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Guerre en Ukraine : des Centrasiatiques en Europe se mobilisent pour aider les réfugiés
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Guerre en Ukraine : des Centrasiatiques en Europe se mobilisent pour aider les réfugiés

3,7 millions de personnes ont fui l’Ukraine depuis l’invasion par la Russie, le 24 février 2022. Alors que les Européens s’organisent pour aider les réfugiés, des immigrés centrasiatiques se rassemblent pour aider à leur échelle.

Face à l’un des plus grands mouvements de population en Europe, les Centrasiatiques présents sur le continent s’organisent. Nigora Razykova est une étudiante en gestion des affaires internationales à l’université Saint Vincent Paul à Lublin, en Pologne. Dès le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, la Tadjike de 23 ans a su qu’elle ne pouvait pas rester à l’écart du conflit, relate le média tadjik Your.tj. Depuis le 24 février, 3,7 millions d’Ukrainiens ont fui leur pays, comme l’a décrit le 25 mars dernier l’Agence des nations unies pour les réfugiés (UNHCR).

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Au début, Nigora Razykova a participé à sa manière et milité dans des rassemblement anti-guerres. « Dès que j’ai appris ce qui s’était passé, j’ai eu peur et j’ai eu mal pour ces malheureux. Je n’aurais jamais pensé que cela puisse arriver, et si près de nous » explique-t-elle à Your.tj. Lublin est à 637 kilomètres de l’Ukraine.

Des actions bénévoles et polyvalentes

Petit à petit, Nigora Razykova diversifie ses actions et participe à des collectes de dons pour les réfugiés ukrainiens. « Je me sentais impuissante, incapable de faire quoi que ce soit face à la situation » avoue-t-elle. Elle récupère tous les biens primaires, susceptibles d’aider les réfugiés : argent, nourriture, vêtements et médicaments.

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Selon Your.tj, Nigora Razykova s’engage immédiatement en tant que bénévole, dès que la Pologne a commencé à accueillir les premiers réfugiés. Elle traduit le russe en polonais pour aider les Ukrainiens. Elle enregistre les nouveaux arrivants. « C’est calme dans le centre pendant un moment, puis, d’un coup, ils amènent tout un bus de personnes qu’il faut rapidement enregistrer, équiper, nourrir » raconte-t-elle.

Une Tadjike parmi les aidants

L’équipe de bénévoles où travaille Nigora Razykova est majoritairement ukrainienne et polonaise. Lorsque la jeune fille propose son aide, le personnel l’accueille avec surprise, étonné qu’une étrangère veuille s’investir et apporter sa coopération. « La plupart des volontaires sont des résidents locaux. […] Par conséquent, pour eux, tout cela est un peu inhabituel » confie-t-elle.

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Lorsque les habitants locaux découvrent d’où elle vient, leur réaction demeure unanime : « Le Tadjikistan ! Oh c’est si loin » relate Nigora Razykova. Mais elle précise que tous la félicitent pour son courage et sa réactivité. « Je pense que l’entraide est inhérente à chacun de nous. Et la situation actuelle l’a montré » rappelle-t-elle.

Des Centrasiatiques répartis dans plusieurs pays

Une entraide qui ne se limite pas aux frontières polonaises. De fait, d’autres personnes originaires des pays de l’ex-URSS apportent leur aide aux réfugiés, selon Your.tj. C’est notamment le cas d’Olga, originaire du Kazakhstan, qui vit en Allemagne.

« C’est maintenant une idée si commune qui unit tout le monde. C’est probablement notre réponse à la guerre » déclare Olga. Au 28 mars, l’Allemagne avait enregistré plus de 300 000 réfugiés ukrainiens, relaie le média allemand Deutsche Welle.

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Un peu plus à l’Est, en République Tchèque, se trouve Madina, décrit Your.tj. D’origine tadjike, la jeune femme vit à Prague avec sa petite fille de 9 ans. Madina explique que l’entraide ne connaît pas de barrières. « J’ai beaucoup d’amis de différentes nationalités de l’ex-URSS. Ils aident tous les réfugiés » raconte Madina. Russes, Tadjiks, Biélorusses, Kazakhs, Ouzbeks : ils prêtent main forte aux immigrés ukrainiens, selon Your.tj.

« Nous avons vraiment honte que cela se soit produit » déplore Madina. Après le début de la guerre, la jeune mère s’est inquiétée pour ses enfants. « J’ai demandé à mes enfants s’ils avaient des problèmes parce qu’ils parlaient russe. Dieu merci, non, la relation est restée la même » explique-t-elle. Dans la classe de la fille aînée de Madina, les enfants se rassemblent et protestent à leur manière contre la guerre. « Ces enfants se sont assis ensemble, ont condamné ce qui s’est passé et ont décidé d’organiser une action de protestation contre la guerre », relate Madina.

Valentine Briant
Rédactrice pour Novastan

Relu par Emma Jerome

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