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Au Kazakhstan, l’OTSC affiche sa coopération militaire face aux menaces régionales

Du 13 au 18 septembre 2026, les forces du Kazakhstan, du Kirghizstan, de la Russie et du Tadjikistan ont participé à l’exercice « Frontier-2026 » sur le polygone de Koktal, dans la région de Jetyssou. Au-delà de la démonstration militaire, ces manœuvres interrogent la place de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) dans la sécurité de l’Asie centrale.

Des représentants des forces armées des États membres de l'OTSC lors des exercices Frontier-2026 organisés au Kazakhstan en septembre 2026. Photo: OTSC.
Des représentants des forces armées des États membres de l'OTSC lors des exercices Frontier-2026 organisés au Kazakhstan en septembre 2026. Photo: OTSC.

Du 13 au 18 septembre 2026, les forces du Kazakhstan, du Kirghizstan, de la Russie et du Tadjikistan ont participé à l’exercice « Frontier-2026 » sur le polygone de Koktal, dans la région de Jetyssou. Au-delà de la démonstration militaire, ces manœuvres interrogent la place de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) dans la sécurité de l’Asie centrale.

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Dirigées par le colonel Makhsut Gusseïnov, commandant des troupes d’assaut aéroportées du Kazakhstan, ces manœuvres ont mobilisé environ 1 500 militaires, plus de 300 équipements militaires et spécialisés, dont 115 drones. Selon les organisateurs, les Forces collectives de déploiement rapide de la région centrasiatique se sont entraînées à repousser des groupes armés illégaux ayant pénétré sur le territoire d’un État membre.

L’exercice s’inscrit dans le programme d’entraînement de l’OTSC, au moment où l’organisation cherche à démontrer l’interopérabilité de ses contingents. Les préoccupations sécuritaires autour de la frontière tadjiko-afghane constituent l’une des dimensions régionales de ce débat, sans résumer à elles seules les objectifs des États membres.

Des priorités nationales au défi de la coordination militaire

La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence du secrétaire général adjoint de l’OTSC Mirlan Turgunbekov, du chef adjoint de l’état-major général kazakh Askar Zholamanov et du chef adjoint de l’état-major interarmées de l’OTSC Ruslan Shpekbayev.

Les responsables de l’organisation ont insisté sur la préparation commune des états-majors et la capacité des contingents nationaux à réagir à des menaces transfrontalières. L’exercice était coordonné avec les manœuvres stratégiques kazakhstanaises « Decisive Repulse-2026 ».

Des soldats kazakhstanais participent aux manœuvres militaires « Frontier-2026 », réunissant quatre États membres de l’OTSC dans la région du Jetyssou, au Kazakhstan, en septembre 2026. Photo: OTSC.

Cette coordination illustre le croisement des priorités : pour le Kazakhstan, l’entraînement conjoint permet de tester la réactivité de ses forces sur son propre territoire ; pour l’OTSC, il sert de démonstration de coopération entre plusieurs armées nationales. Les autorités présentent ces exercices comme une réponse à des scénarios de terrorisme et d’incursion armée, qu’il convient de distinguer des menaces effectivement constatées.

Les entraînements se sont déroulés en terrain montagneux et désertique et ont associé les forces de déploiement rapide aux gardes-frontières et à la Garde nationale kazakhstanaise. La défense contre les drones, la guerre électronique et les moyens antiaériens ont également occupé une place importante.

Un scénario d’incursion armée et d’évacuation de civils

Selon le scénario communiqué par les organisateurs, des groupes armés fictifs avaient franchi une frontière et occupé plusieurs localités. Les contingents devaient les bloquer, reprendre les zones occupées et sécuriser la population. Les exercices ont notamment porté sur les postes de contrôle, la reconnaissance aérienne, l’appui-feu, la coordination des unités et l’évacuation de civils.

Les troupes tadjikes ont notamment participé aux séquences d’évacuation et de sécurisation. Les contingents kazakhstanais et russes ont conduit des actions d’assaut en coopération avec des moyens sans pilote. Il s’agit d’opérations simulées, et non d’affrontements réels.

Les unités ont également travaillé la protection contre les menaces aériennes et l’emploi des drones. La répartition des tâches entre contingents illustre la volonté affichée d’améliorer leur coordination, sans permettre à elle seule de mesurer leur efficacité en situation de combat.

La frontière tadjiko-afghane, un enjeu sécuritaire pour l’OTSC

La frontière entre le Tadjikistan et l’Afghanistan reste un point d’attention pour les autorités de sécurité régionales. Les autorités tadjikes font régulièrement état de confrontations armées avec des groupes qu’elles identifient comme des trafiquants de stupéfiants. Selon les données communiquées par l’Agence tadjike de contrôle des drogues, sept affrontements de cette nature ont été enregistrés au premier semestre 2026, contre dix sur l’ensemble du premier semestre 2025 selon les chiffres rapportés précédemment. Ces données officielles ne suffisent pas à établir un lien entre ces incidents et les groupes djihadistes.

Des militaires tadjiks lors des exercices conjoints « Frontier-2026 » de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), organisés au Kazakhstan en septembre 2026. Photo: OTSC.

À cette menace liée aux trafics s’ajoutent les inquiétudes suscitées par la présence de groupes extrémistes en Afghanistan, notamment l’État islamique au Khorassan (EI-K). Il importe toutefois de distinguer ces organisations, leurs objectifs et leurs activités des réseaux criminels opérant à la frontière. La référence à l’Afghanistan dans le discours sécuritaire de l’OTSC ne signifie pas que toutes les menaces évoquées se matérialisent de la même manière sur le terrain.

Pour l’OTSC, les manœuvres de septembre offrent aussi l’occasion de réaffirmer son utilité politique. L’organisation est fragilisée par le gel de la participation arménienne annoncé en 2024, tandis que les États d’Asie centrale poursuivent des partenariats sécuritaires diversifiés. Son intervention au Kazakhstan en janvier 2022, décidée à la demande des autorités kazakhstanaises pendant les troubles intérieurs, a en outre montré que ses missions ne se limitaient pas à la défense contre une agression extérieure. L’exercice « Frontier-2026 » met ainsi en scène une solidarité militaire entre États membres ; sa portée politique et opérationnelle reste néanmoins à apprécier au-delà des démonstrations officielles.

Lenny Cabrol Noto,

Rédacteur pour Novastan

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