Signature Union Economique Eurasiatique

Le Kazakhstan fonde l’Union eurasiatique avec la Russie et la Biélorussie

Aujourd'hui, le 29 mai 2014, le traité instituant l’Union économique eurasiatique entre le Kazakhstan, la Biélorussie et la Russie a été signé à Astana, la capitale kazakhe. Noursultan Nazarbayev, Alexandre Lukachenko et Vladimir Poutine ont paraphé le texte visant à l'intégration économique de ses trois États fondateurs liés par une union douanière depuis 2010.

L'acte constitutif, lequel doit encore être ratifié par les parlements nationaux, a été signé dans la matinée du 29 mai au Palais de l’indépendance du Kazakhstan. Symboliquement, l'accord reflète la volonté du Kazakhstan, et de la Biélorussie depuis le Sommet de Minsk d'avril dernier, de donner à cette nouvelle structure une couleur apolitique. La mention d’un parlement eurasiatique a notamment été retirée du document final. Le traité est ainsi considérablement vidé de sa substance, même si les annexes du traité n'ont pas été rendues publiques.

Pour le Kazakhstan et la Biélorussie, le bilan de leur adhésion à l'Union douanière est pour le moins mitigé. Les promesses d’un accès plein et entier au marché russe sont restées sans effet. Aujourd'hui, le Kazakhstan commerce davantage avec l'Union européenne qu'avec la Russie. Le président kazakh a donc conditionné la création de l’Union économique eurasiatique à une réduction significative de sa porté politique, même si les politiques migratoires risquent d'être fortement affectées. Une fermeture des frontières devrait amener les autres pays de la CEI, en particulier les États à forte émigration régionale, comme le Kirghizstan et le Tadjikistan, à rejoindre l'Union.

Un projet contesté au Kazakhstan

Virus impérial eurasiatique

Au Kazakhstan, les protestations contre l'intégration eurasiatique se sont intensifiées et une douzaine de militants nationalistes a été préventivement emprisonnée à Astana la vieille de la signature. Une campagne virale sur les réseaux sociaux incitant les citoyens à porter des masques chirurgicaux pour se protéger du « virus impérialiste russe » a remporté un certain succès, alimenté par un nationalisme protectioniste et l'actualité ukrainienne. Même si le président Nazarbayev, qui soutient le projet depuis 1994, s'est montré ferme en réprimant les dernières manifestations, l’opposition a néanmoins pu organiser des débats publics, dont un « Forum anti-eurasiatique » à Almaty le 12 avril 2014.

Voir aussi sur Francekoul.com (Novastan.org) : Le rôle du Kazakhstan dans l'intégration de l'Union Economique Eurasiatique

Mais l'économie kazakhe reste très dépendante de la Russie, en particulier le secteur de l’énergie, mais aussi du commerce et de l'industrie. Les effets de l'indexation de la devise kazakhe, le tengué, sur le cours du rouble russe, suite à la dévaluation du rouble en février dernier en attteste également. Ce dernier épisode a d'ailleurs contribué à la forte hostilité de l’opinion publique kazakhe envers la politique d’intégration, sur fond de crise ukrainienne. La rumeur, sur les réseaux sociaux kazakhs, d’une nouvelle dévaluation dans les mois à venir vient s'ajouter aux arguments contestataires.

Voir aussi sur Francekoul.com (Novastan.org) : Union Eurasiatique : le Kazakhstan, victime du syndrome de Stockholm

Union eurasiatique

Présents également lors de la signature, les présidents du Kirghizstan et de l’Arménie ont tout deux adoptés des « feuilles de route » en vue de leur intégration à l’Union douanière, l'antichambre de l’Union économique. Les drapeaux des cinq pays flottaient devant le nouvel opéra d’Astana où s’est tenue une réception visant à célébrer la signature.

La rédaction

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