{"id":38739,"date":"2020-09-21T08:54:25","date_gmt":"2020-09-21T06:54:25","guid":{"rendered":"https:\/\/novastan.org\/fr\/?p=38739"},"modified":"2021-04-08T17:39:11","modified_gmt":"2021-04-08T15:39:11","slug":"waiting-for-the-sea-un-documentaire-entre-musique-electronique-et-folklorique-en-ouzbekistan","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/novastan.org\/fr\/ouzbekistan\/waiting-for-the-sea-un-documentaire-entre-musique-electronique-et-folklorique-en-ouzbekistan\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Waiting for the Sea\u00a0\u00bb : un documentaire entre musique \u00e9lectronique et folklorique en Ouzb\u00e9kistan"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Le court m\u00e9trage documentaire \u00ab\u00a0Waiting for the Sea\u00a0\u00bb, r\u00e9alis\u00e9 par George Itzhak, fait le lien entre la sc\u00e8ne de la musique \u00e9lectronique en Ouzb\u00e9kistan, la musique folklorique du pays et le destin de la mer d&rsquo;Aral face \u00e0 son ass\u00e8chement. Novastan diffuse le film, avec l&rsquo;aimable autorisation du r\u00e9alisateur, du 21 septembre au 12 octobre 2020, accompagn\u00e9 d&rsquo;une interview de celui-ci.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Un festival de musique \u00e9lectronique au milieu du d\u00e9sert <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Aralkum\">d&rsquo;Aralkoum<\/a>, \u00e0 plus de mille kilom\u00e8tres de la capitale, Tachkent ? C&rsquo;est l&rsquo;id\u00e9e de <a href=\"http:\/\/stihia.org\">Stihia<\/a>, un festival qui a eu lieu en septembre 2018 pour la premi\u00e8re fois \u00e0 <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Moynaq\">Moynaq<\/a>, une petite ville de la <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Karakalpakistan\">r\u00e9publique autonome du Karakalpakistan<\/a>, dans l&rsquo;ouest de l&rsquo;Ouzb\u00e9kistan. Cette ville est surtout connue pour son destin tragique : autrefois situ\u00e9e sur la rive sud de la <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Mer_d%27Aral\">mer d&rsquo;Aral<\/a> et c\u00e9l\u00e8bre pour son industrie de la p\u00eache, Moynaq se trouve aujourd&rsquo;hui \u00e0 des dizaines de kilom\u00e8tres des rives de la mer qui continue de s\u2019ass\u00e9cher<em>.<\/em>&nbsp;<\/p>\n\n\n<p style=\"background-color: #d4d4d4;\"><span style=\"color: #000000;\">Novastan est le seul m\u00e9dia europ\u00e9en (en fran\u00e7ais, en allemand et en anglais) sp\u00e9cialis\u00e9 sur l'Asie centrale. Enti\u00e8rement associatif, il fonctionne gr\u00e2ce \u00e0 votre participation. 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Il travaille comme producteur de documentaires et d&rsquo;informations pour l&rsquo;une des meilleures \u00e9missions d&rsquo;information du soir aux \u00c9tats-Unis, NBC Nightly News ; il est \u00e9galement cin\u00e9aste. En ao\u00fbt 2019, il s&rsquo;est rendu en Ouzb\u00e9kistan pour la deuxi\u00e8me \u00e9dition de Stihia, mais aussi pour se plonger dans la culture ouzb\u00e8ke et dans la jeune sc\u00e8ne \u00e9lectronique de la capitale.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le documentaire qu&rsquo;il a r\u00e9alis\u00e9 repr\u00e9sente sa perspective personnelle, celle d&rsquo;un Ouzbek qui n&rsquo;a jamais v\u00e9cu en Ouzb\u00e9kistan, et sa recherche de liens entre des traditions anciennes et un mouvement futuriste. Par la m\u00eame occasion, et par un biais aussi bien empathique qu\u2019esth\u00e9tique, il brise les st\u00e9r\u00e9otypes et les clich\u00e9s souvent utilis\u00e9s lors de la pr\u00e9sentation de l&rsquo;Ouzb\u00e9kistan, du Karakalpakistan et de la mer d&rsquo;Aral. Novastan s&rsquo;est entretenu avec le documentariste sur les similitudes entre la musique techno et la musique folklorique, les critiques et les obstacles auxquels il a \u00e9t\u00e9 confront\u00e9 lors de la r\u00e9alisation du film et l&rsquo;impact que la musique \u00e9lectronique peut avoir sur les changements sociaux.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><em>D\u00e9couvrez le documentaire ci-dessous, en exclusivit\u00e9 jusqu&rsquo;au 11 octobre 2020. Les sous-titres en fran\u00e7ais sont disponibles en cliquant sur \u00ab\u00a0CC\u00a0\u00bb. Bon visionnage !<\/em><\/p>\n\n\n\n<div style=\"padding:42.19% 0 0 0\">[vimeo 402800275]<\/div><a href=\"https:\/\/player.vimeo.com\/api\/player.js\">https:\/\/player.vimeo.com\/api\/player.js<\/a>\n\n\n\n<p><strong>Novastan : Vous \u00eates n\u00e9 en Ouzb\u00e9kistan mais vous avez grandi \u00e0 New York. Pourquoi avez-vous voulu retourner en Ouzb\u00e9kistan pour r\u00e9aliser un documentaire ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>George Itzhak :<\/strong> Je suis n\u00e9 \u00e0 Tachkent, mais quand j&rsquo;ai eu environ un an et demi, toute ma famille est partie. Ma famille est compos\u00e9e de <a href=\"https:\/\/novastan.org\/fr\/ouzbekistan\/les-juifs-de-boukhara-comment-sont-ils-arrives-en-asie-centrale\/\">Juifs de Boukhara<\/a>, nous faisons donc partie de la minorit\u00e9 juive d&rsquo;Ouzb\u00e9kistan. Les Juifs de Boukhara ont commenc\u00e9 \u00e0 quitter l&rsquo;Ouzb\u00e9kistan dans les ann\u00e9es 1980, d&rsquo;abord lentement, puis beaucoup plus rapidement apr\u00e8s l&rsquo;effondrement de l&rsquo;Union sovi\u00e9tique, car ils craignaient un \u00e9ventuel retour de b\u00e2ton religieux apr\u00e8s l&rsquo;ind\u00e9pendance du pays. L&rsquo;Am\u00e9rique et Isra\u00ebl nous ont ouvert leurs portes, si bien que nous sommes presque tous partis au milieu des ann\u00e9es 1990. Beaucoup d&rsquo;entre nous se sont install\u00e9s \u00e0 New York &#8211; il y a environ 50 000 \u00e0 60 000 Juifs de Boukhara. Nous avons donc une tr\u00e8s grande diaspora l\u00e0-bas.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"828\" src=\"https:\/\/novastan.org\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2020\/09\/In-Production-in-Bukhara-1024x828-1.png\" alt=\"Waiting for the Sea documentaire mer d'Aral George Itzhak Stihia Festival Musique \u00e9lectronique folklorique\" class=\"wp-image-38741\" srcset=\"https:\/\/novastan.org\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2020\/09\/In-Production-in-Bukhara-1024x828-1.png 1024w, https:\/\/novastan.org\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2020\/09\/In-Production-in-Bukhara-1024x828-1-300x243.png 300w, https:\/\/novastan.org\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2020\/09\/In-Production-in-Bukhara-1024x828-1-768x621.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption>Le r\u00e9alisateur George Itzhak en production \u00e0 Boukhara, en Ouzb\u00e9kistan.\n<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>J&rsquo;ai grandi \u00e0 New York en parlant russe \u00e0 la maison, en observant toutes les traditions et en entendant parler de l&rsquo;Ouzb\u00e9kistan par mes grands-parents, bien que nous n&rsquo;y soyons jamais retourn\u00e9s. Cela n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 \u00e9voqu\u00e9. J&rsquo;ai voyag\u00e9 en Russie \u00e0 plusieurs reprises, mais je n&rsquo;ai jamais pu me rendre en Asie centrale. En vieillissant, je me suis mari\u00e9, j&rsquo;ai eu un enfant, et soudain, j\u2019ai eu un d\u00e9clic : je voulais y retourner avant de commencer cette nouvelle partie de ma vie. Puis j&rsquo;ai d\u00e9couvert l&rsquo;histoire de Stihia et de la jeune sc\u00e8ne \u00e9lectronique en Ouzb\u00e9kistan, qui m&rsquo;a fascin\u00e9. J&rsquo;y ai vu une tr\u00e8s bonne opportunit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Comment avez-vous entendu parler de Stihia ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Tout a commenc\u00e9 avec une image que quelqu&rsquo;un a partag\u00e9e sur Facebook : c&rsquo;\u00e9tait un poster de Stihia, l&rsquo;image d&rsquo;une femme karakalpake en costume traditionnel. Mais c&rsquo;\u00e9tait tr\u00e8s stylis\u00e9, un peu comme une affiche de musique \u00e9lectronique. Presque comme une image magique : elle fusionnait la culture traditionnelle et la fa\u00e7on dont j&rsquo;avais l&rsquo;habitude de voir l&rsquo;Ouzb\u00e9kistan avec cette esth\u00e9tique tr\u00e8s jeune et futuriste. La combinaison de ces deux \u00e9l\u00e9ments m&rsquo;a vraiment impressionn\u00e9, j&rsquo;ai cliqu\u00e9 dessus et j&rsquo;ai continu\u00e9 \u00e0 plonger dans ce sujet. Je suis tomb\u00e9 sur toutes ces histoires de musique \u00e9lectronique en Ouzb\u00e9kistan et Stihia, qui avait eu lieu l&rsquo;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, j\u2019ai d\u00e9couvert Stihia lors des pr\u00e9paratifs de la deuxi\u00e8me ann\u00e9e du festival. J\u2019ai totalement manqu\u00e9 la premi\u00e8re ann\u00e9e ! \u00c0 partir de l\u00e0, j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 curieux, et j&rsquo;ai commenc\u00e9 \u00e0 passer des appels, \u00e0 prendre contact avec les fondateurs du festival, \u00e0 formuler ce que pourrait \u00eatre ce projet de film. J&rsquo;ai appel\u00e9 ma coproductrice, Neha Hirve, avec qui j&rsquo;avais \u00e9tudi\u00e9 \u00e0 New York, et je lui ai dit : <em>\u00ab\u00a0\u00c9coute, j&rsquo;ai cette id\u00e9e folle, pas beaucoup d&rsquo;argent, mais je peux te promettre que ce sera une aventure.\u00a0\u00bb<\/em> Elle a tout de suite accept\u00e9. Nous avons commenc\u00e9 \u00e0 partager des images, \u00e0 \u00e9changer et \u00e0 trouver des r\u00e9f\u00e9rences dans le monde du cin\u00e9ma sur l&rsquo;Asie centrale. C&rsquo;est un documentaire, mais je ne voulais pas que cela ressemble \u00e0 un reportage. J&rsquo;avais d\u00e9j\u00e0 vu quelques articles sur Stihia, mais je souhaitais quelque chose de diff\u00e9rent, comme \u00eatre immerg\u00e9 et montrer ma propre exp\u00e9rience.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"432\" src=\"https:\/\/novastan.org\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2020\/09\/WFS05-1024x432-1.jpg\" alt=\"Waiting for the Sea documentaire mer d'Aral George Itzhak Stihia Festival Musique \u00e9lectronique folklorique\" class=\"wp-image-38742\" srcset=\"https:\/\/novastan.org\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2020\/09\/WFS05-1024x432-1.jpg 1024w, https:\/\/novastan.org\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2020\/09\/WFS05-1024x432-1-300x127.jpg 300w, https:\/\/novastan.org\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2020\/09\/WFS05-1024x432-1-768x324.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption>Extrait du documentaire \u00ab\u00a0Waiting for the Sea\u00a0\u00bb : un musicien interpr\u00e8te un chant \u00e9pique populaire devant une \u00e9pave de navire \u00e0 Moynaq.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Il s&rsquo;en est suivi trois \u00e0 quatre mois de pr\u00e9-production, d&rsquo;appels t\u00e9l\u00e9phoniques, d&rsquo;entretiens avec les partenaires d&rsquo;interview pr\u00e9sent\u00e9s dans le film, etc. Je me suis plong\u00e9 dans le monde visuel de l&rsquo;Ouzb\u00e9kistan, en regardant des photographes ouzbeks &#8211; c&rsquo;est ainsi que j&rsquo;ai d\u00e9couvert Novastan aussi. Mon principal objectif avant de m&rsquo;y rendre \u00e9tait d&rsquo;essayer de comprendre le langage visuel du pays. C&rsquo;\u00e9tait la cl\u00e9. Je pense que la vision de l&rsquo;Ouzb\u00e9kistan depuis l&rsquo;Occident et les \u00e9trangers est tr\u00e8s orientaliste. Il s&rsquo;agit de femmes qui dansent, qui font des <a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Tandyr_nan\">lepiochka<\/a> au four. Parfois, on a presque l&rsquo;impression de regarder des animaux dans un zoo. C\u2019est comme si j\u2019avais une responsabilit\u00e9 personnelle l\u00e0-dedans. Je suis de l\u00e0-bas, mais en m\u00eame temps pas vraiment. J&rsquo;ai un pied dans les deux mondes, et je savais que je ne pouvais pas me contenter d&rsquo;un travail basique et superficiel.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Comment avez-vous v\u00e9cu la sc\u00e8ne de la musique \u00e9lectronique en Ouzb\u00e9kistan et surtout \u00e0 Tachkent ?&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il y a deux parties \u00e0 cette histoire : d&rsquo;une part, Stihia et Moynaq, et d&rsquo;autre part, il s&rsquo;est pass\u00e9 tant de choses \u00e0 Tachkent. Mon objectif \u00e9tait de relier ces deux bouts. Je n&rsquo;avais jamais pens\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Ouzb\u00e9kistan sous le prisme de la musique \u00e9lectronique. C&rsquo;est pourquoi les images que j&rsquo;ai trouv\u00e9es en ligne m&rsquo;ont tant inspir\u00e9. Elles ont en partie r\u00e9v\u00e9l\u00e9 ma propre ignorance : en grandissant \u00e0 New York, m\u00eame \u00e9tant originaire d&rsquo;Ouzb\u00e9kistan, tout ce que je savais sur cet endroit, je le connaissais \u00e0 travers le regard de mes grands-parents. J&rsquo;avais cette vision archa\u00efque et ancienne &#8211; une vision fig\u00e9e dans le pass\u00e9. Quand j&rsquo;\u00e9tais dans ce bar en sous-sol \u00e0 Tachkent, c&rsquo;est comme si j&rsquo;\u00e9tais projet\u00e9 dans le futur. En r\u00e9alit\u00e9, je me sentais tr\u00e8s proche de New York. C&rsquo;est tout simplement la culture mondiale. Les gens l\u00e0-bas avaient des t-shirts sur lesquels \u00e9tait \u00e9crit \u00ab\u00a0Brooklyn\u00a0\u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Je pouvais voir que les murs qui avaient exist\u00e9 autrefois, durant la g\u00e9n\u00e9ration de mes grands-parents, n&rsquo;\u00e9taient plus l\u00e0. J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 vraiment surpris de d\u00e9couvrir la diversit\u00e9 de la ville qui est tr\u00e8s multiculturelle. Les gens \u00e0 Tachkent ont toujours \u00e9t\u00e9 cosmopolites, mais on ne peut pas nier qu&rsquo;il y avait des fronti\u00e8res entre les diff\u00e9rentes ethnies, entre les Juifs ouzbeks et les Russes, etc. Le fait d&rsquo;\u00eatre l\u00e0 et d&rsquo;\u00eatre parmi ce groupe de jeunes, la g\u00e9n\u00e9ration qui prend la rel\u00e8ve, m&rsquo;a vraiment montr\u00e9 que beaucoup des anciennes fronti\u00e8res qui existaient \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de mes parents et de mes grands-parents avaient disparu.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Avez-vous des r\u00e9f\u00e9rences qui vous ont inspir\u00e9 pour \u00ab\u00a0Waiting for the Sea\u00a0\u00bb ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il y a une r\u00e9f\u00e9rence sp\u00e9cifique qui a \u00e9t\u00e9 essentielle dans la formulation de ce concept : il s&rsquo;agit d&rsquo;un cin\u00e9aste fran\u00e7ais d&rsquo;origine tsigane, <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Tony_Gatlif\">Tony Gatlif<\/a>. Son travail est tr\u00e8s influenc\u00e9 par la musique folklorique. J\u2019ai essay\u00e9 de comprendre comment repr\u00e9senter la musique au cin\u00e9ma, d&rsquo;une mani\u00e8re qui tienne compte de l&rsquo;histoire et qui soit motiv\u00e9e par l&rsquo;\u00e9motion. En d\u00e9couvrant son travail, j\u2019ai vu qu\u2019il avait fait un film appel\u00e9 <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Latcho_Drom_(film)\"><em>Latcho Drom<\/em><\/a>. Il s\u2019agit d\u2019une histoire sur le peuple Rom, racont\u00e9e exclusivement \u00e0 travers la musique folklorique. C&rsquo;est techniquement un documentaire, mais il est aussi trait\u00e9 comme un film de fiction. Il fait un m\u00e9lange entre ces deux formats par le biais de la musique. J&rsquo;ai vu l\u00e0 un potentiel pour appliquer cela \u00e0 l&rsquo;Ouzb\u00e9kistan.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dans votre documentaire, vous explorez le lien entre la musique folklorique et la musique \u00e9lectronique. Quel genre de lien voyez-vous entre les deux ?&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En fait, c&rsquo;\u00e9tait le concept principal que je voulais explorer. J&rsquo;ai ressenti la m\u00eame chose en \u00e9coutant de la musique folklorique ouzb\u00e8ke, karakalpake, boukhariote que lorsque j&rsquo;\u00e9coutais de l\u2019\u00e9lectronique. Ces genres sont tr\u00e8s similaires. Lorsque vous les mettez en dialogue, ils cr\u00e9ent cet objectif parfait \u00e0 travers lequel vous pouvez voir l&rsquo;Ouzb\u00e9kistan, son pass\u00e9 et son avenir. Il y a une superbe citation de Jeff Mills, un c\u00e9l\u00e8bre DJ am\u00e9ricain, qui est apparue lors de mon entretien avec l&rsquo;un des fondateurs du festival : <em>\u00ab\u00a0La musique techno n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 con\u00e7ue pour \u00eatre de la dance music, mais pour \u00eatre une d\u00e9claration futuriste.\u00a0\u00bb<\/em> Il y a ces deux forces : une force du pass\u00e9 pour pr\u00e9server le patrimoine et honorer ce qui vous a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 ; puis cette autre force, de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9, qui regarde vers l&rsquo;avenir et cr\u00e9e quelque chose de nouveau. Je voulais vraiment cr\u00e9er une conversation entre ces deux dynamiques. Honn\u00eatement, cela s&rsquo;est fait naturellement. C&rsquo;est arriv\u00e9 au Karakalpakistan, je n&rsquo;ai m\u00eame pas eu besoin de le forcer.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"432\" src=\"https:\/\/novastan.org\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2020\/09\/WFS15-1024x432-1.jpg\" alt=\"Waiting for the Sea documentaire mer d'Aral George Itzhak Stihia Festival Musique \u00e9lectronique folklorique\" class=\"wp-image-38743\" srcset=\"https:\/\/novastan.org\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2020\/09\/WFS15-1024x432-1.jpg 1024w, https:\/\/novastan.org\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2020\/09\/WFS15-1024x432-1-300x127.jpg 300w, https:\/\/novastan.org\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2020\/09\/WFS15-1024x432-1-768x324.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption>Extrait du documentaire \u00ab\u00a0Waiting for the Sea\u00a0\u00bb : des visiteurs de tout l&rsquo;Ouzb\u00e9kistan, de l&rsquo;Asie centrale et du monde entier se r\u00e9unissent pour ce festival unique de musique \u00e9lectronique dans le d\u00e9sert d&rsquo;Aralkoum.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>L&rsquo;esth\u00e9tique de Stihia et de tous les festivals \u00e9lectroniques est tr\u00e8s chamanique : vous avez le DJ au centre, sur une sc\u00e8ne. Il cr\u00e9e ce m\u00e9lange de sons et fait tourner des cercles de danseurs autour de lui, atteignant un niveau d&rsquo;extase extraordinaire. C&rsquo;est tr\u00e8s ancien comme pr\u00e9sentation. L\u2019\u00e9lectronique et la musique folklorique parlent toutes deux \u00e0 Dieu en quelque sorte. Cela peut sembler fou, mais les artistes de musique \u00e9lectronique \u00e0 qui j&rsquo;ai parl\u00e9, ont dit que Stihia \u00e9tait leur fa\u00e7on d&rsquo;atteindre le dieu de l&rsquo;Aral pour appeler la pluie. Ils ont eux-m\u00eames appel\u00e9 cela un acte chamanique. Et si vous regardez l&rsquo;histoire de la musique folklorique, il y a la m\u00eame racine : un lien avec quelque chose dans un autre monde.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dans le documentaire, vous montrez que non seulement des jeunes du monde entier, d&rsquo;Asie centrale, d&rsquo;Inde et de Russie ont particip\u00e9 au festival, mais aussi des habitants de Moynaq, des personnes \u00e2g\u00e9es et des enfants. Comment d\u00e9cririez-vous l&rsquo;atmosph\u00e8re du festival ?&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est quelque chose qui s&rsquo;est produit de mani\u00e8re inattendue. Les organisateurs du festival m&rsquo;ont dit qu&rsquo;ils n&rsquo;\u00e9taient pas certains de la r\u00e9action de la population locale au festival. Il ne faut pas sous-estimer la distance et l&rsquo;\u00e9loignement de Moynaq. Si vous consid\u00e9rez que l&rsquo;Ouzb\u00e9kistan est isol\u00e9, pensez \u00e0 l&rsquo;isolement de Moynaq. Pour s&rsquo;y rendre, il faut prendre l&rsquo;avion jusqu&rsquo;\u00e0 <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Noukous\">Noukous<\/a> puis il faut conduire trois ou quatre heures sur des routes d\u00e9sertiques affreuses pour enfin arriver \u00e0 Moynaq. C&rsquo;est un endroit tr\u00e8s isol\u00e9. La plupart des habitants n&rsquo;avait jamais entendu ce genre de musique avant la premi\u00e8re \u00e9dition de Stihia. \u00c7a a d\u00fb \u00eatre r\u00e9volutionnaire pour eux. On peut f\u00e9liciter Stihia pour cela et pour le fait qu&rsquo;ils sont tr\u00e8s ouverts. Ils n&rsquo;ont pas essay\u00e9 de cr\u00e9er des murs. Les seuls r\u00e8glements qui existaient venaient des fonctionnaires et de la police. J&rsquo;y ai vu beaucoup de grands moments d&rsquo;interaction. Par exemple, il y avait un couple australien qui apprenait \u00e0 danser \u00e0 des jeunes Karakalpaks. C&rsquo;\u00e9tait un beau moment. Le film montre que ce genre de musique est universel. Ce n&rsquo;est pas une question de langue mais de sentiments et d&rsquo;\u00e9nergie que la danse peut cr\u00e9er.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Avez-vous l&rsquo;impression que Moynaq a chang\u00e9 \u00e0 cause du festival ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Physiquement, la ville change, il y a beaucoup de constructions en cours. Les locaux avec lesquels j&rsquo;ai parl\u00e9 n&rsquo;ont cess\u00e9 de parler des investissements dans la construction de logements, de nouveaux magasins, de nouvelles routes. On peut voir que le gouvernement essaie de faire de Moynaq une destination plus attrayante. Plus important encore, il y a un changement spirituel : j&rsquo;ai parl\u00e9 \u00e0 une jeune fille qui vivait l\u00e0, elle \u00e9tait tellement excit\u00e9e par la pr\u00e9sence de tous ces gens et par cette atmosph\u00e8re incroyable. Cela a montr\u00e9 aux gens qui y vivent qu&rsquo;ils comptent dans ce pays. Ils m\u00e9ritent l&rsquo;attention et ils l&rsquo;obtiennent enfin.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"960\" height=\"768\" src=\"https:\/\/novastan.org\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2020\/09\/18_red083_08.jpg\" alt=\"Waiting for the Sea documentaire mer d'Aral George Itzhak Stihia Festival Musique \u00e9lectronique folklorique\" class=\"wp-image-38746\" srcset=\"https:\/\/novastan.org\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2020\/09\/18_red083_08.jpg 960w, https:\/\/novastan.org\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2020\/09\/18_red083_08-300x240.jpg 300w, https:\/\/novastan.org\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2020\/09\/18_red083_08-768x614.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 960px) 100vw, 960px\" \/><figcaption>Des gens de toutes g\u00e9n\u00e9rations sont venus \u00e0 Stihia, le festival de musique \u00e9lectronique qui a eu lieu pour la deuxi\u00e8me fois \u00e0 Moynaq en ao\u00fbt 2019.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Soudain, des gens du monde entier viennent chez eux, et il ne s&rsquo;agit plus seulement de la trag\u00e9die de la mer d&rsquo;Aral. Chaque fois que des gens venaient ici, c&rsquo;\u00e9tait pour montrer \u00e0 quel point cet endroit est mauvais. Maintenant, il y a une raison positive d&rsquo;y \u00eatre. Il y a une \u00e9nergie positive quand les gens parlent de ce lieu et qu\u2019ils viennent avec l&rsquo;intention de passer un bon moment sans aborder en premier lieu les probl\u00e8mes de sant\u00e9, de difficult\u00e9s \u00e9conomiques, de trag\u00e9die et de d\u00e9sastre \u00e9cologique. Il y a l\u00e0 un changement qui se produit.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pensez-vous qu&rsquo;un \u00e9v\u00e8nement comme Stihia puisse avoir un impact sur la fa\u00e7on dont les gens per\u00e7oivent ou g\u00e8rent l&rsquo;ass\u00e8chement de la mer d&rsquo;Aral ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il est difficile de parler d&rsquo;impacts directs. Le film n&rsquo;a pas port\u00e9 sur la trag\u00e9die \u00e9cologique de la mer d&rsquo;Aral. Beaucoup de documentaires en parlent d\u00e9j\u00e0. Ce festival est plus une d\u00e9claration au monde. Il s&rsquo;agit plut\u00f4t de cr\u00e9er un faisceau d&rsquo;\u00e9nergie \u00e0 cet endroit qui pourrait mener \u00e0 d&rsquo;autres choses. Je n&rsquo;arr\u00eatais pas de penser \u00e0 ce dieu de la mer. Je ne sais pas s&rsquo;ils y croient r\u00e9ellement, mais il y a cette phrase qui revient sans cesse : <em>\u00ab\u00a0Prions pour la pluie !\u00a0\u00bb<\/em>, <em>\u00ab\u00a0Prions le dieu de l&rsquo;Aral !\u00a0\u00bb<\/em>. Je voulais vraiment en faire un grand sujet du film. Ce festival \u00e9tait en fait un acte semi-religieux pour faire cette grande d\u00e9claration. Je continue \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir sur tout ce que j&rsquo;ai vu l\u00e0-bas, mais pour moi c&rsquo;est un m\u00e9lange d&rsquo;acte chamanique, religieux et de pure \u00e9nergie punk de jeune.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les gens pourraient critiquer le fait que votre documentaire montre une vision id\u00e9aliste de l&rsquo;Ouzb\u00e9kistan. Que pouvez-vous opposer \u00e0 ce genre de critique ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ce documentaire montre r\u00e9ellement un point de vue id\u00e9aliste sur l&rsquo;Ouzb\u00e9kistan. C&rsquo;est probablement parce que j&rsquo;ai moi-m\u00eame ce point de vue tr\u00e8s nostalgique. Par exemple, c\u2019est pour cela que j&rsquo;ai ajout\u00e9 ce film sovi\u00e9tique des ann\u00e9es 1980 sur la capitale qui est extr\u00eamement id\u00e9alis\u00e9e. Il s&rsquo;agit d&rsquo;\u00eatre tous ensemble et de vivre dans ce bel endroit ensoleill\u00e9. Avec simplement de la couleur, j&rsquo;ai donn\u00e9 \u00e0 la sc\u00e8ne de Tachkent un ton tr\u00e8s dor\u00e9 et nostalgique &#8211; parce que c&rsquo;est comme \u00e7a que je l&rsquo;ai v\u00e9cu. Pareil pour Moynaq : je ne voulais pas renforcer l&rsquo;image habituelle d&rsquo;un endroit tr\u00e8s poussi\u00e9reux et mort. Dans les corrections de couleurs, nous avons d\u00e9cid\u00e9 de faire para\u00eetre les couleurs plus satur\u00e9es. Nous avons utilis\u00e9 un vert exag\u00e9r\u00e9 pour ne pas donner de ton macabre.&nbsp;<\/p>\n\n\n<p style=\"background-color: #d4d4d4;\"><span style=\"color: #000000;\">Envie d'Asie centrale dans votre bo\u00eete mail ? Inscrivez-vous gratuitement \u00e0 notre newsletter hebdomadaire <strong><span style=\"text-decoration: underline;\"><a href=\"https:\/\/2ff41361.sibforms.com\/serve\/MUIFAEUtgQP8Waps-GeAAxU6xgHAdCwla_phFOCNHYUG2N5pyugc_FC9NR3XbOOigQxU5CuQ4V0IZJcq6LjCU6Hx9fBECllNbyvRpMFItJi2WzECxpflAKA-cS-isERi5gQRcgrqND1R6toUU-9w6b_7bd4-Ty-GtfBQfXNFFjMIK0bYtfXjv8bCS5qFaXUgi00yBrR5vK187H2N\">en cliquant ici.<\/a><\/span><\/strong><\/span><\/p>\n\n\n\n<p>Alors, bien s\u00fbr, c&rsquo;est subjectif. J&rsquo;y ai mis mon point de vue. Ce que j&rsquo;ai remarqu\u00e9 chez beaucoup de cin\u00e9astes locaux, c&rsquo;est qu&rsquo;ils ont une autre perspective, ils font face \u00e0 de nombreux d\u00e9fis. Mais ce n&rsquo;est pas mon cas, et je ne peux pas dire l\u2019inverse. Ce film est en grande partie le point de vue d&rsquo;un Ouzbek qui n&rsquo;a jamais v\u00e9cu l\u00e0-bas. Je ne peux pas pr\u00e9tendre \u00eatre autre chose. Quand j&rsquo;ai mont\u00e9 le film, j&rsquo;ai re\u00e7u beaucoup de conseils, comme d\u2019enqu\u00eater sur tel ou tel aspect. J&rsquo;aurais pu aussi aborder d&rsquo;autres sujets \u00e0 Moynaq, la s\u00e9cheresse, la maladie des habitants, etc. Mais cela aurait \u00e9t\u00e9 un autre film.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L&rsquo;\u00e9dition de cette ann\u00e9e a \u00e9t\u00e9 report\u00e9e \u00e0 l&rsquo;ann\u00e9e prochaine. \u00cates-vous toujours pr\u00eat \u00e0 suivre l&rsquo;\u00e9volution de Stihia et de la sc\u00e8ne musicale \u00e9lectronique en Ouzb\u00e9kistan \u00e0 l&rsquo;avenir ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui m&rsquo;int\u00e9resse, c&rsquo;est de retourner dans le pass\u00e9. Je ne peux pas dire si la musique \u00e9lectronique m&rsquo;int\u00e9ressera. Il y a tellement d&rsquo;autres histoires dans lesquelles je pourrais me plonger et je suis heureux que le film attire l&rsquo;attention dans le pays lui-m\u00eame &#8211; c&rsquo;est tr\u00e8s positif jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent. J&rsquo;ai l&rsquo;impression que les gens en Ouzb\u00e9kistan me font confiance, ce qui me permet d&rsquo;y retourner et de faire plus.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"432\" src=\"https:\/\/novastan.org\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2020\/09\/WFS24-1024x432-1.jpg\" alt=\"Waiting for the Sea documentaire mer d'Aral George Itzhak Stihia Festival Musique \u00e9lectronique folklorique\" class=\"wp-image-38744\" srcset=\"https:\/\/novastan.org\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2020\/09\/WFS24-1024x432-1.jpg 1024w, https:\/\/novastan.org\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2020\/09\/WFS24-1024x432-1-300x127.jpg 300w, https:\/\/novastan.org\/fr\/wp-content\/uploads\/sites\/4\/2020\/09\/WFS24-1024x432-1-768x324.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption> Extrait du documentaire \u00ab\u00a0Waiting for the Sea\u00a0\u00bb : un habitant de Moynaq se baignant dans la mer d&rsquo;Aral &#8211; maintenant \u00e0 des dizaines de kilom\u00e8tres de l&rsquo;ancienne ville portuaire de Moynaq.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p> Il y a \u00e9norm\u00e9ment de choses que je veux explorer, et la musique va certainement faire partie de mon travail, parce qu&rsquo;elle m&rsquo;inspire beaucoup. Je veux explorer plus profond\u00e9ment des sujets sur la musique folklorique. La pr\u00e9sence d\u2019une telle musique en Ouzb\u00e9kistan est tr\u00e8s pertinente et il y a tant \u00e0 d\u00e9couvrir. J&rsquo;ai h\u00e2te de travailler sur d&rsquo;autres projets documentaires &#8211; mais aussi sur de la fiction. J&rsquo;aimerais me lancer davantage dans la r\u00e9alisation de fictions et conna\u00eetre l&rsquo;industrie cin\u00e9matographique locale &#8211; il y a aujourd&rsquo;hui de grands artistes ouzbeks, comme <a href=\"https:\/\/www.imdb.com\/name\/nm3683786\/\">Saodat Ismailova<\/a>.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Vous avez mentionn\u00e9 que les gens en Ouzb\u00e9kistan appr\u00e9ciaient votre travail. Avez-vous d\u00e9j\u00e0 eu l&rsquo;occasion de projeter votre film l\u00e0-bas ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Nous n&rsquo;avons pas eu de v\u00e9ritable projection, en partie \u00e0 cause du coronavirus. Mais je l&rsquo;ai fait circuler et je peux suivre le lien que j&rsquo;envoie aux gens, l\u00e0 o\u00f9 le lien est ouvert. Il est clair que les gens dans le pays se le partagent parce que je re\u00e7ois beaucoup d&rsquo;avis d&rsquo;Ouzb\u00e9kistan. Je l&rsquo;ai envoy\u00e9 \u00e0 une vingtaine de personnes, mais il y a pr\u00e8s d&rsquo;un millier de vues dans le pays, et c&rsquo;est g\u00e9nial ! C&rsquo;est probablement parce que quelqu&rsquo;un r\u00e9alise enfin un documentaire qui ne se concentre pas uniquement sur des aspects n\u00e9gatifs ou sur l&rsquo;histoire ancienne. Le film rend aussi cette culture exp\u00e9rientielle dans d&rsquo;autres parties du monde : quand on vit quelque chose immortalis\u00e9 dans un film qui peut \u00eatre vu dans le monde entier, cela rend l\u2019exp\u00e9rience r\u00e9elle. C&rsquo;est tr\u00e8s puissant.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Votre film a re\u00e7u le <\/strong><a href=\"https:\/\/www.moscowshorts.com\/2020\/07\/14\/moscow-shorts-june-2020-awards\/\"><strong>prix du \u00ab\u00a0meilleur documentaire\u00a0\u00bb<\/strong><\/a><strong> au Festival international de&nbsp; court m\u00e9trage de Moscou et a \u00e9t\u00e9 r\u00e9compens\u00e9 par le prix du meilleur documentaire et de la meilleure photographie au Festival international de court m\u00e9trage Long Story. Qu\u2019est-ce que \u00e7a vous fait ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Je ne m&rsquo;attendais pas \u00e0 tout cela &#8211; en tant que cin\u00e9aste, on ne peut pas pr\u00e9voir un succ\u00e8s \u00e0 venir. Ma seule attente \u00e9tait de faire quelque chose que je puisse montrer et dont je puisse \u00eatre fier. J&rsquo;esp\u00e8re pouvoir le montrer \u00e0 un public plus large et le montrer \u00e0 New York d\u00e8s que possible. Je veux amener ce film dans des espaces d&rsquo;art contemporain, des galeries et d&rsquo;autres festivals, d\u00e8s que les rassemblements pourront reprendre sans crainte. Beaucoup des festivals qui devaient avoir lieu ce printemps ont \u00e9t\u00e9 report\u00e9s. Je tiens \u00e0 montrer ce film au Royaume-Uni et en Allemagne, \u00e0 Berlin, l\u00e0 o\u00f9 il y a une grande communaut\u00e9 de personnes cr\u00e9atives et de cin\u00e9astes, pour ouvrir une fen\u00eatre sur l&rsquo;Asie centrale.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Avez-vous des projets de projection en Ouzb\u00e9kistan ou en Asie centrale ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il \u00e9tait pr\u00e9vu de montrer le film dans un festival au Kazakhstan, o\u00f9 l&rsquo;industrie cin\u00e9matographique est plus d\u00e9velopp\u00e9e qu&rsquo;en Ouzb\u00e9kistan. Je veux clairement me concentrer sur l&rsquo;organisation de quelque chose en Ouzb\u00e9kistan, c&rsquo;est tr\u00e8s important. Je veux m&rsquo;assurer qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas que les jeunes qui vont aux soir\u00e9es \u00e9lectro, et avoir un public bien plus vaste. On va travailler avec les organisateurs du festival et organiser quelque chose. J&rsquo;esp\u00e8re que lors de la prochaine \u00e9dition de Stihia, ils pourront \u00e9galement projeter le film.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><strong>Propos recueillis par Annkatrin M\u00fcller<br>R\u00e9dactrice pour Novastan<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><strong>Traduit de l&rsquo;anglais par Zo\u00e9 de Nada\u00ef<\/strong> <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><strong>Relu par Anne Marvau<\/strong><\/p>\n\n\n<p><em>Merci d'avoir lu cet article jusqu'au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous am\u00e9liorer. Pour ce faire, vous pouvez <a href=\"https:\/\/forms.gle\/3M7U3fyMRXAiaZmJA\">r\u00e9pondre anonymement \u00e0 ce questionnaire<\/a> ou nous envoyer un email \u00e0 <a href=\"mailto:redaction@novastan.org\">redaction@novastan.org<\/a>. Merci beaucoup !<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le court m\u00e9trage documentaire \u00ab\u00a0Waiting for the Sea\u00a0\u00bb, r\u00e9alis\u00e9 par George Itzhak, fait le lien entre la sc\u00e8ne de la musique \u00e9lectronique en Ouzb\u00e9kistan, la musique folklorique du pays et le destin de la mer d&rsquo;Aral face \u00e0 son ass\u00e8chement. Novastan diffuse le film, avec l&rsquo;aimable autorisation du r\u00e9alisateur, du 21 septembre au 12 octobre [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":491,"featured_media":38745,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[5,3986],"tags":[513,1286,826,1441,3035,660,548,4022,1956],"coauthors":[2673,350,3584],"class_list":["post-38739","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-ouzbekistan","category-societe-et-culture","tag-culture","tag-documentaire","tag-festival","tag-mer-daral","tag-moynaq","tag-musique","tag-ouzbekistan","tag-stihia","tag-traduction"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/novastan.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/38739","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/novastan.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/novastan.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/novastan.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/491"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/novastan.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=38739"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/novastan.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/38739\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/novastan.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/38745"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/novastan.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=38739"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/novastan.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=38739"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/novastan.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=38739"},{"taxonomy":"author","embeddable":true,"href":"https:\/\/novastan.org\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/coauthors?post=38739"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}