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	<title>François, Author at Novastan France</title>
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	<description>L&#039;Asie centrale expliquée, avec Novastan</description>
	<lastBuildDate>Mon, 05 Jul 2021 13:46:26 +0000</lastBuildDate>
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	<title>François, Author at Novastan France</title>
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		<title>Une collection venue d&#8217;URSS : pourquoi un jeune musicien de Douchanbé collectionne et restaure des guitares soviétiques</title>
		<link>https://novastan.org/fr/tadjikistan/une-collection-venue-durss-pourquoi-un-jeune-musicien-de-douchanbe-collectionne-et-restaure-des-guitares-sovietiques/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[François]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Mar 2021 12:23:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<category><![CDATA[Douchanbé]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
		<category><![CDATA[Société et culture]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
		<category><![CDATA[Union soviétique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/une-collection-venue-durss-pourquoi-un-jeune-musicien-de-douchanbe-collectionne-et-restaure-des-guitares-sovietiques/">Une collection venue d&rsquo;URSS : pourquoi un jeune musicien de Douchanbé collectionne et restaure des guitares soviétiques</a></p>
<p>Un jeune habitant de Douchanbé, Rouslan Karimov, achète des instruments soviétiques venus de tout le Tadjikistan, les répare et leur redonne leur apparence d&#8217;origine. Il le fait pour redonner à ces objets de collection leur place dans l’histoire de la musique. Novastan reprend ici et traduit un article publié le 25 octobre 2020 par le [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/une-collection-venue-durss-pourquoi-un-jeune-musicien-de-douchanbe-collectionne-et-restaure-des-guitares-sovietiques/">Une collection venue d&rsquo;URSS : pourquoi un jeune musicien de Douchanbé collectionne et restaure des guitares soviétiques</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un jeune habitant de Douchanbé, Rouslan Karimov, achète des instruments soviétiques venus de tout le Tadjikistan, les répare et leur redonne leur apparence d&rsquo;origine. Il le fait pour redonner à ces objets de collection leur place dans l’histoire de la musique.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Novastan reprend ici et traduit un article publié le 25 octobre 2020 par le média tadjik </strong><a href="https://asiaplustj.info/ru/news/life/culture/20201025/zachem-molodoi-dushanbinets-kollektsioniruet-elektrogitari-sovetskoi-epohi"><strong>Asia-Plus</strong></a><strong>.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La passion de Rouslan Karimov pour la collection d’instruments soviétiques apparaît à l’adolescence.&nbsp;Alors qu’il apprend la guitare,&nbsp;il acquiert à 15 ans une guitare électrique de la marque soviétique Aelita, pour seulement 15 somonis (1,11 euros).&nbsp;Aujourd’hui,&nbsp;sa collection s’élève à 19 instruments,&nbsp;dont une partie nécessite encore des réparations.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>“Tout s’est passé spontanément,&nbsp;je n’ai pas eu dès le début l’idée de collectionner des instruments soviétiques”</em>,&nbsp;raconte Rouslan Karimov.&nbsp;Après avoir essayé de maîtriser la guitare électrique, il se tourne finalement vers la guitare basse. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La pratique est même devenue son mode de vie. Ne pouvant pas s’offrir une guitare de marque, il fait l’acquisition d’une basse soviétique de la marque Kavkaz pour la sommes de 100 somonis (7,4 euros). Sa conception et son allure lui plurent vraiment.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Le jeune bassiste explique que les instruments soviétiques diffèrent en effet énormément des modèles venant d’autres pays.&nbsp;Non seulement du point de vue de l’apparence extérieure,&nbsp;mais aussi sur le plan de la qualité des sons et de la manière dont ils ont été élaborés.&nbsp;<em>”Ces guitares sont uniques en leur genre et c’est particulièrement cela qui m’a intéressé”</em>, poursuit-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/quand-le-rock-and-roll-sovietique-faisait-danser-douchanbe/"><strong>Quand le rock-and-roll soviétique faisait danser Douchanbé</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Rouslan Karimov réalise alors, que d’ici trois ou quatre décennies,&nbsp;des instruments similaires à ceux-ci finiront par disparaître sans laisser de traces.&nbsp;Il n’en restera alors qu’un vague souvenir dans de vieux journaux soviétiques décrépits. </p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ainsi que le jeune homme a décidé d’en conserver ne serait-ce qu’une partie.&nbsp;Et à force de volonté il est possible de parvenir à de belles choses.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>S’improviser luthier</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La plupart des guitares qu’il a acquises ont exigé une réparation.&nbsp;Elles étaient pour l’essentiel différentes de leur état d’origine. Ainsi, une guitare Tonika pouvait avoir un micro d’une guitare Aelita et des mécaniques d’une guitare <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Jolana_(guitar_brand)">Jolana</a>.&nbsp;Il n’est pas surprenant que de telles pièces viennent à manquer, étant donné que ces instruments ont plus de 30 ans.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="768" height="885" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/03/R.-Karimov-et-sa-collection.jpg" alt="Tadjikistan URSS Histoire Musique" class="wp-image-44784" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/03/R.-Karimov-et-sa-collection.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/03/R.-Karimov-et-sa-collection-260x300.jpg 260w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /><figcaption>Rouslan Karimov et sa collection.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Rouslan Karimov ne connaissait pas de luthier,&nbsp;et n’avait pas non plus l’argent pour payer une réparation.&nbsp;Mais grâce à sa volonté, le jeune homme se met à tout faire tout seul.&nbsp;Il commence à visiter différents sites et forums où il échange avec des férus de lutherie,&nbsp;où sont montrées des astuces de professionnels.&nbsp;À force d’essais et d&rsquo;erreurs, il parvient à ce qu’il voulait et apprend à réparer les guitares de ses propres mains et à comprendre ce dont elles ont besoin.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Désormais,&nbsp;il lui suffit d’à peine un coup d’oeil furtif pour comprendre quels composants sont d’origine,&nbsp;lesquels ne le sont pas,&nbsp;et si tout est en ordre sur la guitare.&nbsp;L’oeil expérimenté du luthier remarque immédiatement les différences atypiques d’une pièce particulière,&nbsp;par exemple un bouton de volume.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le jeune homme, il est très important de redonner à l’instrument son apparence d’origine,&nbsp;car il les considère non pas uniquement comme des instruments de musique,&nbsp;mais aussi comme des objets de collection.&nbsp;Le son que l’instrument rendra n’est pas important pour lui.&nbsp;Il est plus important pour lui de voir chaque composant à sa place,&nbsp;comme l’avaient pensé ceux qui l’ont produit initialement.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon le jeune collectionneur,&nbsp;une guitare avec ses composants d’origine possède une valeur,&nbsp;mais un instrument composé de pièces détachées chinoises n’est que du bois de chauffe,&nbsp;que certains s’efforcent de rendre jouable.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour lui, il y a un plaisir esthétique à partir du moment où l’instrument, qui a déjà 40 ans, présente tous ses composants d’origine. C’est une impression similaire à celle que peut ressentir un passionné d’automobile qui aurait remis en état une voiture rétro de 30 ans, du siècle dernier, remarque le collectionneur. Pour comprendre l’enthousiasme du luthier et du collectionneur, il faut aussi être un peu fou.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/a-la-decouverte-du-black-metal-kirghiz-avec-darkestrah/"><strong>À la découverte du black metal kirghiz avec Darkestrah</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est difficile de trouver des composants,&nbsp;et grâce à internet,&nbsp; leur recherche peut parfois mener au-delà des frontières du Tadjikistan.&nbsp;La livraison jusqu’à Douchanbé peut s’effectuer soit par la poste,&nbsp;soit par l’intermédiaire de quelqu’un.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certains composants se trouvent dans des pays d’Europe,&nbsp;d’autres,&nbsp;au sein des frontières de l’espace post-soviétique.&nbsp;A travers ses recherches, le jeune homme a pu faire connaissance de gens qui partagent sa passion et avec qui il échange son expérience et même des petits composants de guitare qui pourraient traîner dans les tiroirs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Seul un petit nombre de personnes collectionne les guitares qui circulaient en URSS et dans les pays du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pacte_de_Varsovie">pacte de Varsovie</a>.&nbsp;Une véritable relation d’amitié et d’humanité s’est développée entre les vendeurs et les acheteurs.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant,&nbsp;d’ici 30 ans tout peut changer,&nbsp;selon Rouslan&nbsp;Karimov.&nbsp;Les gens se lasseront peut-être des sonorités idéales de guitares de la marque <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ibanez">Ibanez</a> et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Fender#Guitares_Fender">Fender</a>.&nbsp;Alors dans l’arène entreront les vieilles guitares électriques soviétiques,&nbsp;uniques en leur genre.&nbsp;L’héritage de l’époque de l’URSS.&nbsp;Alors,&nbsp;leur prix montera,&nbsp;et il deviendra difficile de se les procurer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;<strong>Le sauveur de guitare</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>“Environ 95&nbsp;% des guitares qui tombent entre mes mains sont dans un piteux état,&nbsp;de plus il arrive même qu’un instrument soit rempli de pièces détachées,&nbsp;commandées sur des sites comme Aliexpress”,</em>&nbsp;rapporte Rouslan Karimov.&nbsp;Il lui est arrivé de voir un micro grossièrement vissé avec des vis autoperceuses. Un travail&nbsp;qui fait peine à voir.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/kazakhstan-comment-la-pop-et-le-rock-ont-affaibli-le-pouvoir-sovietique/"><strong>Kazakhstan : comment la pop et le rock ont affaibli le pouvoir soviétique</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Enlever tous ces éléments et ramener l’instrument à son apparence normale devient alors un processus très laborieux.&nbsp;Selon lui,&nbsp;ce type de comportement envers des objets si inestimables,&nbsp;c’est de la barbarie, car chacune de ces guitares électriques fait partie de l’histoire de la musique à part entière.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="545" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/03/Guitares-a-restaurer.jpg" alt="Tadjikistan URSS Histoire Musique" class="wp-image-44782" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/03/Guitares-a-restaurer.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/03/Guitares-a-restaurer-300x160.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/03/Guitares-a-restaurer-768x409.jpg 768w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Bien souvent, les instruments parviennent à Rouslan Karimov dans cet état.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Un jour, le jeune homme a sauvé du délabrement quatre guitares électriques soviétiques.&nbsp;Elles ont pris l’humidité à cause d’un toit qui prenait l’eau dans le débarras d’une des écoles de musique de Douchanbé.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elles y ont été entreposées plusieurs années.&nbsp;Des asticots commençaient à faire leur apparition dans le bois. Rouslan Karimov a passé beaucoup de temps à rénover les instruments.&nbsp;Cette trouvaille aura été l’une des plus inhabituelles,&nbsp;mais aussi un exemple de l’indifférence de l’homme et de son comportement négligent face à l’histoire.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui dans la collection de Rouslan se trouvent des guitares électriques d’URSS,&nbsp;de l’ex-Allemagne de l’Est (RDA) et des pays de l’ex-Tchécoslovaquie.&nbsp;Comme il s’occupe activement de musique,&nbsp;il utilise aussi pour son travail des instruments de musique de fabricants japonais ou américains.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une collection désintéressée</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Rouslan Karimov est un collectionneur tadjik unique en son genre,&nbsp;qui collecte des guitares de l’époque soviétique et leur rend leur apparence d’origine.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après le travail de ses mains d’expert,&nbsp;chaque instrument sonne comme il sonnait au moment de sa fabrication.&nbsp;<em>”À mes yeux,&nbsp;cette collection n’a pas de prix,&nbsp;et je n’ai pas l’intention de la revendre”</em>,&nbsp;dit Rouslan.&nbsp;<em>”Peut-être qu’un jour le besoin extrême de le faire surgira,&nbsp;mais je m’efforcerai de tout mon possible de ne pas en arriver là.”</em>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela ne concerne pas seulement l’argent,&nbsp;mais aussi le temps à sa disposition.&nbsp;Il lui faut parfois des années pour trouver des pièces détachées. Le prix de sa collection lui est inestimable.&nbsp;</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Certains exemplaires peuvent se vendre pour 700$ (592,1 euros) sur certaines plateformes,&nbsp;ce qui vaut cher pour un instrument de cette époque.&nbsp;Seulement,&nbsp;il ne poursuit aucun objectif lucratif,&nbsp;et valorise trop son travail pour seulement recevoir un salaire de cela.&nbsp;Il existe bien d&rsquo;autres moyens.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le jeune homme estime qu’un tel héritage de l’époque soviétique,&nbsp;comme celui que représente les guitares électriques, doit avoir une place,&nbsp;voire même un événement consacré,&nbsp;dans le monde actuel.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Anna Miftakhova pour Asia Plus</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://asiaplustj.info/ru/news/life/culture/20201025/zachem-molodoi-dushanbinets-kollektsioniruet-elektrogitari-sovetskoi-epohi">russe</a> par François Robic</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Edité par Frédérique Faucher</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Nathalie Boué</strong></p>


<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<item>
		<title>Boukhara ou le déclin contemporain d’une civilisation multiséculaire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[François]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 Jan 2021 20:55:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Ouzbékistan]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<category><![CDATA[Boukhara]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/boukhara-ou-le-declin-contemporain-dune-civilisation-multiseculaire/">Boukhara ou le déclin contemporain d’une civilisation multiséculaire</a></p>
<p>Le récent anniversaire de la chute de Boukhara et de sa conquête par les bolchéviques est l’occasion de revenir sur la progressive baisse d’influence d’un espace qui a pourtant joué un rôle majeur et structurant pour l’Asie centrale tant sur le plan culturel que politique.  Novastan reprend et traduit ici un article publié le  1er [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/boukhara-ou-le-declin-contemporain-dune-civilisation-multiseculaire/">Boukhara ou le déclin contemporain d’une civilisation multiséculaire</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le récent anniversaire de la chute de Boukhara et de sa conquête par les bolchéviques est l’occasion de revenir sur la progressive baisse d’influence d’un espace qui a pourtant joué un rôle majeur et structurant pour l’Asie centrale tant sur le plan culturel que politique. </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Novastan reprend et traduit ici un article publié le  1er septembre 2020 par le média tadjik </strong><a href="https://asiaplustj.info/ru/news/tajikistan/society/20200901/sto-let-bez-buhari?tg_rhash=4ad06923c19fc6"><strong>Asia-Plus</strong></a><strong>. </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 2 septembre dernier aura marqué les cent ans de la révolution de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Boukhara">Boukhara</a> qui a établi en 1920 la fin de l’émirat et l’arrivée au pouvoir d’un régime soutenu par le mouvement des Jeunes Boukhares <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Jadidisme">jadidistes</a> .</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Novastan est le seul média européen (en français, en allemand et en anglais) spécialisé sur l'Asie centrale. Entièrement associatif, il fonctionne grâce à votre participation. Nous sommes indépendants et pour le rester, nous avons besoin de vous ! Vous pouvez nous soutenir <strong><a href="https://novastan.org/fr/sabonner/"> en vous abonnant</a></strong>, en réalisant <a href="https://www.okpal.com/soutenez-novastan-seul-media-francais-sur-l-asie/#/"> un don défiscalisé à 66 %</a>, ou en devenant membre actif<strong> <strong><a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/devenez-membre-devenez-novastan/">par ici</a></strong>.</strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le mouvement des Jeunes Boukhares était un groupe de quelques centaines de membres originaires de l’émirat de Boukhara et partisans de la démocratie, fondé au début du XXème siècle et qui prit une part active à la révolution de Boukhara. Il est aussi associé au jadidisme, mouvement russe de réforme de l’islam.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce dernier n’en a cependant pas tenu les rênes bien longtemps, octroyant peu à peu les pleins pouvoirs à Moscou, jusqu’à ce qu’en 1924, Boukhara, en tant qu’État, disparaisse complètement de la carte pour se fondre dans les républiques nationales soviétiques qui composaient l’URSS.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Beaucoup de choses ont été écrites dans les livres et les articles ayant pour thème la révolution de Boukhara, en particulier ces trente dernières années. Mais on a surtout décrit les évènements de l’année 1920, sans précisément définir ce que représentait à cette époque Boukhara ni contextualiser l’importance historique de cet épisode centenaire. L’historien tadjik Kamoludin Abdullaev revient sur ces enjeux. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Boukhara, héritage perse et centre politique et culturel d’Asie centrale</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La ville de<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Boukhara"> Boukhara</a> est aujourd’hui<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Province_de_Boukhara"> une capitale de province</a> et un grand lieu touristique de l’Ouzbékistan. Cependant, jusqu’en 1920, elle était reconnue dans le monde entier comme la capitale du plus grand État de la région, lequel en avait d’ailleurs pris le nom. Près de 3 millions d’individus, aux cultures tadjike, ouzbèke, juive, turkmène et kirghize, étaient sujets de l’émirat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur une carte, l&rsquo;émirat de Boukhara rappelle le profil d’un homme étendu, couché sur l’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Amou-Daria">Amou-Daria</a>, dont la tête s’appuierait sur le désert du<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khwarezm"> Khwarezm</a>, et les pieds sur les montagnes du Pamir. Bien que la majeure partie des chefs-d&rsquo;œuvre architecturaux de Boukhara n’aient été construits qu’avant le XVIIIe siècle, l’émirat se retrouvera au XXème siècle avec une monarchie décrépite, peu moderne et despotique. Elle restait pourtant un symbole de grandeur de la foi pour les musulmans de tout l’Extrême-Orient et de l’Asie du Sud.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Du fait de sa reconnaissance par la Russie et de son influence dans le monde musulman, elle apparaissait comme une grande puissance, derrière la Turquie ottomane. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Encore aujourd’hui, en Inde et au Pakistan, des centaines de familles nobles portent avec fierté le nom de « Boukhara ». Selon l’avis de l’historien du Pakistan contemporain Arif Hasan Akhundzada, la majorité des Pakistanais de Boukhara estiment être des Sayyid (descendants du prophète Mahomet), installés en Inde à partir du Moyen Âge.  </p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Américain<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_Nelson_Frye"> Richard Nelson Frye</a>, soutenant la thèse selon laquelle la Boukhara de l’empire Samanide aurait occupé une place significative dans l’histoire de l’Islam, écrit que la ville, alors capitale de l’Iran et de l’Asie centrale, a joué « <em>un rôle majeur dans la diffusion de l’islam comme religion et comme civilisation à l’échelle internationale </em>». Le chercheur<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Olivier_Roy"> Olivier Roy</a> remarque par ailleurs que jusqu’à l’implantation des Russes à Boukhara et à<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Samarcande"> Samarcande</a> au XIXème siècle, les Afghans préféraient recevoir l’enseignement là-bas plutôt qu’en Inde. Il convient d’ajouter que des musulmans de Russie, issus du Caucase, de la Sibérie, de la région de la Volga et de Crimée, s’y rendaient également. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan</strong> : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/ouzbekistan-comment-boukhara-est-devenue-le-joyau-de-lest-avant-de-perdre-ce-role/">Ouzbékistan : comment Boukhara est devenue le « joyau de l’Est », avant de perdre ce rôle ?</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">La dynastie ouzbèkhe des<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Manghit"> Manghit</a> a régné sur Boukhara de 1756 à 1920. Cependant, le système administratif, la structure politique et les références culturelles de l’émirat remontaient aux traditions iraniennes issues des<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ach%C3%A9m%C3%A9nides"> Achéménides</a>, des<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sassanides"> Sassanides</a> et des<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Samanides"> Samanides</a>. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Boukhara a été l&rsquo;un des centres de la culture perso-musulmane pendant mille ans, en y incluant l’ultime période de son histoire, la période ouzbèke ou plutôt post-gengiskhanide à partir du milieu du XVIIIème siècle<em> .</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Boukhara en tant que centre politique a en effet vu passer de nombreuses dynasties, dont seules les trois dernières furent en lien avec le radical « ouzbek ». Elles tirent leur nom de<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%96zbeg"> Özbeg</a>, un prince mongol <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gengiskhanides">descendant de Gengis Khan</a>,  dont la première dynastie des<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Chaybanides"> Chaybanides</a> est l’héritière.  À partir du XVIème siècle, et jusqu’au XVIIIème siècle, les deux dynasties des Chaybanides et les<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Djanides"> Djanides</a> forment l’entité politique du khanat de Boukhara. On emploie le terme de « post-gengiskkanide » pour évoquer la troisième dynastie, celle des Manghit, qui prit le pouvoir au milieu du XVIIIème siècle. Elle est la seule des trois dynasties ouzbèkhes ayant régné sur cet espace à ne pas descendre des fils de Genghis Khan. En effet, contrairement aux Chaybanides et aux Djanides,  les Manghits sont des descendants de tribus nomades mongoles sans lien avec la généalogie de Genghis Khan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les esprits ayant vécu au tournant du XIXème et du XXème siècle et qui ont été les plus prolifiques dans l’émirat, on peut nommer les historiens et les savants d’une grande influence que sont<a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%90%D1%85%D0%BC%D0%B0%D0%B4_%D0%94%D0%BE%D0%BD%D0%B8%D1%88"> Ahmad Donish</a> (1827-1897) et<a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%90%D1%85%D0%BC%D0%B0%D0%B4_%D0%94%D0%BE%D0%BD%D0%B8%D1%88"> Mirza Muhammad Abdalazim Sami</a> (1837-1908).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ahmad Donish était un intellectuel et poète qui eut une influence significative sur la haute société de Boukhara à la fin du XIXème siècle. Il a réalisé de nombreux voyages en Russie dans le cadre de ses fonctions à la cour de Boukhara. Inspiré par les évènements politiques européens, il devient très critique du pouvoir de l’émirat, dont la cour finit par le tenir à distance tout au long de sa vie. Cela n’affectera aucunement son influence et sa verve, au point qu’il proposera même de réorganiser le système politique, quoiqu’il vécût grâce à son soutien. Son œuvre, composée de traités politiques et religieux, comprend notamment <em>Navodir-oul-vakoïé</em> (<em>Évènements rares</em>) composé dans les années 1870 et qui aida au développement d’une pensée politique critique émanant du peuple de Boukhara au début du XXème siècle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan</strong> : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/lhistoire-oubliee-de-chakhrisabz-ancienne-ville-farouchement-independante/">L’histoire oubliée de Chakhrisabz, ancienne ville farouchement indépendante</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mirza Muhammad Abdalazim Sami était un érudit et secrétaire à la cour de Boukhara ; il assiste en tant qu’historien aux guerres qui mêlent la Russie à l’émirat de Boukhara. Son œuvre est dédiée à l’histoire de l’Asie centrale et en particulier à celle de l’émirat. On y trouve notamment <em>Histoire des souverains Manghit</em>, qui régnèrent sur la noble capitale de Boukhara. Il périt dans des circonstances mystérieuses au début du XXème siècle, la fin de sa vie ayant été marquée par une opposition de plus en plus ouverte à l’égard de la cour, qui aura fini par le relever de ses fonctions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les émirs mongols, turcs et ouzbeks, bien que dans une situation de domination vis-à-vis de la population tadjike, de culture et de langue perse, ne lui auront cependant pas imposé leur culture ni leur langue. Ils étaient même curieux, connaisseurs, voire mécènes de la poésie tadjiko-persanne. Beaucoup ont composé eux-mêmes de la poésie et des mémoires, notamment les derniers émirs<a href="https://fr.qwe.wiki/wiki/'Abd_al-Ahad_Khan"> Abd al-Ahad Khan</a> (1859-1910) et<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Alim_Khan"> Alim Khan</a> (1880-1944). </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n’est pas un hasard si l’universitaire canadien<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_Foltz"> Richard Foltz</a>n, spécialiste du monde iranien, a qualifié les dirigeants turcs d’Asie centrale de «<em> principaux défenseurs et diffuseurs de la civilisation iranienne</em> ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">La religion commune et la culture ont permis à Boukhara d’assurer une coexistence qui, sans aller jusqu’à parler d’harmonie, cimentait les différentes cultures, principalement tadjike, ouzbèke et juive, qui composaient sa population. Paradoxalement, ce ne sont pas les Ouzbeks, mais les persophones eux-mêmes, et particulièrement ceux du gouvernement de la<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publique_sovi%C3%A9tique_populaire_de_Boukhara"> République populaire de Boukhara</a>, qui ont instauré l’interdiction de l’utilisation du persan comme langue commune de l’émirat ainsi que l’utilisation du turc au sein de l’administration. Selon le témoignage du<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bachkirs"> bachkir</a><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Zeki_Velidi_Togan"> Zeki Velidi Togan</a> (1890-1970), le gouvernement se composait de Boukhariotes communiquant entre eux en tadjik, à l’exception d’un Ouzbek ministre de la Défense. Les modernistes boukhares suivaient l’exemple de la Turquie, où beaucoup d’entre eux avaient reçu une éducation, et s’efforçaient en tout point de l’imiter. Pour eux, la langue tadjike équivalait au cléricalisme et au conservatisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors, comment Boukhara, noyau culturel et politique de la région entière, héritière d’une civilisation multiséculaire, a-t-elle cessé d’exister ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un affaiblissement politique dû aux vicissitudes du « Grand Jeu »</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut rappeler que, dans la seconde moitié du XIXème siècle, après une courte et faible résistance face aux troupes russes, l’Asie centrale est conquise. En 1869, l’émir boukhare devient un vassal de l’empereur russe, et l’empire se fixe sur la rive droite du Djihoun (l’Amou-Daria).<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khiva"> Khiva</a> tombera à la suite de Boukhara, en 1876. Le<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khanat_de_Kokand"> Khanat de Kokand</a> est rattaché à la Russie en qualité d’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Oblast_de_Ferghana">oblast de Ferghana</a> du général-gouverneur du Turkestan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au début, les communications entre Boukhara et l’administration russe se mettent en place par le biais du général gouverneur du Turkestan qui avait à sa disposition un fonctionnaire du Ministère des Affaires étrangères. Par la suite, un agent politique de l’empire sera nommé. La Russie n’a pas entrepris de rattachement de Boukhara à l’empire, principalement pour ne pas offenser les intérêts de l’Angleterre qui œuvrait de la même manière dans l’Afghanistan voisin. Ainsi, ces deux États protectorats sont restés formellement indépendants et servaient de régions tampon entre les deux empires, l’un contrôlé par la Russie, l’autre par l’Angleterre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si les émirs de Boukhara se sont trouvés sous le pouvoir du tsarisme pendant 63 ans, ils se sont avérés coopératifs jusqu’à la servilité, sans pour autant aller jusqu’à l’adhésion formelle au sein de l’empire. Au contraire, les Afghans sont entrés trois fois en guerre contre l’Angleterre. De 1838 à 1919, ils ont gagné chacun des conflits, allant jusqu’à obtenir l’indépendance après avoir indiqué qu’ils resteraient neutres vis-à-vis de l’Angleterre et de la Russie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand en 1919, Alim Khan propose aux Afghans de former une union contre une possible agression soviétique, ces derniers refusent poliment et se limitent à l’envoi d’un petit contingent armé pour la protection personnelle de l’émir. Après les attaques de l’Armée rouge à Boukhara en septembre 1920, l’émir d’Afghanistan<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Amanullah_Khan"> Amanullah Khan</a> (1892-1960) exprime son indignation, mais, quelques mois plus tard, écrit à Lénine pour proposer sa collaboration, en veillant bien à ne jamais évoquer le renversement du gouvernement islamique de Boukhara.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1000" height="619" class="wp-image-42716" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/01/bukhara2.jpg" alt="Boukhara Ouzbéklistan Emir" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/01/bukhara2.jpg 1000w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/01/bukhara2-300x186.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/01/bukhara2-768x475.jpg 768w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" />
<figcaption>Alim Khan, dernier émir de Boukhara</figcaption>
</figure>



<p class="wp-block-paragraph">Quelle influence l’Angleterre a-t-elle eu sur le destin de Boukhara ? En 1918 et en 1919, elle refuse tout signe de reconnaissance officielle envers l’émir et, dans le même temps, s’engage d’une manière équivoque pour soutenir des positions émanant de Boukhara contre les intérêts russes. Cela expliquera l’interprétation faite par beaucoup d’historiens soviétiques de considérer la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_basmatchi">Révolte basmatchi</a> et l’émir comme des agents de l&rsquo;impérialisme mondial. Il s’agit manifestement d’une interprétation exagérée. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La Grande-Bretagne souhaitait naturellement agir contre les intérêts de la Russie, mais elle craignait plus que tout une situation insurrectionnelle de chaos créée par des musulmans fanatiques et qui pourrait aller jusqu&rsquo;à susciter des troubles en Inde. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Jusqu’à la fin des années 1920, l’émir fait miroiter aux Basmatchis, qui visent à repousser l’expansion soviétique en Asie centrale et sont menés notamment dans l’émirat par<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ibrahim_Bek"> Ibrahim Bek</a>, une potentielle aide de l’Ouest. Les vaines tentatives d’approches d’Alim Khan avec les Anglais auront été sans résultat, et n’auront fait que provoquer la colère des bolchéviques et l’indifférence, mêlée au dégoût, des Afghans. Malgré tout, au cours des années 1920-1930, Amanullah accordera l’asile à Alim Khan et aux centaines de milliers de réfugiés et de migrants venus de la rive droite de l’Asie Centrale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les évènements de septembre 1920 : guerre ou révolution ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La principale cause de la « révolution de septembre » réside dans la volonté de la Russie de rétablir le contrôle sur des territoires prêts à déclarer leur indépendance après la révolution de 1917, et, en même temps, de punir l’émir de ses intentions d’obtenir un soutien de l’Ouest. La première tentative est entreprise à la fin de février 1918, lorsque le Conseil du Turkestan des Commissaires du Peuple (note : fondé en novembre 1917, le conseil du Turkestan des Commissaires du Peuple déclara la création de l’autonomie du Turkestan, aussi appelée l’« <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Autonomie_de_Kokand">autonomie du Kokand</a> » le 27 novembre 1917) décide de mettre fin à l’émirat une bonne fois pour toutes, à la demande du parti des Jeunes Boukhares jadidistes avec à sa tête<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Fayzulla_Xo%CA%BBjayev"> Fayzulla Xo’jayev</a> (1896-1938) et cela sans l’aval de Moscou.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 28 février 1918, le conseil envoie son président Fédor Kolesov (1891-1940) à Boukhara pour des pourparlers avec l’émir. Fédor Kolesov est un homme d’État soviétique, meneur de l’épisode que l’on appelle aussi la « <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%9A%D0%BE%D0%BB%D0%B5%D1%81%D0%BE%D0%B2,_%D0%A4%D1%91%D0%B4%D0%BE%D1%80_%D0%98%D0%B2%D0%B0%D0%BD%D0%BE%D0%B2%D0%B8%D1%87">campagne de Kolésov</a>. Kolesov, sous la forme d’un ultimatum, propose d’introduire dans le gouvernement de Boukhara des membres des Jeunes Boukhares. L’émir, naturellement, refuse. À la suite de ce refus, les escouades rouges attaquent la ville de Boukhara le 2 mars et font rapidement face à une armée considérable que l’émir a réussi à réunir. </p>



<p class="wp-block-paragraph">D’après le témoignage de Muhammad Ali Baldjouvon, un mollah auteur de <em>L’Histoire pratique</em> publiée en tadjik par l’historien Akhror Mukhtarov, les Boukhariotes se seraient dirigés vers l’émir avec ces mots « <em>Nous ne voulons pas de leur hurriyat </em>(liberté en ouzbek)<em>, ordonne et nous irons nous battre </em>». L’attaque bolchévique s’essouffle rapidement et se conclura par la défaite des attaquants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bientôt, le djihad est déclaré, et de nombreux Russes qui habitaient dans l’émirat (en grande partie des employés de chemin de fer et des gardes-frontières) sont l’objet de passages à tabac. La foule en colère, encouragée par les fanatiques, ne se calmera qu’après l’exécution de dizaines de Russes dans tout Boukhara. Ces évènements resteront dans les mémoires et alimenteront un sentiment de vengeance contre les Boukhariotes et l’émir, qui se manifestera deux ans et demi plus tard, durant le mois de septembre 1920.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette période est marquée par la<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9publique_d%C3%A9mocratique_hongroise"> défaite de la République démocratique hongroise</a> (1918-1919), un affront pour la Russie, mais aussi l’affaiblissement du mouvement révolutionnaire en Allemagne, et encore la perte des pays baltes. Ces différents évènements vont conduire le gouvernement soviétique à se tourner vers l’Est afin de se réhabiliter aux yeux des siens et de ceux du monde entier. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Stratégiquement, l’objectif principal de la Russie soviétique n’était pas Boukhara, dotée d’une faible armée, mais l’Inde. C’est en ce sens que la révolution boukhare était pensée comme partie intégrante d’une révolution mondiale qui avait pour objectif final Londres et Paris. Les commandants bolchéviques de l’Armée rouge de l’entourage proche de Lénine sont à la manœuvre avec à leur tête <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mikha%C3%AFl_Frounze">Mikhaïl Frounz</a>é, qui, en juin 1920 propose de mettre en œuvre une « <em>opération coup de poing pour transférer le rayon d’opération aux frontières afghanes</em> ». </p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut comprendre qu&rsquo;à cette époque, pour la Russie,  tout ce qui se trouvait au sud de l’Amou-Daria était considéré comme faisant partie de l’Inde, que l’Angleterre administrait. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour la Russie et l’URSS, l’Occident détesté démarrait dès les abords du Piandj. Le 2 septembre 1920, après l’assaut cruel et dévastateur de Boukhara, Frounzé télégraphie à Lénine : «<em> Le dernier bastion de l’obscurantisme boukhare et des<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Cent-Noirs"> Cent-Noirs</a> est tombé. L’étendard rouge de la révolution mondiale flotte victorieusement au-dessus du<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9gistan"> Régistan</a> </em>». Frounzé n’était pas partisan des illusions romantiques de la révolution propres à quelques dirigeants du<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Internationale_communiste"> Komintern</a> qui pensaient naïvement la Révolution comme une large manœuvre politique engageant le peuple. Au contraire, selon lui, l’armée révolutionnaire de l’assaut de Boukhara devait être recrutée sur la base de «<em> nationalistes russes de l’Armée rouge, venus principalement des provinces centrales de Russie, les plus volontaires et les plus disposées à la révolution</em> ». Les forces locales n’y joueront qu’un rôle symbolique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan</strong> : <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/comment-lemirat-de-boukhara-et-le-khanat-de-khiva-ont-ete-detruits-par-les-bolcheviks/">Comment l’émirat de Boukhara et le khanat de Khiva ont été détruits par les Bolcheviks</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au début de l’année 1921, l’Armée rouge compose ce que l’on appellera l’expédition d’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Hisor">Hisor</a> qui atteindra l’ouest de Boukhara, dans l’Hisor, les vallées du<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Vakhch"> Vakhch</a> et, plus loin, le<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kulob"> Kulob</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Vall%C3%A9e_de_Racht">la vallée de Racht</a> et le<a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Darvaz_(region)"> Darvaz</a>. Elle y rencontrera l’opposition désespérée des Basmatchis, groupe de militaires aux origines variées, composé d’une milice créée par l’émir, des restes de l’armée boukhare et de formations tribales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’expédition se trouvaient des historiens de guerre ayant pour objectif d’augmenter les chances de succès pour la campagne d’Inde. Leurs conclusions étaient peu réconfortantes. Ils reconnaîtront que «<em> ce que l’on appelle la Révolte</em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_basmatchi"><em> basmatchi</em></a><em> à l’ouest de Boukhara, et dans tout Boukhara en général, est une insurrection populaire révolutionnaire contre le gouvernement que soutient le gouvernement soviétique </em>». Naturellement, en 1921, il était hors de question de mener une expédition en Inde ou en Afghanistan. Les stratèges soviétiques avaient compris qu’ils ne pouvaient pas entrer par la force en Afghanistan tant que la population à l’arrière leur serait hostile, et limitèrent les prises révolutionnaires à la région de Boukhara.</p>



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<figcaption>Révolution de Boukhara en 1920</figcaption>
</figure>



<p class="wp-block-paragraph">La résistance des Boukhariotes, ainsi, de la même manière qu’elle aura protégé le pouvoir anglais de la possibilité d’une attaque, aura joué un rôle considérable dans la réorientation du gouvernement soviétique. Le positionnement initial combinant lutte des classes et internalionalisme prendra une tournure nationaliste et souveraine, en particulier à partir des années 1920 et le marxisme-léninisme russe intègre des notions de nationalisme étatique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, la Révolte basmatchi, du fait de son radicalisme et de son penchant pour la violence, aura paradoxalement contribué au développement politique d’une partie de la population, au sein d’une société scindée entre opposants et partisans du pouvoir soviétique. </p>



<p class="wp-block-paragraph">On ne peut pas ne pas évoquer une autre cause de la prise de Boukhara. Dans la conscience des Européens et des Russes, Boukhara était un pays fabuleusement riche. Il y eut en effet un excédent de grains en 1920. Rapidement après l’occupation de<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Douchanb%C3%A9"> Douchanbé</a>,<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Hisor"> d’Hisor</a>, de<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Qurghonteppa"> Qurghontepa</a> et de<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kulob"> Kulob</a> au printemps 1921, les soldats mirent en place des stocks de viande et de grains pour les besoins de l’Armée rouge. Ainsi, en 1921 et 1922, les ressources alimentaires et matérielles de Boukhara (incluant l’or de l’émirat) ont aidé la Russie soviétique à lutter contre la crise alimentaire. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le jadidisme, l’école de pensée des élites boukhares</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les jadidistes boukhares constituaient une élite intellectuelle musulmane et réformiste et un mouvement culturel avant d’être politique. Leur noyau politique, avec à sa tête<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Fayzulla_Xo%CA%BBjayev"> Fayzulla Xo’jayev</a>, marchait dans le sillage de la politique de la Russie, qu’elle soit tsariste ou soviétique. Les jadidistes ne prônaient pas la libération de la dépendance coloniale de la Russie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Ouzbeks conservateurs du khanat de Kokand et de Khiva et l’émirat de Boukhara n’ont pas cherché à soutenir les mouvements inspirés par la liberté et qui, en Turquie ottomane, en Perse ou en Chine, avaient donné lieu à des révolutions autochtones au début du vingtième siècle. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Les élites éclairées de Boukhara de cette époque ne reprendront pas à leur compte la devise « Liberté et Indépendance », tant demandée après la Première Guerre mondiale, et qui avait fait sérieusement chanceler les piliers de l’impérialisme mondial. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="274" height="184" class="wp-image-42714" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/01/bukhara4.jpg" alt="Boukhara Ouzbékistan" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/01/bukhara4.jpg 274w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/01/bukhara4-128x86.jpg 128w" sizes="auto, (max-width: 274px) 100vw, 274px" />
<figcaption>Vieille ville de Boukhara</figcaption>
</figure>



<p class="wp-block-paragraph">Elles militaient pour la modernisation, le progrès, l’éducation, en s’écartant tout particulièrement de quelque exigence quant à la structure politique et de toute prétention au pouvoir. </p>



<p class="wp-block-paragraph">L’émir lui-même aspirait à obtenir des compromis avec les jadidistes. Étant au courant de ce qu’il se passait en Iran et en Turquie, il avait compris que Boukhara ne pouvait pas échapper à une évolution. En avril 1917, en accord avec<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gouvernement_provisoire_(Russie)"> le gouvernement provisoire russe</a>, il se décidera même à accepter un « manifeste » contenant des engagements à la réforme. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant les mollahs ne lui permettront pas de faire ainsi et, avec l’accord tacite de l’émir, ils passeront à tabac les jadidistes, qui comptaient parmi eux<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sadriddin_Aini"> Sadriddin Aini</a> (1878-1954).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après cette défaite les jadidistes boukhares se rendent à Tachkent, où ils obtiennent la protection des bolchéviques. Sans surprise, les bolchéviques ne se priveront pas d’utiliser les jadidistes comme « avant-garde révolutionnaire » quand il s’agira d’évoquer la « Campagne de Kolésov », et par la suite la conquête de Boukhara. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Au bout de 20 ans, presque tous les jadidistes que les soviétiques avaient soutenu en auront subi la répression. L’élite intellectuelle qui montrait des sympathies envers les jadidistes soutiendra le pouvoir soviétique et prendra une part active à la construction culturelle de l’Ouzbékistan et du Tadjikistan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Déçue par les communistes, une petite partie des jadidistes, avec à sa tête<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Usmonxo%CA%BBja_Po%CA%BBlatxo%CA%BBjayev"> Usmonxoʻja Poʻlatxoʻjayev</a> (cousin de Fayzulla Xo’jayev), essayera dans la deuxième moitié de l’année 1921 de trouver une langue commune avec les Basmatchis. Sans succès, ils s’enfuiront en Afghanistan, puis en Turquie. Les mouvements en faveur de la liberté vis-à-vis des puissances étrangères, analogues au nationalisme indien, étaient pourtant devenus une réponse réelle face au colonialisme britannique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De manière générale, les Boukhariotes ne sont pas parvenus à créer un mouvement national musulman d’unification permettant une alternative au colonialisme et au bolchévisme. L’appel des jadidistes ne s’adressait pas particulièrement aux hommes politiques, mais aux élèves et aux oulémas afin d’enlever à ces derniers le droit de contrôler les programmes d’enseignement. Le mouvement n’appelait pas à l’insubordination au pouvoir, encore moins à l’insurrection ou au coup d’État armé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aux yeux des jadidistes, la population de Boukhara était trop peu instruite pour évoluer dans la direction qu’ils prônaient. Les jadidistes souhaitaient le bien du peuple mais ils ne sont pas parvenus à obtenir un réel soutien populaire et massif. Ils trouveront cependant les mots plus tard, au milieu des années 1920, dans le cadre de la construction du Tadjikistan soviétique. Sadriddin Aini mettra l’accent sur l’époque des Samanides, sur la richesse culturelle de l’histoire de Boukhara, en particulier sur les classiques de la littérature tadjiko-persane. </p>



<p class="wp-block-paragraph">On peut regretter que les intellectuels boukhares ne se soient pas appropriés ces idées plus tôt, mais l’histoire ne fait pas de compromis. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>De Boukhara à Douchanbé</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au final, l’émirat de Boukhara ressemblait à une colonie rétrograde de la Russie, et dont le régime réactionnaire menait une politique impopulaire, tant sur le plan intérieur qu’extérieur. Aux yeux du monde, sa disparition et son inclusion dans la Russie soviétique semblait relever de l’ordre naturel des choses. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n’est pas sans raison que toutes les grandes puissances vers lesquelles s’est tourné Alim Khan ont réagi avec indifférence face à la chute de l’émirat, tant l’idée selon laquelle Boukhara était une propriété russe leur semblait déjà acquise.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On pourrait aussi dire qu’il fallait à la fois protéger et conserver Boukhara. Il est d’usage de procéder ainsi avec le khalat, un caftan traditionnellement porté en Asie centrale. Même ancien, on peut le brosser, le recoudre, et à nouveau le porter si on le souhaite. On peut aussi l’accrocher au mur, parce qu’on a hérité le khalat de son père qui l’a lui-même reçu de son père.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En réalité, pour les peuples tadjiks, ouzbeks, juifs, turkmènes, iraniens, <a href="https://www.challenges.fr/monde/les-jogi-gitans-d-afghanistan-et-communaute-oubliee_572317">jogi-gitans</a>, afghans ou encore indiens, Boukhara représentait non seulement une maison commune, mais aussi une ville cosmopolite à la configuration politique et étatique légitime.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan :</strong> <a href="https://novastan.org/fr/ouzbekistan/boukhara-ancienne-capitale-de-lavant-garde-ouzbeke/">Boukhara, ancienne capitale de l’avant-garde ouzbèke</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Boukhara, comme Khiva, et même plus tard la région qui portera le toponyme de «Turkestan», aurait ainsi pu connaitre une histoire similaire à des États aussi anciens comme l’Arménie ou la Géorgie. La révolution a ôté à Boukhara la force des relations internationales, interrompu une vie politique aux traditions multiséculaires et fait perdre de son importance en tant que centre religieux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après la chute de Boukhara, les Tadjiks et les autres peuples de Boukhara ont été contraints de revisiter l’histoire de leur État dans une perspective nationaliste. Pendant la période soviétique, les conflits d’interprétation entre Tadjiks et Ouzbeks ont généré de la rancœur.  </p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est évident que la chute de Boukhara a engendré des pertes culturelles. Le Tadjikistan, dont les frontières administratives ont été définies entre les années 1924 et 1929, s’est retrouvé à la périphérie d’un espace culturel, politique et économique, au cœur duquel se trouvait Boukhara.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1924, aucune ville de la nouvelle république ne pouvait être considérée comme une capitale alors que les Tadjiks ont traditionnellement toujours composé la population urbaine de l’Asie centrale. Dans les premières décennies du pouvoir soviétique, des milliers de Boukhariotes éduqués, d’habitants de Samarcande, et d’autres ressortissants tadjikophones ont quitté leurs lieux de vie pour atteindre la lointaine région de Douchanbé et fonder dans un endroit littéralement désert ce qui deviendra le Tadjikistan que l’on connaît aujourd’hui.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Parmi eux figuraient nombre des personnalités politiques, écrivains, savants, ou encore artistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://fr.qwe.wiki/wiki/Young_Bukharians">Abdul Kadir Mukhitdinov</a> (1892-1934) était un membre de l’élite instruite de Boukhara qui intègre successivement les courants jadidistes et Jeunes Boukhares. Après avoir participé à la révolution de 1920 il occupe des postes éminents dans la République soviétique populaire de Boukhara (1920-1924), puis au sein de la République socialiste soviétique autonome du Tadjikistan. À partir de 1929, il devient commissaire du peuple à la distribution au sein de la République socialiste soviétique d’Ouzbékistan. Il se fait arrêter et condamner à mort en 1933, et sera réhabilité en 1958.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sadriddin Aini (1878-1954)​, après avoir été passé à tabac par les élites de Boukhara hostiles à la réforme, deviendra écrivain et historien prolifique du Tadjikistan soviétique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Satim_Ulugzade">Satim Oulougzade</a> (1911-1997) était un romancier et dramaturge tadjik.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Soultan Oumarov (1908-1964) était un docteur en sciences physiques et mathématiques, académicien de la République socialiste soviétique d’Ouzbékistan et du Tadjikistan.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.imdb.com/name/nm1313836/">Asli Boukrhanov</a> (1915-1997) était un acteur et réalisateur tadjik.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant la période soviétique, Boukhara cessera d’être la capitale des Tadjiks et la langue se transformera en un jargon local. Il y a cent ans, les Boukhariotes n’ont pas su unifier leurs forces et soutenir leur patrie, par manque de responsabilité, de fierté nationale et d’énergie. Cette immaturité politique se retrouve dans les générations qui ont suivi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De la même manière que le pouvoir soviétique est parvenu à Tachkent grâce au télégraphe en novembre 1917, la liberté est parvenue aux Tadjiks par la télévision. Elle leur est parvenue non pas parce qu’ils l’avaient obtenue, mais parce que la Russie n’avait ni les ressources ni la motivation pour soutenir plus avant la tête de pont qu’elle avait conquise cent ans auparavant aux abords d’une Inde qu’elle rêvait de conquérir.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Radio Ozodi</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du </strong><a href="https://asiaplustj.info/ru/news/tajikistan/society/20200901/sto-let-bez-buhari?tg_rhash=4ad06923c19fc6"><strong>russe</strong></a><strong> par François Robic</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Grégoire Odou </strong></p>
<p class="has-text-align-right"><strong>Relu par Anne Marvau</strong></p>


<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<item>
		<title>Tadjikistan : la grande route du Pamir fête ses 80 ans</title>
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		<dc:creator><![CDATA[François]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Nov 2020 10:32:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<category><![CDATA[autoroute du Pamir]]></category>
		<category><![CDATA[construction de routes]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/tadjikistan-la-grande-route-du-pamir-fete-ses-80-ans/">Tadjikistan : la grande route du Pamir fête ses 80 ans</a></p>
<p>La partie occidentale de la Pamir Highway, «&#160;autoroute&#160;» sur le toit du monde au Tadjikistan, a été construite dans un temps record.&#160;L’une des plus belles routes du monde a fêté ses 80 ans, dans un cadre unique entre Douchanbé et Khorog, au cœur des montagnes et des hauts plateaux du Pamir. Novastan reprend ici et [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>La partie occidentale de la Pamir Highway, «&nbsp;autoroute&nbsp;» sur le toit du monde au Tadjikistan, a été construite dans un temps record.&nbsp;L’une des plus belles routes du monde a fêté ses 80 ans, dans un cadre unique entre Douchanbé et Khorog, au cœur des montagnes et des hauts plateaux du Pamir.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Novastan reprend ici et traduit un article publié le 6 septembre 2020 par le média tadjik </strong><a href="https://asiaplustj.info/ru/news/tajikistan/society/20200906/yubilei-odnoi-iz-samih-krasivih-dorog-mira-bolshomu-pamirskomu-traktu-80-let?tg_rhash=59df260525b319"><strong>Asia Plus</strong></a><strong>.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a 80 ans, le 6 septembre 1940, la construction d’une partie de la grande route du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pamir">Pamir</a>, ou <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Route_M41">la route M41</a>, se terminait. Les Tadjiks ont construit en trois mois et demi ce tronçon occidental de 567 kilomètres de la Pamir Highway, qui relie Douchanbé, la capitale tadjike, à la ville de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khorog">Khorog</a>, le centre de l’<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Oblast_autonome_du_Haut-Badakhchan">Oblast autonome du Haut-Badakhchan</a>, dans le sud du pays. Un tel record n’a probablement jamais été égalé jusqu’à aujourd’hui.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi</strong> <strong>sur</strong> <strong>Novastan</strong>&nbsp;<strong>: <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/sur-les-pas-des-fedtchenko-une-famille-dexplorateurs-amoureuse-du-pamir/">Sur les pas des Fedtchenko, une famille d’explorateurs amoureuse du Pamir</a></strong></p>


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<p class="wp-block-paragraph">Grâce à ces travaux, la Pamir Highway a pu relier <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Och">Och</a>, au Kirghizstan voisin, Khorog et Douchanbé. Au total, cette «&nbsp;autoroute&nbsp;» s’étend sur plus de 1&nbsp;200 kilomètres.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1011" height="1024" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/Pamir_Highway_Route-1011x1024.jpg" alt="Pamir Highway Tadjikistan Tracé" class="wp-image-40978" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/Pamir_Highway_Route-1011x1024.jpg 1011w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/Pamir_Highway_Route-296x300.jpg 296w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/Pamir_Highway_Route-768x778.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/Pamir_Highway_Route.jpg 1052w" sizes="auto, (max-width: 1011px) 100vw, 1011px" /><figcaption>Carte de la Pamir Highway en 2020.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">La partie orientale de la République socialiste du Tadjikistan, de la ville de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Garm_(Tadjikistan)">Garm</a> aux confins de l’oblast autonome du Haut-Badakhchan, est traversée par des monts infranchissables qui démarrent au centre du pays. Jusqu’en 1940, on ne pouvait atteindre Khorog depuis Douchanbé qu’après avoir parcouru 732 kilomètres jusqu’à Och, en contournant par l’ouest, sur des routes qui n’étaient guère accessibles qu’à cheval, puis encore 1 551 kilomètres par la voie ferrée. Des tentatives de construction d’une route directe Douchanbé-Khorog avaient déjà été entreprises dans les années 1932 et 1933, mais au vu du volume colossal de travail, de l’absence de matériel et de bases techniques, ces tentatives n’ont pas été couronnées de succès. Les charges lourdes ne pouvaient être transportées qu’au moyen d’attelages. Ils devaient se frayer un chemin à travers les cols de montagne et les gouffres, le long d’étroites et vertigineuses pistes et de chemins escarpés à flanc de falaise. De plus, une partie significative de ces pistes était fermée depuis des années. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une initiative populaire efficace pour un chantier hors normes</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1939, des habitants de la région de Garm et du Haut-Badakhchan se sont tournés vers le gouvernement de la République pour demander l’autorisation du lancement de la construction d’une route pour les automobiles allant de Douchanbé à Khorog. Pour ce faire, ils ont recours à une méthode populaire et traditionnelle : le « khashar », qui signifie en persan « effort mutuel », « œuvre de bienfaisance ». Parmi ses différentes acceptions, il désigne une forme de travail commun destiné à la construction d’établissements ou d’infrastructures publiques tels que les écoles, les mosquées, les routes ou encore les salons de thé. Le gouvernement de la république socialiste soutiendra l’initiative populaire. Par la suite, il donnera la consigne de réunir par une autoroute Douchanbé à Khorog, le centre du Pamir.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;:&nbsp;</strong><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/women-behind-the-wheel-un-projet-de-film-documentaire-feministe-le-long-de-la-pamir-highway/"><strong>« Women behind the wheel », un projet de film documentaire féministe le long de la Pamir highway</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">On nomme alors <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/Мазаев,_Александр_Васильевич_(советский_деятель)">Aleksandr Vassilievitch Mazaïev</a> responsable de la construction.&nbsp;En mars 1940, des travaux de prospection sont lancés.&nbsp;Une levée en masse des habitants de la région de Garm,&nbsp;du <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Darvaz_(region)">Darvaz</a> et&nbsp;du Pamir commence au début du mois de mai.&nbsp;Près de 30 000 personnes prennent part à ce projet grandiose.&nbsp;La construction de la route était estimée à cinq ans.&nbsp;Il ne se trouvait pas,&nbsp;dans le monde,&nbsp;de travail équivalent par sa difficulté,&nbsp;sa hauteur,&nbsp;son escarpement,&nbsp;et par la robustesse de ses falaises.&nbsp;</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Envie d'Asie centrale dans votre boîte mail ? Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter hebdomadaire <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://2ff41361.sibforms.com/serve/MUIFAEUtgQP8Waps-GeAAxU6xgHAdCwla_phFOCNHYUG2N5pyugc_FC9NR3XbOOigQxU5CuQ4V0IZJcq6LjCU6Hx9fBECllNbyvRpMFItJi2WzECxpflAKA-cS-isERi5gQRcgrqND1R6toUU-9w6b_7bd4-Ty-GtfBQfXNFFjMIK0bYtfXjv8bCS5qFaXUgi00yBrR5vK187H2N">en cliquant ici.</a></span></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment les travailleurs ont-ils construit cette route ?&nbsp;Ils sont allés le long des chemins escarpés à flanc de falaise,&nbsp;comme lancés dans le vide.&nbsp;Ils tenaient par des cordes,&nbsp;se balançaient au dessus des fleuves,&nbsp;ils ont foré des cavités pour y mettre des explosifs,&nbsp;se sont démenés,&nbsp;poussant dans le fleuve <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Piandj">Piandj</a> des morceaux de montagne de la taille d’une maison.&nbsp;La route aura été construite en un souffle,&nbsp;en un effort commun,&nbsp;assuré par une préparation experte,&nbsp;une conduite claire du chantier,&nbsp;grâce au calcul précis des ingénieurs,&nbsp;un équipement bien réglé…</p>



<div class="wp-block-jetpack-slideshow aligncenter" data-effect="slide"><div class="wp-block-jetpack-slideshow_container swiper-container"><ul class="wp-block-jetpack-slideshow_swiper-wrapper swiper-wrapper"><li class="wp-block-jetpack-slideshow_slide swiper-slide"><figure><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="653" alt="Pamir Highway Autoroute M41 Khorog Douchanbé Stalinabad Travaux 1940" class="wp-block-jetpack-slideshow_image wp-image-40964" data-id="40964" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/1-1024x653.jpg" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/1-1024x653.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/1-300x191.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/1-768x489.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/1.jpg 1111w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-block-jetpack-slideshow_caption gallery-caption">La route sur le toit du monde. Carte et schéma de la route Douchanbé, alors appelé Stalinabad, à l&rsquo;ouest – Khorog.</figcaption></figure></li><li class="wp-block-jetpack-slideshow_slide swiper-slide"><figure><img loading="lazy" decoding="async" width="786" height="712" alt="Pamir Highway Autoroute M41 Khorog Douchanbé Stalinabad Travaux 1940" class="wp-block-jetpack-slideshow_image wp-image-40968" data-id="40968" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/5.jpg" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/5.jpg 786w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/5-300x272.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/5-768x696.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 786px) 100vw, 786px" /><figcaption class="wp-block-jetpack-slideshow_caption gallery-caption">Année 1926. Caravane de chevaux d’attelage sur un chemin escarpé du Pamir. On y trouve aujourd’hui la grande route du Pamir. </figcaption></figure></li><li class="wp-block-jetpack-slideshow_slide swiper-slide"><figure><img loading="lazy" decoding="async" width="948" height="712" alt="Pamir Highway Autoroute M41 Khorog Douchanbé Stalinabad Travaux 1940" class="wp-block-jetpack-slideshow_image wp-image-40976" data-id="40976" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/13.jpg" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/13.jpg 948w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/13-300x225.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/13-768x577.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/13-800x600.jpg 800w" sizes="auto, (max-width: 948px) 100vw, 948px" /><figcaption class="wp-block-jetpack-slideshow_caption gallery-caption">Une automobile passe un pont suspendu.</figcaption></figure></li><li class="wp-block-jetpack-slideshow_slide swiper-slide"><figure><img loading="lazy" decoding="async" width="1191" height="712" alt="Pamir Highway Autoroute M41 Khorog Douchanbé Stalinabad Travaux 1940" class="wp-block-jetpack-slideshow_image wp-image-40965" data-id="40965" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/2-1024x612.jpg" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/2-1024x612.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/2-300x179.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/2-768x459.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/2.jpg 1191w" sizes="auto, (max-width: 1191px) 100vw, 1191px" /><figcaption class="wp-block-jetpack-slideshow_caption gallery-caption">Octobre 1940. Un vieil homme examine une voiture, la première à venir à Khorog depuis Douchanbé par la grande route du Pamir.</figcaption></figure></li><li class="wp-block-jetpack-slideshow_slide swiper-slide"><figure><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="684" alt="Pamir Highway Autoroute M41 Khorog Douchanbé Stalinabad Travaux 1940" class="wp-block-jetpack-slideshow_image wp-image-40966" data-id="40966" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/3-1024x684.jpg" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/3-1024x684.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/3-300x200.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/3-768x513.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/3-128x86.jpg 128w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/3.jpg 1066w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-block-jetpack-slideshow_caption gallery-caption">1940. Au centre du cliché, le premier secrétaire du Parti communiste tadjik Dmitri Protopopov rencontre des ouvriers de la grande route du Pamir. A gauche, le responsable de la construction A. Mazaïev et V. Karamov. 
Photo de N. Sofina.</figcaption></figure></li><li class="wp-block-jetpack-slideshow_slide swiper-slide"><figure><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="650" alt="Pamir Highway Autoroute M41 Khorog Douchanbé Stalinabad Travaux 1940" class="wp-block-jetpack-slideshow_image wp-image-40967" data-id="40967" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/4-1024x650.jpg" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/4-1024x650.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/4-300x191.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/4-768x488.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/4.jpg 1121w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-block-jetpack-slideshow_caption gallery-caption">Année 1940. Le premier camion à transporter du bois à Khorog. </figcaption></figure></li><li class="wp-block-jetpack-slideshow_slide swiper-slide"><figure><img loading="lazy" decoding="async" width="1147" height="712" alt="Pamir Highway Autoroute M41 Khorog Douchanbé Stalinabad Travaux 1940" class="wp-block-jetpack-slideshow_image wp-image-40969" data-id="40969" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/6-1024x636.jpg" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/6-1024x636.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/6-300x186.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/6-768x477.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/6.jpg 1147w" sizes="auto, (max-width: 1147px) 100vw, 1147px" /><figcaption class="wp-block-jetpack-slideshow_caption gallery-caption">Sur le cliché se trouvent des géomètres, des topographes, des responsables de la construction avant l’expédition pour l’ouverture de la grande route du Pamir. Au centre le directeur de la construction Alekseï Mazaïev, à sa gauche, Bagarshak Karamov. </figcaption></figure></li><li class="wp-block-jetpack-slideshow_slide swiper-slide"><figure><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="642" alt="Pamir Highway Autoroute M41 Khorog Douchanbé Stalinabad Travaux 1940" class="wp-block-jetpack-slideshow_image wp-image-40971" data-id="40971" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/8-1024x642.jpg" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/8-1024x642.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/8-300x188.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/8-768x482.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/8.jpg 1135w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-block-jetpack-slideshow_caption gallery-caption">Année 1940. Sur le chantier d’une des parties de la grande route du Pamir.</figcaption></figure></li><li class="wp-block-jetpack-slideshow_slide swiper-slide"><figure><img loading="lazy" decoding="async" width="584" height="712" alt="Pamir Highway Autoroute M41 Khorog Douchanbé Stalinabad Travaux 1940" class="wp-block-jetpack-slideshow_image wp-image-40975" data-id="40975" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/12.jpg" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/12.jpg 584w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/12-246x300.jpg 246w" sizes="auto, (max-width: 584px) 100vw, 584px" /><figcaption class="wp-block-jetpack-slideshow_caption gallery-caption">Des habitants du Rouchan sur les abords d’un chemin escarpé, année 1940. </figcaption></figure></li><li class="wp-block-jetpack-slideshow_slide swiper-slide"><figure><img loading="lazy" decoding="async" width="1259" height="712" alt="Pamir Highway Autoroute M41 Khorog Douchanbé Stalinabad Travaux 1940" class="wp-block-jetpack-slideshow_image wp-image-40972" data-id="40972" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/9-1024x579.jpg" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/9-1024x579.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/9-300x170.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/9-768x434.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/9.jpg 1259w" sizes="auto, (max-width: 1259px) 100vw, 1259px" /><figcaption class="wp-block-jetpack-slideshow_caption gallery-caption">Année 1940. Les meilleurs pilotes du trust automobile de Douchanbé « Tadjiktrans », qui ont réalisés le premier transport commercial à Khorog. </figcaption></figure></li><li class="wp-block-jetpack-slideshow_slide swiper-slide"><figure><img loading="lazy" decoding="async" width="769" height="712" alt="Pamir Highway Autoroute M41 Khorog Douchanbé Stalinabad Travaux 1940" class="wp-block-jetpack-slideshow_image wp-image-40973" data-id="40973" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/10.jpg" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/10.jpg 769w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/10-300x278.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 769px) 100vw, 769px" /><figcaption class="wp-block-jetpack-slideshow_caption gallery-caption">Année 1940. Sur le chantier de la grande route du Pamir  </figcaption></figure></li><li class="wp-block-jetpack-slideshow_slide swiper-slide"><figure><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="643" alt="Pamir Highway Autoroute M41 Khorog Douchanbé Stalinabad Travaux 1940" class="wp-block-jetpack-slideshow_image wp-image-40974" data-id="40974" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/11-1024x643.jpg" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/11-1024x643.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/11-300x188.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/11-768x482.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/11/11.jpg 1134w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-block-jetpack-slideshow_caption gallery-caption">Meeting à l’occasion de l’ouverture de la grande route du Pamir, le 6 septembre 1940.</figcaption></figure></li></ul><a class="wp-block-jetpack-slideshow_button-prev swiper-button-prev swiper-button-white" role="button"></a><a class="wp-block-jetpack-slideshow_button-next swiper-button-next swiper-button-white" role="button"></a><a aria-label="Pause Slideshow" class="wp-block-jetpack-slideshow_button-pause" role="button"></a><div class="wp-block-jetpack-slideshow_pagination swiper-pagination swiper-pagination-white"></div></div></div>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/le-kirghizstan-et-le-tadjikistan-sublimes-par-deux-photographes-russes/">Le Kirghizstan et le Tadjikistan sublimés par deux photographes russes</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Deux millions de mètres cubes de monolithe granitique ont été détruits à l’explosif, tout autant dans les forages, et encore un million dans les plus pernicieux éboulis, le long desquels il est dangereux de passer. Au total, 1 149 tonnes <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Amatol">d’amatol</a>, un composant explosif similaire à la TNT, ont été utilisés. La route, longue de 567 kilomètres sera construite en 104 jours, soit 4 kilomètres par jour.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le développement de nouvelles infrastructures dans un des lieux les plus inaccessibles de l’Asie centrale</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">452 bâtisseurs de la route seront décorés d’ordres et de médailles de l’URSS. La même année, des habitants venus de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ishkashim_(district)">région d’Ichkashim</a> et du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Wakhan_(district)">Wakhan</a> ont construit une autre route longue de 200 kilomètres. Ils y auront érigé en même temps des ponts, des digues, et tendu des câbles le long des routes. En 1940, le câble télégraphique sera mis en place pour la majorité des localités. Une voie aérienne Douchanbé – Khorog, Douchanbé – Ichkashim est ouverte. Le 12 octobre 1940, le premier vol direct Douchanbé &#8211; Khorog est réalisé. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis cette construction, le passage de Douchanbé jusqu’au toit du monde du Pamir s’effectue non pas en un mois, mais en deux jours. Et cette légendaire région du Pamir, auparavant parcourue de montagnes infranchissables, est devenue moins isolée et plus accessible.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Garouf Chermatov</strong><br><strong>Historien</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit <a href="https://asiaplustj.info/ru/news/tajikistan/society/20200906/yubilei-odnoi-iz-samih-krasivih-dorog-mira-bolshomu-pamirskomu-traktu-80-let?tg_rhash=59df260525b319">du russe</a> par François Robic</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Christine Wystup</strong> </p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Anne Marvau</strong></p>


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		<title>Sur les pas des Fedtchenko, une famille d&#8217;explorateurs amoureuse du Pamir</title>
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		<dc:creator><![CDATA[François]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Oct 2020 16:07:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Découverte]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Pamir]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
		<category><![CDATA[Voyage]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/sur-les-pas-des-fedtchenko-une-famille-dexplorateurs-amoureuse-du-pamir/">Sur les pas des Fedtchenko, une famille d&rsquo;explorateurs amoureuse du Pamir</a></p>
<p>Chaîne de légende située dans le nord et l’est du Tadjikistan, le Pamir a fait l’objet de nombreux récits d’aventures et de voyages. Parmi eux, ceux de la famille d’Alexeï Fedtchenko, aventurier et naturaliste russe du XIXème siècle. De leurs expéditions, ils ont laissé de grandes histoires et un héritage scientifique considérable. Novastan reprend et [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/sur-les-pas-des-fedtchenko-une-famille-dexplorateurs-amoureuse-du-pamir/">Sur les pas des Fedtchenko, une famille d&rsquo;explorateurs amoureuse du Pamir</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chaîne de légende située dans le nord et l’est du Tadjikistan, le Pamir a fait l’objet de nombreux récits d’aventures et de voyages. Parmi eux, ceux de la famille d’Alexeï Fedtchenko, aventurier et naturaliste russe du XIXème siècle. De leurs expéditions, ils ont laissé de grandes histoires et un héritage scientifique considérable.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Novastan reprend et traduit ici un article publié le 19 juillet 2020 par le média tadjik </strong><a href="https://asiaplustj.info/ru/news/tajikistan/society/20200719/fedchenko-semya-vlyublennaya-v-pamir"><strong>Asia-Plus</strong></a><strong>.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La plupart des Tadjiks et connaisseurs de la région du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pamir">Pamir</a>, chaîne de montagne située dans le nord et l&rsquo;est du Tadjikistan, associent le mot « Fedtchenko » <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Glacier_Fedtchenko">au glacier du même nom</a>,&nbsp;un des lieux les plus visités du pays. Peu de personnes savent en revanche que l’homme en l’honneur duquel a été nommé ce glacier n’y a jamais mis les pieds. Malgré cela, l’explorateur <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexe%C3%AF_Fedtchenko">Alexeï Fedtchenko</a> (1844-1873) a consacré toute sa courte vie à l’étude de l’Asie centrale.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Lors de ses multiples voyages, il a développé un nombre considérable de connaissances sur la flore, la faune, la géographie et l’ethnographie de la région. Il tacha avec détermination d’explorer le Pamir, mystérieux et énigmatique pour les Européens, et qui était alors absolument inconnu sur le plan scientifique. Le 19 décembre 1869, Alexeï Fedtchenko écrit dans une lettre à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Constantin_von_Kaufmann">Constantin Von Kaufman</a>, premier gouverneur général du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Turkestan#Turkestan_russe">Turkestan russe</a> : <em>«&nbsp;J’ai lu dans les journaux que l’anglais <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/George_W._Hayward">Hayward</a> entend pénétrer le <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Bolor-Tagh">Belor-Tagh</a> et le Pamir. Pour tout dire,&nbsp;cela m’a beaucoup attristé,&nbsp;puisque cela signifie que la découverte la plus curieuse qu’il reste à faire en Asie centrale ne sera pas faite par des Russes&#8230;&nbsp;»</em>. Des mots à la hauteur de son engagement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec ses explorations, Alexeï Fedtchenko a découvert notamment <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Cha%C3%AEnon_Trans-Ala%C3%AF">le chaînon Trans-Altaï</a>, qui marque la bordure du Pamir au Nord, et parvint jusqu’aux contreforts Ouest formés par le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Monts_Zeravchan">Mont Zeravchan</a>. Cependant, malgré ces découvertes, il ne parvient jamais à atteindre le «&nbsp;Toit du monde&nbsp;», le nom donné au Pamir en raison de la présence de trois sommets de plus de 7000 mètres. Alexeï Fedtchenko est décédé en 1873 à l’âge de 29 ans, lors d’un séjour de préparation dans les Alpes en vue d&rsquo;une expédition future au Pamir.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="454" height="245" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/10/Fedtchenko-Glacier.jpg" alt="" class="wp-image-39574" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/10/Fedtchenko-Glacier.jpg 454w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/10/Fedtchenko-Glacier-300x162.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 454px) 100vw, 454px" /><figcaption>Le Glacier Fedtchenko au Pamir</figcaption></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph">C’est cinq ans plus tard que l’explorateur <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%9E%D1%88%D0%B0%D0%BD%D0%B8%D0%BD,_%D0%92%D0%B0%D1%81%D0%B8%D0%BB%D0%B8%D0%B9_%D0%A4%D1%91%D0%B4%D0%BE%D1%80%D0%BE%D0%B2%D0%B8%D1%87">Vassily Oshanin</a> découvre dans le Pamir un des plus grands glaciers de montagne au monde, qu&rsquo;il nomme en l’honneur de son ami Alexeï Fedtchenko.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Perpétuation familiale</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">A la suite de la mort d’Alexeï Fedtchenko, sa femme,&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Olga_Fedtchenko">Olga Alexandrovna</a>, et son fils,&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Boris_Fedtchenko">Boris Alexeïevitch Fedtchenko</a> poursuivent ses recherches dans le but d’achever son rêve. Olga Fedtchenko avait réussi à transmettre à son fils Boris l’amour pour le voyage au Pamir. Ils étudient non seulement la faune et la flore,&nbsp;mais recueillent également des connaissances uniques quant à la vie et au quotidien des habitants de cette région montagneuse.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils organisent dès 1901, avec le soutien de de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Soci%C3%A9t%C3%A9_russe_de_g%C3%A9ographie">Société impériale russe de Géographie</a>, une première expédition. Son but était d’explorer la végétation du Pamir d’est en ouest, et plus loin en Inde à travers <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Hindou_Kouch">l’Hindou Kouch</a>. Mais les pouvoirs coloniaux indiens leur refusent l’accès au <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gilgit">Gilgit</a>, en raison de prétendus dangers se trouvant en ces lieux.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/9/9e/Pamir_topographic_map-fr.svg" alt="" width="744" height="476" /><figcaption>Carte topographique du Pamir <a href="https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Pamir_topographic_map-fr.svg">© Bourrichon (d)</a> / <a href="https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0">CC BY-SA</a> (Clic droit pour l&rsquo;afficher en grand écran)</figcaption></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph">C’est au milieu du mois de mai 1901 que l’expédition arrive au Pamir Oriental, en direction de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khorog">Khorog</a>. Au travers de nombreux comptes rendus et notes, Boris Alexeïevitch a fait part de ses impressions et écrit notamment à propos de la bienveillance des habitants de la région. Il rencontre le 24 juillet 1901 à Khorog Pir Saïd Youssouf Ali Shah, guide spirituel du <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Shughnon_District">Chougnan</a>, région de l’est du Tadjikistan actuel. L’homme, qui lui fait forte impression, deviendra un compagnon important de ses futures expéditions.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;:&nbsp;</strong><strong><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/le-tadjikistan-berceau-des-ismaeliens/">Le Tadjikistan, berceau des Ismaéliens</a></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ses écrits, Boris Fedtchenko soulignera de nombreuses fois l’abondance et la singularité de la nature rencontrée au Pamir. Il racontera son étonnement du nombre de plantes rares rencontrées entre les villages de Darmarakht et Andarob,&nbsp;au sud de Khorog. Il remarquera aussi la présence en grande quantité de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ferula">Ferula</a>, une plante herbacée de la région.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après avoir exploré la région d’<a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Ishkoshim_District">Ichkachim</a>, Fedtchenko retourne à Khorog, où il a entamé le chemin du retour. Il est accompagné par Asis-Khan, volostnoï du Chougnan. Le volostnoï était, à l&rsquo;époque, un officier chargé de gouverner un volost, un groupement administratif de 2 000 à 2 500 maisons. Asis-Khan accompagne donc Boris Alexeïevitch jusqu’au campement de Hajj-Nazar, situé à 150 kilomètres à l’est de Khorog, point qui marque la fin du premier voyage de Boris Alexeïevitch et de sa mère au Pamir occidental.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Retour au Pamir</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Une nouvelle expédition de la Société russe de géographie est organisée trois ans plus tard, toujours sous la direction de Boris Fedtchenko. Le départ est donné du poste militaire Pamirsky, construit par les Russes en 1893, et situé aujourd’hui à l’emplacement de la ville de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Murghab_(Tadjikistan)">Mourgab</a>. Au-delà des traditionnels enjeux botaniques, l’objectif était la découverte de glaciers, rivières et cols dans le but d’actualiser la carte du Pamir oriental.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son article <em>Second Voyage au Pamir</em>, publié dans la revue de botanique française <em>Bulletin de l’Herbier Boissier</em>, le savant souligne à nouveau le rôle essentiel joué par les locaux dans le succès de ses explorations. <em>«&nbsp;Le Poste Pamirsky,&nbsp;depuis mon expédition de 1901, a été transféré dans une nouvelle position,&nbsp;à 7 versts (1km, ndlr) plus bas dans </em><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/bienvenue-sur-mars-le-district-de-mourghab-au-tadjikistan/"><em>la vallée du Mourgab</em></a><em> […].&nbsp;Grâce au choix de deux bons connaisseurs du Chougnan,&nbsp;invités à prendre part à cette expédition – le noble Asis-khan et Aman-bek,&nbsp;ci-devant&nbsp;:&nbsp;«&nbsp;volostnoï&nbsp;» du </em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Corridor_du_Wakhan"><em>Wakhan</em></a><em> – nous pouvons nous flatter de l’espoir de visiter des localités complètement inconnues et de recueillir tous les renseignements nécessaires sur ces régions lointaines&nbsp;»</em></p>



<pre class="wp-block-code"><code>&#091;googlemaps https://www.google.com/maps/d/u/0/embed?mid=1PlOpWKvuF-iKPKqBTWFssTzs3QIaUTYm&amp;w=540&amp;h=380]</code></pre>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph"><em>La carte ci-dessus permet de situer les principaux lieux mentionnés et ainsi mieux visualiser le voyage de 1904 de Boris Fedtchenko.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Boris Fedtchenko fait référence à Asis-Khan et Aman-Bek, figures de leurs régions respectives, et expulsés de ce qui était à l’époque <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khanat_de_Boukhara">l’Emirat de Boukhara</a> vers le Pamir oriental. L’explorateur remarque en effet la relation extrêmement tendue qui existait entre les fonctionnaires de l’Emirat et les habitants et représentants locaux. Malgré la menace qui pesait sur la vie d’Aman-Bek, ce dernier donne sa parole d’accompagner l’expédition tout le long du trajet,&nbsp;jusqu’au <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Rushon_District">Rouchan</a> et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bartang">la vallée du Bartang</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le groupe franchit le col de Koi-Tezek le 19 juillet 1904 et parvient au bassin de Djauchangoz le soir même. Boris Fedtchenko a été profondément marqué par une rencontre avec un groupe de Tadjiks venus à leur rencontre. Ces derniers avaient décidé d’effectuer le trajet depuis les régions de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Corridor_du_Wakhan">Wakhan</a> et de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Cha%C3%AEnon_Shakhdara">Shakhdara</a>, afin de rencontrer les membres de l’expédition dont on parlait tant. C’est également à ce moment-là qu’Asis-Khan se sépare momentanément du groupe afin de retourner auprès de sa famille.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan:</strong> <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/bienvenue-sur-mars-le-district-de-mourghab-au-tadjikistan/"><strong>Bienvenue sur Mars : le district de Mourghab au Tadjikistan</strong></a><strong><u></u></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout au long du voyage, Boris Fedtchenko a pris le temps d’effectuer une cartographie précise des zones traversées et consigna de nombreuses espèces de plantes, ainsi que leurs noms dans les langues des régions du Wakhan et de Shakhdara. Il remarque une grande différence entre ces deux langues. En paralèlle, il a également établi la généalogie des dirigeants du Shakhdara et retracé l&rsquo;histoire du Wakhan, grâce aux informations de ses compagnons de voyage Aman-Bek et Asis-Khan.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le premier Européen sur le col de Yamg</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Après trois jours de traversée jusqu’au col du Vrang, l’expédition fait une halte dans la résidence d’Aman-Bek dans la région du Wakhan.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Nous fîmes joyeusement campement sur l’agréable terrasse de la maison du volostnoï du Wakhan&nbsp;:&nbsp;nous nous mîmes à trier nos collections et nos notes,&nbsp;alors que pendant ce temps on préparait le dîner.&nbsp;Il y avait cette sorte de joie chez Aman-bek lui-même,&nbsp;qui avait retrouvé son chez-soi,&nbsp;chose qu’il croyait ne plus jamais pouvoir faire&nbsp;», </em>décrit Boris Fedtchenko.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En poursuivant par la vallée du Shakhdara, le groupe passe par le col de Yamg.&nbsp;Boris Alexeïevitch note avec fierté dans ses publications&nbsp;qu’il était le premier Européen à se présenter sur ce lieu. Après une périlleuse descente au milieu des crevasses et glaciers, l’expédition s’arrête dans le <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Kishlak">kishlak</a> de Sindev, terre de leur compagnon de voyage Asis-Khan. Symbole de la chaleur de l’accueil, une peau de lynx a notamment été offerte à Boris Fedtchenko.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;:</strong>&nbsp;<a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/plongee-dans-lasie-centrale-des-annees-1910/"><strong>Plongée dans l’Asie centrale des années 1910</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le trajet se poursuit et le 9 août, l’expédition parvient à Khorog d’où ils suivirent la rivière <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Piandj">Piandj</a> pour rejoindre la région du Rouchan à la confluence des cours d’eaux du Piandj et du Bartang. Les récits racontent que de grands efforts ont été nécessaires pour traverser la rivière. Celle-ci effectuée, le groupe prend la direction de Kalai-Vamar, l&rsquo;actuelle ville de Rouchan, résidence au Pamir occidental des gouverneurs de l’Emirat de Boukhara.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Boris Fedtchenko était inquiet, à juste titre, du sort réservé à son compagnon Aman-Bek lors de leur arrivée à Kalai-Vamar. Ce dernier en avait été chassé six mois plus tôt et une rumeur faisait état d’hommes envoyés par l’Emirat pour l’arrêter. Malgré cela, tout se passe sans accroc et les gouverneurs Ich-Mouradbek et Mirza-Mouhammad rencontrent le savant et ses hommes assez chaleureusement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>De Khorog à Tachkent</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Boris Fedtchenko a été impressionné par le Bartang et ses paysages pittoresques faits d’étendues de rivières fertiles et d’immenses jardins, ainsi que par la nature hardie de ses habitants. Escalades le long des falaises, et passages sur des avancées escarpées au moyen d’une corde faisaient partie du quotidien de ces hommes et de ces femmes.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="480" height="497" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/10/Khorog-1904.jpg" alt="" class="wp-image-39576" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/10/Khorog-1904.jpg 480w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/10/Khorog-1904-290x300.jpg 290w" sizes="auto, (max-width: 480px) 100vw, 480px" /><figcaption>Une fortification à Khorog en 1904 (photo de la collection de B. Fedtchenko)</figcaption></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph">Après une période d’étude au Bartang, le groupe remonte en direction du col du Shtam, où beaucoup ont été de nouveaux impressionnés par les paysages s’offrant à eux. Se dressait majestueusement au loin, blanchis par la neige, les chaînons de la vallée du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gunt">Gunt</a> et ses nombreux glaciers. Une fois redescendu dans la vallée, le groupe se met en direction de Khorog, où devait se tenir la dernière réunion de l’expédition. On y discute notamment de l’invitation de Saïd Youssouf Ali Shah,&nbsp;Aman-Bek et Asis-Khan par le gouverneur général du Turkestan à Tachkent, ville qui marquerait la fin de leur voyage.</p>


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<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Avec nous se mirent en chemin pour Tachkent Saïd Youssouf Ali Shah,&nbsp;Aman-Bek,&nbsp;Asis-Khan et leurs serviteurs.&nbsp;Des centaines de Tadjiks se réunirent pour faire le début du chemin avec eux »</em>, raconte Boris Alexeïevitch.&nbsp;<em>« Ces hommes dignes n’allaient pas seulement demander la restauration de leurs droits,&nbsp;mais aussi l’apaisement de la situation insoutenable de leur patrie.&nbsp;Nous avons eu la chance d’aller là-bas,&nbsp;là où personne n’a jamais été,&nbsp;principalement grâce à leur assistance,&nbsp;et de connaître grâce à eux des aspects de la vie du peuple du Pamir occidental,&nbsp;qui sont cachés pour l’Européen&nbsp;»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un héritage scientifique et historique</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour tout chercheur s’intéressant à l’histoire des régions occidentales du Tadjikistan à la fin du XIXème et au début du XXème siècle, les notes de Boris Fedtchenko s’avèrent être d’une valeur inestimable. Grâce à sa participation à plusieurs expéditions dans la région, il a été le témoin de nombreux événements historiques qu’il relate dans ses écrits. Son apport sur le plan scientifique a été conséquent, grâce à des observations décrites avec une exactitude et une précision exceptionnelles. Ces témoignages et observations sont sans commune mesure pour l’époque avec les autres récits de voyageurs,&nbsp;soldats et fonctionnaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La famille Fedtchenko laissera donc une marque importante dans l’histoire du Pamir et plus globalement dans la recherche et l’exploration scientifique. On trouve aujourd’hui leur nom associé à de nombreuses espèces de plantes et espèces animales. Un astéroïde a également été désigné en leur honneur, mais rien n’apporte bien sûr plus à la symbolique de leur amour pour le Pamir que le célèbre glacier portant leur nom.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Naïm Amonbekov<br>Journaliste pour Asia-Plus</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit</strong><a href="https://asiaplustj.info/ru/news/tajikistan/society/20200719/fedchenko-semya-vlyublennaya-v-pamir"><strong> </strong></a><a href="https://asiaplustj.info/ru/news/tajikistan/society/20200719/fedchenko-semya-vlyublennaya-v-pamir"><strong>du russe</strong></a><strong> par François Robic</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Edité par Adrien Delorge</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Guilhem Sarraute</strong></p>


<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Quelle est l&#8217;origine du nom du Kazakhstan ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[François]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Sep 2019 10:15:03 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/quelle-est-lorigine-du-nom-du-kazakhstan/">Quelle est l&rsquo;origine du nom du Kazakhstan ?</a></p>
<p>Changer le nom du Kazakhstan ? C'est la proposition qu'a formulée un député du plus grand pays d'Asie centrale en janvier dernier. Alors que la capitale kazakhe a été rebaptisée Nur-Sultan en mars 2019, la valse des noms continue d'alimenter le débat sur l'identité et l'histoire d'un État qui se cherche depuis l'indépendance. Novastan reprend [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/quelle-est-lorigine-du-nom-du-kazakhstan/">Quelle est l&rsquo;origine du nom du Kazakhstan ?</a></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;">Changer le nom du Kazakhstan ? C'est la proposition qu'a formulée un député du plus grand pays d'Asie centrale en janvier dernier. Alors que la capitale kazakhe a été rebaptisée Nur-Sultan en mars 2019, la valse des noms continue d'alimenter le débat sur l'identité et l'histoire d'un État qui se cherche depuis l'indépendance.</p>
<p class="p3" style="text-align: justify;"><strong>Novastan reprend et traduit un article initialement publié sur le média en ligne kazakh <a href="https://tengrinews.kz/article/1023/">Tengrinews</a>.</strong></p>
<p class="p1" style="text-align: justify;">Le 23 janvier dernier, la proposition d'<a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Azat_Peruashev">Azat Perouachev</a>, député du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Majilis">Majilis</a>, la chambre basse du Parlement kazakh, de <a href="https://tengrinews.kz/kazakhstan_news/peruashev-predlojil-pereimenovat-kazahstan-361880/">renommer le Kazakhstan</a> en République kazakhe a eu un retentissement important dans la société du pays le plus vaste d'Asie centrale. <em>« Il faut appeler les choses par leur nom, appeler noir le noir, blanc le blanc et Kazakhs les Kazakhs »</em>, a affirmé le député du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ak_Jol_(Kazakhstan)">parti Ak Jol</a>.</p>
<p class="p1" style="text-align: justify;">Un correspondant du média kazakh Tengrinews a décidé de se plonger dans l’histoire et de rappeler comment a été créée la République kazakhe il y a presque cent ans et pourquoi, au moment de son accession à l’indépendance, le pays s'est finalement donné pour nom Kazakhstan.</p>
<p class="p3" style="text-align: justify;">Aux origines de la République kazakhe</p>
<p class="p1" style="text-align: justify;">Azat Perouachev, en proposant de renommer le pays, a insisté sur le bien-fondé historique d’une telle décision. <em>« Nous connaissons tous les racines historiques profondes du Kazakhstan indépendant actuel. […] Au cours de la célébration du centenaire du mouvement </em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Autonomie_d'Alash"><em . . .
</p>

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		<title>Les 10 personnes qui comptent dans la vie culturelle kazakhe</title>
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		<dc:creator><![CDATA[François]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Jan 2019 08:46:38 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Kaïrat Nourtas]]></category>
		<category><![CDATA[Kouralaï Nourkadilova]]></category>
		<category><![CDATA[Maria Moudriak]]></category>
		<category><![CDATA[Rap]]></category>
		<category><![CDATA[Samal Yeslyamova]]></category>
		<category><![CDATA[Skriptonit]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/les-10-personnes-qui-comptent-dans-la-vie-culturelle-kazakhe/">Les 10 personnes qui comptent dans la vie culturelle kazakhe</a></p>
<p>Depuis quelques années, la culture kazakhe s’affirme et s’exporte à l’étranger. Tour d’horizon des chanteurs, réalisateurs ou écrivains qui comptent aujourd’hui au Kazakhstan. Novastan reprend et traduit ici un article initialement publié par informburo.kz. La culture kazakhe actuelle est un phénomène assez complexe. Cela est lié avant tout au fait que les citoyens du Kazakhstan, russophones [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/les-10-personnes-qui-comptent-dans-la-vie-culturelle-kazakhe/">Les 10 personnes qui comptent dans la vie culturelle kazakhe</a></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Depuis quelques années, la culture kazakhe s’affirme et s’exporte à l’étranger. Tour d’horizon des chanteurs, réalisateurs ou écrivains qui comptent aujourd’hui au Kazakhstan.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Novastan reprend et traduit ici un article initialement publié par <a href="https://informburo.kz/stati/10-vazhnyh-figur-sovremennoy-kazahstanskoy-kultury.html">informburo.kz</a>.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La culture kazakhe actuelle est un phénomène assez complexe. Cela est lié avant tout au fait que les citoyens du Kazakhstan, russophones et kazakhophones, ont des goûts et des regards différents.</p>
<p style="text-align: justify;">Souvent, non seulement les héros et les sphères d’intérêts de ces deux groupes ne s’entrecroisent pas, mais ils sont aussi inconnus par-delà les frontières de leur communauté. Le site d’informations kazakh <a href="https://informburo.kz/stati/10-vazhnyh-figur-sovremennoy-kazahstanskoy-kultury.html">Informburo.kz</a> a dressé une liste de ces personnes qui produisent, à leurs yeux, des contenus intéressants et importants pour le Kazakhstan d’aujourd’hui</p>
<h4 style="text-align: justify;"><strong>Galymjan Moldanazar</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">Les chansons du groupe Moldanazar sont largement diffusées sur les chaînes de télévision et les stations de radio. Régulièrement, Galymjan Moldanazar est considéré comme étant le musicien le plus novateur du Kazakhstan.</p>
<p style="text-align: justify;">Galymjan Moldanazar n’a pas suivi de formation musicale spécifique. Originaire de la région de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kyzylorda">Kyzylorda</a>, dans le sud du pays, il commence à écrire des chansons durant ses années d’école mais hésite longtemps à les chanter publiquement. Après l’école, il entre même à l’Académie Jourguenov (Académie nationale des Arts du Kazakhstan), mais il réalise alors définitivement qu’il ne voulait s’occuper d’autre chose que de la musique. Il abandonne alors ses études et part littéralement de son internat à la rue. Selon ses propres mots, il dormait sur des bancs dans des parcs, jusqu’à ce que ses amis l’apprennent et lui trouvent de quoi s’abriter dans une location.</p>
<p><iframe loading="lazy" title="MOLDANAZAR - Akpen Birge" width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/jpy0Hjai7m4?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<p style="text-align: justify;">Galymjan Moldanazar a connu son premier succès en 2013, juste après la sortie du clip de sa chanson « Akpen Birgué ». S’ensuivent la rencontre et la performance avec les violoncellistes du groupe de rock <em>Break of reality</em> dans une salle new-yorkaise.</p>
<p><iframe loading="lazy" title="Break of Reality - Akpen Birge (feat. Galymzhan Moldanazar)" width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/yc7bqQWhWLQ?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd’hui trentenaire, Galymjan Moldanazar travaille sans relâche en studio, écrivant de nouvelles chansons. Quelques-unes d’entre elles sont devenues des musiques de film, comme « Safym » qui est apparue dans <em>Taraz</em>, le film de <a href="https://www.imdb.com/name/nm4813672/">Nurtas Adambay</a>. Galymjan Moldanazar se consacre tout aussi consciencieusement à la réalisation de ses clips qu’à ses œuvres musicales : chaque rôle est une histoire à part entière. On l’a souvent comparé à <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Tesla_Boy"><em>Tesla Boy</em></a> et <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Ivan_Dorn">Ivan Dorn</a> pour ses sonorités pleinement européennes, avec lequel il a par ailleurs composé une chanson en collaboration. Galymjan Moldanazar écrit ses chansons uniquement en langue kazakhe.</p>
<h4 style="text-align: justify;"><strong>Samal Yeslyamova</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">L’actrice kazakhe a été la première personne de l’espace post-soviétique à être honorée du prix <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/une-actrice-kazakhe-remporte-le-prix-dinterpretation-feminine-au-festival-de-cannes/">du meilleur rôle féminin au festival de Cannes de 2018</a>. Samal Yeslyamova a reçu cette distinction pour son travail dans le film <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ayka"><em>Ayka</em></a> de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sergey_Dvortsevoy">Sergeï Dvortsevoy</a>. Elle jouait à l’écran le rôle d’une immigrée kirghize venue à Moscou pour gagner sa vie. Enceinte, elle est contrainte de laisser son enfant à la maternité à cause de ses difficultés financières.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Lire aussi sur Novastan : </strong><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/une-actrice-kazakhe-remporte-le-prix-dinterpretation-feminine-au-festival-de-cannes/"><strong>Une actrice kazakhe remporte le prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes</strong></a></p>
<p style="text-align: justify;">Dans une  interview <a href="https://informburo.kz/stati/samal-eslyamova-vzyala-v-kannah-priz-za-luchshuyu-zhenskuyu-rol-o-chyom-film-ayka-v-kotorom-ona-snyalas.html">pour informburo.kz</a>, l’actrice a raconté qu’avant le tournage, pour que son personnage paraisse le plus réaliste possible, elle s’était mise dans des conditions physiques allant jusqu’à l’épuisement et parfois même jusqu’à l’exténuation. Le tournage du film a eu lieu sur six ans. Pour le moment, l’actrice n’a à son actif que deux œuvres cinématographiques. La première est un second rôle dans le film <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Tulpan"><em>Tulpan</em></a><em>, </em>également réalisé par Sergeï Dvortsevoy en 2008. Le jury du festival de Cannes l’avait également récompensé du premier prix de la sélection « Un Certain Regard ».</p>
<p style="text-align: justify;">Samal Yeslamova vit à Moscou depuis dix ans. Après avoir terminé l’Académie russe des Arts du théâtre, la jeune kazakhe a décidé de rester travailler dans la capitale russe. Elle avoue avoir toujours rêvé de devenir journaliste, mais au bout du compte, elle ne regrette pas d’avoir choisi la carrière d’actrice. Les parents et les proches de Samal Yeslamova vivent depuis toujours à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Petropavl">Petropavl</a>, une ville du nord du Kazakhstan près de la frontière avec la Russie.</p>
<h4 style="text-align: justify;"><strong>Aïsoultan Seitov</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">La carrière de ce jeune réalisateur d’Astana se développe à une vitesse éclair. À environ vingt ans, Aïsoultan Seitov a terminé la New York Film Academy avant de tourner le court-métrage <em>Chakal</em> qui a gagné au Hollywood Boulevard Festival. Aïsoultan Seitov a conclu un contrat avec la compagnie de production russe Hype Production, mais a aussi réalisé des clips pour des acteurs de renom. On trouve parmi ses réalisations des clips pour des chansons telles que « Jalym Sol » de Galymjan Moldanazar, « Collaba » d’Ivan Dorn ou encore « Childfree » de <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Noize_MC">Noize MC</a>. Pour son premier clip, la chanson « Pa vetru » du groupe kirghiz <a href="https://www.youtube.com/watch?v=E9JRTDYRxfE">Djaya Miyadzaki</a>, Aïsoultan Seitov a obtenu une rétribution de 1 000 dollars (878 euros). Désormais, un jour de travail du réalisateur se chiffre à presque 5 000 dollars (4 391 euros).</p>
<p><iframe loading="lazy" title="Noize MC - Чайлдфри (feat. монеточка)" width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/_l0LVFRuHMk?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<p style="text-align: justify;">Selon ses propres mots, Aïsoultan Seitov travaille principalement avec des artistes qu’il écoute lui-même, c’est pourquoi le processus de collaboration lui apporte, en plus d’un revenu, beaucoup de plaisir. Le réalisateur planifie aussi de réaliser un long-métrage, sans dévoiler tous les détails pour l’instant. Il a cependant précisé qu’il voulait tourner un film à Almaty, l’ancienne capitale kazakhe, un autre à Moscou, et le troisième prendrait forcément place quelque part dans les montagnes.</p>
<h4 style="text-align: justify;"><strong>Kouralaï Nourkadilova</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">Propriétaire de sa maison de couture personnelle <em>Kuralai</em>, Kouralaï Nourkadilova a connu le succès dès les années 1990. Diplômée d’une faculté d’arts plastiques de l’université d’État, elle commence  au poste de modéliste dans la maison de couture <em>Symbat</em>, pour laquelle elle crée des collections de vêtements. Kouralaï Nourkadilova travaille ensuite en tant que styliste pour des chaînes nationales de télévision. Elle a notamment participé à la conception artistique d’Astana, en organisant l’illumination de bâtiments sociaux et culturels de la capitale kazakhe depuis 1997.</p>
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<p style="text-align: justify;">Le besoin grandissant en vêtement beaux et originaux au Kazakhstan a été l’occasion d’ouvrir pour Kouralaï Nourkadilova sa propre maison de couture. En peu de temps, le projet entrepreneurial a commencé à porter ses fruits et la créatrice de mode a dû étendre les sites des boutiques de sa marque d’articles d’habillement, en ouvrant dans différentes villes du pays. Parallèlement, Kouralaï Nourkadilova a pris part à des défilés, exposant ses collections sur les principaux podiums mondiaux.</p>
<p style="text-align: justify;">En 2007 elle occupe le poste de directeur exécutif de la Chambre nationale de la mode kazakhe (Nationalnaya palata mody RK) et a obtenu le titre de « Designer de l’année » selon le journal <em>Harper’s Bazaar Kazakhstan</em>. <em>Kuralai</em>, c’est la marque que choisissent non seulement les représentants de l’élite des pays post-soviétiques, mais aussi des pays plus éloignés. Parmi les clients de la maison de couture figure notamment une princesse d’Arabie saoudite.</p>
<h4 style="text-align: justify;"><strong>Skriptonit</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">Adil Jalelov, se présentant sous le pseudonyme <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%A1%D0%BA%D1%80%D0%B8%D0%BF%D1%82%D0%BE%D0%BD%D0%B8%D1%82">Skriptonit</a>, a obtenu une grande notoriété en 2015 immédiatement après la sortie de son premier album « Dom s normalymyi yavlenyamyi » (« une maison au phénomène normal »). L’album a dépassé très rapidement le disque du moment de Justin Bieber sur le classement iTunes, se retrouvant derrière l’album d’Adèle. Les critiques ont comparé le disque à la transposition d’un film d’Art et essai, dans laquelle on aurait harmonieusement disposé des chansons de différents genres : du hip-hop, de la trap avec du blues, du chant accompagné de chuchotements inintelligibles, de mélodies rappées et de cris.</p>
<p>https://www.youtube.com/watch?v=Elm7rL6q7Aw</p>
<p style="text-align: justify;">Adil Jalelov avait rencontré son premier succès deux ans plus tôt en même temps que la sortie du clip de sa chanson « VBVVCTND ». Le titre a attiré l’attention non seulement des mélomanes, mais aussi des musiciens professionnels : Skriptonit a reçu une proposition de collaboration de la part du rappeur russe Vassily Vakoulenko, plus connu sous le nom de <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Basta_(rapper)">Basta</a>. Finalement le musicien a rejoint le label «Gaz holder » et a participé à la tournée de concerts de ce label.</p>
<p><iframe loading="lazy" title="Скриптонит - VBVVCTND (Prod. By Scriptonite)" width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/naY0uuEs9os?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<p style="text-align: justify;"> En 2016 Skriptonit a obtenu un prix au concours « Realnaya Premya Music Box » dans la catégorie « Extraordinaire », alors que le journal GQ le nommait « Découverte de l’année ». Le deuxième disque de Skriptonit « Prazdnik na ulitse 36 » (« fête dans la rue 36 »), sorti au printemps 2017, a occupé la première place du classement iTunes Russie et a accédé au top 10 en Corée  du Sud  et en Grande-Bretagne. Le dernier album « Ouroboros » d’Adil Jalelov est sorti le 16 décembre 2017. Il a annoncé ensuite qu’il arrêterait pour un temps le hip-hop et qu’il écrirait un autre genre de musique.</p>
<h4 style="text-align: justify;"><strong>Kaïrat Nourtas</strong></h4>
<p style="text-align: justify;"><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Kairat_Nurtas">Kaïrat Nourtas</a> est le chanteur le plus riche du Kazakhstan : selon le journal Forbes Kazakhstan et la chaîne de télévision MuzZone, le revenu de Kaïrat Nourtas a atteint les 2,5 millions de dollars (2,2 millions d’euros) en 2015. En plus de son activité de chanteur, le jeune kazakh (29 ans) est réalisateur et dirige plusieurs entreprises.</p>
<p style="text-align: justify;">Le talent vocal de Kaïrat Nourtas s’est manifesté dès l’enfance, si bien que l’artiste a débuté dès 10 ans sur des scènes de concerts de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ba%C3%AFkonour">Baïkonour</a>, dans le sud-ouest du pays. Il est soutenu dans toutes ses initiatives par sa mère, qui est devenue sa productrice.</p>
<p><iframe loading="lazy" title="kairat nurtas men seni kutemin new hit 2015" width="500" height="375" src="https://www.youtube.com/embed/WgADI-3smTI?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<p style="text-align: justify;">Kaïrat Nourtas ne chante qu’en langue kazakhe. Dans son répertoire figurent aussi bien des chansons de jeunes que de célèbres compositeurs nationaux : <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%91%D0%B5%D0%B9%D1%81%D0%B5%D1%83%D0%BE%D0%B2,_%D0%90%D1%81%D0%B5%D1%82_%D0%9A%D0%BE%D0%BF%D0%BF%D0%B0%D0%B5%D0%B2%D0%B8%D1%87">Aset Beyseouov</a>, <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Shamshi_Kaldayakov">Shamshi Kaldayakov</a>, Erjan Serikbaev, mais aussi des compositions personnelles. Malgré son immense popularité, l’intérêt suscité par l’artiste est ambigu : certains l’idolâtrent, d’autres l’accusent de manquer de goût musical et d’être un « toy-artist ».</p>
<p style="text-align: justify;">Par ailleurs, le nom de Kaïrat Nourtas s’est retrouvé plus d’une fois au cœur de scandales retentissants, parmi lesquels l’incident lors de son show au centre commercial « Prime Plaza », à Almaty, lequel s’est terminé en violences de groupes, rixes et incendies de voiture.</p>
<p><iframe loading="lazy" title="Кайрат Нуртас - Аңсайды жаным (OST &quot;Адель&quot;) 2015" width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/gBLUFoLK9oo?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<p style="text-align: justify;">En 2014 l’artiste a été reconnu meilleur interprète par les Eurasian Music Awards (EMA). Le chanteur a à son actif un grand nombre de duos avec des interprètes nationaux et étrangers, parmi lesquels Nyusha. En 2015, le chanteur a commencé une carrière politique en adhérant au parti <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Nour-Otan">« Nour Otan »</a>, le parti du président kazakh <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Noursoultan_Nazarba%C3%AFev">Noursoultan Nazarbaïev</a>. Par ailleurs, il a fondé sa propre société de production cinématographique « Kaïrat Nourtas Production », a lancé un magazine à son nom parlant de son actualité avant d’ouvrir à Almaty un café et une boutique de sa marque de vêtements. Parmi les plans de l’ambitieux chanteur et entrepreneur figure aussi l’ouverture de sa propre compagnie aérienne, KN Air.</p>
<h4 style="text-align: justify;"><strong>Dimach Koudaïbergen</strong></h4>
<p style="text-align: justify;"><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Dimash_Kudaibergen">Dimach Koudaïbergen</a> a rencontré la gloire et la reconnaissance populaire après de multiples victoires lors de concours musicaux internationaux. Il a d’abord gagné le grand prix du concours « Slavyanskyi Bazar 2015 » à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Vitebsk">Vitebsk</a>, en Biélorussie, puis a occupé la deuxième place au concours chinois Singer 2017. Dimach Koudaïbergen a consolidé ensuite son succès avec le prix Top Chinese Music Award, gagnant parmi les nominés du titre de « Chanteur le plus populaire d’Asie ». Dimach Koudaïbergen est doué d’une voix unique couvrant 6 octaves : de la basse à la voix de sifflet. Cependant, avant les distinctions internationales, le chemin de l’artiste vers la gloire a été pour le moins semé d’embûches.</p>
<p>https://www.youtube.com/watch?v=QZ4t5ZlpF8w</p>
<p style="text-align: justify;">On trouve encore sur Internet un extrait du concours musical télévisé « Saz Alemi », durant lequel des membres du jury ont critiqué durement Dimach Koudaïbergen pour l’utilisation de sa voix aiguë, comparant son chant au fait de « mettre son épouse en 4L ». L’expression dénote le fait que Dimach Koudaïbergen a utilisé sa voix aiguë pour une chanson qui ne valait pas la peine d’utiliser de tels effets.</p>
<p style="text-align: justify;">Malgré ce revers, le jeune chanteur kazakh a donné son premier concert solo le 27 juin 2017 sur le stade du complexe sportif « Astana Arena ». Avec lui sur scène : la chanteuse russe <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kristina_Orbakait%C4%97">Kristina Orbakaite</a>, la chanteuse maroco-suédoise <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Loreen">Loreen</a>, l’anglaise <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sophie_Ellis-Bextor">Sophie Ellis-Bextor</a>, et même l’adversaire de Dimach Koudaïbergen sur le projet <em>I am a Singer</em>, le taïwanais <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Terry_Lin">Terry Lin</a>. Trente mille personnes ont assisté à ce concert.</p>
<p>https://www.youtube.com/watch?v=85v3cNg8CrU</p>
<h4><strong>Maria Moudriak</strong></h4>
<p style="text-align: justify;"><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Maria_Mudryak">Maria Moudriak</a> est la chanteuse d’opéra dont le planning des représentations est bouclé pour les années à venir. Citoyenne du Kazakhstan, elle vit depuis l’enfance en Italie. Grâce à son talent, elle intègre à 12 ans le conservatoire Giuseppe Verdi dans le cadre du programme « Bolachak », le programme de bourse du gouvernement kazakh pour étudier à l’étranger. A 18 ans, elle le termine avec mention, et à 19 ans elle devient la plus jeune chanteuse d’opéra au monde diplômée de l’enseignement supérieur.</p>
<p><iframe loading="lazy" title="Aria di Mimì &quot;Bohème&quot; Maria Mudryak 22 years old Мария Мудряк" width="500" height="281" src="https://www.youtube.com/embed/vC9Mgg25Z6g?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></p>
<p style="text-align: justify;">En 2011 elle est reconnue meilleure plus jeune chanteuse d’Italie. Elle devient une des dix meilleurs soprani du monde aux côté des participants du <a href="http://www.belvedere-competition.com/">concours Belvedere</a>. Elle maîtrise à la perfection la technique du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bel_canto">bel canto</a>, se comptant parmi les chants les plus complexes et les plus virtuoses. Elle chante en cinq langues : l’italien, l’anglais, l’espagnol, l’allemand et le français. Depuis le mois de janvier 2015, elle est la soliste du théâtre « Astana Opera », et chante dans des mises en scène de « La Bohème » et « La Traviata ».</p>
<h4 style="text-align: justify;"><strong>Ermek Toursounov</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">Réalisateur, dialoguiste, poète, écrivain, traducteur, scénariste, membre de l’Union des journalistes de l’URSS, relai d’opinion : les rangs et professions <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ermek_Tursunov">d’Ermek Toursounov</a> sont nombreux. En 2009, il devient célèbre après que l’Académie américaine des Arts et des Sciences du cinéma a sélectionné le film <em><a href="https://www.imdb.com/title/tt1464239/">Kelin</a></em>, son premier travail en tant que réalisateur, pour figurer parmi les nominés à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère.</p>
<p style="text-align: justify;">La nouvelle de sa nomination divise alors la société kazakhe en deux camps : ceux sincèrement heureux pour leur compatriote, et ceux offensés par le fait que les scènes érotiques de ce film exposent le Kazakhstan d’une façon peu flatteuse sur la scène mondiale. Les débats à ce sujet ont continué avec la sortie d’un autre de ses films, <em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Old_Man">The Old Man</a></em>, qui a été réalisé d’après le roman d’Ernest Hemingway <em>Le Vieil homme et la mer</em>, et qui rencontre également un fort succès.</p>
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<p style="text-align: justify;">À nouveau Ermek Toursounov attire l’attention de la société avec sa lettre ouverte au peuple kazakh, sous le titre de « Ma mésalliance avec l’État », publiée dans le journal <em>Forbes Kazakhstan</em> après la dévaluation du tengué, la monnaie nationale, <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/mardi-noir-au-kazakhstan/">en février 2014</a>. Ermek Toursounov est aussi l’auteur de livres tels que <em>Mamlouk</em> (« Mamelouk »), <em>Sem maïskikh dien</em> (« les Sept jours de mai ») et <em>Melotchi Jisni </em>(« les Choses de la vie »), non traduits en français.</p>
<h4 style="text-align: justify;"><strong>Dossym Satpaïev</strong></h4>
<p style="text-align: justify;">L’avis de Dossym Satpaïev à propos de tel ou tel événement dans le pays intéresse de nombreux Kazakhs, et c’est pour cette raison que souvent les journalistes de différents médias se tournent vers lui afin d’obtenir ses commentaires. Egalement politologue, Dossym Satpaïev écrit fréquemment des articles d’analyse pour des journaux et des portails-web et s’exprime dans des publications sur sa page Facebook.</p>
<p style="text-align: justify;">Le spectre des thèmes qu’il commente est assez large : les remaniements au sein de l’État et des organismes gouvernementaux, les mesures législatives, les réformes sectorielles, les rapports entre le pouvoir et la société. Depuis 2002 Dossym Satpaïev est le fondateur et directeur d’une organisation de conseil et d’analyse, le « Groupe d’estimation des risques » (KRAG), qui collabore avec des grandes compagnies étrangères d’investissement, des agences internationales de notation, des organisations internationales de conseil et d’analyse, des missions diplomatiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Dossym Satpaïev est en outre le dirigeant d’une fondation privée dédiée à la culture et à l’éducation dans le cadre du projet littéraire « Soz » (« mot » en kazakh). Cette organisation aide les auteurs nationaux à publier leurs livres en tirages limités. On trouve parmi les livres publiés par sa fondation <em>Melotchi Jizni</em> (« Les Choses de la vie ») d’Ermek Tursunov et <em>Katiélok</em> (« Le Chapeau melon ») du journaliste Vadim Boreïko.</p>
<p style="text-align: right;"><strong>Traduit <a href="https://informburo.kz/stati/10-vazhnyh-figur-sovremennoy-kazahstanskoy-kultury.html">du russe</a> par François Robic</strong></p>
<p style="text-align: right;"><strong>Edité par Etienne Combier</strong></p>
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