India on Bullet Asie centrale route de la soie

Sur les traces d’India on Bullet

Routes cahoteuses, mélodies d'Asie centrale, séjours chez l'habitant, réparations et problèmes de visa… Voilà tout ce qu'un album de musique pourrait contenir au retour de Mathieu et Sylvain en France ! Les deux motards, férus de musique, portent en eux une soif de découvertes qui les mène de pays en pays. Rencontre avec Novastan.

 

Novastan : Ce projet, India on Bullet, est né quand et comment ?

India on Bullet : Nous avons fondé l’association India On Bullet en septembre dernier. Mais l’histoire qui la précède a débuté en octobre 2014 lorsque nous avons atterri à Bombay. C’était le départ d’un long voyage en Inde, complètement inattendu. Nous avons sillonné les routes du sous-continent pendant une année au guidon de deux mythiques motos indiennes, des Royal Enfield Bullet. « India On Bullet », c’est au départ le titre d’une série de court-métrages que nous avons réalisé tout au long de ce voyage. Nous avons décidé de donner ce nom à l’association fondée par la suite, quand nous avons officialisé et diffusé le projet « Un voyage musical sur la Route de la Soie ». 

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Parlez-nous un peu de la dimension "humanitaire", ou plus simplement sociale, qui consiste à enregistrer des chansons lors de votre traversée, au sein de chaque pays.

Une des valeurs principales du projet intitulé « Un voyage musical sur la Route de la Soie » est notre rapport à l’humanité, à l’altérité. Utiliser le mot « humanitaire » pourquoi pas, bien que nous trouvons que ce terme a perdu de son sens avec le temps… La dimension sociale du voyage nous convient mieux, aux côtés d’une dimension culturelle. En bref, tout au long de notre périple nous enregistrons de la musique traditionnelle chantée et jouée par des enfants issus de milieux défavorisés, et dans certains cas, accompagnés de musiciens locaux. Nous intervenons dans différents instituts, comme des écoles de musique dans des villages reculés, des orphelinats, des maisons d’accueil…

Une fois de retour en France, nous allons regrouper l'ensemble de ces œuvres musicales sur un album. Les bénéfices engendrés par la vente de cet opus seront reversés à chaque institut ayant participé à l’aventure. 

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Au sujet de vos motos, les fameuses « Bullet », c'est une vieille passion, ou l'idée était d'ajouter de l'originalité à ce voyage ? Parlez-vous un peu de ces engins…

Ah, la Bullet… Une passion pas bien vieille, non, puisqu’elle a débuté lors de notre arrivée en Inde à l’automne 2014. Nous sommes tombés littéralement amoureux de cette vieille moto, équipée d’un moteur masculin et d'un design féminin ! Pas plus de quatre jours en Inde, et nous avons décidé d’en acheter une chacun. Un coup de foudre. Royal Enfield est né en Angleterre au tout début des années 1900, et a été racheté par un industriel indien autour de 1970. Elle est devenue à ce jour, LA moto emblématique du sous-continent et elle voyage de génération en génération !

Pour le projet sur lequel nous travaillons aujourd’hui, nous n’y avons même pas réfléchi. Cela allait de soit : la route se ferait aux guidons de ces deux-roues mythiques. 

Comment fait-on lorsqu'il y a un ennui mécanique sur des objets de collection?
Vous avez eu parfois besoin de demander de l'aide aux mécaniciens d'Asie centrale ?

Effectivement, nous avions pris l’habitude en Inde d’avoir l’accès à un spécialiste de cette moto dans n’importe quel petit village… Mais voilà : arrivés en Asie Centrale ce n’est plus la même histoire ! Nous n’avons vu que très peu de motos, et les rares mécaniciens s’occupent de vieux modèles russes. Durant notre périple en Inde nous avons commencé à mettre les mains à la pâte, et nous avons eu la chance avant notre départ de faire un stage chez Hearts & Tears à Pokhara, au Népal. On a trouvé une équipe d’enfer qui s’est chargée de nous apprendre l’essentiel à savoir. Il valait mieux, pour un voyage comme celui que nous avons entrepris… 

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Racontez-nous un peu votre traversée du Kirghizstan ?

Lors de notre arrivée à Bichkek, nous sommes rapidement partis à l’est, à Orlovka, où nous avons enregistré le troisième titre de l’album. Un très beau moment passé au sein de l’orphelinat. Nous avons eu la chance d’enregistrer une chanson traditionnelle Kirghize avec un groupe d’enfants incroyables. Pour des raisons d’administration et de visa, nous avons ensuite passé beaucoup de temps à Bichkek. Nous avons tout de même eu l’opportunité de partir sur la rive sud du Lac d’Issyk-Koul, un régal ! Nous avons été hébergés chez des habitants, et avons partagé des moments inoubliables. Ensuite nous sommes allés en direction de l’Ouzbékistan par Osh. Quatre jours sur la route en passant par des cols complètement enneigés, à plus de 3000 mètres d’altitude, c’était génial !

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Et maintenant ?

Nous sommes arrivés il y a peu en Ouzbékistan. Les Ouzbeks n’ont pas perdu de temps pour faire preuve d’hospitalité ! Actuellement, à Samarcande, nous passons notre temps à contempler les splendeurs de la vieille ville, ou bien à écouter des musiciens traditionnels qui interprètent leur musique. Nous avons dû prendre en compte les restrictions du gouvernement. Car malgré l’accueil des habitants, le pays reste assez fermé et très sécurisé. Il est impossible pour nous d’intégrer un institut ou un orphelinat, et encore moins d’enregistrer ou de filmer. Le gouvernement demande pour cela des permissions qui sont impossible à obtenir dans notre cas. 

 

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On a eu vent d'un certain problème de visa avec le Turkménistan, quand vous vous trouviez à Bichkek… C'est une grosse désillusion de ne pouvoir vous y rendre ?

Ah, le Turkménistan… On s’en souviendra, même sans le traverser ! Le Turkménistan est un pays qui n’ouvre que très difficilement ses frontières aux touristes. Nous avons fais deux demandes de visa transit, à Delhi puis à Bichkek, afin de traverser le pays en cinq jours. Malheureusement nos candidatures font partie des 50% refusées ! Le plan B est donc de rejoindre l’Azerbaïdjan en traversant la mer Caspienne. Changement de cap !

Quelles sont vos impressions sur l'Asie centrale, les paysages traversés, les gens rencontrés lors de votre voyage ?

Nous avons eu une expérience de l’Asie Centrale seulement dans deux pays pour le moment. Nous avons, dès notre arrivé au Kirghizistan, été épaté par le calme. Oui, nous arrivions de l’Inde et du Népal… ! La montagne, la nature et l’air pur ont été les bienvenus ! 

En Ouzbékistan, il est très intéressant, et assez incroyable de réfléchir à ce paradoxe entre un pays plutôt fermé et hyper sécurisé, avec un accueil extrêmement chaleureux. Il nous reste encore des heures à y réfléchir d’ailleurs… Tout de même, il est très appréciable que cette méfiance n’ait pas de conséquence sur la gentillesse et l’hospitalité du peuple ouzbèk.

Restons positif, nous n’avons aucun regret et nous n’en aurons pas ! Hormis le fait de ne pas avoir eu la possibilité découvrir un peu plus la beauté du Kirghizistan ! 

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Votre prochain road-trip… c'est en side-car ?

(rires) Le side-car, oui ! C’est vrai que cela fait rêver, en revanche la conduite n’a pas l’air simple. Mathieu n’est pas loin du coup de foudre cependant, il n’est pas à l’abri de s’en dénicher un, une fois de retour en France ! 

Merci à India on Bullet, que vous pouvez aussi retrouver sur leur site.

 

La Rédaction



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