Accueil      «J’avais juste besoin d’un passeport » : en Ukraine, les prisonniers centrasiatiques enrôlés dans l’armée russe, entre loyauté et regret

«J’avais juste besoin d’un passeport » : en Ukraine, les prisonniers centrasiatiques enrôlés dans l’armée russe, entre loyauté et regret

Les citoyens d’Asie centrale constituent le principal contingent de combattants étrangers engagés dans l’armée russe. Novastan est allé à la rencontre de plusieurs d’entre eux, capturés par les forces ukrainiennes, afin de recueillir leurs témoignages. Leurs récits éclairent la manière dont les migrants centrasiatiques sont devenus un vivier de recrues particulièrement vulnérables pour Moscou.

Des prisonniers de guerre marchent vers leurs cellules, le 15 avril 2026. Crédit : Driss Rejichi
Des prisonniers de guerre marchent vers leurs cellules, le 15 avril 2026. Crédit : Driss Rejichi

Les citoyens d’Asie centrale constituent le principal contingent de combattants étrangers engagés dans l’armée russe. Novastan est allé à la rencontre de plusieurs d’entre eux, capturés par les forces ukrainiennes, afin de recueillir leurs témoignages. Leurs récits éclairent la manière dont les migrants centrasiatiques sont devenus un vivier de recrues particulièrement vulnérables pour Moscou.

Dans la cour d'un pénitencier militaire de la région de Lviv, dans l’Ouest de l’Ukraine, des dizaines de prisonniers marchent silencieusement vers le réfectoire. Autour d’eux, les murs sont jalonnés de portraits de Daniel de Galicie, Stepan Bandera et d’autres figures nationalistes ukrainiennes. Dans le plus grand camp de prisonniers de guerre du pays, toutes les inscriptions et les ordres sont aussi donnés en ukrainien.

« Avec nous ça se passe bien, ils sont calmes, il n’y a pas de bagarres », confie un gardien. Devant lui, les prisonniers entrent dans la cantine pour le déjeuner. Les visages sont fermés. Certains détenus ont déjà passé quatre années dans le camp. Surtout, une grande partie d’entre eux présente manifestement des traits asiatiques. Pour certains, des Russes originaires des républiques sibériennes comme la Bouriatie et la Yakoutie, où les taux de mobilisation sont particulièrement élevés.

La cantine du camp de prisonniers de guerre, le 15 avril 2026. Crédit : Driss Rejichi

Pour beaucoup d’autres, des soldats originaires des cinq ex-républiques soviétiques d'Asie centrale. « La plupart des étrangers que j’ai vu dans l’armée russe venaient de là-bas » explique Khoushbakht Perouzalïev. Au printemps 2024, ce citoyen Tadjik de 47 ans a signé un contrat pour servir dans l’armée russe. « On m’a dit : ‘tu ne seras pas au front, rien de tout ça, tu travailleras simplement dans un entrepôt’... Alors j’ai . . .

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