Photo d Ernisse Adylbekove

Jeunes entrepreneurs du Kirghizstan : Ernisse, 22 ans, fondateur d’une école de langues

Comment faire pour que l'apprentissage d'une langue étrangère soit à la fois efficace et intéressante ? C'est la question qu’Ernisse Adylbekove s'est posée. Ce jeune kirghize de 22 ans a trouvé la solution en fondant "English Zone" en avril 2012.

Les écoles de langues courent les rues de Bichkek, mais l'une d'entre elles sort du lot. Persuadé que l'on apprend mieux en s’amusant plutôt qu'en bachotant les verbes irréguliers, Ernisse a voulu joindre l’utile à l’agréable. "Avec English zone, j’ai cherché à reproduire la manière par laquelle j’ai appris l’anglais. Quand j’avais 8 ans, ma famille a déménagé aux États-Unis. Mes parents m’ont emmené à l’école américaine et j’ai dû me débrouiller”, raconte Ernisse. À English zone, on parle anglais et uniquement anglais.

La philosophie principale de English zone est “Do what you love” (Fais ce que tu aimes). “C'est essentiel. Il faut faire ce qu’on aime. Par exemple, je pourrais travailler dans les organisations internationales, mais j’aime mieux m’occuper de ce que je fais actuellement”, explique-t-il. Convaincu que tout le monde aime chanter, danser, débattre, faire des présentations et s’amuser, la méthodologie d'Ernisse intègre toutes ces activités. Actuellement, une quarantaine de personnes sont en train d’apprendre et d’améliorer leur anglais en s’amusant. Ernisse est passionné de photographie, de peinture, de littérature et d’équitation. “Mon écrivain préféré est Ayn Rand, j’aime beaucoup ses livres, son style”, précise-t-il. Il essaie de faire de son mieux, comme Steve Jobs, son modèle.

En 2013, il termine ses études en politique comparée à l’Université Américaine d'Asie Centrale (AUCA). “J'y ai appris plein de choses et pu développer mes compétences dans cette spécialité”, estime-t-il. Mais au lieu de se lancer dans une carrière de diplomate, Ernisse a préféré faire ce qu’il aimait, et a ouvert son école de langue. En deuxième année, il a commencé à travailler comme professeur d’anglais dans des instituts privés. Comme il n'accrochait pas du tout à “leurs programmes trop ennuyeux”, il a alors réfléchi à une meilleure pédagogie. Au départ, l’idée de “English zone” n’était pas destinée à être véritablement réalisée, se rappelle-t-il. 

 “Je remercie mes parents de m'avoir donné une bonne éducation et de m'avoir emmené aux Etats-Unis. Je crois que cela a changé ma vie. Moi aussi, je vais passer beaucoup de temps avec mes futurs enfants”, dit-il en souriant. Il en est convaincu, c’est la culture de la liberté inhérente aux États-Unis, laquelle, selon lui, fait si cruellement défaut au Kirghizstan, qui fait toute la différence entre les deux pays. Il aimerait bien intégrer cette culture dans son pays. “Les Kirghizes sont trop conformistes et portent toujours des jugements sur tout et tout le monde”, regrette-t-il. Pour lui, si autant de gens veulent aller vivre aux États-Unis, c'est avant tout pour se sentir libre : “Là-bas, l'individualisme prime et tout le monde à sa chance”.

English zone a déjà porté ses premiers fruits : deux élèves parlent couramment anglais, dont une a même réussi ses examens et a pu entrer à l’Université Américaine d'Asie Centrale. Ernisse n’a pas l’intention de s’arrêter là. Son équipe travaille actuellement sur le perfectionnement de la méthodologie et à l’intégration de nouvelles idees. Il souhaite aussi créer une école anglais-kirghize pour promouvoir sa culture et sa langue natale : “Si l'on rend le kirghiz aussi cool que l’anglais, tout le monde va l’apprendre”.

Pour Ernisse, le fonctionnement de English zone est basé sur une envie d’accomplir quelque chose d’utile et pas sur le désir de gagner beaucoup d’argent :“Le profit qui en découle n'est qu'un indicateur du succès”

“L'important lorsqu’on entreprend, c’est d’avoir la vision de ce qu’on va réaliser et d'avoir confiance en sa réussite. L’essentiel, bien entendu, c’est d’aimer ce que l'on fait. Je suis heureux parce que je fais ce que j’aime faire”, conclut-il. 

Jainagul Doolotbekova

Rédactrice pour Francekoul.com

(Formation ESJ “Le reportage de A à Z")

Relu par Isabelle Klopstein

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