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Les Kazakhs ne retourneront pas à l’école à la rentrée

À l’occasion de la session gouvernementale du 14 juillet dernier, le ministre kazakh de l’Éducation et des sciences, Askhat Aïmagambetov, a fait le point sur les préparatifs de la prochaine rentrée scolaire. Il a annoncé que le pays poursuivrait l’apprentissage en ligne pour la majorité des institutions éducatives, malgré un lancement délicat mi-mars.

À la rentrée, les jeunes Kazakhs ne retrouveront pas leurs camarades. Le ministre kazakh de l’Éducation et des sciences Askhat Aïmagambetov a annoncé le 14 juillet dernier que la rentrée se ferait uniquement en ligne.  D’après le compte rendu officiel de la session gouvernementale, la solution en ligne, qui était originellement de secours, va se profiler sur le moyen terme pour le système éducatif kazakh.

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« La vie et la santé des enfants et des enseignants sont la principale priorité », a déclaré Askhat Aïmagambetov lors de la réunion. La décision a donc été prise de faire se dérouler tous les cours, de la primaire à l’université, à distance. Néanmoins, le défi est d’importance pour le ministre tant les parents pointent depuis mars de nombreux soucis comme la saturation des infrastructures numériques, le manque de préparation des professeurs ou l’absence de suivi, comme a pu le rapporter le média kazakh Zakon.kz.

De fait, les institutions éducatives sont pour la première fois passées à l’apprentissage et à l’éducation en ligne courant mars, lorsque l’état d’urgence a été déclaré en réponse à l’épidémie de coronavirus au Kazakhstan comme l’avait annoncé sur sa page Facebook officielle Askhat Aïmagambetov.

Surmonter les problèmes techniques et humains successifs

Cependant, cette première mise en place de l’apprentissage en ligne a été plutôt laborieuse et dès le premier jour, le 6 avril, le Kazakhstan s’est trouvé incapable d’assurer la continuité de l’enseignement en ligne. « Internet au Kazakhstan n’est pas adapté au maintien des cours en ligne pour les élèves », avait ainsi déclaré Askhat Aïmagambetov, le 3 avril dernier, rapporte le média kazakh Tengrinews.

Les multiples essais ont prouvé qu’il était impossible de tenir l’ensemble des cours en ligne. Les solutions de fortune se sont logiquement multipliées comme l’utilisation du portail Kundelik, facile d’accès et sans inscription, l’envoi de cours par voie postale ou la diffusion de cours sur les principales chaînes de télévision kazakhes.

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Malgré l’usage de solutions alternatives, des problèmes ont continué de subsister. Le média kazakh Bilimdinews souligne par exemple que personne d’impliqué dans l’élaboration des cours télévisés n’avait songé à inclure d’options en langue des signes pour les élèves sourds et muets. La déclaration du 14 juillet a donc fait office de rattrapage pour le ministre de l’Éducation et des sciences, alors que le système a été défaillant dès son lancement.

Les enseignants formés

Tâchant de faire bonne impression, Askhat Aïmagambetov s’est d’abord attardé sur la préparation du corps enseignant pour le début de la nouvelle année. Selon le ministère, 35 000 ordinateurs ont été achetés et les professeurs vont reprendre les cours dès ce lundi 20 juillet pour se familiariser avec les nouvelles plateformes éducatives. Cette question était l’une des clés de voûte de la préparation pour la rentrée tant il y avait de remarques des parents sur l’impréparation du système informatique face à une telle audience, ainsi que sur l’impréparation des enseignants à travailler en ligne, selon le média kazakh Forbes.kz.

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Askhat Aïmagambetov a précisé que les élèves des petites écoles et des écoles rurales étudieraient normalement. Selon le compte rendu gouvernemental, cela représenterait 4 % des élèves du pays. Cet enseignement se fera dans le strict respect des normes de distanciation physique. « Les enfants étudieront dans une seule classe, auront une récréation à des moments différés et auront régulièrement leur température corporelle mesurée. Le nettoyage sera également plus intensif. Pour l’organisation de la distanciation physique, il est prévu une division en équipes d’étude, en sous-groupes avec un nombre d’enfants ne dépassant pas une quinzaine et il est prévu d’alterner les jours de scolarisation », a déclaré le ministre kazakh de l’Éducation.

Les élèves les plus vulnérables – familles à faible revenu, enfants malades et ayant des besoins spécifiques – ne seront pas laissés sur le côté et Askhat Aïmagambetov s’est engagé à les inclure dans le système éducatif de la rentrée, sans toutefois  entrer dans les détails. Il fait probablement référence à la formation des professeurs  ainsi qu’à l’aide de 42 500 tengués (88 euros) par personne bénéficiaire des prestations sociales promise par le président kazakh Kassym-Jomart Tokaïev, que rapporte le média russe Sputnik. L’enjeu autour de l’inclusion des élèves à faible revenu est majeur tant le coronavirus pourrait frapper durement les populations locales d’un point de vue financier et social.

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Cette situation pourrait cependant évoluer si l’épidémie ralentit. Ainsi, une transition progressive du système éducatif vers un nouveau régime d’enseignement hybride serait effectuée en conformité avec les exigences sanitaires si la situation épidémiologique s’améliore. Au 20 juillet, le Kazakhstan compte 71 838 cas confirmés, 43 401 guérisons et 585 décès d’après le dernier rapport officiel.

Clément Clerc-Dubois
Rédacteur pour Novastan

Relu par Anne Marvau

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