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Télévision : « le temps des hourras-hourras est passé », affirme le président ouzbek

Chavkat Mirzioïev a vivement critiqué le ton élogieux des programmes télévisés ouzbeks le 30 mars dernier. Dans une discours surprise, il a souhaité la fin« du temps des hourra-hourras » pour les journaux télévisés nationaux.

Le média ouzbek Kun.uz a rapporté les vifs propos du président ouzbek sur le télévision nationale ouzbèke. C’est au cours d’une très officielle vidéo-conférence de travail, où Chavkat Mirzioïev s’assurait de la bonne mise en application des décisions prises en février dernier par les ministères, que le président ouzbek récemment élu s’en est pris au chaînes de télévision nationale « Eshlar », « Ouzbékistan » et plus particulièrement au journal télévision « Akhborot » :

« Les temps des « hourra-hourras » est passé. Il faut obligatoirement montrer des contenus analytiques et critiques à la télé. Les gens doivent attendre avec impatience les émissions. Nous devons changer le programme « Akhborot ».

Un vent de liberté souffle sur la presse ouzbèke

Ces propos du président rapportées de manière non officielle par des sources de Kun.uz, montre l’étendue des changements et du vent de liberté qui souffle sur la presse en Ouzbékistan. En effet, deux informations importantes cohabitent dans cette déclaration.

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Tout d’abord, une incroyable déclaration du président, qui implique qu’il y avait donc des temps où la télévision ouzbèke n’était emplie que de célébration, de fleurs et de miracles économiques , et que cela doit changer. Mais aussi et surtout, le fait que Kun.uz publie ces informations alors qu’elles sont « fuitées » d’une réunion de travail présidentielle, est encore plus significatif.

Internet est devenu un média indispensable pour s’informer

Le média ouzbek anhor.uz, a également publié l’information en citant kun.uz et en commentant les propos du président. « Il y a quelques années en Ouzbékistan une blague était populaire : si vous vouliez écouter des nouvelles du paradis, il fallait allumer la télé et regarder le programme « Akhborot », commence-t-il.

Et anhor.uz de continuer à la suite des propos présidentiels : « En effet, la télévision ouzbèke parvient à passer sous silence tous les évènements de résonance en Ouzbékistan. Pour beaucoup de citoyens qui n’en on pas rien à faire, Internet et les réseaux sociaux sont devenus la seule possibilité de s’informer des plus fraîches et intéressantes nouvelles, d’échanger ses opinions et partager la façon dont elles se relient à ce qui se passe. Sur les changements en tout genre, les plaintes vis-à-vis des services publics, sur la coupe des vieux arbres dans leurs rues, et beaucoup d’autres » décrit le site d’information.

Des propos encore impensables il y a quelques mois

 « Il reste à espérer qu’en Ouzbékistan on puisse trouver des journalistes de télévision qui sont capables à l’écran et dans les reportages d’aborder les nouvelles les plus difficiles, qui font débat, et ce pas seulement dans les cuisines et les couloirs », affirme anhor.uz.

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Des propos de ce type, publiés sur des sites de médias enregistrés en Ouzbékistan, étaient simplement impensables il y a encore quelques mois. La politique du nouveau président, notamment à travers l’ouverture de portails Internet pour recevoir les plaintes des citoyens depuis la campagne électorale, semble avoir ouvert et libéré la parole. Malgré tout, le pays reste classé 166ème sur 180 en 2016, selon l’index de la liberté de la presse de Reporters sans frontières, avec un « Etat avec un monopole complet sur les médias ».

La rédaction

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