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Le Tadjikistan mis à l’honneur par le musée Guimet Novastan | Le Tadjikistan mis à l’honneur par le musée Guimet
Musée Guimet Tadjikistan au pays des fleuves d'or Culture France Exposition

Le Tadjikistan mis à l’honneur par le musée Guimet

En provenance directe des musées tadjiks, plus de 270 artefacts sont présentés par le musée Guimet. L’exposition emmène le visiteur de la préhistoire au tournant du XIème siècle, entre influences grecque, zoroastrienne, bouddhiste et islamique.

C’est l’évènement culturel majeur de 2021 entre le Tadjikistan et la France. À partir de ce jeudi 14 octobre et jusqu’au 10 janvier prochain, le musée national des arts asiatiques Guimet met en lumière l’histoire du Tadjikistan. L’exposition, intitulée « Tadjikistan, au pays des fleuves d’or », propose aux visiteurs de découvrir le passé de ce pays enclavé d’Asie centrale en partant de la construction de Sarazm, autour du IVème millénaire avant notre ère, jusqu’à la fin de l’empire des Samanides (819-1005).

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L’exposition présente 271 objets historiques provenant des collections de deux musées tadjiks, le musée national des antiquités du Tadjikistan et le musée national du Tadjikistan. Même si des œuvres tadjikes ont déjà quitté le territoire national pour des expositions européennes, l’évènement au musée Guimet est le premier en rassemblant autant. Un élément confirmé à Novastan par Zafar Ibrahimzoda, vice-directeur du musée national et Bobomullo Bobomulloev, un archéologue tadjik, tous deux présents en marge de l’ouverture à la presse de l’exposition.

Une plongée dans les siècles

Dans le détail, l’exposition permet au visiteur de découvrir un entremêlement d’influences, tant religieuses qu’historiques, sur le territoire de l’actuel Tadjikistan. La domination grecque venant des anciennes conquêtes d’Alexandre le Grand a ainsi pu donner son nom à deux régions, ou satrapies, la Sogdiane et la Bactriane, cette dernière étant davantage abordée par l’exposition.

Vient ensuite l’influence du zoroastrisme et son culte de la pureté, chaque élément terrestre étant considéré comme impropre. Le bouddhisme entre le IIème et le VIIIème siècle a aussi sa part avant d’être supplanté par les conquêtes arabes et l’arrivée de l’islam avec l’Empire samanide. Ce dernier verra l’émergence de la figure d’Ismaïl Somoni, considéré comme le père de l’État tadjik actuel, qui donne d’ailleurs son nom à la monnaie nationale.

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Ces influences multiples sont visibles dans les statues, pièces ou autres ornements présentés dans la visite. Des peintures du VIIIème siècle sont également exposées, avec des couleurs encore puissantes malgré leur ancienneté. Des villes comme Sarazm, Takht-i-Sangin, Pendjikent ou encore des rivières comme le Piandj et le Zeravchan forment le cœur des découvertes.

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Par petites touches, « Tadjikistan, au pays des fleuves d’or » montre toute la diversité historique d’une zone où un travail méticuleux a été fait.

Un projet de plus de 10 ans

C’est ce travail, avec notamment la présence d’équipes franco-tadjikes sur des sites comme Sarazm ou Takht-I-Sangin, qui a permis la concrétisation de cette exposition au musée Guimet. « De par ce travail, il y a eu une collaboration de fait et une relation de confiance a pu s’installer », décrit à Novastan Valérie Zaleski, la conservatrice des collections d’Asie centrale du musée parisien.

De nombreux chercheurs, parfois sur deux à trois générations, ont pu contribuer à l’avènement de cette exposition. L’archéologue Roland Bezenval et son confrère tadjik Rahim Masov, qui était directeur du musée d’histoire, d’archéologie et d’ethnographie, ont notamment été cités comme moteurs d’un projet imaginé en 2010. Sans oublier Henri-Paul Francfort, Frantz Grenet, Yasmine Gouedard ou encore Francis Richard et Jean-François Jarrige. Si l’envie de départ venait principalement du côté français, l’exposition a pu advenir grâce à la détermination des autorités tadjikes.

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Les problèmes de calendrier ont également émaillé la préparation, débutée en 2015. D’abord prévue en 2019, puis en 2020, l’exposition peut finalement se tenir à l’automne 2021. La dernière exposition organisée par le musée Guimet sur l’Asie centrale remontait à 2001, autour d’Alexandre le Grand.

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Officiellement, cet évènement culturel est placé sous le haut patronage des présidents Emmanuel Macron et Emomali Rahmon. Ce dernier a profité de l’exposition pour se rendre à Paris en visite officielle et participer à la cérémonie d’ouverture le 13 octobre dernier, comme le décrit la présidence tadjike.

Lire aussi sur Novastan : Les postures politiques et la culture au cœur de la visite du président tadjik en France

Reste à savoir si cette exposition pourra attirer un public suffisant pour justifier tous ces efforts.

Etienne Combier
Rédacteur en chef de Novastan

Relu par Anne Marvau

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