Une amulette vieille de près de 5 000 ans découverte à Sokh, en Ouzbékistan, continue de fasciner les chercheurs et les amateurs d’antiquités.
Le serpent bicéphale de Sokh est une découverte archéologique unique, qui représente une trace sacrée de l’histoire ancienne de l’Ouzbékistan et l’un de ses mystères non élucidés. Le premier directeur adjoint de l’Agence du patrimoine culturel de l’Ouzbékistan et artiste émérite, Tourssounali Kouziev, en parle dans un article pour le média ouzbek Podrobno.uz.
Soutenez Novastan, le média associatif d’Asie centrale
En vous abonnant à Novastan, vous soutenez le seul média européen spécialisé sur l’Asie centrale. Nous sommes indépendants et pour le rester, nous avons besoin de votre aide !Le district de Sokh, situé dans la vallée de Ferghana, n’est pas qu’un simple point géographique. C’est un véritable berceau de la civilisation. C’est un lieu où l’histoire et le mysticisme se croisent, où des sources vivifiantes jaillissent du sol, alimentées par les neiges éternelles des monts Alaï. C’est ici même, sur les sites de Sel-Ounkour, qu’ont été retrouvés les restes d’un homme ayant vécu il y a 1,5 million d’années. Cet homme a été surnommé par les scientifiques le ferghanthrope.
Le berceau de la civilisation
Sokh n’était pas qu’une simple agglomération. Déjà au Ier millénaire avant notre ère, il s’agissait d’une grande cité. C’est ce qu’attestent les traités Houdoud al-Alam ainsi que les récits des voyageurs arabes du Xème siècle. Même Zhahîr ud-din Muhammad Babur, fondateur de l’empire des Moghols, décrivait Sokh comme un centre important où il s’arrêta une année entière avant de se mettre en route pour Kaboul.
En outre, Sokh a vu s’épanouir une culture particulière. Des découvertes archéologiques datant des XIIème et VIIIème millénaires avant notre ère témoignent d’un niveau élevé de développement domestique et artisanal de ses habitants.
Envie de participer à Novastan ? Nous sommes toujours à la recherche de personnes motivées pour nous aider à la rédaction, l’organisation d’événements ou pour notre association. Et si c’était toi ?
La richesse historique de Sokh réside également dans les catacombes hunniques des IIIème et IVème siècles, où des informations sur les rites funéraires et les croyances antiques ont été découvertes. Ces trouvailles offrent un aperçu du monde spirituel des habitants de cette époque et de leur vision de la vie et de la mort.
Un mystère vieux de plusieurs millénaires
Mais le véritable trésor de Sokh reste sans conteste l’amulette de Sokh, le plus ancien objet découvert à la fin du XIXème siècle. Fabriquée en jade et ornée d’un relief représentant un serpent à deux têtes, l’amulette est porteuse d’une forte charge symbolique. Les têtes de serpent qui se font face la bouche ouverte, probablement remplies de pierres précieuses autrefois, frappent par leur expressivité.
Envie d'Asie centrale dans votre boîte mail ? Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter hebdomadaire en cliquant ici.
Selon les chercheurs, cet objet remonte à l’âge du bronze, au IIIème millénaire avant notre ère, ce qui en fait un objet plus ancien que la majorité de ses analogues retrouvés ailleurs dans le monde. C’est pourquoi l’amulette de Sokh suscite un intérêt tout particulier auprès de la communauté scientifique.
Un emblème divin ?
Aujourd’hui, cet artefact un peu plus grand qu’un cahier scolaire et pesant près de cinq kilogrammes fait partie de l’exposition permanente du Musée national d’histoire de l’Ouzbékistan. Il a déjà été présenté lors de nombreuses expositions internationales, notamment au Metropolitan Museum of Art de New York en 2003, au musée du Louvre à Paris en 2022-2023, à la galerie James Simon à Berlin en 2023-2024, où il a conquis le cœur des amateurs d’antiquités.
Lire aussi sur Novastan : Splendeur des oasis : l’art ouzbek exposé au Louvre
Selon toute vraisemblance, il s’agit d’un emblème divin, une amulette qui appartenait aux souverains des puissants États qui ont prospéré il y a près de 5 000 ans à Ferghana, en Ouzbékistan. Le serpent à deux têtes symboliserait peut-être une double puissance, l’unité des opposés — sagesse et protection. Toutefois, les scientifiques n’ont pas encore trouvé la véritable signification de cette mystérieuse amulette.
Peut-être ce serpent est-il une fenêtre vers le passé, qui permet de voir comment histoire et mythologie, symbolisme et réalité s’entremêlaient à l’époque. Il s’agit d’un rappel que la sagesse des générations traverse les siècles, et que les véritables trésors ne sont pas uniquement matériels, mais résident aussi dans la connaissance du passé.
Tourssounali Kouziev
Pour Podrobno.uz
Traduit du russe par Martin Algrain
Merci d’avoir lu cet article jusqu’au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez répondre anonymement à ce questionnaire ou nous envoyer un email à redaction@novastan.org. Merci beaucoup !
L’amulette au serpent : quels secrets renferme cette découverte archéologique unique de l’ancien Sokh
Alicher Ousmanov, milliardaire ouzbek sous sanctions, persiste pour leur levée