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Présent et avenir des enfants délaissés au Kazakhstan

Au Kazakhstan, malgré des réformes, les enfants abandonnés manquent de soutien de la part de l'Etat. Le personnel social manque de formation et les aides apportées ne correspondent pas toujours aux besoins réels des enfants.

Rédigé par :

La rédaction 

Traduit par : Céleste de Ploëg

Cabar Asia

Vélo abandonné enfant
Les enfants délaissés ne sont pas toujours bien pris en charge au Kazakhstan (illustration). Photo : Esther Salguero / Pexels.

Au Kazakhstan, malgré des réformes, les enfants abandonnés manquent de soutien de la part de l’Etat. Le personnel social manque de formation et les aides apportées ne correspondent pas toujours aux besoins réels des enfants.

Les enfants délaissés ou abandonnés sont les enfants dont les parents sont vivants mais qui ne disposent pas de la garde parentale. Au Kazakhstan, selon les données du bureau de statistiques national, il y avait 21 387 enfants délaissés en 2023, dont 15 668 placés sous la tutelle de membres de leurs familles, 1 660 en familles d’accueil, et 3 727 dans des foyers d’accueil pour mineurs.

De plus, selon les données du Comité pour la protection du droit des enfants, 7 731 familles en difficulté étaient enregistrées auprès des autorités, parmi lesquelles vivaient 12 432 enfants.

Chaque année, environ 2 000 enfants arrivent dans des centres d’adaptation pour mineurs. Le Kazakhstan mène des actions de prévention contre les infractions, les maladies, les suicides et le harcèlement des mineurs. Mais selon les données officielles, aucune action ciblée n’est menée au sujet de la prévention de l’abandon d’enfant.

Cet article propose de revenir sur la situation en se basant sur une étude menée auprès de 32 intervenants entre décembre 2024 et janvier 2025.

Des situations souvent prises en charge par la brigade des mineurs

Ces situations sont majoritairement signalées par l’école. Plus rarement, le signalement est fait par les voisins ou la famille, ou encore par des établissements médicaux ou d’enseignement préscolaire. Ces signalements sont pris en charge par la police des mineurs, transmis aux foyers, puis envoyés à la Commission pour la protection des droits des mineurs.

Cette Commission prend une décision au sujet de l’enfant dans un délai de 15 à 20 minutes. Il n’y a pas d’accompagnement de la part des services sociaux, le suivi de la situation étant assuré en grande partie par les services de police, généralement de la brigade des mineurs.

« Nous pouvons parfois accompagner les gens. Si une personne est sur le bon chemin de réhabilitation, nous essayons de l’accompagner pour qu’il puisse subvenir aux besoins de sa famille à l’avenir », raconte Matveï, de la brigade des mineurs.

Un effort législatif réel, mais une mise en oeuvre qui reste encore insuffisante

Suite à l’adoption en 2024 d’amendements dans la législation kazakhe – connus sous le nom de Loi Saltanat – de nouveaux centres d’aide devraient être ouverts partout dans le pays pour faciliter l’accompagnement des familles en difficulté. Ces amendements sont entrés en vigueur le 12 juin 2024, mais le travail des centres est toujours en cours d’organisation sur le recrutement et la formation du personnel, ou encore l’étude des méthodes de travail social avec les familles en situations difficiles.

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« Le problème est qu’on a construit les centres mais en ne commençant à former le personnel que beaucoup plus tard. Les gens ont travaillé six mois, mais pas dans la bonne direction. Des groupes mobiles ont été formés, mais les gens ne sont pas prêts », détaille Elena, médiatrice de l’enfance.

Suite aux réformes législatives, il a été convenu que les enfants issus de familles en difficulté devaient aussi pouvoir bénéficier des services des centres d’aide. Les informations de signalements aux centres d’aide à la famille doivent désormais être transmises dans un délai d’un jour ouvrable.

Déconnexion entre les besoins des familles et l’accompagnement proposé sur le terrain

Mais les aides proposées ne correspondent pas toujours aux besoins des familles. En effet, les familles en difficulté peuvent se retrouver en situation de précarité suite à un divorce ou à une maladie, mais il n’existe pour l’heure aucun dispositif clair prévoyant une intervention.

Enfin, les centres d’aide n’ont pas vocation à accompagner les personnes victimes de violences domestiques, à moins que celles-ci ne présentent des signes de violences physiques. Leurs fonctions se limitent à faciliter l’accès aux services existants à toutes les victimes.

La prévention n’a donc que peu évolué, et les enfants délaissés vont continuer à être placés dans des centres d’adaptation pour mineurs et dans des foyers pour orphelins et enfants abandonnés.

Les droits des enfants pris en charge

Le phénomène des enfants délaissés n’est pas toléré dans le pays. Les forces de police conduisent les enfants dans des centres d’adaptation pour mineurs et des foyers, en fonction de leur âge et de leur état de santé, et les parents sont identifiés et poursuivis pour manque à leurs obligations. En l’absence des parents ou dans l’impossibilité de les identifier, la plupart des enfants sont placés sous la tutelle de membres de leur famille, une partie est transférée vers des foyers pour orphelins et enfants abandonnés et, enfin, certains sont placés dans des familles d’accueil ou des familles adoptives.

L’avantage principal du système d’aide aux enfants kazakhs est qu’il leur garantit un accès au logement, à l’alimentation et aux soins médicaux. Au cours des dix dernières années, la prise en charge et la socialisation des orphelins et des enfants délaissés a été considérablement améliorée et élargie au niveau législatif. Les enfants fréquentent désormais des établissements préscolaires et scolaires, ils peuvent être placés en familles d’accueil ou en familles adoptives et même, depuis le 1er juillet 2025, dans des familles d’accueil professionnelles. Les enfants ont également la possibilité de rendre visite à des parents et des amis et d’obtenir des tuteurs.

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Tous les orphelins et enfants délaissés bénéficient d’avantages sociaux. Ils ont un droit prioritaire à un logement après leur sortie des foyers pour enfants ou de leur famille d’accueil à l’âge de 18 ans. Ensuite, ils ont droit à un versement d’allocations pour perte du soutien familial sur les comptes personnels de l’enfant. Enfin, ils ont accès à des quotas préférentiels pour accéder à l’enseignement supérieur du pays.

Un changement de nom qui n’entraine pas de changement de pratique

Selon la nomenclature des établissements d’enseignement du Kazakhstan, il n’existe officiellement aucun orphelinat dans le pays. Les établissements pour orphelins et enfants abandonnés ont été rebaptisés « centres d’aide aux enfants nécessitant des services sociaux spéciaux ». Cependant, le site web des services publics de la République du Kazakhstan et le bureau national des statistiques continuent à utiliser le terme « orphelinat ». Le changement de nom de l’organisation n’a pas entraîné de changements rapides dans la pratique.

Comme l’a montré l’étude sur laquelle s’appuie cet article, les pratiques sur le terrain ne suivent pas le rythme des changements législatifs. Cela s’explique par les spécificités contextuelles des initiatives législatives, ainsi que par le décalage entre les innovations progressistes et les ressources réelles du système, notamment en termes de personnel qualifié et d’infrastructures sociales.

L’analyse des entretiens menés au cours de l’étude, ainsi que des bulletins d’information de ces dernières années, permet de mettre en évidence deux inconvénients majeurs du système actuel de prise en charge des enfants au Kazakhstan : la violence et la corruption persistantes, qui reflètent le contexte socioculturel général du pays.

Des violences contre les enfants qui restent impunies

Les actualités kazakhes au cours des cinq dernières années ne dressent pas un tableau riant de ces centres. Le 25 mai 2020, un taux de mortalité élevé chez les enfants handicapés d’un internat spécialisé a été signalé à Aïagoz. Le 18 août 2021, à Atyraou, des éducateurs ont attaché des enfants handicapés. Le 1er février 2023, le directeur d’un orphelinat à Pavlodar a été soupçonné d’avoir tenté de détourner six millions de tengués (10 356 euros). Les participants à l’étude ont rapporté des cas de violence envers les enfants, tant au sein de la famille que dans les foyers.

« Il y a des cas [de violences]. Vous avez peut-être entendu parler de cet enfant qui avait été placé pendant deux ou trois ans dans une institution où il avait subi des abus sexuels et des violences physiques. Personne n’était intervenu, puis il a été placé dans une famille d’accueil qui n’était pas au courant. Le plus intéressant dans tout ça, c’est que ce n’est que plus tard qu’on a appris que tout le monde était au courant : les éducateurs et le directeur savaient, mais ils ne pouvaient rien faire », raconte Tokhtar, membre d’une ONG.

« On a su tout ça par hasard, parce que l’enfant était très renfermé, il n’aimait pas qu’on le prenne dans ses bras, il n’aimait pas les gestes simples qui existent dans une famille entre parents et enfants. C’est par hasard que sa famille d’accueil l’a appris, et quand elle a décidé de s’adresser aux forces de l’ordre, l’enfant leur a carrément demandé de ne pas s’en mêler, de ne pas en parler. C’était trop traumatisant pour lui. Et c’est là qu’il a raconté que tout le monde savait, mais qu’ils n’avaient jamais fait plus qu’en discuter. Aucune mesure n’a été prise. Cette situation montre que les foyers ont beau protéger les enfants derrière des murs, ils ne garantissent en rien un environnement sûr », conclut Tokhtar.

Parmi les inconvénients du système de prise en charge des enfants dans le pays, le manque de personnel qualifié et le caractère fragmentaire des services posent problème. Les sciences sociales et la pratique internationale ont démontré que la famille ou la présence continue d’un adulte auprès de l’enfant est extrêmement importante pour son développement, et que la pédagogie sociale dans les institutions peut constituer une alternative, tandis que l’absence du premier et du second entraîne des facteurs destructeurs pour le développement de l’enfant et a un impact négatif tant sur l’avenir de l’enfant que sur la société dans son ensemble.

L’absence d’accompagnement et de suivi

Au Kazakhstan, les autorités chargées de la protection de l’enfance, qui sont les structures habilitées à défendre les droits des enfants, n’assurent ni l’accompagnement, ni le suivi, ni le contrôle de la prise en charge des enfants, qui sont pourtant des éléments clés du travail social.

Dans ce contexte, il est particulièrement important d’assurer le suivi de l’enfant par des spécialistes des services de protection de l’enfance lors de son placement hors de sa famille, notamment en l’informant dans un langage compréhensible des raisons de cette situation, en lui expliquant ce qui va se passer par la suite et en lui apportant un soutien émotionnel.

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La pratique internationale prévoit un soutien psychologique obligatoire en cas de déplacement d’un enfant, pour lequel on fait appel à des accompagnateurs familiaux spécialement formés, qui assurent la stabilité émotionnelle de l’enfant. La présence de psychologues qualifiés au moment du retrait ou du déplacement permet d’observer l’état de l’enfant et de réagir à temps aux réactions de stress, ce qui est essentiel pour sa sécurité et son bien-être.

« Si chaque déplacement d’un enfant hors de son domicile était accompagné par un spécialiste, les enfants supporteraient plus facilement le traumatisme de la séparation », estime Nikita, membre d’une ONG.

Un manque de personnel qualifié

Ces lacunes dans l’accompagnement sont également liées à l’absence de coordination claire au niveau des autorités locales ainsi qu’au faible niveau de formation professionnelle des spécialistes qui travaillent avec les familles. Le manque de compétences et de protocoles clairs pour la prestation de services, ainsi que la motivation insuffisante des travailleurs sociaux complètent le tableau : ils sont surchargés et ne disposent ni du temps ni des ressources pour travailler en profondeur avec chaque famille.

La situation est aggravée par l’absence de services de garde de nuit et d’urgence dans le système de protection sociale : les cas d’urgence liés à la violence surviennent le plus souvent en dehors des heures de travail, mais les services compétents ne sont pas disponibles pendant cette période. En conséquence, les fonctions d’intervention sont souvent transférées à la police et aux médecins, qui ne possèdent pas toujours les compétences et les qualifications nécessaires.

L’une des raisons expliquant cette situation pourrait également être le manque de personnel qualifié, car avant le début de l’année 2025, les services de protection de l’enfance et de tutelle comptaient un ou un et demi employé par district, soit un total de 303 employés pour les 188 districts du Kazakhstan. La prise de conscience du manque de personnel dans ce domaine a eu lieu, mais ce n’est qu’à la fin de 2024 que des mesures ont été prises pour augmenter les effectifs des services de protection de l’enfance.

Des objectifs revus à la hausse

« Pour la première fois, la loi fixe le nombre d’employés des services de protection de l’enfance : un spécialiste pour 5 000 enfants. Aujourd’hui, le nombre d’employés des services de protection de l’enfance régionaux est passé de 303 à 692 personnes. En 2025, il est prévu d’augmenter considérablement ce chiffre, ce qui permettra d’améliorer l’accès à l’aide pour les enfants et leurs familles, ainsi que la qualité du travail des services de protection de l’enfance », rapporte ainsi un article du média Vecher.kz.

Malgré ses objectifs positifs, cette initiative présente un inconvénient majeur dans la mesure où le Kazakhstan ne dispose pas de formation ni de perfectionnement professionnel pour les travailleurs sociaux qui s’occupent d’enfants. Par conséquent, les nouveaux effectifs seront recrutés parmi les enseignants, les juristes et autres professionnels disponibles sans formation spécifique.

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La méconnaissance des spécificités du travail et le manque de compétences pour travailler avec les enfants de cette catégorie peuvent entraîner un risque accru de nuire à l’enfant, de le traumatiser davantage, voire de lui infliger des violences psychologiques. Sans parler de l’aggravation du turnover déjà existant dans le secteur en raison de l’épuisement professionnel et de la fatigue.

Voici ce qu’Alma, représentante de l’organisme de protection de l’enfance, dit de la situation actuelle en matière de personnel : « Nous n’y arrivons pas physiquement, et parfois pas moralement non plus. »

Des mesures punitives plutôt que de l’aide aux victimes

L’absence de formation spécialisée associée à une grande responsabilité et à une charge émotionnelle importante existe également chez d’autres professionnels amenés à travailler avec des enfants, notamment les policiers, les enquêteurs et les psychologues scolaires, ce qui réduit l’efficacité de leur travail.

Le manque de motivation des professionnels, dû à de faibles salaires, au stress et à l’absence de perspectives de carrière, contribue à la rotation du personnel. De plus, il n’existe souvent aucune pratique de perfectionnement professionnel ni d’introduction en temps opportun de méthodes et de technologies innovantes dans le domaine du travail social. Comme le souligne Madina, membre d’une ONG, « il est important de former ces spécialistes aux nouvelles technologies qui existent dans la pratique, au sein de la communauté internationale. »

En outre, selon Aïguerim, du Centre de soutien psychologique, le manque de formation des employés des services de protection de l’enfance et des commissions chargées des affaires des mineurs les conduit à se concentrer sur les sanctions et les mesures punitives plutôt que sur l’aide et le soutien. Selon elle, « les gens ne savent pas comment apporter leur soutien ou leur aide, ils ne pensent qu’à punir. »

Un placement en familles qui évolue

Le placement familial des enfants délaissés reste un problème majeur qui doit être traité en priorité selon la législation de la République du Kazakhstan. La pratique actuelle ne permet pas de placer un enfant directement dans une famille d’accueil ou adoptive. Les parents adoptifs potentiels choisissent les enfants en ligne, comme sur un site de vente, après s’être inscrits sur un portail spécialisé contenant la base de données des enfants à adopter.

Depuis le 1er juillet 2025, il est possible de placer un enfant dans une famille d’accueil professionnelle. Cependant, le Kazakhstan ne dispose pas encore d’une infrastructure sociale spécialement conçue à cet effet, ni de personnel professionnel qualifié pour sélectionner, préparer et accompagner ces familles.

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Ces services sont toujours fournis par des spécialistes des services de protection de l’enfance, des centres d’aide à l’enfance, ainsi que par des bénévoles et des employés d’organisations non gouvernementales. Il en résulte un risque élevé de retour des enfants des familles d’accueil dans les institutions et de violence de la part des parents d’accueil.

Cependant, comme le souligne Nikita, membre d’une ONG, les possibilités professionnelles des enseignants et des psychologues, en particulier dans les écoles, sont limitées par le cadre législatif, et ce malgré leurs compétences. Les psychologues qui possèdent les compétences et les connaissances nécessaires pour établir des diagnostics et prescrire des traitements ne peuvent en réalité pas exercer pleinement leur métier en raison des restrictions imposées à leurs droits.

Une méfiance vis-à-vis des services publics

Dans l’ensemble, la confiance dans les services publics au Kazakhstan est limitée, en particulier en matière de protection des droits de l’enfant. Les organisations non gouvernementales sont quant à elles perçues comme plus accessibles, plus humaines et plus fiables, en particulier dans les situations d’urgence. Les enfants et leurs familles préfèrent souvent s’adresser directement aux ONG dont ils ont les coordonnées.

Cela s’explique à la fois par le niveau élevé d’empathie et de réactivité des ONG et par la méfiance à l’égard des actions impersonnelles et formelles des structures étatiques. Comme l’explique Vladimir, représentant d’une ONG, « une personne ordinaire fait davantage confiance à une autre personne ordinaire qu’à une personne en uniforme ou occupant un poste officiel. »

Comme le soulignent de nombreux répondants, les enfants et leurs familles ne sont pas convaincus que le recours aux structures étatiques leur apportera une aide réelle. C’est pourquoi ils n’essaient parfois même pas de les impliquer dans la résolution de leurs problèmes.

Des réformes administratives

Depuis 2020, plusieurs initiatives législatives ont été prises dans le domaine de la protection des orphelins, mais dans la pratique, aucun changement significatif n’a été observé. En l’absence de garde parentale, l’État peut fournir à ces enfants une protection matérielle, mais il ne peut leur offrir ni protection ni soutien émotionnel, qui sont tout aussi importants que l’aide matérielle pendant la période de développement de l’enfant.

Le gouvernement du Kazakhstan continue de promouvoir activement des réformes sur le papier, dans le cadre desquelles les contribuables n’ont pas toujours accès aux rapports sur l’efficacité de l’utilisation des fonds alloués à la mise en œuvre de telles ou telles initiatives législatives. Parmi celles-ci figurent le programme Enfants du Kazakhstan pour 2007-2011 : l’indice de bien-être des enfants, les programmes de prévention du harcèlement et du suicide, ainsi que les plans de mise en œuvre de la politique en matière d’égalité des sexes et de famille.

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Compte tenu de l’inefficacité des initiatives précédentes, de nouvelles réformes et de nouveaux programmes sont nécessaires. Par exemple, le 14 mars 2025, lors de la quatrième session du Kurultaï national, le président Kassym-Jomart Tokaïev a donné de nouvelles instructions concernant le bien-être des enfants.

« Les représentants des autorités locales et les personnalités publiques restent en marge de la prévention de la violence familiale et domestique. De plus, le travail dans ce domaine est actuellement réglementé par différents documents et n’est pas suffisamment coordonné. C’est pourquoi je pense qu’il est juste de concentrer toutes les mesures dans le cadre d’un programme unique intitulé Les enfants du Kazakhstan », a-t-il déclaré.

Un bilan insatisfaisant

La planification familiale, la réduction du nombre de divorces, l’éducation sexuelle, le renforcement de la responsabilité des parents et la réduction des impayés de pension alimentaire doivent être priorisés, avec des rapports réguliers à la population sur les résultats obtenus et la couverture médiatique des procès civils, à l’instar du déroulement du procès pour le meurtre de Saltanat Noukenova. Dans le même temps, l’État et la société doivent adopter une tolérance zéro envers les parents violents et irresponsables.

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La situation actuelle et future des enfants abandonnés au Kazakhstan peut être jugée insatisfaisante, car le système est peu efficace dans la pratique, sans signe de stabilité du personnel et des ressources tant au niveau central que local, ce qui se traduit par une mauvaise qualité des services et une baisse de la confiance de la population, et à l’absence de mécanismes et de politiques visant à protéger les intérêts des enfants, notamment leur santé mentale et leur développement cognitif.

Toutes les initiatives dans ce domaine nécessitent une planification et une révision approfondie, y compris en ce qui concerne les coûts de formation du personnel, la protection sociale des employés des services de protection de l’enfance et la mise en place d’infrastructures adaptées.

Aïguerim Mousabalinova
Docteure et défenseuse des droits des enfants
Pour Cabar Asia

Traduit du russe par Céleste de Ploëg

Edité par Sixtine Varenne

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