FMI fonds monétaire international Kirghizstan prêt d'urgence coronavirus Covid-19

Coronavirus : le Kirghizstan reçoit un plan d’aide d’urgence du FMI

Débloqué le 26 mars dernier, ce prêt de 120 millions de dollars représente un soutien nécessaire au pays, dont l’économie est fortement affectée par le ralentissement économique mondial. Le Kirghizstan est le premier pays au monde à bénéficier de l’aide du Fonds monétaire international.

Dans le contexte actuel de pandémie mondiale du coronavirus, c’est au tour des grandes instances internationales d’agir. Le Fonds monétaire international (FMI) a débloqué le 26 mars dernier 120,9 millions de dollars (110,5 millions d’euros) pour le Kirghizstan, a-t-il annoncé dans un communiqué. Quelques heures auparavant, le président kirghiz Sooronbaï Jeenbekov a rencontré Tigran Pogosyan, le représentant permanent de l’organisation dans le pays, qui avait promis de l’aide.

Novastan est le seul média en français et en allemand spécialisé sur l'Asie centrale. Entièrement associatif, il fonctionne grâce à votre participation. Nous sommes indépendants et pour le rester, nous avons besoin de vous ! Vous pouvez nous soutenir à partir de 2 euros par mois (défiscalisé à 66 %), ou en devenant membre actif par ici.

Comme l’a décrit le représentant du FMI au Kirghizstan, le pays enclavé d’Asie centrale avait alerté très tôt Washington de la gravité de la situation et se retrouve ainsi être le premier pays à bénéficier d’un prêt d’urgence. Cet argent servira à soutenir son économie et financer ses dépenses de santé. Ce jeudi 2 avril, le pays compte 116 cas, notamment dans le sud du pays.

Mais au-delà de la santé et à l’instar de nombreux pays dans le monde, le Kirghizstan fait face à une crise économique majeure : les dépenses de l’État ne cessent de croître, tandis que les recettes du budget s’affaiblissent. Selon le FMI, le Kirghizstan pourrait se retrouver avec un déficit de 400 millions de dollars (365 millions d’euros) dans ses échanges extérieurs.

Une aide d’urgence majeure

« L’aide du FMI aidera à fournir un soutien, à augmenter les tampons et à renforcer la confiance dans l’économie du Kirghizstan. Cela contribuera également à stimuler le soutien des donateurs et à préserver l’espace financier pour les dépenses de santé de base liées à la lutte contre le Covid-19 », note le FMI.

D’après Tigran Pogosyan, ce prêt correspond à une somme forfaitaire, représentant 50 % du quota du Kirghizstan au FMI et vise avant tout à combler l’écart budgétaire, rapporte l’agence kirghize 24.kg. Si l’État kirghiz devait l’utiliser pour des dépenses de santé, celles-ci seraient alors contrôlées selon un audit, et les résultats seraient rendus officiels sur le site du ministère des Finances.

La crise frappe de plein fouet l’économie kirghize

Du fait du Covid-19, l’économie kirghize est sur les rotules. D’après 24.kg, alors que d’un côté le pays connaît une baisse des importations due à la fermeture des frontières, la demande intérieure augmente. L’inflation est également de retour tandis que le som perd de la valeur du fait de la volatilité des prix et de la chute des prix du pétrole. Tout ceci augmente considérablement les dépenses intérieures, alors que les recettes diminuent.

Si les prévisions économiques restent très incertaines pour le futur, la crise du coronavirus n’est pas prête de prendre fin : selon le Premier ministre Mouhammetkaly Abylgaziev, l’impact du coronavirus sur l’économie durera deux ans.  Sur la base de l’hypothèse d’une fin de crise en juin, Tigran Pogosian redoute que le choc COVID-19 ne ralentisse la croissance à 0,4 % en 2020, avec une augmentation du taux d’inflation de 11 % et du déficit budgétaire de 8 % du Produit intérieur brut (PIB). La réduction des importations est estimée à 11,7 %, et des exportations à 4,5 %. Anticiper ces pertes économiques est donc une priorité pour le pays.

Pour remédier à cette situation, le chef du gouvernement kirghiz a annoncé dès le 19 mars que 1,1 milliard de soms (soit 12,3 millions d’euros) ont été débloqués par l’État kirghiz pour lutter contre le coronavirus, toujours selon le média 24.kg. Une part de ce budget est consacrée au soutien des entreprises.

En conséquence de ce prêt du FMI, un poids de plus pèse sur la dette kirghize. La dette publique atteint déjà 657 millions de dollars (601 millions d’euros) d’après AKIPress. Toutefois, Tigran Pogosian note que du fait de la viabilité de la dette publique, la probabilité d’une crise de la dette est modérée.

Les donateurs se mobilisent

Cette aide du FMI est la plus importante à ce jour reçue par le Kirghizstan. Pour autant, le pays a également reçu 66 millions de soms (734 000 euros) de la part de l’USAID le 20 mars dernier, rapporte l’agence kirghize AKIPress. La fondation Soros, très implantée dans le pays, a fait des dons de matériels médicaux pour plusieurs milliers de dollars. Un compte spécial pour les dons, ouvert par le gouvernement kirghiz et principalement abondé par des hommes d’affaires locaux, capitalise au 1er avril près de 900 000 euros.

Envie d'Asie centrale dans votre boîte mail ? Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter hebdomadaire en cliquant ici.

Les États ne sont également pas en reste. L’Ouzbékistan voisin a fait parvenir 17 wagons d’aide humanitaire ce jeudi 2 avril, décrivent les autorités dans un communiqué. L’Allemagne a également fait don de 500 000 euros au pays pour ses dépenses de santé, comme le décrit 24.kg et l’ambassade allemande à Bichkek.

Emma Collet
Rédactrice pour Novastan

Corrigé par Aline Simonneau

Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez répondre anonymement à ce questionnaire ou nous envoyer un email à redaction@novastan.org. Merci beaucoup !

Partager avec
Commentaires
  • Avatar

    Très intéressant! En espérant que le pays puisse outrepasser la crise.

    10 avril 2020

Ecrire un commentaire

Captcha *