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Révolution kirghize : la communauté internationale sur le qui-vive

Alors que la prise de la Maison blanche de Bichkek a fait le tour du monde, les pays occidentaux et la Russie ont réagi rapidement. L’inquiétude se mêle aux appels à des élections plus transparentes.

Depuis le 5 octobre et l’annonce des résultats des élections législatives, le pays d’Asie centrale vit sa troisième révolution depuis 2005. Ce lundi 12 octobre, la situation reste instable au Kirghizstan avec l’envoi de l’armée par le président Sooronbaï Jeenbekov et la déclaration de l’état d’urgence. Sadyr Japarov a également été nommé Premier ministre le 10 octobre dernier.

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Ces évènements ont poussé la communauté internationale à réagir. Chose rare, les pays d’Asie centrale ont témoigné de leur espoir d’un retour rapide au calme dans un communiqué commun. Les puissances internationales ont également commenté la situation en cours.

L’UE et les États-Unis soutiennent le peuple kirghiz

Du côté des puissances occidentales, l’Union européenne (UE) a affiché dans un communiqué son soutien au peuple kirghiz, tout en attendant la tenue d’élections législatives transparentes. « Nous attendons avec intérêt l’organisation de nouvelles élections crédibles, transparentes et inclusives, conformément aux engagements internationaux du Kirghizstan et aux droits démocratiques de ses citoyens », peut-on lire dans le communiqué officiel.

Du côté américain, l’ambassade à Bichkek espère elle aussi un retour au calme rapidement. Inquiets de l’ampleur que prennent les évènements au Kirghizstan, les États-Unis ont appelé à la non-violence, ainsi qu’à une résolution pacifique du conflit. L’ambassade américaine annonce soutenir le peuple kirghiz et la détermination des moyens de poursuivre le développement de la République.

L’ONU est prête à participer au dialogue

L’actualité au Kirghizstan a également fait réagir le ministre des Affaires étrangères de l’Organisation des nations unies (ONU), qui exprime dans un communiqué sa volonté d’organiser au plus vite un dialogue entre les forces politiques nationales, afin de faire rentrer le pays dans un « cadre constitutionnel ».

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a appelé dès le 6 octobre les forces politiques kirghizes au dialogue afin d’avancer dans un « cadre constitutionnel ».

L’organisme international se dit prêt à participer à l’organisation d’un dialogue, via le Centre régional des Nations unies pour la diplomatie préventive en Asie centrale. En 2010, l’ONU était déjà intervenue après la révolution, en déployant des aides pour les réfugiés victimes des violences entre les communautés ouzbèke et kirghize à Och, dans le sud du pays.

La Russie, très inquiète d’une crise politique dans un pays allié

La Russie, proche alliée du Kirghizstan, a affiché son soutien au président kirghiz, et s’inquiète du « chaos » dans lequel est plongé le pays, selon les mots du porte-parole de Vladimir Poutine Dimitri Peskov, rapportés par le média russe Unian.

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Dimitri Peskov a annoncé son espoir d’une solution pacifique rapide. Par ailleurs, contrairement aux autres puissances qui condamnent la légitimité des législatives kirghizes, la Russie a toujours reconnu les dernières élections comme transparentes, et ” s’étant déroulées démocratiquement “, a affirmé Vladimir Poutine dans une interview pour la chaîne de télévision “Russie 24”.

Le Kremlin se montre prêt à intervenir dans la résolution de la crise politique : rappelant les liens qui unissent les deux pays, une discussion a eu lieu le 7 octobre entre le chef du conseil de sécurité Omurbek Suvanaliev et le chef du FSB russe Alexander Bortnikov, dans le but de « stabiliser la situation », explique le média kirghiz Kaktus. Une marque du soutien de la Russie envers Sooronbaï Jeenbekov.

Le président kirghiz, quant à lui, a récemment félicité Poutine pour son anniversaire, selon le média kirghiz Kloop.kg.

Emma Collet
Rédactrice pour Novastan

Relu par Anne Marvau

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