Après des années d’attente, les habitants d’Astana ont enfin vpu assister à l’inauguration du LRT, le métro léger aérien de la capitale kazakhe. Prévu bien plus tôt, le projet a accumulé les retards sur fond de corruption et de malversations financières.
Le 18 mai dernier, le premier métro d’Astana a été inauguré par le président du Kazakhstan Jomart Tokaïev et le maire Kassym Bek. Désigné sous le nom de LRT (Light Rail Transport), ce nouveau métro entièrement automatisé connecte désormais l’est de la ville au sud-est en passant par le centre-ville. Il s’agit de la première ligne d’un vaste réseau prévu pour la capitale kazakhe, dans le cadre d’un projet de modernisation des transports urbains. Les travaux de construction ont été réalisés par un consortium d’entreprises chinoises.
Lors de l’inauguration, le chef de l’État a été le premier passager officiel à emprunter la ligne. A ce titre, il a symboliquement reçu la carte de passager n° 001 et a traversé la ville depuis l’aéroport international jusqu’au Musée national, en passant par le centre-ville et l’emblématique tour Baïterek. Le président Tokaïev a exprimé sa volonté de faire de la capitale kazakhe un hub majeur des transports eurasiatiques.
L’une des particularités de ce métro, par rapport aux systèmes souterrains existant dans les métropoles d’Asie centrale comme Tachkent, en Ouzbékistan, ou Almaty, dans le sud du Kazakhstan, est qu’il a été construit en extérieur, modifiant sensiblement le paysage urbain.
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A Astana, la majorité des habitants se réjouit de l’arrivée du LRT. « C’est vraiment très moderne, propre et sécurisé. C’est comme un métro, confie Aroujane, une jeune habitante d’Astana. De nombreux influenceurs locaux et étrangers ont d’ores et déjà publié des vidéos d’essai du métro sur les réseaux sociaux, mettant souvent en avant sa modernité ! » dit-elle avec une pointe de fierté dans la voix.
« Monument de la corruption »
Ce n’était pas trop tôt. Depuis près de vingt ans, le LRT est au cœur de nombreuses controverses. Le projet avait d’abord émergé ddans les années 2000, sous le mandat de l’ancien président Noursoultan Nazarbaïev. Mais la construction est à plusieurs reprises reportée, abandonnée, reprise et ralentie, sur fond de corruption et scandales politico-financiers. Dans la culture populaire, on attribue alors rapidement au métro d’Astana et à ses hautes barres de béton en forme de « T » le long des axes routiers, le surnom de « monument de la corruption » d’Etat, symbolisant gaspillage de fonds publics.
Ce n’était pas trop tôt. Depuis près de vingt ans, le LRT est au cœur de nombreuses controverses. Le projet a d’abord émergé dans les années 2000, sous le mandat de l’ancien président Noursoultan Nazarbaïev. Mais sa construction a été à plusieurs reprises reportée, interrompue puis relancée, sur fond de corruption et de scandales politico-financiers. Dans la culture populaire, le métro d’Astana et ses imposantes structures en béton en forme de « T » bordant les grands axes routiers ont rapidement hérité du surnom de « monument à la corruption », symbole du gaspillage des fonds publics.
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La banque Astana Bank, auprès de laquelle avaient été placés 200 millions de dollars de prêts chinois, a fait faillite en 2018, entraînant le blocage et la perte d’une grande partie des fonds dédiés à la construction. Lors d’un discours prononcé en 2019, le président Tokaïev avait critiqué le projet, déplorant les coûts exorbitants et le gaspillage d’argent public engendrés.

En 2021, plusieurs acteurs ont été accusé de détournement de fonds liés à la construction du métro. Kanat Spultanbekov, ancien maire adjoint d’Astana, et Talgat Ardan, ancien directeur d’Astana LRT ont été condamnés à 7 ans de prison en 2023 pour le détournement de 79 millions de dollars. M. Ardan a depuis été arrêté en Turquie en 2025, mais n’a toujours pas été extradé.
Mission : désengorger de la ville
Le développement du LRT devrait permettre une fluidification du trafic urbain. Jusqu’alors, le transport public dans la ville d’Astana reposait sur un vaste réseau de bus, avec 78 lignes desservant l’ensemble de la ville. Ce système se heurtait néanmoins à la circulation dense qui caractérise les longs axes routiers de la capitale, entraînant d’importantes congestions routières aux heures de pointe. L’ancienne capitale d’Almaty, sous l’Union soviétique, qui demeure un centre culturel et économique majeur du pays, est quant à elle déjà dotée d’un système de métro urbain depuis une quinzaine d’années.
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« Le fait que le métro soit en extérieur est pratique quand il y a des embouteillages, si on doit rapidement se rendre d’un endroit à un autre, explique Aroujane. Ce serait génial s’il y avait plus de lignes, mais on ne sait pas du tout combien de temps ça va prendre, ça ne sera sûrement pas pour tout de suite« .
La rive droite d’Astana, qui correspond à la zone la plus ancienne de la capitale, n’est pas encore desservie par le métro. Une seconde phase de construction du LRT a déjà démarré début janvier, prévoyant notamment l’extension de la municipalité de Kochy, dans la banlieue sud d’Astana. Pour l’heure, aucune date précise n’a été communiquée concernant l’extension du métro à la rive droite.
Eléa Muresan,
Rédactrice pour Novastan
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