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Kazakhstan : le tourisme de masse accusé de mettre en péril la région de Manguistaou Novastan | Kazakhstan : le tourisme de masse accusé de mettre en péril la région de Manguistaou
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Kazakhstan : le tourisme de masse accusé de mettre en péril la région de Manguistaou

Située au bord de la mer Caspienne, la région kazakhe de Manguistaou n’est que steppes, déserts et canyons. C’est pour ses paysages qu’elle attire un tourisme de masse, dont les infrastructures risquent de mettre en péril le site naturel. À l’inverse, l’écologiste Adilbek Kozybakov promeut un écotourisme rural plus respectueux de l’environnement.

Novastan reprend et traduit ici un article publié le 7 octobre 2020 par le média kazakh Lada.kz

Située dans le sud-ouest du Kazakhstan, au bord de la mer Caspienne, la région du Manguistaou a de nombreux atouts touristiques. Parfois comparé à la Monument Valley, le Manguistaou offre des paysages immenses, dépeuplés et désertiques. Au fur et à mesure des années, un tourisme s’y est développé, qui commence à atteindre des proportions importantes. En 2020, 177 000 personnes s’y seraient rendues, rapporte l’agence kazakhe Khabar.kz.

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Cette situation inquiète le militant écologiste Adilbek Kozybakov. Selon le spécialiste, le développement des infrastructures et des constructions va finir par détériorer le site naturel. Le média kazakh Baigenews.kz rapporte qu’Adilbek Kozybakov s’est entretenu sur ces sujets avec Magzum Myrzagaliev, le ministre de l’Écologie, de la géologie et des ressources naturelles du Kazakhstan. 

Un constat alarmant du tourisme de masse

Selon Adilbek Kozybakov, les infrastructures touristiques vont détruire les sites historiques et culturels sur le territoire de la région du Manguistaou. « Je vous demande votre aide pour empêcher la construction d’hôtels, d’offices de tourisme, de routes goudronnées et d’autres infrastructures autour de sites naturels tels que celui des montagnes de Bosjira, qui a une valeur écologique, historique et culturelle particulière », a-t-il affirmé auprès du ministre.

Lire aussi sur Novastan : Au Kazakhstan, la privatisation d’une partie du parc national d’Ile-Alatau fait polémique

« Il ne faut pas développer le tourisme de masse dans la région de Manguistaou. Les interdictions concernant la réserve du lac de Karakol sont impossibles à faire respecter. À deux pas d’Aktaou, les gorges de Saura et Tamshali, et les autres sites naturels sont couverts de déchets », a ajouté Adilbek Kozybakov.

Yourtes, cuisine locale et balades pour compenser

L’écologiste a également fait des propositions pour développer le tourisme rural. À la place de grands hôtels, Adilbek Kozybakov propose de loger les touristes dans des yourtes en milieu rural, où ils pourront goûter les saveurs de la cuisine locale.

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« Il faut promouvoir l’écotourisme, inciter et former les populations locales. Par exemple, les habitants pourraient louer eux-mêmes leurs yourtes aux touristes, leur faire chauffer un bain public, leur proposer des promenades à cheval et à dos de chameau, leur cuisiner des plats kazakhs, être des guides, des accompagnateurs, leur vendre des objets d’artisanat local, etc. », décrit-il. « En somme, fournir aux touristes tout l’éventail des services locaux. D’autant plus que cela ne requiert pas de gros investissements, ni de construire des centres touristiques ou des routes goudronnées », a expliqué Adilbek Kozybakov.

Selon lui, les touristes étrangers seront plus intéressés par la découverte des traditions et de la culture du peuple kazakh et celle des populations nomades. « C’est la nature intacte que les touristes occidentaux viennent chercher chez nous, et non le confort, qu’ils connaissent déjà bien. Ils s’intéressent à notre faune locale, à nos coutumes folkloriques, à nos costumes nationaux, à nos objets en cuir véritable ou en feutre, à la cuisine kazakhe, aux promenades à cheval de race Adaev, à monter à dos de chameau, à passer la nuit dans des yourtes rustiques – voilà ce qui peut les attirer, et pas les hôtels luxueux, les quads, les excursions en jeep, etc. », a déclaré le militant écologiste.

Kaya Snegova
Journaliste pour Lada.kz

Traduit du russe par Juliette Amiranoff

Edité par Carole Pontais

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