Dans le contexte des tensions sur le marché pétrolier mondial, le Kazakhstan et ses vastes ressources d’or noir sont de plus en plus sollicités par les pays d’Asie de l’Est, malgré des défis logistiques considérables.
« Nous savons que le monde a besoin du pétrole kazakh et nous sommes un fournisseur très fiable, a déclaré le ministre kazakh de l’Énergie, Erlan Akkenzhenov ce 10 juin, rapporte Reuters. En raison des restrictions dans le détroit d’Ormuz, nos partenaires nous demandent d’accroître nos approvisionnements. Ils en demandent le maximum », a poursuivi le ministre, qui a toutefois reconnu que les capacités de production sont limitées par les infrastructures et les volumes actuels.
Depuis maintenant plus de 100 jours, les tensions entre les États-Unis et l’Iran se poursuivent au Moyen-Orient et continuent d’entraîner une fermeture partielle du détroit d’Ormuz, point de passage stratégique où transite un quart du pétrole mondial.
Le Kazakhstan, treizième producteur mondial de pétrole, continue de profiter de la crise pour écouler ses stocks de brut, dont les cours s’envolent. Afin de stimuler la production, Astana a reporté les travaux de maintenance du champ pétrolier de Kashagan jusqu’en 2027, selon Reuters.
La Corée du Sud accélère sa stratégie de diversification
Plus de 80 % des exportations de pétrole du Moyen-Orient à destination des pays asiatiques transitent par le détroit d’Ormuz. Le Japon dépend à environ de 95 % du pétrole moyen-oriental, et la Corée du Sud de plus de 70 %, ce qui rend ces pays particulièrement vulnérables auxperturbations du détroit d’Ormuz.
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Dans une déclaration du 12 avril dernier concernant l’importance de diversifier les sources d’approvisionnement, le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Énergie sud-coréen, Ahn Duk-geun, a annoncé que la Corée du Sud était proche d’un accord avec le Kazakhstan.
Cette volonté de protection est déjà en marche : plus de 273 millions de barils ont été sécurisés via des routes alternatives, dont 18 millions en provenance du Kazakhstan.
Le Japon considère l’Asie centrale comme une région stratégique pour sa sécurité énergétique
Le Japon suit une logique similaire à la Corée du Sud. Tokyo cherche depuis plusieurs années à renforcer ses partenariats avec les États d’Asie centrale, notamment le Kazakhstan, considérant la région comme stratégique pour sa sécurité énergétique.
L’agence en charge de la sécurité énergétique japonaise (JOGMEC) affiche depuis plusieurs années sa volonté de développer des partenariats avec le Kazakhstan, volonté qui s’est récemment concrétisée en décembre 2025 à l’occasion du sommet « Central Asia + Japan ». La réunion à Tokyo a abouti à la signature d’un accord de coopération direct entre l’agence japonaise et la société minière kazakhe Tau-Ken Samruk sur le secteur minier kazakh.
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Mais à la suite de l’instabilité croissante dans le détroit d’Ormuz, c’est dans le secteur pétrolier que la coopération se développe aujourd’hui. L’entreprise japonaise INPEX, un des principaux groupes d’exploration pétrolière du Japon partiellement détenu par l’État, a annoncé à la fin du mois de mars qu’elle allait prioriser la commercialisation de pétrole provenant du Kazakhstan et de l’Azerbaïdjan auprès de raffineurs japonais.
Plusieurs médias kazakhs dont « The Astana Times » ont ensuite rapporté que le Japon étudiait désormais la possibilité d’accroître les importations d’hydrocarbures issus de la mer Caspienne, notamment du champ pétrolier kazakh de Kashagan afin de compenser les risques liés au détroit d’Ormuz.
L’enclavement du Kazakhstan, une limite géographique
Selon plusieurs analyses du média local The Astana Times, le pays fait face d’importantes contraintes structurelles qui limitent sa capacité à répondre à une hausse soudaine de la demande asiatique. Tout d’abord, sa production pétrolière se rapproche déjà de ses capacités maximales, réduisant les marges de progression à court terme.
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Ensuite, ses principales voies d’exportation demeurent vulnérables, notamment le corridor passant par le port russe de Novorossiisk sur la mer Noire, régulièrement affecté par les tensions géopolitiques régionales. À cela s’ajoute l’augmentation des coûts logistiques provoquée par la crise : les tarifs du transport maritime et les primes d’assurance ont fortement progressé, réduisant la compétitivité des exportations kazakhes.
Enfin, le Kazakhstan reste un pays enclavé, sans accès direct à la mer, ce qui l’oblige à dépendre des infrastructures de transit de ses voisins pour acheminer ses ressources vers les marchés internationaux. Cette situation géographique limite sa capacité à devenir un substitut durable aux grands exportateurs du Golfe Persique.
Lisa de Soussa,
Rédactrice pour Novastan
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