Photo du barrage de Toktogul

Dans les entrailles du barrage de Toktogul

Héritage de l'ère soviétique, la centrale hydroélectrique de Toktogul est aujourd'hui un point stratégique en Asie centrale. Pour visiter les lieux, un laissez-passer est nécessaire. Notre rédactrice, Nadia Volkova, a pu obtenir le précieux sésame. 

Photo de la maquette de la centrale

 

Au Kirghizstan, la centrale hydroélectrique de Toktogul, construite en amont de la rivière de Naryn, dans la vallée de Ketmentub à l'ouest du pays, forme le lac artificiel de Toktogul. Avec ses 65 kilomètres de long, ses 120 mètres de profondeur et une superficie 284,3 km², le réservoir est le plus grand d'Asie centrale. Son volume total oscille entre 19,5 km³ et 14 km³. De construction soviétique, la station est constituée d'un immense barrage en béton haut de 215 mètres – l'un des plus grands au monde – et du bâtiment de la centrale hydroélectrique. La puissance installée de la centrale est de 1200 mégawatt. 

Photo prise du barrage de Toktogul

 

Photo poisson dans le réservoir

 

La descente se fait en ascenseur. Au premier niveau, lors du passage dans les tunnels, la pression l’humidité et les fortes variations de température sont constantes. Le décor est moins agréable qu'en surface. L’eau ruisselle au travers des parois en béton comme pour bien rappeler que derrière cet épais monolithe sont stockés des kilomètres cubes d’eau.  

Un technicien de la centrale commente : «  Les tremblements de terre les plus forts ont lieu dans cette zone. Chaque année, la croûte terrestre bouge de 8 à 10 millimètres. L'eau qui s'infiltre par les fissures du barrage forme de véritables lacs ».

Photo des tunnels de la centrale

 

Photo de la salle des machines

 

Le bruit des turbines est à peine audible. Il faut s'approcher pour percevoir leur puissance : un vent chaud souffle comme un bon radiateur, et une vibration légère chatouille la plante des pieds. Activées par la pression hydraulique, les turbines tournent à 136 tours par minute. La rotation mécanique produit de l’énergie entrainant un générateur qui, à son tour, produit de l'électricité. La capacité d’un générateur est de 300 mégavoltampères. Les quatre générateurs de la centrale sont synchrones et alimentés en continu. Chacun pèse environ 3000 tonnes. 

Photo générateur

 

Photo des installations de la centrale

 

Au même niveau de la salle des machines, mais dans des pièces séparées, quatre transformateurs élévateurs convertissent la tension de 500 kilowatts. Leur rôle est d'optimiser le rendement en minimisant la perte d'énergie lors du transport de l'électricité sur de longues distances. L’énergie électrique passe du générateur aux transformateurs via trois canaux.

Photo système de secours

 

En cas de défaillance du réseau principal, la continuité de l'alimentation est assurée par un commutateur, lequel s'enclenche automatiquement en 200 millisecondes.  Pour des questions de sécurité, ce système de secours se trouve dans un bâtiment isolé, généralement inaccessible aux employés.  

 

Photo du poste de commande

 

Une centaine de mètres plus bas, au deuxième niveau, l'accès à la salle de contrôle est réservée à une poignée d'élus. Tous les six mois, le personnel de la centrale doit passer des examens sur les normes de sécurité et le protocol technique d'exploitation.

Photo en contrebas du barrage

 

Photo du barrage de Toktogul

 

À l'issue de l'excursion, l'usure des turbines, transformateurs, générateurs et autres dispositifs laisse perplexe quant à l'espérance de vie de la centrale. Difficile de croire que la station de Toktogul pourra fonctionner encore longtemps dans cet état.  Comme pour conjurer le sort, une promesse est faite avant de partir : « Tout est sous contrôle, vous n’allez pas rester sans électricité ! ».  Il ne reste donc plus qu'à croiser les doigts. 

Pour en savoir plus :

    

Nadia Volkova

Rédactrice pour Francekoul.com

Traduit par Evgenia Baturskaia

Relu Isabelle Klopstein

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