Classement Liberté Presse 2017 RSF

Liberté de la presse : une situation toujours mitigée en Asie centrale

Fin avril dernier, l’organisation Reporters Sans Frontières (RSF) a publié son classement annuel des pays sur la liberté de la presse pour l’année 2017. L’Asie centrale reste dans le bas du classement, malgré quelques évolutions, alors que RSF affirme que « la liberté de la presse n’a jamais été autant menacée » au niveau mondial.

Le classement mondial de Reporters Sans Frontières (RSF) s’intéresse à 180 pays et comprend plusieurs critères visant à déterminer le degré de liberté des journalistes, en procédant notamment au recensement des exactions commises contre les journalistes dans les pays concernés. Parmi ces critères figurent le pluralisme, l’indépendance des médias, les conditions d’exercice des activités d’information ou encore les infrastructures permettant la diffusion de l’information.

Lire aussi sur Novastan : Liberté de la presse : l’Asie centrale dans le bas du classement

Toujours dominé par les pays d’Europe du Nord, le classement 2017 permet de faire le point sur les évolutions relatives à la liberté de la presse et d’opinion pour les cinq pays d’Asie centrale, qui gravitent encore dans la seconde moitié du classement.

Turkménistan, éternelle « lanterne rouge »

Situé à la 178ème place du classement depuis 2015, le Turkménistan reste, selon RSF, l’un des pays les plus restrictifs pour ce qui est de la liberté de la presse. Constituant le « trio infernal » avec l’Érythrée et la Corée du Nord, le Turkménistan reste l’un des pays les plus fermés au monde, sans pluralisme médiatique et dirigé d’une main de fer par Gourbangouly Berdimouhamedov. L’élection présidentielle de février dernier, malgré les apparences de pluralisme démocratique avec la présence de 7 candidats, n’a apporté aucun changement et Achgabat ne semble pas prête à évoluer vers plus d’ouverture.

Lire aussi sur Novastan : Au Turkménistan, voter ou ne pas voter, c’est voter Gourbangouly Berdimouhamedov ?

Tadjikistan et Kirghizstan perdent pied

Dans le classement de l’année 2016, le Tadjikistan avait payé les décisions prises par les autorités de restreindre les libertés dans le cadre de la lutte antiterroriste, mesures semblant davantage destinées à museler l’opposition politique au président Emomalii Rahmon, au pouvoir depuis 1992, et à sa famille. Entre 2015 et 2016, le Tadjikistan avait perdu 34 places pour sombrer à la 150ème position.

Lire aussi sur Novastan : Médias en Haut-Badakhchan : une mission encore impossible

En 2017, le pays est 149ème et paraît s’enfoncer dans l’autoritarisme et la situation économique désastreuse n’incitera sans doute pas Douchanbé à plus d’ouverture et à renforcer le pluralisme médiatique.

En 2016, le Kirghizstan s’était hissé à la 85ème place du classement, se vantant de bénéficier d’une sphère médiatique large et plurielle. Mais l’approche de l’élection présidentielle en novembre 2017, le référendum constitutionnel et les pressions exercées par le pouvoir sortant sur les journalistes n’ont pas été sans conséquence : Bichkek se voit relégué en 2017 à la 89ème place. Le pays reste toutefois mieux placé que la Russie, actuellement à la 148ème place du classement, juste devant le Tadjikistan.

Lire aussi sur Novastan : Pourquoi le Kirghizstan a-t-il si peur des critiques de la presse russe ?

Kazakhstan et Ouzbékistan : une fausse ouverture ?

Avec le nouveau classement, le Kazakhstan gagne trois places en un an et se hisse à la 157ème position. Peut-on pour autant parler d’ouverture ? Le plus grand pays d’Asie centrale a récemment été sous le feu des projecteurs, accueillant les pourparlers de paix en Syrie et se préparant pour l’Expo 2017 au cours de l’été à venir. L’âge avancé du président Noursoultan Nazarbaïev, au pouvoir depuis l’indépendance, et l’approche d’une éventuelle succession incite le pouvoir à donner des gages de bonne volonté, mais n’en reste pas moins l’un des pays les plus restrictifs dans le domaine de la liberté de la presse.

Quant à l’Ouzbékistan, il évolue de façon négative depuis 2016, passant de la 166ème à la 169ème place. Pourtant, le nouveau président élu en décembre 2016, Chavkat Mirzioïev, semble désireux de moderniser son pays et a donné des signes d’ouverture, sans doute en trompe l’œil. Le pays le plus peuplé d’Asie centrale reste l’un des pays les plus restrictifs dans le domaine de la liberté de la presse. Et force est de constater que, dans l’ensemble, les pays d’Asie centrale suivent la mouvance globale : jamais la liberté de la presse n’a autant été menacée de par le monde.

La rédaction

Partager avec
Aucun commentaire

Ecrire un commentaire

Captcha *