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Rennes - Almaty à vélo, la folle aventure d’un Breton Novastan | Rennes – Almaty à vélo, la folle aventure d’un Breton
Laurent Mahé Rennes Almaty Vélo Voyage

Rennes – Almaty à vélo, la folle aventure d’un Breton

Laurent Mahé, 44 ans, a décidé de pédaler de la Bretagne jusqu’au Kazakhstan, malgré la pandémie de Covid-19. Juste avant son départ le 4 mai, Novastan a pu le rencontrer à Rennes.  

Laurent Mahé n’a rien d’un illuminé, ni d’un inconscient. Au contraire, il donne l’impression d’avoir pensé à tout. Tests PCR, passage de 14 frontières, GPS infaillible, panneaux solaires, étude du relief et des températures à chacune de ses étapes, journées de repos… Bref, son projet fait sérieux. Le Breton est parti le 4 mai dernier pour arriver en Asie centrale en septembre.

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Alors que la planète se replie sur elle-même depuis le début de la pandémie de Covid-19, lui trépigne d’impatience. Son aventure à vélo le long des anciennes routes de la Soie était prévue en 2020. Il l’a repoussée d’un an. Même s’il est contraint à quelques périodes de quarantaine, il tient à réaliser en 8 mois « le voyage de sa vie ».

Novastan : Pourquoi ce trajet Rennes – Almaty ?
Laurent Mahé : Je rêve depuis l’âge de 20 ans d’une aventure le long des routes de la Soie. Cette route mythique, tracée par des hommes depuis des millénaires, serpente à travers les plaines et les montagnes, longe les fleuves et les rivières, se joue des frontières, des États, des royaumes et des empires qui se sont construits ou effondrés sur son chemin. Mon projet initial était d’aller jusqu’en Mongolie, via la Chine. Mais la situation politique au Xinjiang – la répression des Ouïghours – m’a décidé à changer d’itinéraire. Je pense m’arrêter au Kazakhstan. Almaty est la dernière grande ville avant la frontière chinoise. Et ça tombe bien, c’est aussi une des villes jumelées avec Rennes depuis trente ans.

Combien de temps passerez-vous en Asie centrale ?
Six à sept semaines vraisemblablement. Je prévoie d’arriver au Turkménistan mi-septembre et d’y rester 6 jours. En Ouzbékistan, je resterai plus longtemps, 5 jours pour visiter Boukhara et autant pour visiter Samarcande. Au Tadjikistan, je ne ferai qu’un bref  itinéraire de 30 kilomètres. Au Kirghizstan, je franchirai le col de Too-Achouu qui culmine à 3 586 mètres et je ferai une halte à Bichkek (la capitale, ndlr). Je compte être à Almaty vers le 30 octobre. Pour le voyage de retour, en train, je repartirai de Petropavl, dans le nord du Kazakhstan. Un arrêt pour visiter la capitale kazakhe Nur-Sultan et je continuerai en transsibérien, vers Moscou.

Que savez-vous de ces cinq pays ?
Cette région du monde est peu connue du grand public. Personnellement, je m’y m’intéresse depuis des années. Je me suis préparé en lisant des livres de géographie, d’histoire, des récits. Je suis aussi un habitué de Novastan. Je consulte beaucoup les forums de voyageurs sur Internet. Je m’attends à traverser des pays magnifiques. Je pense que la population est plutôt tranquille et accueillante et qu’elle me fera partager sa culture. Je sais aussi que les régimes politiques de ces cinq pays sont plutôt autoritaires et stables.

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Les 14 pays traversés par Laurent Mahé : Suisse, Autriche, Slovaquie, Hongrie, Croatie, Serbie, Bulgarie, Turquie, Iran, Turkménistan, Ouzbékistan, Tadjikistan, Kirghizstan, Kazakhstan.

Avez-vous été encouragé par le comité de jumelage Rennes-Almaty ?  
Oui, la rencontre avec la présidente du comité, Jeanne Havard-Tourebayeva, en décembre 2020, m’a donné un coup de fouet. Emballée par mon projet, elle le trouve exemplaire pour « l’amitié entre les peuples ». Elle s’est engagée à faciliter mes démarches administratives sur place, si besoin au passage de frontières par exemple. Elle m’accueillera aussi à mon arrivée à Almaty à l’automne. Cette rencontre a donné de la visibilité à mon périple. J’ai même été interviewé mi-avril à Rennes par une équipe de la télévision kazakhe.  

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Comment imaginez-vous les difficultés de votre voyage à vélo ?
Sur le plan physique, cela ne me fait pas peur. 500 kilomètres par semaine, c’est faisable. Bien que je sois traité pour l’asthme, cela ne m’empêche pas de pédaler. J’ai déjà fait plusieurs parcours de milliers de kilomètres à vélo en France. La différence cette fois-ci, c’est que je tirerai une carriole de 24 kg. Elle transportera mon sac à dos équipé de panneaux solaires. J’aurai aussi une dynamo dans les roues du vélo. Ces solutions me permettront d’être autonome pour charger ordinateur et téléphone mobile.

Tracer mon itinéraire m’a pris six mois. J’ai étudié les cartes, tenu compte du dénivelé pour les étapes, mais je conçois qu’il peut y avoir des imprévus, comme une météo défavorable.  Mon ultime contrainte est de terminer l’expédition avant l’arrivée de l’hiver, particulièrement rigoureux au Kazakhstan.

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Cette remorque portera 24 kilos de matériel pendant 8 mois.

Imprévu aussi, le passage des frontières avec la pandémie de Covid-19… Oui, il se pourrait que je sois coincé en arrivant dans un des 14 pays de mon parcours. Et qu’un policier ou un douanier m’oblige à une quarantaine. Je l’ai envisagé. Je rattraperai alors mon retard en prenant un train sur une partie du trajet. Dans la traversée européenne, j’ai volontairement choisi des axes moins fréquentés, des petites routes qui me permettront, je l’espère, de passer à travers les mailles du filet.

Quelle langue parlez-vous ? 
L’anglais seulement mais je fais confiance à la langue des gestes pour me faire comprendre.

Vous consacrez 8 mois à une telle aventure. Comment est-ce possible ?  
C’est un choix. J’ai démissionné de mon job. J’étais employé dans une entreprise qui organise des cérémonies funéraires. Je n’ai pas de famille à charge, j’ai quelques économies. À 44 ans, je me dis que c’est le moment ou jamais.

Comment pourrons-nous suivre votre périple ?
J’ai créé le blog https://rennesalmaty.fr/. J’essaierai de l’alimenter régulièrement. 

Propos recueillis par Catherine Verger
Journaliste indépendante

Relu par Anne Marvau

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