Les Ouzbeks s’apprêtent à vivre un moment inédit dans l’histoire sportive de leur pays. Fruit d’une politique de développement du football menée depuis plusieurs années, la sélection ouzbek disputera sa première Coupe du monde de football le 18 juin, face à la Colombie.
Le 5 juin 2025, la sélection ouzbèke a validé son billet pour la Coupe du monde 2026 après un nul contre les Émirats arabes unis, une qualification qui en fait le premier pays d’Asie centrale à atteindre la phase finale. Le rendez-vous nord-américain sera aussi le premier Mondial à 48 équipes, réparties en 12 groupes.
Le nouveau format a certes facilité la favorisé la qualification des équipes asiatiques, mais l’arrivée de l’Ouzbékistan dans la compétition mondiale témoigne surtout de la montée en puissance du football local.
Cette réussite s’inscrit en effet dans une progression de longue haleine. Depuis 2018, le pays a engagé une politique structurée de développement du football, avec la création d’académies dans 14 régions, le renforcement de la formation des jeunes, des entraîneurs et des arbitres, ainsi qu’un effort soutenu sur les infrastructures. La professionnalisation accrue du football ouzbek, associée à une meilleure détection des talents, a permis logiquement d’élever le niveau du championnat local et de l’équipe nationale. Les « Loups blancs », surnom de l’équipe nationale, entrent ainsi dans une nouvelle phase de leur histoire.

Sur le plan sportif, le visage de l’équipe a profondément changé. Parmi les figures de cette nouvelle génération, Eldor Shomourodov, Abbosbek Fayzoullaïev, Abdoukodir Khousanov se sont imposés comme les symboles du renouveau. L’arrivée de Khousanov à Manchester City en 2025, devenant ainsi le premier Ouzbek de l’histoire de la Premier League, a considérablement renforcé sa visibilité. À 22 ans seulement, il est un modèle pour la jeunesse du pays qui joue sur les 15 000 terrains scolaires rénovés par les pouvoirs publics.
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La fédération, de son côté, a envoyé un signal fort en confiant l’équipe à l’Italien Fabio Cannavaro, champion du monde en 2006. Un choix qui traduit l’ambition croissante d’un football ouzbek désormais doté de moyens structurels et financiers renforcés. Selon Otabek Oumarov, premier vice-président du comité olympique ouzbek, « chaque som ouzbek dépensé s’inscrit dans une stratégie cohérente à long terme et les résultats parlent d’eux-mêmes ».
Un pays déjà en fête
Dans la capitale Tachkent, la qualification a suscité un élan populaire qui dépasse largement le cadre sportif. Le 22 mai, une grande cérémonie a réuni plusieurs dizaines de milliers de supporters au stade Bounyodkor pour saluer la sélection avant son départ pour les États-Unis.
Le président Chavkat Mirzioïev a insisté à cette occasion sur l’unité nationale autour de l’équipe, concluant son intervention par un message solennel : « Vive le football ouzbek ! Vive la jeunesse du Nouvel Ouzbékistan ! Vive le peuple bâtisseur de l’Ouzbékistan ! »

Un an plus tôt, lorsque le pays jouait sa qualification, il soulignait déjà la portée symbolique de cet événement, appelé à « unir davantage le peuple autour d’objectifs nobles » et à « renforcer le rayonnement international du Nouvel Ouzbékistan ». La participation aux grandes compétitions internationales s’inscrit ainsi dans une stratégie plus large de valorisation de l’image de l’Ouzbékistan.
À l’instar de la 13ᵉ place obtenue par Tachkent aux JO de Paris 2024, la présence des « Loups blancs » sur la scène mondiale participe à sa stratégie de soft power culturel. Dans cette dynamique, un nouveau stade de 55 000 places est en construction à Tachkent, le plus grand du pays, destiné notamment à accueillir la Coupe du monde U-20 organisée avec l’Azerbaïdjan en 2027.
Le défi américain
Il ne sera pas simple pour les supporters ouzbeks de suivre leur équipe sur place, selon le média ouzbek Kun.uz. Si un dispositif de priorisation existe pour les détenteurs de billets, celui-ci ne garantit pas l’obtention d’un visa, et l’accès au territoire américain reste soumis à une procédure stricte et contraignante.
Le prix des billets, auquel s’ajoutent les coûts de transport et d’hébergement, constitue également un frein majeur pour de nombreux fans, en Ouzbékistan comme ailleurs. Peu de supporters peuvent envisager un tel déplacement, tant l’opération représente un investissement important.
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Au-delà des aspects administratifs et financiers, le défi sera aussi logistique. L’Ouzbékistan disputera ses trois matchs de phase de groupes en neuf jours entre le Mexique, le Texas et la Géorgie, impliquant de longs déplacements sur le territoire nord-américain.
Pour les supporters restés au pays, les autorités ouzbèkes prévoient d’organiser des « fan zones » officielles équipées d’écrans géants dans plus de 200 villes, notamment au sein d’établissements scolaires pour suivre les rencontres. Si certains matchs se dérouleront à des horaires peu habituels en raison du décalage horaire, la rencontre face au Portugal sera diffusée en soirée, offrant au plus grand nombre l’occasion de se rassembler.
Que peut-on attendre des Loups blancs ?
Dans le groupe K, l’Ouzbékistan affrontera la Colombie, le Portugal, et la RD Congo. Le tirage est exigeant, mais l’équipe arrive avec une vraie base collective, un sélectionneur reconnu et plusieurs individualités capables de coups d’éclat.
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Abdoukodir Khousanov et ses coéquipiers ne partent clairement pas favoris mais peuvent espérer sortir de leur poule pour jouer un 4ᵉ match et prolonger le rêve d’une nation. Ils pourront compter pour cela sur le soutien de tout le pays et plus généralement de toute l’Asie centrale. Néanmoins, l’enjeu sera moins le résultat que l’occasion historique de faire connaître le football ouzbek au monde entier.
Grégoire Chesnot
Rédacteur pour Novastan
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L’Ouzbékistan savoure sa première participation à la Coupe du monde de football
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