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Covid-19 : le Kirghizstan pourra-t-il vacciner sa population ?

Dernier pays d’Asie centrale à avoir reçu des vaccins anti-Covid, le Kirghizstan doit maintenant pérenniser ses importations. Entre le coût prohibitif d’une campagne de vaccination de masse et les choix politiques, ses options sont limitées.

C’est un constat implacable. « L’État ne dispose pas suffisamment de fonds pour assurer pleinement l’approvisionnement en vaccins de la population », a affirmé le 19 avril dernier Ouloukbek Karmychakov, le vice-Premier ministre et ministre des Finances kirghiz, relaie le média kirghiz Kloop.kg. Deux milliards de soms (20 millions d’euros) ont été attribués en 2021 à la lutte contre le Covid-19 mais ce ne sera pas suffisant. Le vice-Premier ministre a également rappelé que le président Sadyr Japarov voulait acheter des vaccins russes et que la livraison d’un premier lot de 500 000 doses du vaccin russe Spoutnik V avait été convenue le 24 février dernier

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Comme l’a décrit le 21 mars dernier le ministère de la Santé kirghiz, le Kirghizstan a prévu d’organiser la campagne de vaccination en trois étapes, selon les recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). D’abord seront vaccinés les médecins, les enseignants et les forces de l’ordre, puis les personnes présentant des facteurs de risque clinique et les gens de plus de 60 ans. Enfin, dans une troisième phase dont la date n’est pas fixée, le reste de la population. 

Sinopharm sinon rien

La vaccination a cependant débuté au Kirghizstan grâce à 150 000 doses de vaccin Sinopharm données par la Chine et reçues le 19 mars dernier, décrit le ministère de la Santé.  Le 26 mars, l’épidémiologiste immunologiste Bouroul Asykbekova, représentante du ministère de la Santé, a néanmoins reconnu que certains médecins avaient refusé le vaccin chinois et souhaitaient recevoir un vaccin russe, qui n’était pas encore disponible, relaie Radio Azattyk, la branche kirghize du média américain Radio Free Europe. 

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Le Sinopharm chinois, non encore approuvé par l’OMS, ne serait efficace qu’à 50 %, selon des officiels chinois relayés par l’agence Associated Press, alors que le Spoutnik V aurait une efficacité de plus de 90 %, comme a pu l’affirmer une étude réalisée par la revue scientifique The Lancet en février dernier.

Au 28 avril, un peu plus de 20 400 Kirghiz avaient reçu au moins une première dose de vaccin, a décrit le gouvernement kirghiz. Au 25 avril, ils étaient 16 500, relaie le média russe Spoutnik, principalement avec le Sinopharm. 

Le dilemme de l’Astra Zeneca

L’une des portes de sortie du gouvernement kirghiz est le programme Covax de l’OMS, réservé aux pays à faibles revenus. Le 1er février dernier, les autorités ont affirmé qu’elles essayaient d’obtenir les 2,6 millions de doses nécessaires pour traiter 20 % des 6 millions d’habitants grâce au programme, décrit Radio Azattyk.

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Le ministre de la Santé Alymkadir Beichnaliev a annoncé le 14 avril dernier à l’agence de presse kirghize 24.kg qu’il s’attendait à recevoir 405 000 doses de vaccin Astra Zeneca en mai ou en juin, livrées dans le cadre du programme Covax et qu’un espace de stockage était prêt. Les consommables comme les seringues seront également données par l’OMS. Le ministre s’est aussi inquiété des complications et effets secondaires de l’Astra Zeneca mais a estimé que les experts de l’OMS en trouveraient la raison avant que le produit ne soit livré. « Si l’OMS dit que la raison est le vaccin, nous changerons de médicament. Nous ne voulons pas abandonner le programme Covax », a-t-il souligné. 

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Pour des raisons techniques, le Kirghizstan n’a pas pu recevoir un don de vaccins Pfizer BioNTech. Le 19 janvier dernier, Alymkadir Beichnaliev a dû refuser la livraison, car le pays ne dispose pas de congélateurs spéciaux pouvant stocker ce type de vaccin à -70°, relaie l’agence russe TASS. Ainsi, en dehors de la livraison gratuite de Sinopharm et du programme Covax, le Kirghizstan ne peut guère compter, pour le moment, que sur ses propres ressources financières.

Stéphane Duperray
Rédacteur pour Novastan

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