Gérard Depardieu Ouzbékistan Documentaire Tourisme

Avec « Mon rêve ouzbek », Gérard Depardieu veut attirer l’attention sur l’Ouzbékistan

Un documentaire sur l’Ouzbékistan de Gérard Depardieu va être diffusé le 7 octobre prochain sur la chaîne Paris Première. Ce film promet d’attirer l’attention sur les avantages touristiques du pays grâce à la personnalité tonitruante de l’acteur français.

C’est un petit évènement : Paris Première diffusera pour la première fois mercredi 7 octobre à 22 h 50 puis vendredi 9 octobre à 23 h 55 le documentaire  Gérard Depardieu : mon rêve ouzbek. Ce film, impliquant l’une des figures du cinéma français les plus connues à l’international, vise avant tout à jeter un coup de projecteur sur l’Ouzbékistan dans une stratégie affirmée d’attirer plus de touristes français. L’acteur est devenu l’année dernière, lors du tournage de ce film, l’ambassadeur du tourisme pour l’Ouzbékistan en France et en Europe.

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Le film de 71 minutes, réalisé par Arnaud Frilley, a été produit par B-Tween Production avec le soutien de l’ambassade d’Ouzbékistan en France, du Comité d’État pour le développement du tourisme ouzbek ainsi que de la compagnie aérienne nationale Uzbekistan Airways et la compagnie nationale de film Uzbekkino.

Contacté par Novastan, le réalisateur, qui a également produit le film, explique que ce sont les dernières évolutions politiques du régime ouzbek, et sa récente ouverture, qui ont rendu possible ce film. « Au départ, le projet devait reposer sur un duo, Sylvain Tesson et Gérard Depardieu.  Finalement, cela n’a pas pu se faire, et comme Gérard n’a pas souhaité un autre partenaire, nous lui avons trouvé des guides locaux qui l’ont accompagné de villes en villes », précise Arnaud Frilley, qui connaît Depardieu depuis vingt ans. Ce sont précisément ces échanges entre l’acteur et les guides, issus d’ethnies différentes – il y en a 120 en Ouzbékistan – qui confèrent à ce documentaire son inimitable couleur authentique. Durant tout le film, la voix off de Depardieu nous guide à travers les routes du pays : parfois drôle, souvent contemplatif, mais toujours émerveillé par ses découvertes.

Gérard Depardieu, Arnaud Frilley et Yulia Mosman durant le tournage – crédit : B-Tween Production

Une attirance pour la religion, ses chants et sa philosophie

Les multiples questionnements du monstre du cinéma français permettent au téléspectateur de s’intéresser à ce qui fait la richesse de ce pays. Un aspect particulièrement bien mis en relief dans le film concerne l’attrait important de l’acteur pour la philosophie et les religions. Et ce n’est pas ce qui manque à l’Ouzbékistan. On retiendra deux belles rencontres qui captivent l’acteur. La première, avec un imam soufi au mausolée d’Ibn Abbas, dans la nécropole Chah-e-Zindeh de Samarcande. Il apprécie cet islam philosophique, dans sa dimension mystique, de recherche et de perfectionnement de soi. On le sent ému par les chants de prière.

Gérard Depardieu à Samarcande – image de tournage (crédit : B-Tween Production)

Plus tard, on le voit prier dans la grande mosquée de Boukhara, lui qui quelques mois plus tard sera baptisé à la cathédrale orthodoxe de Paris. Il se souvient de ses jeunes années : « J’ai été musulman pendant deux ans, à dix-sept ans, après avoir écouté un concert d’Oum Kalthoum. » À Boukhara, Gérard Depardieu rencontre un rabbin, qui témoigne de l’implantation millénaire des juifs dans la région, avant leur départ massif en Israël et aux États-Unis après la chute de l’URSS, pour des raisons économiques. Une fois encore, les chants religieux le fascinent. « Gérard aime ce qu’il y a de beau dans la religion, il est attiré par la spiritualité en général, où qu’elle se trouve. En cela, l’Ouzbékistan ne pouvait que répondre à sa recherche », confirme Arnaud Frilley.

« De bons gueuletons et des rencontres improbables »

Comme l’explique Paris Première, le documentaire promet de montrer un « voyage initiatique » de l’acteur français dans le pays, comprenant les principaux points touristiques du pays : Khiva, Samarcande, Boukhara, connues pour leur passé de routes de la Soie, mais aussi Moynaq, située à côté de ce qui reste de la mer d’Aral, et Noukous. Le synopsis précise que Gérard Depardieu fera « découvrir le pays librement tel un voyageur et non un touriste ». Le documentaire promet aussi, à l’image de Depardieu, des « moments de philosophie, beaucoup d’humour, de bons gueuletons et des rencontres improbables ».

De l’humour, il y en a tout le long du film, lorsque Depardieu participe à un mariage traditionnel, ou qu’il déguste avec son appétit légendaire tous les plovs – le plat ouzbek le plus connu – des villes qu’il visite. « Vous en France, vous avez 365 catégories de fromages, ici, nous avons 365 catégories de plovs », explique malicieusement un guide francophone.

« Où est la mer ? »

Pourtant, le film ne verse pas dans la pure carte postale, mais montre aussi un drame important que connaît le pays depuis l’ère soviétique : l’assèchement de la mer d’Aral. Celui-ci, dû au détournement du Syr-Daria et de l’Amou-Daria afin de produire du coton en masse, a représenté une catastrophe environnementale, dont les conséquences se font encore sentir aujourd’hui. C’est ainsi que s’ouvre et se clôt le film : “où est la mer ?”, s’interroge l’acteur au sujet de ce lac d’eau salée dont la surface a diminué de 90 % en 40 ans. Il met en perspective la coexistence pacifique de « 150 peuples empreints de tolérance et de sagesse » et l’« idéologie qui a mis une mer en l’air ». Refermant la page des deux semaines qu’il a passées en novembre 2019 en Ouzbékistan, dans le cadre de ce documentaire, il en tire la réflexion suivante : « ici, c’est l’un des nœuds de la civilisation. »

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Avec ce film, Gérard Depardieu se pose de nouveau en promoteur de l’Ouzbékistan, cette fois-ci avec moins de controverses qu’au moment de la sortie d’un disque avec la sulfureuse fille du précédent président ouzbek, Goulnara Karimova. Avec la pandémie du coronavirus, le secteur du tourisme en Ouzbékistan est totalement dévasté et a bien besoin des projecteurs de la personnalité unique de Gérard Depardieu, alors que le pays rouvre progressivement ses frontières.

La rédaction avec Eléonore de Vulpillières

Relu par Anne Marvau

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