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En Asie centrale, l’eau rapproche aussi les États

Syr-Daria à Baïkonour, Kazakhstan. Photo : Ninaras / Wikimedia Commons, CC BY 4.0.
Syr-Daria à Baïkonour, Kazakhstan. Photo : Ninaras / Wikimedia Commons, CC BY 4.0.

Souvent présentée comme une source potentielle de conflits en Asie centrale, l'eau est aussi au cœur d'une coopération régionale ancienne et en pleine évolution. Après vingt-cinq années passées à travailler dans la région, dont près de vingt sur les questions d'eau et d'assainissement, Olivier Normand observe une transformation profonde des relations entre les États d'Asie centrale. Des héritages soviétiques au rapprochement récent entre le Kirghizstan, le Tadjikistan et l'Ouzbékistan, la gestion de l'eau raconte une autre histoire de la région.

Lorsqu'Olivier Normand arrive pour la première fois en Asie centrale, en juin 2000, la région ne ressemble guère à celle d'aujourd'hui. Son premier contact avec l'Ouzbékistan est presque fortuit : une rencontre avec un Ouzbek à Moscou le conduit à participer à un projet consacré à de nouvelles techniques agricoles.

Il traverse alors le pays, de Namangan à Ourguentch, en passant par Boukhara, Samarcande, Termez et Tachkent. À partir de 2003, il dirige depuis Termez un projet d'appui au ministère du Travail, avant de travailler sur différents projets sociaux. Depuis 2007, ses activités sont principalement consacrées à l'eau et à l'assainissement, notamment dans le bassin du Syr-Daria et la vallée de Ferghana.

Ce qui l'a retenu en Asie centrale ? « Le sentiment d'être au centre du monde et d'assister à l'Histoire en marche », répond-il.

Vingt-cinq ans plus tard, cette histoire a considérablement changé.

Parmi les transformations qu'il aurait difficilement imaginées au début des années 2000, Normand cite l'ouverture des frontières, une plus grande liberté de circulation à l'intérieur de l'Ouzbékistan, la simplification du système bancaire et des taux de change, le développement d'Internet, la modernisation des infrastructures et la transformation des villes.

Mais il insiste surtout sur le rapprochement entre les pays d'Asie centrale, et notamment entre ceux qui se partagent la vallée de Ferghana.

Le 31 mars 2025, les présidents du Kirghizstan, du Tadjikistan et de l'Ouzbékistan se sont retrouvés à Khodjent, au Tadjikistan, pour signer un traité fixant le point de jonction de leurs trois frontières ainsi que la Déclaration de Khodjent sur l'amitié éternelle. Cette rencontre venait consacrer le règlement de différends frontaliers qui avaient longtemps empoisonné les relations régionales. Elle a également ouvert de nouvelles perspectives de coopération dans des domaines allant des transports et du commerce à l'énergie, l'environnement et l'eau.

Pour Normand, le 31 mars 2025 constitue ainsi moins un accord spécifiquement consacré à l'eau qu'un symbole d'une évolution beaucoup plus large : la région apprend progressivement à gérer collectivement . . .

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