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La France apporte son soutien diplomatique et économique au Kirghizstan

Le 29 avril dernier, deux représentants des ministères des Affaires étrangères français et kirghiz se sont entretenus par visioconférence. L’occasion de maintenir un dialogue constructif sur la coopération bilatérale franco-kirghize.

Malgré l’épidémie de coronavirus, la France et le Kirghizstan continuent d’œuvrer à un rapprochement diplomatique et économique. Le 29 avril dernier, le vice-ministre des Affaires étrangères kirghiz, Azizbek Madmarov, et le directeur du département de l’Europe continentale du ministère des Affaires étrangères, Frédéric Mondoloni, se sont entretenus par visioconférence. Outre la gestion de la crise sanitaire, cet entretien a permis aux deux ministères d’échanger sur la visite officielle en France du président de la République kirghize Sooronbaï Jeenbekov, ainsi que sur la coopération économique franco-kirghize.

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Épargné par une crise sanitaire majeure, le Kirghizstan a su se prémunir rapidement contre la propagation du virus. En revanche, son réel défi est économique avec la prévision d’une récession de 4 % sur l’année 2020, selon le Regional Economic Outlook d’avril 2020 du Fonds monétaire international. De nombreux projets bilatéraux sont à l’étude pour soutenir l’économie kirghize, qui en ces temps de crise compte sur le soutien de ses partenaires étrangers.

Report de la visite officielle du président kirghiz en France

Premier sujet d’importance : la visite officielle en France du président kirghiz, Sooronbaï Jeenbekov. En raison de l’épidémie de coronavirus, la visite a été reportée mais reste maintenue, tout comme la cérémonie d’ouverture de l’ambassade kirghize en France. Une visite présidentielle serait envisageable avant la fin de l’année 2020 avec « l’espoir d’une visite pour le mois de novembre », a indiqué à Novastan Mouktar Djoumaliev, l’ambassadeur du Kirghizstan en Belgique. L’ambassadeur est pour l’heure responsable des affaires franco-kirghizes dans l’attente de l’ouverture de l’ambassade en France.

Ce dernier a ajouté qu’il espérait que le bureau sera inauguré « lors de la visite présidentielle ». En revanche, seule une normalisation de la situation sanitaire permettra aux deux ministères de convenir d’une date précise.

Comme l’a affirmé à Novastan l’ambassadeur de France au Kirghizstan Michaël Roux, l’ouverture de l’ambassade kirghize en France serait un évènement diplomatique important pour les deux pays. Ainsi, la volonté kirghize de maintenir cette visite « montre toute la confiance qu’a le Kirghizstan dans le potentiel de la relation bilatérale, et la présence d’une équipe kirghize à Paris permettra une meilleure exploitation du GSP+ », a-t-il indiqué. Le Système généralisé de préférence (GSP) de l’Union européenne, dont le Kirghizstan est membre, est un programme facilitant l’exportation de produits des pays en développement vers le marché européen. Le GSP+ permet d’obtenir une baisse supplémentaire des droits de douane des produits exportés vers l’Union européenne.

Des échanges commerciaux en forte hausse

Cette volonté de rapprochement diplomatique entre la France et le Kirghizstan coïncide avec une augmentation des échanges des volumes commerciaux. Récemment, la France est devenue le deuxième fournisseur européen du Kirghizstan, après l’Allemagne. Les exportations sont ainsi passées de 18 millions d’euros en 2017 à 28 millions d’euros en 2019, soit la plus forte hausse jusqu’à présent.

Une dynamique similaire a été observée dans le secteur touristique, avec un accroissement du nombre de touristes français au Kirghizstan. Ces indicateurs « démontrent un intérêt français pour la relation bilatérale, qui n’attend que la normalisation de la situation et la reprise de l’activité pour se développer », a estimé Michaël Roux.

La France aide le Kirghizstan dans sa relance économique

Les échanges ne se limitent cependant pas à l’aspect purement économique. Le Kirghizstan a ainsi reçu une aide de plus de 120 millions de dollars (110,5 millions d’euros) de la part du Fonds monétaire international (FMI) dans les premières semaines de l’épidémie de coronavirus. Sur ce sujet, l’ambassadeur du Kirghizstan en Belgique a ainsi exprimé sa gratitude envers la France pour « son fort soutien et son initiative ». En effet, au sein du G20 et du Club de Paris, la France a initié ce moratoire pour que le Kirghizstan bénéficie de ces aides, afin de renforcer la confiance dans l’économie kirghize. De plus, Mouktar Djoumaliev a tenu à ajouter un remerciement supplémentaire à l’égard de la France pour son soutien à la présentation du plan anti-crise présenté par les autorités kirghizes à la Banque européenne de reconstruction et de développement.

Ainsi, la France se prépare à une relance de ses relations diplomatiques et économiques avec le Kirghizstan. Selon Michaël Roux, cette relance pourrait s’accompagner d’une ouverture de certains marchés aux capitaux étrangers, notamment dans les secteurs électrique, routier, ainsi que celui des infrastructures aériennes. Mouktar Djoumaliev confirme l’intérêt kirghiz pour les investissements français, notamment dans le domaine de l’hydro-électricité, en espérant que « des entreprises comme Engie investiront au Kirghizstan ».

Les investisseurs français attendus au tournant

En parallèle, les bailleurs français, à l’instar de Proparco, la filiale de l’Agence française de développement, ont pour ambition de poursuivre leurs projets dès la reprise de l’économie kirghize. Présente depuis 2019 et ayant réalisé sa troisième mission au Kirghizstan, l’institution financière française, active dans les secteurs bancaires kirghiz et ouzbek « pourrait avoir un effet de levier en finançant les entreprises et l’activité économique », a indiqué Michaël Roux.

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Si l’ambassadeur de France au Kirghizstan est prudent concernant une reprise immédiate de l’économie kirghize, il reste confiant dans les prédictions du Regional Economic Outlook du FMI, qui estime que le Kirghizstan repartira grâce à une croissance forte dès 2021. Michaël Roux rappelle que la dynamique économique du Kirghizstan lui vient de son « économie de marché, qui est l’une des plus libérales de la Communauté des états indépendants, une part importante du PIB relevant du secteur privé ». Ainsi, une relance économique via des capitaux privés, notamment étrangers, serait une stratégie efficiente dans « un pays d’entrepreneurs où les gens n’ont pas peur d’investir », a-t-il ajouté. À l’instar de la construction de l’hôtel Novotel Bishkek City Center, pour un montant de 20 millions de dollars (17,8 millions d’euros) et de son ouverture prévue en septembre 2020.

Les deux ambassadeurs se disent confiants dans l’avenir des relations entre leurs deux pays et attendent la normalisation de la situation sanitaire pour relancer leur partenariat diplomatique. Plus largement, cette épidémie aura prouvé l’intérêt commun qu’éprouvent la France et le Kirghizstan dans le renforcement de leur relation bilatérale. Paris a également profité de la crise sanitaire actuelle pour faire de même avec l’Ouzbékistan et le Tadjikistan.

Tristan Pierard
Rédacteur pour Novastan

Relu par Anne Marvau

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