possible d’aller voir la source Tchachma, de la ville de Nourata, qui jaillit comme un petit geyser au début du printemps. Ou encore le sanctuaire de Zarkent-Ota, ou le mausolée de Saïd Djafar Gazi, de l’autre côté de la crête.

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Montagnes enneigées près de Soukok.

En hiver, la forêt de feuillus et de conifères présente encore plus d’intérêt. Elle a été plantée par l’homme, bien qu’elle ait l’air sauvage. Il y a une centaine d’années, les flancs de la montagne ont été absolument ravagés du fait du pâturage intensif et de l’utilisation du bois de chauffage.

Une forêt diversifiée

Mais au milieu du XXème siècle, un peu plus haut que Soukok, juste sous le pic Bagyzchakh, un bois touffu a été planté. C’est la Zone expérimentale boisée pour l’aménagement en montagne de Tchatkal, opération lancée par l’Institut de recherche forestière Schröder.

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Cette forêt présente une grande variété de plantes, de buissons et d’arbres très différents. Ce sont principalement des pins, mais ils sont aux côtés de genévriers de l’Himalaya, une espèce endémique, de peupliers d’Italie, de poiriers sauvages, de cognassiers et de pommiers, avec de denses sous-bois d’églantiers.

Pendant ce weekend de janvier, lorsqu’à Tachkent plus de 15 centimètres de neige sont tombés, il était possible de s’enfoncer à certains endroits jusqu’à la ceinture. Cependant, ces interludes féériques et hivernaux ne durent jamais longtemps en Ouzbékistan où il fait généralement doux.

Andreï Koudriachov
Journaliste pour Fergana News

Traduit du russe par Paulinon Vanackère

Édité par Douglas de Almeida

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