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Coronavirus : au Turkménistan, c’est Bouygues qui évacue les citoyens européens

Bouygues a affrété un vol spécial pour rapatrier du Turkménistan certains de ses employés et leur famille ainsi que des citoyens européens. À ce jour, le Turkménistan ne déclare officiellement aucun cas de coronavirus, et les chantiers de Bouygues sur place ne sont pas à l’arrêt.

Selon la page Facebook de l’ambassadeur de France au Turkménistan, 25 employés de Bouygues Construction au Turkménistan et des membres de leur famille ont été rapatriés le 9 avril dernier par un vol spécial, en direction de la France.

Aux 25 membres du personnel ou des familles d’expatriés de Bouygues sur le vol se sont ajoutés 19 autres expatriés, majoritairement européens, selon l’ambassadeur de France François Delahousse. Ce dernier a également salué le sens de la solidarité européenne” de l’entreprise de construction française, présente au Turkménistan depuis 1994.

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Selon des sources proches des milieux d’affaires franco-turkmènes contactées par Novastan, la majorité des employés de Bouygues resterait cependant encore à Achgabat et continuerait la construction des bâtiments commandés par les autorités turkmènes pour un contrat de plus d’un milliard d’euros. L’ambassadeur de France a d’ailleurs affirmé, photos à l’appui, qu’ils “progressaient à vue d’œil” le 28 mars dernier.

Bouygues sous pression des autorités 

Les bâtiments construits par Bouygues sont sous la surveillance étroite du président turkmène, Gourbangouly Berdimouhammedov, qui a visité le 9 avril dernier les chantiers de l’entreprise française pour s’assurer qu’ils soient construits en temps et en heure, selon l’agence de presse officielle turkmène TDH. Et ce alors que certains employés de Bouygues s’envolaient pour l’Europe. 

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Parmi les bâtiments en construction par Bouygues se trouve, comme le révélait Novastan en octobre dernier, le nouveau Sénat turkmène, le Halk Maslakhati, qui devrait, au terme d’une réforme constitutionnelle en cours, devenir la chambre haute du parlement turkmène. La visite du président ce 9 avril semble bien dirigée en priorité à s’assurer du bon avancement de sa construction, qui est politiquement importante, puisqu’il est le premier bâtiment mentionné dans le cours de sa visite par TDH, qui assure qu’“actuellement, la construction des installations se déroule à un rythme rapide”. Ce qui confirme que malgré l’évacuation de certains de ses employés, la majorité des salariés de Bouygues reste au travail sur les chantiers à Achgabat.

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TDH affirme qu’“un représentant de la société française Bouygues a présenté au chef de l’État des croquis et des schémas, principalement liés à la décoration du bâtiment” du nouveau Sénat, démontrant un peu plus la volonté de Bouygues de poursuivre la construction. Ceci alors même que des mesures de distanciation sociale sont prises par les autorités, comme l’annulation d’événements collectifs, et la prolongation des vacances scolaires.

Réduction des plans de construction dans le pays : Bouygues pas (encore) concerné

Plus largement, la filiale construction de Bouygues ne semble pas touchée pour l’instant par la réduction annoncée par le président turkmène le 3 avril dernier des plans de construction dans le pays suite à la crise économique provoquée par l’épidémie de coronavirus. Cependant, le carnet de commandes de l’entreprise française reste très flou, ne faisant pas l’objet de signatures officielles et publiques.

Arkadag Hotel Bouygues Turkménistan Construction Economie Chantier

Pour l’instant, seules les constructions d’un hôpital, d’une banque, d’une tribune officielle pour les défilés et le nouveau bâtiment du Sénat ont été rendues publiques, uniquement par les médias turkmènes. La construction de l’hôtel Karakoum, renommé depuis Arkadag, a également été confiée à Bouygues, alors que l’entreprise niait toute implication en février 2018 lors de l’attribution des contrats. Sur son site, Bouygues ne fait aucune mention de ses activités au Turkménistan. Contactée par Novastan, l’entreprise n’a pas répondu à nos sollicitations. 

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Les bâtiments actuellement en cours de construction par Bouygues devraient être terminés d’ici à l’automne 2020. Par la suite, il n’est pas certain que la compagnie assure une charge de travail constante, surtout au vu des difficultés économiques du Turkménistan.

La rédaction

Corrigé par Aline Simonneau

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