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L’influence des peintres allemands dans l'art au Kazakhstan Novastan | L’influence des peintres allemands dans l’art au Kazakhstan
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L’influence des peintres allemands dans l’art au Kazakhstan

Les peintres russo-allemands du XXème siècle restent encore peu connus du grand public de nos jours. Ils ont pourtant amené avec eux une diversité indéniable au sein de l’art kazakh qui se voit encore aujourd’hui.

Novastan reprend et traduit ici un article publié le 2 août 2019 par le média allemand Deutsche Allgemeine Zeitung.

Qu’il s’agisse de Pablo Picasso, Salvador Dalí ou encore d’Otto Dix, le XXème siècle ne manquait pas d’artistes mondialement connus. Cependant, en Allemagne, la culture des peintres russes s’arrête souvent à Vassily Kandinsky malgré les influences entre les deux pays.

Au sein même du pays, les peintres russo-allemands du siècle passé sont encore aujourd’hui très peu connus. En 2019 et à l’occasion de l’anniversaire de plusieurs d’entre eux, notamment le 130ème anniversaire de Léonid Brümmer, d’Alexander Rittich ou le 125ème anniversaire de Vladimir Eifert le Musée d’État des arts Abilkhan Kasteyev d’Almaty a choisi d’exposer quelques tableaux d’artistes russo-allemands.

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Ces artistes partagent tous comme points communs d’avoir vécu en République socialiste soviétique kazakhe et d’y avoir exercé leur art. Alexander Rittich, s’y était rendu de son plein gré ; quant à Léonid Brümmer et Vladimir Eifert, ils ont tous deux subi la déportation au Kazakhstan durant les années 1940. Cette exposition permet donc de se pencher sur l’héritage des peintres russo-allemands.

Vladimir Eifert, un pionnier

Né en 1894 à Saratov et ayant grandi sans son père, Vladimir Eifert est aujourd’hui considéré comme un pionnier de l’art au Kazakhstan. Il débute sa carrière professionnelle en tant qu’assistant photographe et de cette expérience naît sa passion pour la peinture. En 1922, il entre au sein de l’école d’art d’Astrakhan et rejoint le parti communiste un an plus tard.

Son influence traverse plusieurs époques. Il vit à Moscou au milieu des années 1920, période durant laquelle il peint surtout des paysages, des portraits et des natures mortes de style impressionniste. Il choisit par la suite d’explorer diverses techniques modernes. Au cours de la première moitié des années 1930 il part vivre successivement à Paris puis en Allemagne et devient directeur du musée Pouchkine à Moscou de 1936 à 1939.

Bien qu’il compte parmi les artistes précurseurs de l’Union soviétique, il est déporté au Kazahstan en 1941 à cause de ses origines allemandes. Ses premières années dans la région de Karaganda sont les plus dures car il ne peut continuer son art.

Il occupe divers postes tels que garde ou encore comptable tandis que sa femme s’occupe de la récolte de pommes de terre et de betteraves dans les champs. En 1944 il est autorisé à déménager à Karaganda où il travaille comme décorateur. En 1947, il ouvre sa propre école d’art dont la formation profitera à de nombreux futurs peintres reconnus tel que Boris Chetkov.

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Vladimir Eifert meurt en 1960 à l’âge de 76 ans à Karaganda, sa tombe resta longtemps anonyme jusqu’à sa redécouverte il y a quelques années. Aujourd’hui le Musée d’État des arts Abilkhan Kasteyev détient 60 de ses peintures et parmi les plus connues se trouvent : « Autoportrait avec lunettes » (1955) ; « Nature morte avec cruche bleue » (1947-1950) ; « Sur la plage » (1932) ou encore « Aux abords de Paris » (1935).

Alexander Rittich, peintre éminent au style européen

Né à Moscou en 1889, Alexander Rittich fait partie des premiers peintres professionnels au Kazakhstan ayant eu une forte influence sur la scène locale. Après ses années de lycée à Moscou il prend des cours à l’Académie des beaux-arts de Vienne avant de continuer ses études à l’Académie des beaux-arts de Munich.

Fortement inspiré par le peintre suisse Arnold Böcklin, il en adopte le style européen. Après la Révolution d’Octobre il revient en Russie, mais pris dans le tumulte de la guerre civile il choisit de partir en Ukraine où il reste quelques années.

En 1933, il se rend à Almaty pour participer à la construction d’une usine de tabac. Cette même année, l’Union des peintres du Kazakhstan est créée. Il en devient non seulement membre mais il en est également un des artistes les plus éminents et les plus actifs. Rittich vit au Kazakhstan jusqu’au milieu des années 1940 et meurt à Moscou en 1945.

Léonid Brümmer, l’oeuvre aux trois périodes                                         

Léonid Brümmer né en 1889 à Chersonèse. Enfant, il découvre son talent pour la peinture. Il apprend tout d’abord à l’Académie ukrainienne des arts, avant de continuer ses études à l’Académie impériale des Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg.

Il est reconnu qu’il a travaillé en tant que photographe pour des journaux, mais qu’il a également été graphiste et directeur d’une école d’art avant de voyager en Russie, en Ukraine et au Caucase. Dans les années 1940, il est déporté à Pavlodar où il vit dans la pauvreté et continue la peinture. Plus tard, il déménage à Dschamboul, l’actuel Taraz, dans le sud du Kazakhstan où il meurt en 1971 à l’âge de 86 ans.

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Il est possible d’identifier trois périodes dans l’oeuvre de Brümmer : la période ukrainienne (1917- 1941), la période pavlodarienne (1941-1954) et la période dschambulienne (1954-1971).

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Après sa mort, le musée Brümmer ouvre à Taraz où plus de cent peintures, petites et grandes œuvres de l’artiste, y sont exposées aujourd’hui. Le Musée d’État des arts Abilkhan Kasteyev détient 12 de ses peintures, notamment les natures mortes « Chrysanthèmes » (1926), « Rosier » (1965) et « Citrouilles » (1946). « Dans son œuvre, il s’efforce d’utiliser des couleurs subtiles, c’est pour cela que les tons rouges et roses y sont dominants », rapporte l’historien d’art Amir Dschadaibajew.

Le reflet du destin dans l’art      

Bien que ces trois artistes ne se soient jamais rencontrés, leurs vies et destins sont liés à jamais par leur passion pour l’art et par leur vie souvent difficile.

Vladimir Eifert et Léonid Brümmer utilisent surtout l’art pour traiter les coups du destin, leur travail précédant leur déportation est rempli de joie et de couleurs vives avant de devenir plus sombre par la suite.

Marina Sorokolet
Rédactrice pour daz.asia

Traduit de l’allemand par Anne-Claire Nourian

 Édité par Emma Parisien

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