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Le FMI encourage l'Ouzbékistan à accélérer la libéralisation de son économie Novastan | Le FMI encourage l’Ouzbékistan à accélérer la libéralisation de son économie
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Le FMI encourage l’Ouzbékistan à accélérer la libéralisation de son économie

Dans son rapport annuel, le Fonds monétaire international a estimé que l’Ouzbékistan devait davantage libéraliser son économie. Pour l’organisation internationale, les entreprises publiques restent encore trop dominantes dans le pays le plus peuplé d’Asie centrale.

Le 17 février dernier, le Fonds monétaire international (FMI) a estimé que les entreprises publiques étaient encore trop dominantes en Ouzbékistan. Dans son rapport annuel de mission, l’organisation estime que « les autorités devraient progresser dans l’ouverture des marchés, une compétition plus accrue et des prix déterminés par le marché pour permettre une allocation efficace des ressources ». Comme le précise le FMI, cette note n’engage pas encore formellement le bureau des administrateurs de l’organisation, qui décidera dans les prochaines semaines des recommandations officielles à donner.

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Pour autant, l’équipe du FMI estime notamment que l’Ouzbékistan pourrait « retirer les privilèges qui bénéficient aux entreprises à capitaux publics » et se séparer notamment de ses plus grands groupes. L’organisation internationale a également proposé un agenda de réformes structurelles aux autorités ouzbèkes afin d’aider au développement de son économie. D’après le média ouzbek Kun.uz, de nombreuses évolutions proposées pourraient être réalisés de façon rapide car concernant des domaines ayant vu des progressions encourageantes à l’international.

Une dynamique déjà enclenchée

Malgré ces relatives critiques, le FMI estime que l’Ouzbékistan est déjà lancé dans une dynamique de privatisation, notamment avec un décret du président ouzbek Chavkat Mirzioïev pris en octobre 2020. Ce dernier prévoit la privatisation totale ou partielle de 620 entreprises publiques, avec quelques joyaux industriels parmi elles.

Lire aussi sur Novastan : L’Ouzbékistan va privatiser ses joyaux industriels à tout va

Selon Kun.uz, la libéralisation de ces entreprises fait partie d’un processus plus global de privatisations de plus de 3 000 entreprises publiques. L’État ouzbek a dès à présent organisé une vente en ligne de parts de ces entreprises tout en s’assurant de rester encore actionnaire majoritaire. L’un des objectifs est aussi d’améliorer la gouvernance de ces entreprises, souvent très opaque.

En parallèle, le FMI note que l’Ouzbékistan a proposé l’ouverture à la concurrence du marché du gaz et de l’électricité par exemple afin de permettre des progrès dans ce secteur. Décrite par Kun.uz, cette réforme annoncée le 23 octobre dernier devrait permettre d’avoir une production privée d’électricité de 47 % en 2025, contre 100 % publique actuellement. L’État va néanmoins effectuer un contrôle sur les prix de ces ressources afin d’éviter que le consommateur ouzbek ne sorte perdant de ces accords.

Lire aussi sur Novastan : L’Ouzbékistan accélère la libéralisation de son économie

Plus largement, l’Ouzbékistan est en pleine transformation de son économie depuis l’arrivée au pouvoir de Chavkat Mirzioïev en décembre 2016, avec notamment une libéralisation de sa monnaie, le soum, et la production de coton, son produit phare.

L’intégration de l’Ouzbékistan au sein des institutions internationales 

La discipline économique est l’un des défis majeurs pour l’Ouzbékistan, selon le rapport du FMI. La corruption restant l’une des causes principales de dysfonctionnement des entreprises ouzbèkes et du retard de sa libéralisation voulue par l’institution internationale.

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Afin de s’inclure dans une vraie lutte contre les crimes économiques, l’État s’est muni le 29 juin dernier d’une agence anticorruption, relaie le média ouzbek Gazeta.uz. Cette dernière est encadrée par le programme de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). La justice en matière économique pourrait donc être rendue plus indépendante. Le FMI attend « des poursuites judiciaires et accusations sur des bases justes et crédibles » de la part de cette institution. L’objectif est selon eux d’accroître la transparence sur certains sujets telle la gestion des dépenses en temps de pandémie.

Plus largement, le FMI estime que les négociations d’adhésion de l’Ouzbékistan à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), alliées à un accès privilégié au marché européen, « devrait profiter aux entreprises et aux consommateurs ouzbeks ». De fait, Tachkent a repris les discussions avec l’OMC en juillet 2020 et a obtenu le 30 novembre dernier le statut SPG+, permettant d’exporter un grand nombre de produits vers l’Union européenne sans droits de douane.

Tachkent est également devenu membre observateur de l’Union économique eurasiatique le 11 décembre dernier. Cette organisation économique lancée en 2015 et dominée par la Russie vise à instaurer un espace de libre-échange, notamment avec les pays d’Asie centrale. En jouant sur les deux tableaux, Tachkent pourrait attirer à la fois les investisseurs occidentaux et russes pour développer son économie.

Côme Brunel
Rédacteur pour Novastan

Relu par Anne Marvau

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