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Kazakhstan : un lac à proximité d’un ancien gisement d’uranium se révèle pollué

Suite à l’appel d’un internaute, des experts environnementaux se sont rendus au chevet d’un lac situé à proximité de la ville d’Aktaou, dans le sud-ouest du Kazakhstan, pour en évaluer la toxicité. Si la qualité de l’air de la zone étudiée est aux normes, ce n’est en revanche pas le cas pour celle de l’eau. Ce lac est pourtant fréquenté par les habitants de la région qui viennent s’y reposer et s’y baigner. 

C’est une nouvelle particulièrement déroutante pour les habitants du district de Munaily, situé non loin d’Aktaou, dans le sud-ouest du Kazakhstan. Selon des représentants du Département régional de l’écologie, du Département des ressources naturelles et de la gestion environnementale de la région de Manguistaou ainsi que d’un laboratoire d’analyse et de contrôle, un lac prisé des environs est aujourd’hui pollué. 

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Dans le détail, ces experts ont prélevé des échantillons d’air et d’eau du lac du gisement de Melovoïe le 3 mai dernier, rapporte le média kazakh LadaCes recherches ont été enclenchées suite au message d’alerte d’un des résidents d’Akatou, Berik Daouenov.  Ce dernier a publié sur sa page Facebook un message déclarant que se reposer près du lac, situé à proximité d’anciennes mines d’uranium et de leurs déchets, pouvait se révéler dangereux pour la santé. Selon lui, les habitants y pique-niquent régulièrement sans en soupçonner les risques. 

Un lac en plein cœur d’un district minier 

Ce lac est en réalité un réservoir artificiel. D’après les données préliminaires, son périmètre est de 1,59 kilomètre pour une superficie de plus de 28 000 mètres carrés. Il se situe dans le district de Munaily, qui compte cinq carrières de mines d’uranium appartenant à la Caspian Regional Mining and Metallurgical Kombinat. Il est à environ 577 mètres des carrières d’uranium n° 2 et 3 du gisement Melovoïe, dont l’activité a cessé dans les années 1990, rapporte le média kazakh Tumba. Les mines d’uranium sont par ailleurs nombreuses au Kazakhstan. Le pays, avec 39,2 % du marché, est le plus grand producteur mondial d’uranium. 

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Les villages les plus proches sont ceux de Batyr et Kyzyltobe. Ces derniers sont normalement préservés de toute pollution qui pourrait émaner de ces mines, notamment grâce à une barrière de protection de 23,1 kilomètres. Auparavant, une étude de 2008 réalisé par Volkovgeologiya JSC avait aussi démontré qu’il n’y avait pas de danger immédiat dans les carrières du site jusqu’à une profondeur de 60 à 100 mètres, rapporte Lada. Les habitations les plus proches sont donc à l’abri de tout risque de pollution. 

Une eau polluée et des risques pour la santé

Or, cette protection ne concerne pas le lac. Si d’après les résultats obtenus, l’air environnant est parfaitement sain, il n’en est pas de même pour la qualité de son eau. Les résultats du laboratoire d’analyse et de contrôle du Département d’écologie révèlent ainsi que l’eau du lac comporte en excès plusieurs substances nocives, notamment des sulfates et des chlorures, du manganèse, du zinc ainsi que du chrome. Selon l’Organisation mondiale de la santé, une eau est potable si elle ne comporte pas plus de 500 milligrammes par litre (mg/l) de sulfates, 0,5 mg/l  de manganèse, 3 mg/l de chrome ou 0,05 mg /l de zinc. Au dessus de ces quantités, il y a un risque sur le plan sanitaire. 

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Nager dans le lac par de telles concentrations peut “entraîner des réactions allergiques, de la fatigue, des troubles de la mémoire, des fractures osseuses, et de la fièvre”, a déclaré le département de l’Environnement selon le rapport du média local Inaktau

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Ceci n’est pas un cas isolé au Kazakhstan, qui fait régulièrement face à des problèmes de pollution de l’eau potable, notamment à cause des exploitations d’uranium, de minerai ou de pétrole.  Face à cette nouvelle étude, il a été recommandé aux autorités locales d’effectuer davantage de campagnes explicatives pour dissuader la population environnante de fréquenter ce lieu.

Tanguy Martignolles
Rédacteur pour Novastan

Relu par Anne Marvau

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