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Une exposition photo à Tachkent tente de retrouver l’essence des routes de la Soie Novastan | Une exposition photo à Tachkent tente de retrouver l’essence des routes de la Soie
Renate Graf Tachkent Exposition Photographie

Une exposition photo à Tachkent tente de retrouver l’essence des routes de la Soie

À l’approche des 30 ans de l’indépendance de l’Ouzbékistan, la Maison de la photographie de Tachkent organise une exposition de la photographe franco-autrichienne Renate Graf. L’exposition « En remontant le temps et les routes de la Soie » espère rendre hommage à un temps révolu.

Alors que les 30 ans de l’indépendance de l’Ouzbékistan approchent, la coopération franco-ouzbèke a abouti à une exposition de photographies. Organisée du 15 mars au 15 avril prochain à la Maison de la photographie de Tachkent, l’exposition intitulée « En remontant le temps et les routes de la Soie » met à l’honneur la photographe franco-autrichienne Renate Graf.

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Les photos exposées viennent d’un de ses voyages sur les routes de la Soie, organisé en 1993, avec 109 tirages en noir et blanc et des photographies analogiques, portant sa marque de fabrique. Le chargé d’affaires de l’ambassade Brice Roquefeuil a été à l’initiative de l’exposition, avec comme ambition de perpétuer la mémoire. Ce travail est soutenu par la collaboration de l’ambassade de France de Tachkent, Orano, GoscomGeology et JCDecaux.

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Photographe professionnelle depuis le début des années 1990, Renate Graf assume une vision artistique de la photographie. Ancienne étudiante en philosophie et en anthropologie, elle cite volontiers auprès de Novastan des noms tels que Paul Valéry, Yves Bonnefoy ou encore Mashrab lorsqu’elle évoque ses inspirations spirituelles.

Sur les pas d’un moine bouddhiste

En 1993, Renate Graf entreprend un voyage sur les routes de la Soie pour marcher sur les pas d’un moine bouddhiste, Xuanzang (602-664), qui en 627 fait un voyage religieux entre l’Inde et la Chine, emportant avec lui le premier manuscrit bouddhiste. Du fait de cette ligne rouge, l’exposition est traversée par l’histoire, le sacré et le mythe.

C’est à l’aide d’un petit appareil Canon automatique que Renate Graf commence un travail documentaire. Comme elle le décrit auprès de Novastan, elle n’a pas commencé la photographie pour faire des clichés parfaits mais pour capturer l’instant présent et y exprimer ses sentiments. « C’était une idée dans ma tête, un sentiment présent que j’avais, puis j’ai cherché un moyen de l’exprimer et de le matérialiser pour qu’il puisse s’éterniser », explique Renate Graf.

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C’est depuis ce premier voyage initiatique pour la photographie qu’elle décide de faire du monde une toile à peindre avec du noir, du blanc et un soupçon de nostalgie. Son ex-mari, l’artiste plasticien Anselm Kiefer, l’accompagne dans ses prises de vue sur le monde.

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Pour trouver ces instants authentiques, Renate Graf marche, perdue avec son appareil. Elle voit en chaque culture des détails, des opportunités à capturer. Des résultats photographiques accidentels se retrouvent ainsi dans son travail.

Du sacré au réchauffement climatique

Dans le détail, l’exposition fait la part belle à trois thématiques majeures, préparées avec l’aide du commissaire d’exposition Nicolas Martin Ferreira. En premier lieu se trouve la route de la Soie et sa nature, ses détails architecturaux capturés par l’artiste qui témoigne d’une ère sociale et culturelle passée. L’artiste se dit marquée par Xi’an  et le désert du Taklamakan. Ensuite, Renate Graf tente de documenter les paysages sacrés, avec notamment les beautés de l’Inde où elle découvre ce mélange entre le profane et le sacré. Enfin, la photographe a voulu illustrer la fonte des glaces due au réchauffement climatique, notamment en Sibérie.

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Au sujet de Renate Graf, Nicolas Martin Ferreira parle d’images qui « disent à la fois le grandiose et l’intime, le délitement et la renaissance ». Avec cette vérité historique à la valeur de témoignage mémorable, l’artiste confronte la glace et le désert, le sacré et le profane, l’étendue de paysages épurés et le quotidien de personnes hors du temps. « Je suis une nomade totale, sans frontières et sans pays », affirme Renate Graf.

Renate Graf travaille actuellement sur de nouveaux projets avec Nicolas Martin Ferreira. Elle souhaite inscrire dans sa poésie le Brésil et ajoute à ses expositions le Panama, exposition reportée à l’année prochaine. Elle convoite un projet artistique à Bordeaux et une exposition en Chine.

Maya Ratni
Rédactrice pour Novastan

Relu par Anne Marvau

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