Tous nos contenus en accès illimité !

Abonnez-vous

X

Le Turkménistan a été le premier fournisseur de gaz de la Chine Novastan | Le Turkménistan a été le premier fournisseur de gaz de la Chine
Chine Pipeline Gaz

Le Turkménistan a été le premier fournisseur de gaz de la Chine

Devançant les autres producteurs gaziers de la région de très loin, le Turkménistan a été le premier partenaire énergétique de l’Empire du milieu en janvier dernier, devant la Russie. Dans un contexte de hausse générale des prix du gaz en ce début d’année 2021, les rôles semblent être redistribués dans le monde des producteurs de gaz. 

Le Turkménistan, pays aux richesses gazières qui ne sont plus à prouver, se trouve depuis le début de l’année 2021 le leader de l’approvisionnement en gaz sur le marché énergétique chinois, titre le média turkmène Orient.tm. En janvier 2021, un total de 2,786 milliards de mètres cubes de gaz  turkmène ont été livrés à la Chine, sur les 4,685 milliards de mètres cubes importés par les autorités chinoises. Sur le premier mois de l’année, c’est presque 60 % du gaz chinois qui est fourni par le Turkménistan, d’après l’agence russe Interfax

Le République turkmène passe ainsi devant la Russie, qui n’a fourni que 916 millions de mètres cubes de gaz à la Chine via le gazoduc Force de Sibérie. Outre la Russie et le Turkménistan, la Chine s’approvisionne en énergie dans d’autres pays d’Asie centrale, comme le Kazakhstan et l’Ouzbékistan, dont les exportations restent néanmoins bien inférieure à celles du Turkménistan, avec respectivement 319 millions de mètres cubes et 307 millions de mètres cubes. 

Le prix du gaz turkmène au plus haut 

Il est rare de disposer des chiffres officiels concernant les exportations que réalise le Turkménistan : la République du Président Gourbangouly Berdimouhamedov se fait habituellement très discrète sur ses rendus économiques, à tel point qu’il est difficile d’obtenir des chiffres officiels. Pourtant, reprises par Interfax, les données de l’administration générale des douanes de la Chine révèlent le prix du gaz turkmène, et s’avère être l’un des plus chers sur le marché énergétique chinois. 

Novastan est le seul média en français et en allemand spécialisé sur l'Asie centrale. Entièrement associatif, il fonctionne grâce à votre participation. Nous sommes indépendants et pour le rester, nous avons besoin de vous ! Vous pouvez nous soutenir en vous abonnant, en réalisant un don défiscalisé à 66 %, ou en devenant membre actif par ici.

En effet, le prix du millier de mètre cube s’élève à 187 dollars (158,7 euros), alors que le Kazakhstan reçoit 162 dollars (137,5 euros) pour 1 000 mètres cubes et l’Ouzbékistan 151 dollars (128,2 euros).  

Les prix de l’or bleu s’enflamment 

Le prix élevé du gaz turkmène s’inscrit dans un contexte de montée des prix général du gaz sur les marchés mondiaux. En effet, en Asie du Nord-Est, une vague de froid exceptionnelle a sévi dans toute la région, entraînant une forte demande en gaz liquéfié. Le refroidissement de la région a eu pour conséquence une hausse très forte du cours du gaz dans les marchés internationaux : la valeur maximale de l’indice JKM, qui mesure le prix du gaz liquéfié en Asie, a grimpé à 1 160 dollars pour 1 000 mètres cubes au début de janvier 2021, précise l’agence Interfax. 

L’augmentation de la valeur de l’énergie se fait même ressentir en Europe, où le prix moyen du gaz au comptant était de 257 dollars (218,1 euros) par millier de mètres cubes en janvier dernier, toujours selon Interfax. 

La dépendance du Turkménistan aux exportations de gaz

Le quatrième exportateur de gaz mondial renforce donc ses liens commerciaux avec la Chine, qui de son côté, demeure le premier partenaire commercial du Turkménistan. En 2019, selon les données fournies par l’Observatoire de la complexité économique, la Chine représentait 82 % des exportations turkmènes, loin devant l’Ouzbékistan (4 %). En termes d’importations, la Chine arrivait à la deuxième position en valeur avec 14,3 %, derrière la Turquie (24,7 %). 

Envie d'Asie centrale dans votre boîte mail ? Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter hebdomadaire en cliquant ici.

Cette nouvelle position renforce également la dépendance du Turkménistan à ses exportations de gaz. Proche d’une économie de rente, les recettes de l’Etat sont largement basées sur la vente d’hydrocarbures. Selon le site spécialisé Oilcapital.ru, 15 % du gaz consommé en Chine en 2020 était d’origine turkmène. Si les retombées économiques sont satisfaisantes en ce moment, dès que le prix et la demande étrangère en gaz seront en baisse, l’économie turkmène sera alors plongée dans le mal, comme cela a été le cas au début de la pandémie de Covid-19. Car si les fournisseurs en gaz de la Chine sont diversifiés, les clients du Turkménistan ne le sont pas vraiment : le pays approvisionne essentiellement la Chine et la Russie

Lire aussi sur Novastan : La Chine va-t-elle se retrouver en position de force au Turkménistan ?

Néanmoins, des projets sont en cours pour pour diversifier les exportations à l’étranger : le gazoduc Turkménistan-Afghanistan-Pakistan-Inde (TAPI), au point mort depuis 2015, devrait être relancé prochainement, et le projet d’un gazoduc transcaspien se concrétise avec le rapprochement du Turkménistan et de l’Azerbaïdjan, qui permettrait notamment d’atteindre le marché européen.

Emma Collet
Rédactrice pour Novastan

Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez répondre anonymement à ce questionnaire ou nous envoyer un email à redaction@novastan.org. Merci beaucoup !

Partager avec
Aucun commentaire

Ecrire un commentaire

Captcha *