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	<title>Adrien Delorge, Author at Novastan France</title>
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	<description>L&#039;Asie centrale expliquée, avec Novastan</description>
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	<title>Adrien Delorge, Author at Novastan France</title>
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		<title>Décharges sauvages au Kazakhstan : d’où viennent-elles, et comment lutter contre ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Adrien Delorge]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Apr 2021 12:22:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Ecologie]]></category>
		<category><![CDATA[Kazahkstan]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/environnement/decharges-sauvages-au-kazakhstan-dou-viennent-elles-et-comment-lutter-contre/">Décharges sauvages au Kazakhstan : d’où viennent-elles, et comment lutter contre ?</a></p>
<p>Au Kazakhstan, la fermeture des frontières &#8211; conséquence de la pandémie de Covid-19 &#8211; a forcé un grand nombre d’habitants à se tourner vers des lieux de vacances plus locaux. Dans ces espaces naturels peu habitués à cette fréquentation, le phénomène touristique a entraîné une très forte augmentation du nombre de décharges sauvages. Tentatives d&#8217;explication. [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/environnement/decharges-sauvages-au-kazakhstan-dou-viennent-elles-et-comment-lutter-contre/">Décharges sauvages au Kazakhstan : d’où viennent-elles, et comment lutter contre ?</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Au Kazakhstan, la fermeture des frontières &#8211; conséquence de la pandémie de Covid-19 &#8211; a forcé un grand nombre d’habitants à se tourner vers des lieux de vacances plus locaux. Dans ces espaces naturels peu habitués à cette fréquentation, le phénomène touristique a entraîné une très forte augmentation du nombre de décharges sauvages. Tentatives d&rsquo;explication.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Novastan reprend et traduit ici un article publié</strong> l<strong>e 8 octobre 2020 par le média kazakh <a href="https://informburo.kz/stati/stihiynye-svalki-v-kazahstane-pochemu-poyavlyayutsya-i-kak-s-nimi-borotsya.html?utm_source=telegram.org&amp;utm_medium=news&amp;utm_campaign=vd" target="_blank" rel="noreferrer noopener">informburo.kz</a></strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme dans de nombreux endroits autour du globe, la pandémie de Covid-19 a poussé les habitants du Kazakhstan à s&rsquo;orienter vers des destinations de vacances plus proches de chez eux. Mais le phénomène a conduit à des abus en matière de gestion des ordures, dans des lieux habituellement moins fréquentés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le ministère de l&rsquo;Écologie a ainsi mené une analyse à grande échelle et a identifié plus de 7 500 décharges illégales dans tout le pays. Celles-ci nuisent particulièrement au tourisme et à la préservation des espaces naturels. Mais des solutions existent et sont mises en place par les pouvoirs publics.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Exemples de nuisances et solutions envisagées</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un exemple frappant de l’impact négatif des citoyens sur l’environnement se trouve au <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Lake_K%C3%B6beituz">lac de Kobeïtouz</a>, espace naturel unique en son genre. L’accès en a été fermé en été 2020 suite à l’afflux de touristes, qui entrainant la pollution de ses rives ainsi que la collecte et la vente illégales de sel curatif.</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Novastan est le seul média européen (en français, en allemand et en anglais) spécialisé sur l'Asie centrale. Entièrement associatif, il fonctionne grâce à votre participation. Nous sommes indépendants et pour le rester, nous avons besoin de vous ! Vous pouvez nous soutenir <strong><a href="https://novastan.org/fr/sabonner/"> en vous abonnant</a></strong>, en réalisant <a href="https://www.okpal.com/soutenez-novastan-seul-media-francais-sur-l-asie/#/"> un don défiscalisé à 66 %</a>, ou en devenant membre actif<strong> <strong><a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/devenez-membre-devenez-novastan/">par ici</a></strong>.</strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Malheureusement, ces dernières semaines, nous avons été témoins de faits choquants de traitement irrespectueux de la nature. On se souvient des agressions de phoques à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Aqtaw">Aqtaw</a>, des montagnes de détritus à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Parc_national_de_Bourabay">Bourabay</a>, de l’arrachage des lotus dans les étangs du 1er mai près d’<a href="https://www.novastan.org/fr/kazakhstan/almaty-la-ville-aux-1000-couleurs-et-aux-1001-annees/">Almaty</a> &#8211; plantes inscrits au Livre rouge des espèces menacées, des détritus, des feux de camp ainsi que de la collecte et la vente de sel du lac de Kobeïtouz. Et ce n’est qu’une illustration parmi d’autres d’un rapport grossier et cruel à notre nature. » </em>a déclaré cet été le ministre kazakh de l’Écologie, de la Géologie et des Ressources Naturelles, <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Magzum_Myrzagaliev">Magzoum Mirzagaliev</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le même temps, le ministère de l’Écologie a conduit une enquête à grande échelle et a identifié plus de 7 500 décharges sauvages dans tout le pays. La problématique du rapport des habitants à l&rsquo;environnement naturel a donc été portée au plus haut niveau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur décision du ministère de l’Écologie, onze parcs naturels nationaux (sur les treize parcs existant dans le pays) vont être reconvertis. Actuellement lieux de « tourisme chachlyk » &#8211; du nom de la <a href="https://fr.wiktionary.org/wiki/chachlyk">brochette populaire</a> en Asie centrale &#8211; avec hôtels et restaurants, ils vont devenir des sites écologiques authentiques, où l&rsquo;écotourisme sera mis en valeur.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="930" height="525" class="wp-image-45334" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/69_main18.jpg" alt="" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/69_main18.jpg 930w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/69_main18-300x169.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/69_main18-768x434.jpg 768w" sizes="(max-width: 930px) 100vw, 930px" />
<figcaption>Le lac de Kobeïtouz, au nord du Kazakhstan.</figcaption>
</figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Le tourisme écologique passe aussi par le développement des voies piétonnes. Il faut lutter contre les constructions inappropriées. Nous devons étudier toutes les options dans le cadre de la législation actuelle »</em>, a ajouté le Ministre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le ministère propose plusieurs mesures pour lutter contre les décharges sauvages. Pour les touristes ou vacanciers, une formation à l’écologie et des amendes pour les contrevenants sont envisagées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les professionnels, plusieurs mesures sont étudiées comme l’installation obligatoire d’un système de géolocalisation dans les véhicules de transport de déchets, l’octroi de licences aux entreprises pratiquant le recyclage et l’élimination des déchets, l’instauration d’une procédure de notification pour les organismes de collecte des déchets ou une responsabilité accrue (via l’augmentation du montant des amendes) en cas d’infractions aux règles de traitement des déchets.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La technologie <em>Waste to Energy</em> pour lutter contre les décharges sauvages</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme mentionné plusieurs fois, on a compté plus de 7 500 décharges sauvages au Kazakhstan. Ce chiffre a été obtenu grâce à une analyse par satellite du territoire, effectuée par la société Kazakhstan Gharych Sapary et commanditée par le ministre de l’Écologie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après la réception de ces données, le ministère a entrepris, en collaboration avec les <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Akim">akims</a>, d’éliminer ces décharges.  Ainsi, 1 635 d&rsquo;entre elles ont été éliminées en 10 jours.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des représentants du ministère, en collaboration avec des personnalités publiques et des bénévoles, font des incursions régulières dans les villes pour détecter de nouveaux foyers de décharges sauvages et les éliminer. Ces mesures ont révélé qu’une part considérable des déchets provenait du secteur de la construction.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/les-defis-de-la-gestion-des-dechets-menagers-au-kirghizstan/">Les défis de la gestion des déchets ménagers au Kirghizstan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Certaines sociétés de construction concluent des contrats avec des sociétés de transport de déchets, qui n’ont pas signé d’accord avec les décharges. Ces sociétés de construction préfèrent ainsi payer une amende de faible montant et exporter les déchets dans un lieu illégal, plutôt que de payer pour leur bonne prise en charge par les décharges, plus coûteuse.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="930" height="525" class="wp-image-45335" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/fcg4gv65hb6.png" alt="" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/fcg4gv65hb6.png 930w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/fcg4gv65hb6-300x169.png 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/fcg4gv65hb6-768x434.png 768w" sizes="(max-width: 930px) 100vw, 930px" />
<figcaption>Camion de ramassage de déchets au Kazakhstan.</figcaption>
</figure>



<p class="wp-block-paragraph">«<em> Le taux moyen de traitement des déchets est très bas dans notre pays, à peine 15 %. Alors que dans les pays européens ce taux est deux fois plus élevé et représente en moyenne 30 %. Pour une économie « verte », nous devons porter ce taux à 40 % pour 2030 »</em> a déclaré Magzoum Mirzagaliev. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Derrière la notion d’économie « verte », le ministre fait référence à la préparation d’un cadre législatif encourageant l’utilisation de la technologie de recyclage et de traitement des déchets <em><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Waste-to-energy">Waste to Energy</a></em>. Aussi appelée valorisation énergétique, cette technologie permet de transformer les déchets en une source de combustible sûre. Elle fait ainsi du recyclage de déchets un élément rentable pour les sociétés de traitement des déchets et pour les décharges.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan :</strong> <strong><a href="https://novastan.org/fr/environnement/en-ouzbekistan-la-lutte-contre-les-dechets-se-poursuit/?noredirect=fr-FR">En Ouzbékistan, la lutte contre les déchets se poursuit</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Nous planifions d’organiser des enchères, pour inciter les investisseurs à soutenir la construction d’usines d’incinération des déchets (fonctionnant grâce à la technologie </em>Waste to Energy<em>, ndlr) dans six villes du pays : <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Aktioub%C3%A9">Aktioubé</a>, Almaty, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Atyraou">Atyraou</a>, <a href="https://www.novastan.org/fr/kazakhstan/la-capitale-du-kazakhstan-renommee-nur-sultan/">Nur-Sultan</a>, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Taraz">Taraz </a>et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Chymkent">Chimkent</a>. Le ministère étudie activement la question avec les autorités locales, notamment à propos des terrains disponibles, des infrastructures et du traitement garanti des déchets. Les entreprises devront se conformer à des exigences équivalentes à celles de la Directive européenne relative aux émissions industrielles »</em>, a déclaré le ministre. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une ligne téléphonique directe dédiée aux décharges sauvages</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Une autre mesure phare contre les décharges sauvages a été le lancement par le ministère de l’Écologie d’une ligne téléphonique directe pour les habitants du Kazakhstan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En cas de détection d’une décharge sauvage dans sa ville ou sa localité, n&rsquo;importe quel habitant peut envoyer une photo de l’infraction en précisant sa localisation, ou bien appeler directement pour transmettre les informations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette ligne directe est active depuis cet été. Lors des cinq premiers jours, elle a recueilli environ 250 signalements de décharges illégales. En quelques semaines, les opérateurs de la ligne ont traité 623 appels, dont 429 concernaient des décharges illégales et 154 étaient liées à des débordements de poubelles dans des cours d’immeubles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les appels des citoyens ont été reçus principalement depuis les régions d&rsquo;Almaty (90), du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kazakhstan-Oriental">Kazakhstan Oriental</a> (62), de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Karaganda">Karaganda</a> (48), et aussi de la ville d’Almaty (47). Le ministère de l’Écologie et les autorités locales ont ainsi pu, en une semaine, éliminer près de la moitié des décharges illégales (347).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la lutte contre les décharges sauvages, les autorités peuvent compter non seulement sur la loi, mais également sur le soutien des citoyens du Kazakhstan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des milliers d&rsquo;entre eux ont pris part à la très vaste action écologique <em>Birge-taza Kazakhstan</em>, dans le cadre de la journée internationale de la propreté « <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/World_Clean_Up_Day">World Cleanup Day</a> ». Au Kazakhstan cette année, un nettoyage citoyen a été organisé malgré la pandémie, avec l’élimination de dépôts sauvages, le nettoyage des rues et des cours, et la plantation de jeunes arbres.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="930" height="525" class="wp-image-45343" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/inform.kz_1.jpg" alt="" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/inform.kz_1.jpg 930w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/inform.kz_1-300x169.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/inform.kz_1-768x434.jpg 768w" sizes="(max-width: 930px) 100vw, 930px" />
<figcaption>Opération « Birge-taza Kazakhstan » en 2020, pour le ramassage de déchets.</figcaption>
</figure>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son discours, le chef de l’Etat <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/kassym-jomart-tokaiev-le-diplomate-devenu-president/">Kassym-Jomart Tokaïev</a> a présenté le projet de verdissement comme un objectif important de la politique de l&rsquo;État. Son plan quinquennal prévoit la plantation de deux milliards d’arbres en forêt, et de quinze millions en ville.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un appel pour l&rsquo;écotourisme</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Paradoxalement, l’écotourisme peut contribuer à la lutte contre les décharges sauvages. L’écotouriste aujourd’hui ne se contente pas d’avoir une activité neutre pour la nature, il agit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par exemple, les randonneurs ramassent non seulement leurs déchets, mais également les déchets de leurs concitoyens irresponsables qui les ont précédés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce genre de passe-temps est devenu une tradition pour les membres de la Maison de géographie de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pavlodar">Pavlodar</a>. Lors de leurs randonnées ou de leurs excursions en rafting sur la rivière, ils prennent avec eux des sacs poubelle: « un pour soi et un pour les déchets des autres».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Récemment, la petite équipe a descendu la rivière <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Irtych">Irtych</a>, depuis le village de Mitchourine jusqu&rsquo;à celui de Naberejnoï. Lors des escales, elle a collecté les ordures laissés par les vacanciers.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="930" height="525" class="wp-image-45345" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/unnamed-file.png" alt="" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/unnamed-file.png 930w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/unnamed-file-300x169.png 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/04/unnamed-file-768x434.png 768w" sizes="auto, (max-width: 930px) 100vw, 930px" />
<figcaption>Ramassage d&rsquo;ordures pour les membres de la Maison de géographie de Pavlodar.</figcaption>
</figure>



<p class="wp-block-paragraph">Selon le chef de l&rsquo;expédition Vladimir Ragouline, les écotouristes ont réussi à rassembler cinq sacs de déchets en deux jours de voyage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«<em> Durant la descente en rafting, nous étions six participants dans deux bateaux pneumatiques. La longueur totale du voyage était de 39 kilomètres avec quelques escales pendant le voyage »</em>, a précisé Vladimir Ragouline.</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Envie d'Asie centrale dans votre boîte mail ? Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter hebdomadaire <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://2ff41361.sibforms.com/serve/MUIFAEUtgQP8Waps-GeAAxU6xgHAdCwla_phFOCNHYUG2N5pyugc_FC9NR3XbOOigQxU5CuQ4V0IZJcq6LjCU6Hx9fBECllNbyvRpMFItJi2WzECxpflAKA-cS-isERi5gQRcgrqND1R6toUU-9w6b_7bd4-Ty-GtfBQfXNFFjMIK0bYtfXjv8bCS5qFaXUgi00yBrR5vK187H2N">en cliquant ici.</a></span></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« L’équipe de la Maison de la géographie de Pavlodar a accompli son 3ème et dernier voyage écologique. Isolés de la civilisation et des gadgets, nous n’avons pas seulement accompli une mission sociale, nous avons également pu profiter de temps libre »</em>, a ajouté la militante Anastasia Sasko.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est important de noter qu’au Kazakhstan, l’abandon de déchets dans des endroits inappropriés est passible des amendes suivantes : 55 560 tengués (107,8 euros) pour les personnes physiques, 83 340 tengués (161,8 euros) pour les petites entreprises, 111 120 tengués (215,7 euros) pour les entreprises de taille moyenne, 138 900 tengués (269,6 euros) pour les entreprises importantes. Mais les habitants du Kazakhstan n’ont pas encore peur de ces amendes, à en juger par la quantité de déchets ramassés.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Par la rédaction d&rsquo;informburo.kz</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit </strong><a href="https://informburo.kz/stati/stihiynye-svalki-v-kazahstane-pochemu-poyavlyayutsya-i-kak-s-nimi-borotsya.html?utm_source=telegram.org&amp;utm_medium=news&amp;utm_campaign=vd"><strong>du russe</strong></a><strong> par Juliette Amiranoff</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Adrien Delorge</strong></p>
<p style="text-align: right"><strong>Relu par Jacqueline Ripart</strong></p>


<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Comment cinq jeunes se battent pour la préservation des langues du Pamir</title>
		<link>https://novastan.org/fr/tadjikistan/comment-cinq-jeunes-se-battent-pour-la-preservation-des-langues-du-pamir/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Adrien Delorge]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Feb 2021 08:24:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Langue]]></category>
		<category><![CDATA[Pamir]]></category>
		<category><![CDATA[Tradition]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://novastan.org/fr/?p=43452</guid>

					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/comment-cinq-jeunes-se-battent-pour-la-preservation-des-langues-du-pamir/">Comment cinq jeunes se battent pour la préservation des langues du Pamir</a></p>
<p>Des langues uniques à la région du Pamir sont aujourd’hui au bord de l’extinction. Rencontre avec cinq jeunes figures qui se mobilisent pour préserver cet héritage. Novastan reprend et traduit ici un article publié le 23 août 2020 par le média tadjik Asia-Plus. C&#8217;est un combat de fourmi. Dans le massif du Pamir, au cœur [&#8230;]</p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/comment-cinq-jeunes-se-battent-pour-la-preservation-des-langues-du-pamir/">Comment cinq jeunes se battent pour la préservation des langues du Pamir</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/comment-cinq-jeunes-se-battent-pour-la-preservation-des-langues-du-pamir/">Comment cinq jeunes se battent pour la préservation des langues du Pamir</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des langues uniques à la région du Pamir sont aujourd’hui au bord de l’extinction. Rencontre avec cinq jeunes figures qui se mobilisent pour préserver cet héritage.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Novastan reprend et traduit ici un article publié le 23 août 2020 par le média tadjik </strong><a href="https://asiaplustj.info/ru/news/tajikistan/society/20200823/kak-5-molodih-issledovatelei-boryutsya-za-sohranenie-pamirskogo-yazika?tg_rhash=4ad06923c19fc6"><strong>Asia-Plus</strong></a><strong>.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est un combat de fourmi. Dans le massif du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pamir">Pamir</a>, au cœur du Tadjikistan, <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Pamir_languages">les langues locales</a> sont en danger d&rsquo;extinction. Parlées par environ 100 000 personnes, elles ne sont que rarement transcrites ou conservées. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Cinq jeunes Tadjiks tentent actuellement de préserver cet héritage, par des livres audios, des poèmes ou encore livres pour enfants. Tour d&rsquo;horizon.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Firouz Sabzaliev, acteur et réalisateur</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis de nombreuses années, le réalisateur Firouz Sabzaliev joue dans des films, organise et supervise des tournages. En 2019, il a décidé de se lancer dans un projet de livre audio utilisant les langues traditionnelles du Pamir. Le projet a obtenu les soutiens nécessaires à sa réalisation et est aujourd’hui en cours de finalisation. Le livre audio se compose de deux recueils de «&nbsp;Contes du peuple tadjik&nbsp;» («&nbsp;Afsonakhoi khalki tojik&nbsp;»). Chaque recueil contient des contes en langues shughni, rushan et wakhi. Firouz Sabzaliev explique qu’il a décidé de se lancer dans cette entreprise pour œuvrer à la préservation des langues du Pamir.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Les langues du Pamir sont parlées principalement dans les provinces du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Badakhchan_(Afghanistan)">Badakhchan </a>et du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Haut-Badakhchan">Haut-Badakhchan</a>, situées au nord-est de l’Afghanistan pour l&rsquo;une et dans l’est du Tadjikistan pour l&rsquo;autre. On les trouve également dans les régions frontalières entre le Tadjikistan et la Chine, ainsi que dans la province chinoise du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Xinjiang">Xinjiang</a>. Certaines régions du Pakistan, comme le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gilgit-Baltistan">Gilgit-Baltistan</a>, hébergent également des communautés utilisant ces langues. Le nombre de locuteurs natifs était estimé à 100 000 au début du XXIème siècle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Je ne suis pas grammairien ni linguiste, mais je ne pouvais pas rester les bras croisés. J’ai été fou de joie quand mon projet a été soutenu, j’adore faire plaisir aux gens et me rendre utile. C’est avec plaisir que je mène ce projet et je fais tout mon possible pour que mon travail rende les gens heureux&nbsp;»</em>, décrit auprès d&rsquo;Asia-Plus Firouz Sabzaliev.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le réalisateur a presque terminé son travail sur le livre audio, qui sera bientôt disponible sur Internet. Il a également d’autres projets en parallèle : des dessins animés en <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Shughni">shugni</a> et des films en libre accès sur YouTube.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="720" height="720" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/Фируз-Сабзалиев-1.jpg" alt="Firouz Sabzaliev Portrait Pamir Langue" class="wp-image-43470" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/Фируз-Сабзалиев-1.jpg 720w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/Фируз-Сабзалиев-1-300x300.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/Фируз-Сабзалиев-1-150x150.jpg 150w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/Фируз-Сабзалиев-1-550x550.jpg 550w" sizes="auto, (max-width: 720px) 100vw, 720px" /><figcaption>Portrait de Firouz Sabzaliev.</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Mes livres audio seuls ne suffisent pas »,</em> explique Firuz Sabzaliev. « <em>Pour préserver la langue, il faut l’enseigner. Les langues du Pamir doivent figurer au programme scolaire de l’école primaire. Il faudrait aussi qu’on les entende sur les télévisions ou radios locales</em>« , ajoute-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Savri Koubatbekhovna, professeure de langues</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Savri Koubatbekhovna vit depuis plusieurs années aux États-Unis. Elle voyage régulièrement dans de nombreux pays. <em>«&nbsp;Durant mes voyages, je fais ma propre recherche personnelle sur les langues. J’écoute les sonorités des différentes langues et je m’interroge en permanence sur leurs similitudes avec ma langue natale du Pamir »</em>, décrit la chercheuse tadjike.<em> « Par exemple, le mot «&nbsp;femme&nbsp;» en grec se dit «&nbsp;guenica&nbsp;», tout comme «&nbsp;Guenic&nbsp;» en shugni. En hindi, «&nbsp;jaldi&nbsp;» signifie «&nbsp;plus vite&nbsp;», en persan «&nbsp;xist&nbsp;» signifie «&nbsp;humide&nbsp;», en bulgare «&nbsp;chashma&nbsp;» signifie «&nbsp;source&nbsp;», tous ces mots se retrouvent également en shugni. Beaucoup d’autres langues possèdent des mots similaires à ceux de ma langue maternelle »</em>, explique-t-elle. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Cela m’attriste de constater que l’on rencontre de moins en moins de mots que nous utilisions dans le temps, et que l’on utilise de plus en plus de nouveaux termes techniques. On ne s’en rend pas compte tant qu’on ne part pas vivre hors du Tadjikistan&nbsp;»</em>, estime Savri Koubatbekhovna. &nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="799" height="799" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/САВРИ-6.jpg" alt="Savri Koubatbekhovna Portrait Pamir Langues" class="wp-image-43468" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/САВРИ-6.jpg 799w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/САВРИ-6-300x300.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/САВРИ-6-150x150.jpg 150w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/САВРИ-6-768x768.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/САВРИ-6-550x550.jpg 550w" sizes="auto, (max-width: 799px) 100vw, 799px" /><figcaption>Portrait de Savri Koubatbekhovna. </figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Savri Koubatbekhovna travaille dans le secteur de la santé publique, mais lorsqu&rsquo;elle effectue des traductions et donne des cours privés en parallèle, elle utilise la langue shugni sous sa forme la plus traditionnelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La jeune femme a par ailleurs créé sur les réseaux sociaux le groupe «&nbsp;Les langues du Pamir&nbsp;», où elle publie anecdotes, chansons, études scientifiques, et autres histoires sur ce thème. Cette plateforme facilite également les échanges avec ses compatriotes dans sa langue maternelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;J’échange toujours avec des gens qui parlent dans un shugni impeccable</em>« , explique Savri Koubatbekhovna. <em>« Ce sont des gens avec lesquels nous partageons la langue et la culture des alentours de la rivière entre le Badakhchan et l’Afghanistan, et qui vivent aux États-Unis. Chaque fois que j&rsquo;ai une question sur un mot complexe, je me tourne vers eux »</em>, décrit-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;:</strong>&nbsp;<a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/les-langues-du-pamir-sur-le-point-de-disparaitre/"><strong>Les langues du Pamir sur le point de disparaître ?</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Savri Koubatbekhovna s’est découvert un intérêt pour l’enseignement de sa langue maternelle lors de ses études à l’université de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khorog">Khorog</a>, la capitale du Haut-Badakhchan. Elle y a étudié l’anglais, ainsi que le français en seconde langue étrangère. Après avoir obtenu une maîtrise en linguistique à la faculté des arts de l’Université de Delhi, Savri Koubatbekhovna a commencé à travailler en tant que professeure d’anglais à l’école des langues professionnelles de l’Université d’Asie centrale, au Tadjikistan. Elle dit s’être inspirée des travaux de Toupchi Bakhtibekov, qui, selon elle, a été un des premiers à soulever la problématique des langues du Pamir. Il a conduit plusieurs travaux scientifiques sur la structure de la langue shugni et a beaucoup contribué à l’étude des langues du Pamir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Savri Koubatbekhovna est convaincue que le soutien et la préservation de la langue passent par sa diffusion dans les médias, la radio, les livres, les journaux ou la télévision. <em>« Tous doivent être accessibles à ceux qui parlent une autre langue, et ces mêmes personnes doivent œuvrer contre la disparition de la langue, parce que la langue est le reflet de la culture »</em>, estime-t-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Safo Alinazar, poète</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Safo Alinazar est un jeune poète, qui écrit des vers et des chansons dans sa langue natale du Pamir, le shugni. Très actif, il a déjà publié deux livres à ce jour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son premier livre, «&nbsp;Feu, Eau, Fumée&nbsp;», contient des vers exclusivement en langue shugni. Son second livre se nomme «&nbsp;Nan Ziv&nbsp;», traduction de «&nbsp;Langue Maternelle&nbsp;» ou de «&nbsp;Langue&nbsp;Natale&nbsp;». Il connait déjà un grand succès auprès des amateurs et enthousiastes de vers en langue du Pamir.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="575" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/Сафо-Алиназар-3-1.jpg" alt="Safo Alinazar Portrait Pamir Langues" class="wp-image-43469" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/Сафо-Алиназар-3-1.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/Сафо-Алиназар-3-1-300x168.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/Сафо-Алиназар-3-1-768x431.jpg 768w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Safo Alinazar, au centre. </figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">En parallèle, Safo Alinazar travaille dans le domaine de l’éducation. <em>«&nbsp;Régulièrement j’écris, je compose et j’édite de nouveaux vers en langue du Pamir, et je les publie sur Internet. Je pense qu’ainsi, les connaissances orales de la langue vont pouvoir se transmettre de génération en génération et, que nous pourrons sauvegarder au moins certaines parties. Je suis heureux de pouvoir y contribuer&nbsp;»</em>, affirme l&rsquo;artiste.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Aujourd’hui, nos langues du Pamir sont en danger, la mondialisation et la mauvaise qualité des traductions aggravent la situation et détruisent les spécificités uniques de ces langues&nbsp;»</em>, conclue-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Khousnia Khoutchamerova, enseignante</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Employée à l’Alliance pour l’étude des langues en voie de disparition, Khousnia Khoutchamerova vit à New York depuis plus de dix ans, où elle étudie les langues du Pamir. Khousnia Khoutchamerova a 21 ans, et elle intervient aujourd’hui auprès d’étudiants américains pour leur parler des langues du monde en voie d’extinction.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="662" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/Хусния-2-1024x662.jpg" alt="Khousnia Khoutchamerova Portrait Pamir Langues" class="wp-image-43471" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/Хусния-2-1024x662.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/Хусния-2-300x194.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/Хусния-2-768x497.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2021/02/Хусния-2.jpg 1124w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>Portrait de Khousnia Khoutchamerova. </figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">La jeune femme conduit des recherches et s’est rendue plusieurs fois dans son pays natal, le Tadjikistan. Elle y a réalisé un sondage, auprès de personnes âgées du Pamir, afin d’identifier les mots rares que l’ancienne génération utilise encore à l’oral.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Pour éviter que la langue du Pamir ne se détériore, je m’efforce comme je peux, avec mes propres moyens, de préserver toutes les informations que je peux collecter&nbsp;»</em>, décrit Khousnia Khoutchamerova. Elle conduit ses recherches en anglais, afin de porter ces problématiques à un niveau mondial.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;:</strong>&nbsp;<a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/alitchour-un-film-en-photos-sur-les-difficultes-des-villages-du-pamir-touches-par-la-crise/"><strong>« Alitchour », un film en photos sur les difficultés des villages du Pamir touchés par la crise</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Par mon travail, je parle beaucoup du Tadjikistan, de notre langue, de notre culture et de notre mode de vie. Je fais tout mon possible pour préserver ma langue natale, même si je me trouve loin à l’étranger. J’en ai l’opportunité, c’est aujourd’hui ma mission et elle est fondamentale&nbsp;»</em>, dit Khousnia Khoutchamerova.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La jeune femme écrit également des livres pour enfants en utilisant cinq langues du Pamir&nbsp;: le shugni, le rushan, le bartangi, le wakhi et l&rsquo;ishkashimi. La série de livres illustrés se compose d’histoires recueillies dans toutes ces langues. Pour Khousnia Khoutchamerova, c’est un moment opportun pour une telle initiative. <em>«&nbsp;Dans la mesure où l’avenir de la langue est entre les mains des enfants, les livres dans la langue du Pamir aideront à renforcer la connaissance de la langue et de l’histoire de nos ancêtres&nbsp;»</em>, note-t-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chervoncho Alomchoïev, chercheur en langues du Pamir</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le jeune chercheur Chervoncho Alomchoïev a consacré la totalité de ses travaux scientifiques aux langues du Pamir. Il dit avoir découvert une grande quantité de faits notables, grâce à de nombreux travaux réalisés par des historiens et écrivains de renommée internationale.&nbsp;</p>


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<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Beaucoup d’ouvrages scientifiques ont été écrits sur la langue, beaucoup de livres ont été publiés, malheureusement tous ces travaux ont été faits avant la dissolution de l’Union soviétique. L’importance de la préservation de la langue était souvent abordée dans les journaux, les magazines, les émissions de radio et à la télévision »</em>, décrit à Asia-Plus Chervoncho Alomchoïev. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Une maison d’édition locale dénommée «&nbsp;Pamir&nbsp;» existait par exemple. De nombreux manuels scolaires étaient publiés dans les langues locales et des heures facultatives de langue shugni existaient. Les livres d’étude «&nbsp;Alphabet de langue shugni&nbsp;», «&nbsp;Grammaire de langue shugni&nbsp;», «&nbsp;Alphabet de langue yazghulami&nbsp;», ont été imprimés&nbsp;à l&rsquo;époque »</em>, explique-t-il. Chervoncho Alomchoïev note, avec regret, que par la suite les formations, les publications et les diffusions en langue du Pamir dans les médias ont disparu.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Malheureusement, aujourd’hui, le sort des langues du Pamir n’intéresse que ceux qui les utilisent, et ce sont les seuls à se battre pour elle&nbsp;»</em>, se désole le chercheur. Un constat illustrant la problématique de la préservation des langues traditionnelles, auquel le Pamir, de par sa richesse culturelle, n’échappe pas.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Vassila Boulboulchoïeva<br>Journaliste pour Asia-Plus</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit </strong><a href="//asiaplustj.info/ru/news/tajikistan/society/20200823/kak-5-molodih-issledovatelei-boryutsya-za-sohranenie-pamirskogo-yazika?tg_rhash=4ad06923c19fc6"><strong>du russe</strong></a><strong> par Juliette Amiranoff</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Édité par Adrien Delorge</strong></p>


<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Sur les pas des Fedtchenko, une famille d&#8217;explorateurs amoureuse du Pamir</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Adrien Delorge]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Oct 2020 16:07:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société et Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Tadjikistan]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Découverte]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Pamir]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
		<category><![CDATA[Voyage]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/sur-les-pas-des-fedtchenko-une-famille-dexplorateurs-amoureuse-du-pamir/">Sur les pas des Fedtchenko, une famille d&rsquo;explorateurs amoureuse du Pamir</a></p>
<p>Chaîne de légende située dans le nord et l’est du Tadjikistan, le Pamir a fait l’objet de nombreux récits d’aventures et de voyages. Parmi eux, ceux de la famille d’Alexeï Fedtchenko, aventurier et naturaliste russe du XIXème siècle. De leurs expéditions, ils ont laissé de grandes histoires et un héritage scientifique considérable. Novastan reprend et [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/sur-les-pas-des-fedtchenko-une-famille-dexplorateurs-amoureuse-du-pamir/">Sur les pas des Fedtchenko, une famille d&rsquo;explorateurs amoureuse du Pamir</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chaîne de légende située dans le nord et l’est du Tadjikistan, le Pamir a fait l’objet de nombreux récits d’aventures et de voyages. Parmi eux, ceux de la famille d’Alexeï Fedtchenko, aventurier et naturaliste russe du XIXème siècle. De leurs expéditions, ils ont laissé de grandes histoires et un héritage scientifique considérable.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Novastan reprend et traduit ici un article publié le 19 juillet 2020 par le média tadjik </strong><a href="https://asiaplustj.info/ru/news/tajikistan/society/20200719/fedchenko-semya-vlyublennaya-v-pamir"><strong>Asia-Plus</strong></a><strong>.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La plupart des Tadjiks et connaisseurs de la région du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Pamir">Pamir</a>, chaîne de montagne située dans le nord et l&rsquo;est du Tadjikistan, associent le mot « Fedtchenko » <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Glacier_Fedtchenko">au glacier du même nom</a>,&nbsp;un des lieux les plus visités du pays. Peu de personnes savent en revanche que l’homme en l’honneur duquel a été nommé ce glacier n’y a jamais mis les pieds. Malgré cela, l’explorateur <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexe%C3%AF_Fedtchenko">Alexeï Fedtchenko</a> (1844-1873) a consacré toute sa courte vie à l’étude de l’Asie centrale.</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Novastan est le seul média européen (en français, en allemand et en anglais) spécialisé sur l'Asie centrale. Entièrement associatif, il fonctionne grâce à votre participation. Nous sommes indépendants et pour le rester, nous avons besoin de vous ! Vous pouvez nous soutenir <strong><a href="https://novastan.org/fr/sabonner/"> en vous abonnant</a></strong>, en réalisant <a href="https://www.okpal.com/soutenez-novastan-seul-media-francais-sur-l-asie/#/"> un don défiscalisé à 66 %</a>, ou en devenant membre actif<strong> <strong><a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/devenez-membre-devenez-novastan/">par ici</a></strong>.</strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">Lors de ses multiples voyages, il a développé un nombre considérable de connaissances sur la flore, la faune, la géographie et l’ethnographie de la région. Il tacha avec détermination d’explorer le Pamir, mystérieux et énigmatique pour les Européens, et qui était alors absolument inconnu sur le plan scientifique. Le 19 décembre 1869, Alexeï Fedtchenko écrit dans une lettre à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Constantin_von_Kaufmann">Constantin Von Kaufman</a>, premier gouverneur général du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Turkestan#Turkestan_russe">Turkestan russe</a> : <em>«&nbsp;J’ai lu dans les journaux que l’anglais <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/George_W._Hayward">Hayward</a> entend pénétrer le <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Bolor-Tagh">Belor-Tagh</a> et le Pamir. Pour tout dire,&nbsp;cela m’a beaucoup attristé,&nbsp;puisque cela signifie que la découverte la plus curieuse qu’il reste à faire en Asie centrale ne sera pas faite par des Russes&#8230;&nbsp;»</em>. Des mots à la hauteur de son engagement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec ses explorations, Alexeï Fedtchenko a découvert notamment <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Cha%C3%AEnon_Trans-Ala%C3%AF">le chaînon Trans-Altaï</a>, qui marque la bordure du Pamir au Nord, et parvint jusqu’aux contreforts Ouest formés par le <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Monts_Zeravchan">Mont Zeravchan</a>. Cependant, malgré ces découvertes, il ne parvient jamais à atteindre le «&nbsp;Toit du monde&nbsp;», le nom donné au Pamir en raison de la présence de trois sommets de plus de 7000 mètres. Alexeï Fedtchenko est décédé en 1873 à l’âge de 29 ans, lors d’un séjour de préparation dans les Alpes en vue d&rsquo;une expédition future au Pamir.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="454" height="245" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/10/Fedtchenko-Glacier.jpg" alt="" class="wp-image-39574" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/10/Fedtchenko-Glacier.jpg 454w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/10/Fedtchenko-Glacier-300x162.jpg 300w" sizes="auto, (max-width: 454px) 100vw, 454px" /><figcaption>Le Glacier Fedtchenko au Pamir</figcaption></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph">C’est cinq ans plus tard que l’explorateur <a href="https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%9E%D1%88%D0%B0%D0%BD%D0%B8%D0%BD,_%D0%92%D0%B0%D1%81%D0%B8%D0%BB%D0%B8%D0%B9_%D0%A4%D1%91%D0%B4%D0%BE%D1%80%D0%BE%D0%B2%D0%B8%D1%87">Vassily Oshanin</a> découvre dans le Pamir un des plus grands glaciers de montagne au monde, qu&rsquo;il nomme en l’honneur de son ami Alexeï Fedtchenko.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Perpétuation familiale</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">A la suite de la mort d’Alexeï Fedtchenko, sa femme,&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Olga_Fedtchenko">Olga Alexandrovna</a>, et son fils,&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Boris_Fedtchenko">Boris Alexeïevitch Fedtchenko</a> poursuivent ses recherches dans le but d’achever son rêve. Olga Fedtchenko avait réussi à transmettre à son fils Boris l’amour pour le voyage au Pamir. Ils étudient non seulement la faune et la flore,&nbsp;mais recueillent également des connaissances uniques quant à la vie et au quotidien des habitants de cette région montagneuse.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils organisent dès 1901, avec le soutien de de la <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Soci%C3%A9t%C3%A9_russe_de_g%C3%A9ographie">Société impériale russe de Géographie</a>, une première expédition. Son but était d’explorer la végétation du Pamir d’est en ouest, et plus loin en Inde à travers <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Hindou_Kouch">l’Hindou Kouch</a>. Mais les pouvoirs coloniaux indiens leur refusent l’accès au <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gilgit">Gilgit</a>, en raison de prétendus dangers se trouvant en ces lieux.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/9/9e/Pamir_topographic_map-fr.svg" alt="" width="744" height="476" /><figcaption>Carte topographique du Pamir <a href="https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Pamir_topographic_map-fr.svg">© Bourrichon (d)</a> / <a href="https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0">CC BY-SA</a> (Clic droit pour l&rsquo;afficher en grand écran)</figcaption></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph">C’est au milieu du mois de mai 1901 que l’expédition arrive au Pamir Oriental, en direction de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khorog">Khorog</a>. Au travers de nombreux comptes rendus et notes, Boris Alexeïevitch a fait part de ses impressions et écrit notamment à propos de la bienveillance des habitants de la région. Il rencontre le 24 juillet 1901 à Khorog Pir Saïd Youssouf Ali Shah, guide spirituel du <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Shughnon_District">Chougnan</a>, région de l’est du Tadjikistan actuel. L’homme, qui lui fait forte impression, deviendra un compagnon important de ses futures expéditions.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;:&nbsp;</strong><strong><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/le-tadjikistan-berceau-des-ismaeliens/">Le Tadjikistan, berceau des Ismaéliens</a></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ses écrits, Boris Fedtchenko soulignera de nombreuses fois l’abondance et la singularité de la nature rencontrée au Pamir. Il racontera son étonnement du nombre de plantes rares rencontrées entre les villages de Darmarakht et Andarob,&nbsp;au sud de Khorog. Il remarquera aussi la présence en grande quantité de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ferula">Ferula</a>, une plante herbacée de la région.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après avoir exploré la région d’<a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Ishkoshim_District">Ichkachim</a>, Fedtchenko retourne à Khorog, où il a entamé le chemin du retour. Il est accompagné par Asis-Khan, volostnoï du Chougnan. Le volostnoï était, à l&rsquo;époque, un officier chargé de gouverner un volost, un groupement administratif de 2 000 à 2 500 maisons. Asis-Khan accompagne donc Boris Alexeïevitch jusqu’au campement de Hajj-Nazar, situé à 150 kilomètres à l’est de Khorog, point qui marque la fin du premier voyage de Boris Alexeïevitch et de sa mère au Pamir occidental.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Retour au Pamir</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Une nouvelle expédition de la Société russe de géographie est organisée trois ans plus tard, toujours sous la direction de Boris Fedtchenko. Le départ est donné du poste militaire Pamirsky, construit par les Russes en 1893, et situé aujourd’hui à l’emplacement de la ville de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Murghab_(Tadjikistan)">Mourgab</a>. Au-delà des traditionnels enjeux botaniques, l’objectif était la découverte de glaciers, rivières et cols dans le but d’actualiser la carte du Pamir oriental.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son article <em>Second Voyage au Pamir</em>, publié dans la revue de botanique française <em>Bulletin de l’Herbier Boissier</em>, le savant souligne à nouveau le rôle essentiel joué par les locaux dans le succès de ses explorations. <em>«&nbsp;Le Poste Pamirsky,&nbsp;depuis mon expédition de 1901, a été transféré dans une nouvelle position,&nbsp;à 7 versts (1km, ndlr) plus bas dans </em><a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/bienvenue-sur-mars-le-district-de-mourghab-au-tadjikistan/"><em>la vallée du Mourgab</em></a><em> […].&nbsp;Grâce au choix de deux bons connaisseurs du Chougnan,&nbsp;invités à prendre part à cette expédition – le noble Asis-khan et Aman-bek,&nbsp;ci-devant&nbsp;:&nbsp;«&nbsp;volostnoï&nbsp;» du </em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Corridor_du_Wakhan"><em>Wakhan</em></a><em> – nous pouvons nous flatter de l’espoir de visiter des localités complètement inconnues et de recueillir tous les renseignements nécessaires sur ces régions lointaines&nbsp;»</em></p>



<pre class="wp-block-code"><code>&#091;googlemaps https://www.google.com/maps/d/u/0/embed?mid=1PlOpWKvuF-iKPKqBTWFssTzs3QIaUTYm&amp;w=540&amp;h=380]</code></pre>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph"><em>La carte ci-dessus permet de situer les principaux lieux mentionnés et ainsi mieux visualiser le voyage de 1904 de Boris Fedtchenko.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Boris Fedtchenko fait référence à Asis-Khan et Aman-Bek, figures de leurs régions respectives, et expulsés de ce qui était à l’époque <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Khanat_de_Boukhara">l’Emirat de Boukhara</a> vers le Pamir oriental. L’explorateur remarque en effet la relation extrêmement tendue qui existait entre les fonctionnaires de l’Emirat et les habitants et représentants locaux. Malgré la menace qui pesait sur la vie d’Aman-Bek, ce dernier donne sa parole d’accompagner l’expédition tout le long du trajet,&nbsp;jusqu’au <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Rushon_District">Rouchan</a> et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bartang">la vallée du Bartang</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le groupe franchit le col de Koi-Tezek le 19 juillet 1904 et parvient au bassin de Djauchangoz le soir même. Boris Fedtchenko a été profondément marqué par une rencontre avec un groupe de Tadjiks venus à leur rencontre. Ces derniers avaient décidé d’effectuer le trajet depuis les régions de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Corridor_du_Wakhan">Wakhan</a> et de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Cha%C3%AEnon_Shakhdara">Shakhdara</a>, afin de rencontrer les membres de l’expédition dont on parlait tant. C’est également à ce moment-là qu’Asis-Khan se sépare momentanément du groupe afin de retourner auprès de sa famille.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan:</strong> <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/bienvenue-sur-mars-le-district-de-mourghab-au-tadjikistan/"><strong>Bienvenue sur Mars : le district de Mourghab au Tadjikistan</strong></a><strong><u></u></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout au long du voyage, Boris Fedtchenko a pris le temps d’effectuer une cartographie précise des zones traversées et consigna de nombreuses espèces de plantes, ainsi que leurs noms dans les langues des régions du Wakhan et de Shakhdara. Il remarque une grande différence entre ces deux langues. En paralèlle, il a également établi la généalogie des dirigeants du Shakhdara et retracé l&rsquo;histoire du Wakhan, grâce aux informations de ses compagnons de voyage Aman-Bek et Asis-Khan.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le premier Européen sur le col de Yamg</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Après trois jours de traversée jusqu’au col du Vrang, l’expédition fait une halte dans la résidence d’Aman-Bek dans la région du Wakhan.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Nous fîmes joyeusement campement sur l’agréable terrasse de la maison du volostnoï du Wakhan&nbsp;:&nbsp;nous nous mîmes à trier nos collections et nos notes,&nbsp;alors que pendant ce temps on préparait le dîner.&nbsp;Il y avait cette sorte de joie chez Aman-bek lui-même,&nbsp;qui avait retrouvé son chez-soi,&nbsp;chose qu’il croyait ne plus jamais pouvoir faire&nbsp;», </em>décrit Boris Fedtchenko.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En poursuivant par la vallée du Shakhdara, le groupe passe par le col de Yamg.&nbsp;Boris Alexeïevitch note avec fierté dans ses publications&nbsp;qu’il était le premier Européen à se présenter sur ce lieu. Après une périlleuse descente au milieu des crevasses et glaciers, l’expédition s’arrête dans le <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Kishlak">kishlak</a> de Sindev, terre de leur compagnon de voyage Asis-Khan. Symbole de la chaleur de l’accueil, une peau de lynx a notamment été offerte à Boris Fedtchenko.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;:</strong>&nbsp;<a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/plongee-dans-lasie-centrale-des-annees-1910/"><strong>Plongée dans l’Asie centrale des années 1910</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le trajet se poursuit et le 9 août, l’expédition parvient à Khorog d’où ils suivirent la rivière <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Piandj">Piandj</a> pour rejoindre la région du Rouchan à la confluence des cours d’eaux du Piandj et du Bartang. Les récits racontent que de grands efforts ont été nécessaires pour traverser la rivière. Celle-ci effectuée, le groupe prend la direction de Kalai-Vamar, l&rsquo;actuelle ville de Rouchan, résidence au Pamir occidental des gouverneurs de l’Emirat de Boukhara.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Boris Fedtchenko était inquiet, à juste titre, du sort réservé à son compagnon Aman-Bek lors de leur arrivée à Kalai-Vamar. Ce dernier en avait été chassé six mois plus tôt et une rumeur faisait état d’hommes envoyés par l’Emirat pour l’arrêter. Malgré cela, tout se passe sans accroc et les gouverneurs Ich-Mouradbek et Mirza-Mouhammad rencontrent le savant et ses hommes assez chaleureusement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>De Khorog à Tachkent</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Boris Fedtchenko a été impressionné par le Bartang et ses paysages pittoresques faits d’étendues de rivières fertiles et d’immenses jardins, ainsi que par la nature hardie de ses habitants. Escalades le long des falaises, et passages sur des avancées escarpées au moyen d’une corde faisaient partie du quotidien de ces hommes et de ces femmes.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="480" height="497" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/10/Khorog-1904.jpg" alt="" class="wp-image-39576" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/10/Khorog-1904.jpg 480w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/10/Khorog-1904-290x300.jpg 290w" sizes="auto, (max-width: 480px) 100vw, 480px" /><figcaption>Une fortification à Khorog en 1904 (photo de la collection de B. Fedtchenko)</figcaption></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph">Après une période d’étude au Bartang, le groupe remonte en direction du col du Shtam, où beaucoup ont été de nouveaux impressionnés par les paysages s’offrant à eux. Se dressait majestueusement au loin, blanchis par la neige, les chaînons de la vallée du <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gunt">Gunt</a> et ses nombreux glaciers. Une fois redescendu dans la vallée, le groupe se met en direction de Khorog, où devait se tenir la dernière réunion de l’expédition. On y discute notamment de l’invitation de Saïd Youssouf Ali Shah,&nbsp;Aman-Bek et Asis-Khan par le gouverneur général du Turkestan à Tachkent, ville qui marquerait la fin de leur voyage.</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Envie d'Asie centrale dans votre boîte mail ? Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter hebdomadaire <strong><span style="text-decoration: underline;"><a href="https://2ff41361.sibforms.com/serve/MUIFAEUtgQP8Waps-GeAAxU6xgHAdCwla_phFOCNHYUG2N5pyugc_FC9NR3XbOOigQxU5CuQ4V0IZJcq6LjCU6Hx9fBECllNbyvRpMFItJi2WzECxpflAKA-cS-isERi5gQRcgrqND1R6toUU-9w6b_7bd4-Ty-GtfBQfXNFFjMIK0bYtfXjv8bCS5qFaXUgi00yBrR5vK187H2N">en cliquant ici.</a></span></strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Avec nous se mirent en chemin pour Tachkent Saïd Youssouf Ali Shah,&nbsp;Aman-Bek,&nbsp;Asis-Khan et leurs serviteurs.&nbsp;Des centaines de Tadjiks se réunirent pour faire le début du chemin avec eux »</em>, raconte Boris Alexeïevitch.&nbsp;<em>« Ces hommes dignes n’allaient pas seulement demander la restauration de leurs droits,&nbsp;mais aussi l’apaisement de la situation insoutenable de leur patrie.&nbsp;Nous avons eu la chance d’aller là-bas,&nbsp;là où personne n’a jamais été,&nbsp;principalement grâce à leur assistance,&nbsp;et de connaître grâce à eux des aspects de la vie du peuple du Pamir occidental,&nbsp;qui sont cachés pour l’Européen&nbsp;»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un héritage scientifique et historique</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour tout chercheur s’intéressant à l’histoire des régions occidentales du Tadjikistan à la fin du XIXème et au début du XXème siècle, les notes de Boris Fedtchenko s’avèrent être d’une valeur inestimable. Grâce à sa participation à plusieurs expéditions dans la région, il a été le témoin de nombreux événements historiques qu’il relate dans ses écrits. Son apport sur le plan scientifique a été conséquent, grâce à des observations décrites avec une exactitude et une précision exceptionnelles. Ces témoignages et observations sont sans commune mesure pour l’époque avec les autres récits de voyageurs,&nbsp;soldats et fonctionnaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La famille Fedtchenko laissera donc une marque importante dans l’histoire du Pamir et plus globalement dans la recherche et l’exploration scientifique. On trouve aujourd’hui leur nom associé à de nombreuses espèces de plantes et espèces animales. Un astéroïde a également été désigné en leur honneur, mais rien n’apporte bien sûr plus à la symbolique de leur amour pour le Pamir que le célèbre glacier portant leur nom.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Naïm Amonbekov<br>Journaliste pour Asia-Plus</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit</strong><a href="https://asiaplustj.info/ru/news/tajikistan/society/20200719/fedchenko-semya-vlyublennaya-v-pamir"><strong> </strong></a><a href="https://asiaplustj.info/ru/news/tajikistan/society/20200719/fedchenko-semya-vlyublennaya-v-pamir"><strong>du russe</strong></a><strong> par François Robic</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Edité par Adrien Delorge</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Guilhem Sarraute</strong></p>


<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
<p>The post <a href="https://novastan.org/fr/tadjikistan/sur-les-pas-des-fedtchenko-une-famille-dexplorateurs-amoureuse-du-pamir/">Sur les pas des Fedtchenko, une famille d&rsquo;explorateurs amoureuse du Pamir</a> appeared first on <a href="https://novastan.org/fr">Novastan France</a>.</p>
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		<title>Vote électronique au Kirghizstan : 10 ans après, l’heure du premier bilan</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Adrien Delorge]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 26 Sep 2020 07:07:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kirghizstan]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Election]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/vote-electronique-au-kirghizstan-10-ans-apres-lheure-du-premier-bilan/">Vote électronique au Kirghizstan : 10 ans après, l’heure du premier bilan</a></p>
<p>Depuis 2010, le Kirghizstan a procédé à la numérisation de son système de vote, se positionnant comme un pionnier sur la question en Asie centrale. Ce nouveau système avait pour objectif d’assurer une plus grande stabilité et de réduire de potentiels conflits lors d’élections. Mais il comporte aussi de nombreuses failles. Premier bilan contrasté à [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/vote-electronique-au-kirghizstan-10-ans-apres-lheure-du-premier-bilan/">Vote électronique au Kirghizstan : 10 ans après, l’heure du premier bilan</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Depuis 2010, le Kirghizstan a procédé à la numérisation de son système de vote, se positionnant comme un pionnier sur la question en Asie centrale. Ce nouveau système avait pour objectif d’assurer une plus grande stabilité et de réduire de potentiels conflits lors d’élections. Mais il comporte aussi de nombreuses failles. Premier bilan contrasté à Och, la deuxième ville du pays.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Novastan reprend et traduit ici un article publié le 17 juin 2020 par le média russe spécialisé sur l’Asie centrale, </strong><a href="https://fergana.site/articles/119022/"><strong>Fergana News</strong></a><strong>.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À la suite <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_kirghize_de_2010">des troubles politiques de 2010</a>, et avec l’appui d’organisations internationales, le Kirghizstan a opté pour une numérisation de son système de vote, symbole d’une volonté d’amener plus de transparence dans la vie démocratique du pays. L’utilisation d’outils technologiques est souvent citée comme un élément permettant d’assurer une plus grande stabilité dans le cadre électoral et de réduire le risque de conflits.</p>


<p style="background-color: #d4d4d4;"><span style="color: #000000;">Novastan est le seul média européen (en français, en allemand et en anglais) spécialisé sur l'Asie centrale. Entièrement associatif, il fonctionne grâce à votre participation. Nous sommes indépendants et pour le rester, nous avons besoin de vous ! Vous pouvez nous soutenir <strong><a href="https://novastan.org/fr/sabonner/"> en vous abonnant</a></strong>, en réalisant <a href="https://www.okpal.com/soutenez-novastan-seul-media-francais-sur-l-asie/#/"> un don défiscalisé à 66 %</a>, ou en devenant membre actif<strong> <strong><a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/devenez-membre-devenez-novastan/">par ici</a></strong>.</strong></span></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais comme l’a montré l’exemple des élections locales de décembre 2016 à <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Och">Och</a>, la deuxième ville du Kirghizstan, le vote électronique n’écarte pas le risque d’éventuelles fraudes ou abus. Il favorise bien au contraire l’émergence de certaines autres irrégularités. La fraude électorale au Kirghizstan a récemment fait l’objet <a href="https://www.cambridge.org/core/journals/european-review/article/cheating-the-machine-evoting-practices-in-kyrgyzstans-local-elections/C388DA58C1AD0B1E9F769B401411429C">d’une vaste étude</a> menée par Arzuu Cheranova de l’Université Corvinus à Budapest. Intitulée <em>Tromper la Machine : les Pratiques du Vote Électronique dans les élections locales au Kirghizstan</em> (<em>Cheating the Machine : E-voting Practices in Kyrghyzstan’s Local Elections</em>), elle a été publiée dans le journal scientifique European Review. Retour sur les principales conclusions de celle-ci.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une première en Asie centrale</strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2010, après une révolution qui provoque la chute du régime de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kourmanbek_Bakiev">Kourmanbek Bakiev</a> (2005-2010), le gouvernement kirghiz a pris l’initiative d’instaurer le vote électronique et a généralisé l’utilisation des cartes d’identités biométriques. Cet intérêt porté aux nouvelles technologies vient d’une volonté globale d’éviter les fraudes et dérapages lors du dépouillement des suffrages, événements assez fréquents auparavant.&nbsp; Entre 2011 et 2017, le pays a ainsi bénéficié de plus d’un million d’euros, dans le cadre de programmes financés par l’ONU et l’Union européenne (UE), pour mener à bien une réforme de son système électoral.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon les nouvelles règles, les électeurs sont d’abord appelés à s’enregistrer au préalable grâce au système biométrique afin de pouvoir voter. Le jour du scrutin, l’identité de chaque votant est vérifiée grâce à la carte d’identité biométrique et la prise d’empreintes digitales. Les bulletins sont ensuite glissés dans une machine à lecteur automatique. Au cas où l’on constaterait un écart entre le nombre de votes relevés électroniquement et le nombre de bulletins, il faudrait procéder à un nouveau décompte des résultats de façon manuelle.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Kirghizstan est ainsi devenu le premier pays en Asie centrale à recourir au vote électronique, expérience qui s’avère importante pour d’autres pays de la région envisageant une réforme similaire. La chercheuse Arzuu Cheranova a ainsi décidé d’étudier la question en se concentrant sur les élections du conseil municipal de la ville d&rsquo;Och de décembre 2016. Ces élections revêtent une importance stratégique pour la deuxième ville du pays, le maire étant en effet élu lors d’un scrutin majoritaire à un tour par ces mêmes membres du conseil municipal – appelé le Kenech. La bataille entre les partis politiques a ainsi été suivie de près, aussi bien au niveau local que national.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;:</strong> <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/kirghizstan-quand-la-politique-sinvite-au-village/"><strong>Kirghizstan : quand la politique s’invite au village</strong></a><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour recueillir les informations et données nécessaires à son étude, la chercheuse a, d’un côté, interviewé des membres du comité électoral, des membres d’organisations publiques, ainsi que des observateurs indépendants, tous de manière anonyme. Elle a également observé le déroulement du scrutin et étudié en détails la législation du Kirghizstan ainsi que l’expérience d’autres pays en matière de vote électronique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">13 partis ont participé aux élections municipales à Och et 4 d’entre eux ont obtenu des sièges&nbsp;à la suite de celles-ci&nbsp;: les deux partis au pouvoir («&nbsp;SDPK Parti social-démocrate du Kirghizstan&nbsp;» et «&nbsp;Bir Bol&nbsp;») ainsi que deux partis d’opposition (« Ata-Meken&nbsp;» et «&nbsp;Respoublica-Ata-Jourt&nbsp;»).&nbsp; L’étude souligne que tous les partis, que ce soit ceux au pouvoir ou dans l’opposition, ont eu recours à au moins une ou plusieurs manœuvres de manipulation électorale.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des infractions relevées lors de la procédure électorale</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La loi en vigueur stipule que les résultats du scrutin sont annoncés après le décompte officiel, décompte effectué manuellement par l’ensemble des représentants des partis et des observateurs indépendants, ceci afin de contrer tout éventuel dysfonctionnement ou erreur dans le système numérique. A Och, cela n’a pas toujours été le cas&nbsp;pendant les élections municipales de 2016 : dans 10 bureaux sur un total de 73, les intervenants n’ont pas souhaité faire le décompte manuellement, probablement en raison de leur facile possibilité d’accès au système numérique. Un des observateurs en témoigne&nbsp;: <em>«&nbsp;Nous n’avons pas eu confiance en les membres de la commission. Le matin, quand on nous a informés dans les tchats de discussion entre observateurs qu’ils </em>(les membres de la commission)<em> avaient accès au système et donc la possibilité de manipuler les chiffres, je n’y ai pas cru. Mais lorsqu’ils ont refusé de vérifier les résultats numériques avec les bulletins de vote, il m’est apparu clairement qu’ils agissaient en faveur du gouvernement&nbsp;».&nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;:</strong> <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/kirghizstan-des-elections-concurrentielles-mais-pas-entierement-libres/"><strong>Kirghizstan : “Des élections concurrentielles mais pas entièrement libres”</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Des cas identiques sont survenus en 2015 lors des élections parlementaires où, dans presque la moitié des bureaux de vote, les résultats du décompte manuel n’ont pas donné les mêmes chiffres que ceux obtenus par les machines. De plus, les observateurs indépendants n’ont pas forcément été à la hauteur des enjeux puisqu’ils ont quitté les lieux dès l’annonce du résultat du vote numérique, sans effectuer la comparaison avec les bulletins papiers. A Och, des bulletins ont même été également distribués à des personnes non inscrites dans le système biométrique à cause d’une surcharge des outils numériques utilisés. Malgré cela, les membres de la commission électorale ont pourtant assuré qu’ils connaissaient personnellement toute personne ayant voté et ont garanti que personne n’avait voté deux fois. Par ailleurs, certains électeurs ont accédé de manière assez violente aux urnes sans aucune vérification biométrique préalable, et les fonctionnaires se sont abstenus d’intervenir en vue d’éviter d’éventuels conflits et de ne pas entraver toute la procédure du vote.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">De telles événements sont favorables à la mise en place de fraudes, les membres de la commission ayant ainsi pu potentiellement laisser passer par exemple des personnes de confiance ou des personnes de l’extérieur.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une stratégie d’achats de votes</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Si le vote électronique a réussi à affaiblir quelques stratagèmes traditionnels de fraude électorale tels que les <a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Carousel_voting">«&nbsp;carrousels&nbsp;»</a>, un phénomène où les électeurs votent plusieurs fois dans plusieurs bureaux différents, les faux bulletins, ou les votes «&nbsp;en famille&nbsp;» il a pourtant favorisé l’émergence de bien d’autres types de malversations. Ainsi, une chasse aux votes des électeurs s’est rapidement mise en place : tous les partis se sont partagé les 73 bureaux de vote en secteurs d’influence dans lesquels des agents, souvent des personnages jouissant d’un certain poids et d’influence dans leur communauté, menaient campagne. Ces agents recevaient une rémunération fixe pour chaque électeur qu’ils ont pu recruter le jour du scrutin. Par ailleurs, il était possible d’acheter discrètement des votes aux «&nbsp;enchères&nbsp;»&nbsp;: un vote valait de 500 soms (5,4 euros) jusqu’à 2 000 et même 3 000 soms (32,4 euros) en fonction du secteur et de l’heure. A la fin de la journée de scrutin, le prix du vote a considérablement grimpé selon les observateurs et les partis politiques se sont efforcés de trouver d’autres moyens d’obtenir des votes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;:</strong> <a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/1000-soms-pour-une-voix-comment-les-electeurs-kirghiz-subissent-des-pressions-a-lapproche-de-la-presidentielle/"><strong>« 1000 soms pour une voix » : comment les électeurs kirghiz subissent des pressions à l’approche de la présidentielle</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les citoyens des classes moyennes, une telle situation peut représenter une source de revenu non négligeable, à savoir que le salaire mensuel de l’époque s’établissait entre 6&nbsp;000 et 7 000 soms (65 et 75 euros). Dans le quartier Amir Timur, l’un des agents des partis a reçu 200 000 soms (2165,4 euros) pour la conquête de 16 000 de votes, une somme considérable qu’il distribuait via son réseau personnel et les hommes influents du quartier. Au sein des communautés kirghizes, le trafic de votes se faisait sur un principe de 50/50, à savoir la moitié payée au moment de l’accord et le reste après le vote. Selon les personnes impliquées dans le processus, les électeurs corrompus devaient montrer leur bulletin correctement rempli à l’un des membres de la commission, qui lui aussi était partie prenante dans la fraude, avant de le mettre dans l’urne. Certains prenaient aussi parfois des photos de leur bulletin comme preuve.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/09/28726153995_43f6d4cfcd_k-1024x768.jpg" alt="Vote électronique Kirghizstan Och Etude Politique Fraude" class="wp-image-38894" srcset="https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/09/28726153995_43f6d4cfcd_k-1024x768.jpg 1024w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/09/28726153995_43f6d4cfcd_k-300x225.jpg 300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/09/28726153995_43f6d4cfcd_k-768x576.jpg 768w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/09/28726153995_43f6d4cfcd_k-1536x1152.jpg 1536w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/09/28726153995_43f6d4cfcd_k-800x600.jpg 800w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/09/28726153995_43f6d4cfcd_k-1300x975.jpg 1300w, https://novastan.org/fr/wp-content/uploads/sites/4/2020/09/28726153995_43f6d4cfcd_k.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption>En décembre 2016, la ville d&rsquo;Och a connu une élection locale mouvementée (illustration).</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Le trafic de votes a abouti à une situation telle que le vote s’est transformé en une sorte de vente aux enchères, souligne Arzuu Cheranova. Le fait que les partis cherchent à obtenir le plus de votes possibles contre des rémunérations de plus en plus élevées a provoqué de vifs débats au sein de nombreuses familles, dont pour certains membres le critère de choix d’un parti n’était fondé que sur la somme d’argent proposée, et non pas sur le programme électoral. <em>«&nbsp;Mon beau-frère, chauffeur de taxi, avait dit à ma sœur qu’ils allaient voter pour le parti qui proposerait le plus d’argent, alors que d’autres proches allaient accepter l’argent de tous les partis, mais voteraient seulement pour ceux qui leur plaisaient réellement »</em>, témoigne un électeur<em>.</em> De telles histoires circulent en grand nombre, et il semblerait donc que les électeurs se soient également adaptés à ces méthodes, conscients de leurs propres intérêts et ayant finalement compris comment tirer profit de ces tentatives d’achat de votes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’importance des clans et réseaux familiaux</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les hommes politiques se font donc aujourd’hui moins d’illusions quant à ce «&nbsp;marché&nbsp;» des votes, qui est devenu extrêmement précaire en raison des réactions et de l’adaptation des électeurs. Ceci explique un changement radical de stratégie des partis, qui se sont davantage tournés vers les clans et réseaux familiaux. Au Kirghizstan, la modernisation soviétique n’a pas pu anéantir les importants rapports tribaux qui se sont renforcés, de surcroît, après la chute de l’URSS. Ils jouent ainsi un rôle considérable pour les partis politiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certains considèrent que les partis kirghiz manquent souvent de cohérence dans leurs programmes politiques et dénoncent un manque clair d’idéologie. Malgré tout, les partis jouissent encore d’une base électorale solide à des niveaux régionaux ou claniques. <a href="http://uu.diva-portal.org/smash/get/diva2:430803/FULLTEXT01.pdf">Un rapport de 2011</a> étudiant les processus électoraux kirghiz souligne le fait qu’au moins 75 % des hommes et femmes politiques interrogés ont désigné leur famille et leurs proches comme étant le pilier principal de leur campagne électorale. Un sur cinq a également constaté qu’il serait très difficile de consolider l’électorat sans l’appui des aksakals, les anciens de la communauté, chargés de communiquer et d’acheter des votes auprès de certains groupes sociaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan&nbsp;: </strong><a href="https://novastan.org/fr/kirghizstan/kirghizstan-grandes-manoeuvres-avant-les-elections-legislatives-de-lautomne/"><strong>Kirghizstan : grandes manœuvres avant les élections législatives de l’automne</strong></a><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Étant donné le caractère instable des électeurs soi-disant «&nbsp;achetés&nbsp;», les partis comptent désormais sur la fiabilité et la force de ces liens claniques et communautaires. Ainsi, l’une des méthodes des agents représentant les partis a été de jouer sur ce sentiment d’appartenance communautaire en vue d’obtenir des voix. De l’argent aurait également été distribué en fonction de l’affiliation ou non à certains clans.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des points positifs malgré tout</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela signifie-il qu’avec l’apparition de toutes ces stratégies électorales, le passage au vote électronique est un échec pour le Kirghizstan&nbsp;? Pas forcément. Le vote électronique a aidé à contrer les votes «&nbsp;carrousels&nbsp;» ainsi que la présence de faux bulletins dans les urnes. Il a également permis d’atténuer la pression administrative sur les électeurs grâce à la simplification qu’apporte le système biométrique. Il faut cependant constater que le changement radical escompté n’est pas encore survenu. Les élections dans la société kirghize sont toujours, pour beaucoup d’électeurs et de partis, vues comme une mise aux enchères, avec des opportunités d’achats et de ventes de votes. Ils mettent également en avant des questions liées à l’appartenance à certains clans, communautés et groupes sociaux. Il ne s’agit donc pas ici d’éléments relevant d’un processus réellement démocratique, ni de la concrétisation d’un progrès du point de vue social.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le vote électronique, conclut Arzuu Cheranova, a été instauré par les autorités en se calquant sur des modèles occidentaux, alors que la société n’était et n’est pas forcément prête à accepter ce nouveau système de scrutin. Elle s’y est donc adaptée en conséquence, en inventant de nouveaux stratagèmes. La leçon à tirer de l’expérience d’Och consisterait à admettre que même si l’utilisation de nouvelles technologies contribue certainement à rendre les élections plus transparentes, leur seule mise en place ne suffit pas à changer une psychologie et des mentalités profondément ancrées.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Artiom Kosmarsky<br>Rédacteur pour Fergana News</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit <a href="https://fergana.site/articles/119022/">du russe</a> par Gulafiya Chatayeva</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Edité par Adrien Delorge </strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Relu par Guilhem Sarraute</strong></p>


<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a> ou nous envoyer un email à <a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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