La Cour constitutionnelle du Kazakhstan a annoncé que le président Kassym-Jomart Tokaïev pourra se représenter pour un second mandat en vertu de la nouvelle Constitution, approuvée par référendum plus tôt cette année.
Saisie à la demande du président, la Cour constitutionnelle a rendu, le 7 juillet, une décision clarifiant le statut des responsables élus sous la Constitution de 1995. Elle estime que ces derniers pourront briguer un nouveau mandat sous la Constitution adoptée par référendum en mars, y compris le chef de l’État. Arrivé au pouvoir en 2019, Kassym-Jomart Tokaïev pourrait ainsi se représenter à l’issue de son mandat actuel, qui doit s’achever en 2029.
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Entrée vigueur ce 1er juillet, la Constitution permet ainsi au chef d’Etat, aux présidents et juges de la Cour constitutionnelle, ainsi qu’au président de la Cour suprême et au procureur général de remettre leur mandat à zéro.
Vers la consolidation du pouvoir présidentiel
Cette clarification marque une tournure dans la politique de Tokaïev, qui jusqu’à récemment, semblait vouloir se détourner du modèle super-présidentiel de son prédécesseur.
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Élu en 2019 suite à la démission de Noursoultan Nazarbaïev, Kassym-Jomart Tokaïev, avait convoqué une élection présidentielle anticipée en novembre 2022, après les révoltes populaires de janvier 2022 qui ont bouleversé la scène politique kazakhe. Dans la foulée, une série d’amendements constitutionnels avait été adoptée, et le mandat présidentiel était alors passé de deux mandats de cinq ans renouvelables à un mandat unique de sept ans.
Cette réforme, accompagnée du retour de la capitale à son nom d’origine, Astana, avait été présentée comme une rupture avec le système hyperprésidentiel instauré par Noursoultan Nazarbaïev. En instaurant un mandat unique de sept ans, Tokaïev affirmait vouloir favoriser l’alternance et limiter la personnalisation du pouvoir.
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Dans une interview donnée en 2025 à Al Jazeera, Tokaïev avait lui-même affirmé qu’il se retirerait de ses fonctions en 2029, fin de son mandat actuel, conformément à la “demande de [son] peuple”.
Cette décision de la Cour constitutionnelle semble rompre avec les engagements pris par Tokaïev en 2022. Elle s’inscrit toutefois dans la logique de la Constitution adoptée en 2026, qui renforce sensiblement les prérogatives du président. Celle-ci prévoit notamment la suppression du Sénat et du Majilis au profit d’un Parlement monocaméral, le Kouroultaï, ainsi que le rétablissement de la fonction de vice-président.
Des élections anticipées ?
Reste désormais à savoir si Tokaïev cherchera à provoquer une nouvelle élection présidentielle anticipée ou s’il attendra l’échéance normale de 2029 pour briguer un second mandat.
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“En plus des élections du nouveau Kouroultaï, le pays prévoit également de tenir l’élection des maslikhats [conseils locaux] cet automne”, souligne l’analyste politique Arsen Sarsekov. “Étant donné les développements politiques et judiciaires récents au Kazakhstan, il ne serait pas surprenant que le pays soit confronté à des élections présidentielles avant la fin de l’année.”
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Marat Chiboutov, l’un des rédacteurs de la nouvelle Constitution, propose une lecture inverse. Loin d’annoncer une transition imminente du pouvoir politique, la décision de la Cour aurait au contraire vocation à calmer l’incertitude politique et éviter une course prématurée à la succession au sein des élites. De plus, il précise que ce sont les électeurs qui auront le dernier mot, indiquant par-là que cette nouvelle décision ne garantit en aucun cas la réélection du président actuel mais lui donne seulement l’option de se représenter.
Eloise Thompson,
Rédactrice pour Novastan
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Au Kazakhstan, le président Kassym-Jomart Tokaïev pourra se représenter pour un deuxième mandat
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