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Universiades d’hiver 2017 à Almaty : entre études et sport Novastan | Universiades d’hiver 2017 à Almaty : entre études et sport

Universiades d’hiver 2017 à Almaty : entre études et sport

Organisées tous les deux ans, en été et en hiver, les Universiades rassemblent des milliers d’étudiants du monde entier pour une compétition aux allures de mini-Jeux olympiques. A Almaty, l’équipe d’Allemagne a voulu s’investir pleinement. Rencontre.

Novastan reprend ici un article de Julia Boxer paru dans le Deutsche Allgemeine Zeitung.

On rencontre rarement des jeunes femmes à la tête d’institutions ou d’associations. Katrin Werkmann, à 33 ans, est la nouvelle présidente d’honneur de l’Association allemande des sports universitaires et pour la première fois participe aux Universiades d’Almaty. Cette compétition, qui a rassemblé 57 pays (dont la France et l’Allemagne) et des athlètes étudiants, s’est déroulée du 29 janvier au 8 février dernier. Les Universiades d’hiver et d’été sont organisées tous les deux ans. Ceux d’été se dérouleront à Taipei, cette année.

Lire aussi sur Novastan : Kazakhstan : les Universiades d’Almaty ou les « petits Jeux olympiques d’hiver »

A Almaty, la Russie l’a emporté avec 71 médailles dont 29 d’or, suivie du Kazakhstan (36 médailles dont 11 en or) et la Corée du Sud (21 médailles dont 11 en or). La France a terminé 7ème avec 8 médailles dont 4 en or, tandis que l’Allemagne termine 18ème avec 3 médailles.

Katrin Werkmann est responsable de l'association sportive allemande.

Julia Boxler a rencontré Katrin Werkmann durant la compétition pour le Deutsche Allgemeine Zeitung (DAZ) lors de l’accueil de la délégation allemande par le consul général allemand d’Almaty. L’interview* a été transmise à Novastan avec l’autorisation amicale du DAZ.

 C’est la première fois que vous êtes à Almaty?
C’est la première fois que je suis à Almaty et au Kazakhstan. Pour moi personnellement c’est aussi la première fois que je participe à des Universiades, comme je ne suis présidente de l’Association allemande des sports universitaires seulement depuis novembre. Pour moi, tout est donc très nouveau.

Que pensez-vous de ces Universiades? Sont-elles bien organisées au niveau structurel et logistique
Comme ce sont mes premières Universiades, je n’ai pas d’éléments de comparaison. Mais ce que j’entends de mes collègues, qui pour certains participent à leur 20ème édition, c’est la première fois que pour une édition d’hiver, il existe un village réservé aux athlètes. Normalement, les athlètes ou les délégations sont placés dans des hôtels donc nous sommes tous assez loin des autres. Grâce au village, on se rassemble tous à un endroit. Les sportifs se rencontrent le matin au petit déjeuner, échangent dans la salle de gym ou dans la piscine, ils s’entrainent ensemble. C’est donc un vrai lieu de rencontre en dehors des lieux sportifs et de la compétition.

Pourquoi y a -t-il une version jeune des Jeux olympiques, pourquoi ces deux grands évènements?
Le comité international olympique s’occupe du sport de compétition alors que la Fédération internationale des sports universitaires (FISU) s’occupe plutôt des étudiants. Les étudiants qui font du sport en compétition ont une double charge. Ces athlètes savent bien qu’en choisissant les étudiants ils doivent supporter cette double charge pour se préparer à une vie après le sport.

La délégation allemande compte 29 athlètes. Comment se qualifie-t-on pour les Universiades?
Pour chaque discipline, il y a des critères bien précis, publiés 6 mois avant l’évènement. Ces critères de qualification sont décidés avec l’accord des fédérations nationales des différents sports en Allemagne comme la fédération de ski, de curling ou de patinage artistique. Nous avons naturellement demandé l’avis de ces fédérations pour savoir qui pourrait représenter l’Allemagne aux Universiades dans un sport. Les fédérations, après avoir pris connaissance des critères de sélections, donnent leur avis à l’Association allemande des sports universitaires sur la nomination d’un athlète.

Tous les participants font des études de sport (correspondant à la filière STAPS en France, ndlr)
Non, ils ne doivent pas forcément étudier le sport. Nous avons un large panel d’étudiants, des étudiants en sport, en environnement, en médecine, en littérature, en ingénierie et beaucoup d’autres.

Les participants ont-ils souvent une carrière olympique après les Universiades?
Les Universiades sont en quelque sorte une première marche pour des athlètes qui veulent commencer une carrière olympique par la suite. Dans la délégation allemande, nous avons une athlète qui a déjà participé aux derniers Jeux olympiques en patinage artistique. Mais elle voulait une nouvelle fois participer aux Universiades pour profiter de cette atmosphère exceptionnelle et revivre le plaisir de cet évènement.

Equipe allemande Universiades Almaty

Comment la fédération décide-t-elle quel sport sera représenté? Par exemple, il n’y a pas d’équipe allemande de hockey sur glace.

En effet, car certains sports sont trop professionnels en Allemagne et aucun étudiant ne les pratique. Par exemple, les hockeyeurs en Allemagne sont tous des professionnels et n’étudient pas. Ou alors ils étudient à l’étranger, aux Etats Unis ou au Canada, mais il y en a toujours trop peu pour créer une équipe nationale. Nous préférerions représenter tous les sports mais parfois il n’y a pas des sportifs qualifiés pour cela.

L’équipe allemande était-elle venue ici pour tester le terrain?
Nous avons eu des voyages. Les fondeurs (ski de fond) sont venus avant et ont déjà testé la neige dans les montagnes. Il y a un entrainement officiel et officieux, les lieux sportifs ouvrent petit à petit. Par exemple, les tremplins de saut à ski n’ont ouvert que quelques jours avant le début de la compétition. Les skieurs alpins sont arrivés aussi un peu plus tard parce qu’avant il y avait trop peu de possibilités d’entrainement ici. Ils ont de meilleures conditions d’entrainement à la maison car ici les pistes avaient déjà été préparées pour la compétition.

Comment se prépare l’Association allemande des sports universitaires pour ces évènements tous les deux ans ?
Pour nous, les Universiades sont toujours quelque chose de spécial. Les préparations intensives ont déjà commencées depuis 9 mois. C’est une grande quantité de travail, avec beaucoup de bureaucratie, des tâches d’organisation et de logistique. Les défis logistiques ne doivent pas être sous-estimés par exemple car en ce moment, en hiver, il y a beaucoup d’équipements nécessaires. Pour le combiné nordique par exemple, un sportif a besoin de deux sortes de ski pour sauter et pour le ski de fond, trois équipements, différentes chaussures et encore d’autres objets.

Que pouvez-vous nous dire sur le phénomène curling?
Je ne suis moi-même pas une experte du curling (rire). Mais cette année, pour la première fois, nous avons une équipe allemande de curling féminin ! Je souhaite bon courage à nos supers sportives !

Julia Boxler
Rédactrice en chef du Deutsche Allgemeine Zeitung à Almaty (Kazakhstan)

Traduit de l’allemand par Clara Merienne pour Novastan

*Cette interview a été réalisée avant la fin des Universiades et éditée.

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