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La culture de la pistache au Tadjikistan : qui en cultive et comment générer des revenus ?

Dans cet article publié par le média tadjik Asia-Plus, il est question de la localisation des plantations de pistachiers, de la rentabilité de cette culture, mais aussi des conditions dans lesquelles poussent ces fruits appréciés.

Rédigé par :

Asia Plus 

Edité par : lemoinemat

Traduit par : ldaddazio

Asia-Plus

Pistaches Tadjikistan
La culture de la pistache a de l'avenir au Tadjikistan. Photo : Asia-Plus.

Dans cet article publié par le média tadjik Asia-Plus, il est question de la localisation des plantations de pistachiers, de la rentabilité de cette culture, mais aussi des conditions dans lesquelles poussent ces fruits appréciés.

Dans de nombreux pays, la Journée de la pistache est célébrée chaque année le 26 février. Au Tadjikistan, la pistache figure parmi les friandises les plus prisées. Plongeons donc dans l’univers de ce fruit pour mieux comprendre comment et où il pousse.

Le pistachier pousse sur des sols pauvres et rocheux. Il apprécie particulièrement la lumière du soleil, résiste bien à la sécheresse et peut également supporter des températures négatives. Pour survivre dans des conditions extrêmes et puiser dans le sol les nutriments nécessaires à son développement, il dispose d’un système racinaire particulièrement puissant, capable de s’enfoncer jusqu’à 15 à 20 mètres de profondeur. L’arbre peut atteindre cinq mètres de haut, voire jusqu’à dix mètres dans certains cas.

Le système racinaire du pistachier comprend deux niveaux : le premier puise l’eau dans les couches superficielles du sol, et lorsque ces réserves s’épuisent, c’est la pompe souterraine, c’est-à-dire le niveau inférieur des racines qui s’active. Cela peut s’étendre sur 25 à 40 mètres de large et descendre jusqu’au 12 ou 15 mètres de profondeur. Les pistachiers sont des arbres qui s’entrelacent non pas à la cime, mais par les racines. Il est donc nécessaire de les planter à cinq mètres ou plus l’un de l’autre.

Un arbre qui aime la solitude

À l’état sauvage, les pistachiers poussent presque toujours de manière isolée. Les forêts naturelles de pistachiers constituent un phénomène extrêmement rare. La floraison débute en avril, voire dès le mois de mars dans certaines régions. Selon l’espèce et la variété, ces arbres commencent à produire des pistaches après une période comprise entre 8 et 15 ans.

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Ce qui rend ce fruit particulièrement singulier, c’est qu’il peut pousser aussi bien sur des arbustes que sur des arbres, lesquels peuvent être persistants ou caducs. Quelle que soit leur forme, ils appartiennent tous à la famille des Anacardiacées. D’un point de vue biologique, le plus proche parent de la pistache est la mangue.

C’est un mâle ou une femelle ?

Sur les marchés aux plants ou dans les foires horticoles, une personne non avertie pourrait être surprise d’entendre un acheteur demander au vendeur : « C’est un mâle ou une femelle ? »

Cette question s’explique par le fait que les fleurs du pistachier poussent sur des arbres distincts selon leur sexe. Pour obtenir une récolte, il est donc indispensable de planter au moins deux arbres sur une même parcelle : un mâle et une femelle.

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Dans les plantations agricoles, on compte généralement un arbre mâle pour dix arbres femelles. La différence entre les deux sexes devient particulièrement visible au moment de la floraison, entre mars et avril : les arbres mâles produisent des panicules jaune rosé, tandis que les arbres femelles développent des grappes à partir desquelles se formeront les fruits.

Où est cultivée la pistache ?

Entre un et deux millions de tonnes de pistaches sont produites chaque année dans le monde. Les États-Unis en sont le premier producteur, avec une moyenne d’environ 400 000 tonnes par an. Ils sont suivis par l’Iran, qui en produit plus de 350 000 tonnes, puis par la Turquie, avec environ 200 000 tonnes annuelles.

Parmi les autres pays producteurs et exportateurs figurent également la Chine, la Grèce, la Syrie et l’Italie. Enfin, des pays d’Asie centrale comme l’Afghanistan, l’Ouzbékistan, le Kirghizstan et le Turkménistan exportent eux aussi des pistaches, à hauteur de 2 000 tonnes au maximum.

Un verger de pistachiers constitue un investissement particulièrement prometteur, dans la mesure où ces plantations peuvent produire pendant près de 400 ans.

Le business de la pistache

Selon les statistiques, environ 80 000 hectares de pistachiers sont cultivés au Tadjikistan. Pourtant, aucune donnée sur les récoltes du pays n’apparaît dans les statistiques mondiales. Cela s’explique par le fait que ces arbres poussent principalement dans des exploitations forestières, autrement dit à l’état sauvage. Le Tadjikistan ne dispose donc pas encore de véritables plantations agricoles de pistachiers.

Pistaches Tadjikistan
Un verger de pistachiers au Tadjikistan. Photo : Asia-Plus.

Pour les experts, cette situation révèle au contraire un immense potentiel de développement pour cette culture. La culture industrielle de la pistache présente en effet une rentabilité économique très élevée. Le pistachier est une espèce résistante à la sécheresse, et son système racinaire particulièrement puissant contribue à protéger les sols contre le ruissellement tout en ralentissant l’érosion.

Dans les contreforts arides, où aucune autre culture ne peut se développer sans irrigation, la plantation de pistachiers peut ainsi offrir aux populations locales des conditions de vie plus décentes, tout en permettant une exploitation plus efficace des terres.

D’après les calculs d’économistes, les revenus tirés de la culture de la pistache seraient 28 fois supérieurs à ceux du pois, neuf fois à ceux des cultures de melon et de pastèque, et 50 fois à ceux du blé.

Combien de variétés de pistaches existe-t-il en Iran ?

Environ 90 variétés de pistaches iraniennes ont été recensées, qui se distinguent les unes des autres par leur forme, leur taille et d’autres caractéristiques.

Parmi les plus populaires, il y a la Fandoghi (ou pistache ronde) : cette variété, dont la forme rappelle celle de la noisette, est la moins chère de toutes. Son prix abordable en fait aussi la plus populaire sur le marché. En Iran, environ 40 % des vergers de pistachiers lui sont consacrés. Ensuite vient la Kallei Koutsch (ou pistache jumbo) : plus grandes et plus longues que les Fandoghis, ces pistaches représentent près de 20 % de la production iranienne.

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La Ahmad Aghaï (ou pistache longue) se reconnaît à sa coquille très claire. Elle est également appréciée pour son rendement élevé, ce qui favorise une production importante. Selon les sources, elle représenterait environ 12 % des pistaches cultivées en Iran. La Akbari (pistache très longue), avec sa forme allongée qui évoque celle de l’amande, est réputée être parmi les plus faciles à décortiquer. Elle représente environ 15 % de la production nationale. La variété Akbari est aussi très appréciée pour sa forte productivité. Les variétés Ahmad Aghaï et Akbari portent le nom des personnes qui les ont sélectionnées ou améliorées.

Enfin, la Badami (pistache semi-longue), plus courte que la Ahmad Aghaï, se distingue par son petit noyau foncé, lui aussi proche de la forme de l’amande. Les Badamis constituent environ 13 % de la production iranienne.

Qu’en est-il du Tadjikistan ?

Au Tadjikistan, plusieurs variétés de pistaches présentant un réel intérêt agronomique ont été sélectionnées. Nombre d’entre elles rivalisent d’ailleurs, par leur qualité, avec les meilleures variétés étrangères. La Orzou, originaire des contreforts du Sud du Tadjikistan, produit de gros fruits de forme ellipsoïde. Sa coquille, fine, va du blanc au gris clair. Elle conserve ses qualités gustatives pendant deux ans. Le poids de 100 pistaches varie entre 90 et 95 grammes. Son rendement moyen, pour une densité de 150 arbres par hectare, est de trois à quatre quintaux par hectare.

L’Albina donne des fruits de taille moyenne, dotés d’une coquille fine et claire. Le noyau conserve ses qualités gustatives pendant trois à quatre ans. Le poids de 100 pistaches est d’environ 85 grammes. L’Albina commence à produire relativement tôt, dès la deuxième ou troisième année après le greffage. Son rendement moyen se situe entre deux et trois quintaux par hectare.

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La Perle des montagnes, avec un poids de 98 grammes pour 100 pistaches, se distingue surtout par sa bonne résistance à la sécheresse ainsi que par son immunité aux maladies et aux ravageurs. Son rendement moyen est de deux à trois quintaux par hectare. L’Octobrienne pèse en moyenne 1,1 gramme. Cette variété présente toutefois un faible taux d’ouverture des coquilles, de seulement 3,1 %, ainsi qu’un rendement en noyaux de 45,3 %. Parmi ses principaux inconvénients figurent un noyau épais, dur et peu attractif sur le plan commercial.

La Sabokh, variété polyvalente, peut être consommée fraîche ou utilisée en pâtisserie. Son rendement moyen en pistaches sèches décortiquées atteint quatre quintaux par hectare. Son poids moyen est de 1,4 gramme. Son taux de noyau s’élève à 54,8 %, tandis que le taux d’ouverture de la coquille varie entre 58 et 75 %. Ces variétés sont recommandées pour la culture dans les contreforts de la région de Khatlon, dans les zones pluviales situées à 1 100 – 1 500 mètres d’altitude, ainsi que dans les zones irriguées des régions de Koubodiyon, Chakhritous et Pyanj.

Quelques faits intéressants à propos des pistaches

Se tenir à proximité d’un pistachier peut parfois provoquer des vertiges, voire un malaise. Sous l’effet de la chaleur et du soleil, les feuilles de l’arbre libèrent en effet certaines huiles essentielles. C’est notamment pour cette raison que la récolte des pistaches a souvent lieu de nuit.

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La pistache est originaire d’Iran et d’Asie centrale. Dans l’Antiquité, notamment en Iran, elle aurait même servi de monnaie d’échange. Des monuments consacrés à la pistache ont par ailleurs été érigés aux États-Unis, en Turquie et en Espagne.

Lors des festivités entourant la remise des prix Nobel, des pistaches et du champagne sont offerts aux lauréats. Selon l’historien et théologien musulman Mouhammad ibn Jarir al-Tabari, les pistaches étaient déjà connues depuis l’apparition du premier Homme : « Il est rapporté que lorsque Dieu fit descendre Adam sur Terre, Il lui offrit 30 types d’aliments : 10 sortes de fruits à coque, 10 sortes de fruits à noyau et 10 sortes de fruits sans pépins. Dans le premier groupe figurent les noix, les amandes et les pistaches. »

Saïfiddine Karaïev
Journaliste pour Asia-Plus

Traduit du russe par Lisa D’Addazio

Édité par Mathieu Lemoine

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