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	<title>Sociologie | Novastan France</title>
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	<description>L&#039;Asie centrale expliquée, avec Novastan</description>
	<lastBuildDate>Thu, 09 Jul 2026 11:56:15 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Sociologie | Novastan France</title>
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		<title>Pourquoi le nombre de mariages est à la baisse au Kazakhstan</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Paulinon Vanackère]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 09 Jul 2026 11:54:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Divorce]]></category>
		<category><![CDATA[Mariage]]></category>
		<category><![CDATA[Société et culture]]></category>
		<category><![CDATA[Sociologie]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/pourquoi-nombre-mariages-baisse-au-kazakhstan/">Pourquoi le nombre de mariages est à la baisse au Kazakhstan</a></p>
<p>Le nombre de mariages est à la baisse au Kazakhstan. Le pays suit une tendance mondiale où les jeunes reconsidèrent la vision traditionnelle du couple et leurs choix de vie. Début 2025, au Kazakhstan, environ 22 500 mariages ont été conclus, soit 16 % de moins par rapport à la même période l’année précédente. Pour [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/pourquoi-nombre-mariages-baisse-au-kazakhstan/">Pourquoi le nombre de mariages est à la baisse au Kazakhstan</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le nombre de mariages est à la baisse au Kazakhstan. Le pays suit une tendance mondiale où les jeunes reconsidèrent la vision traditionnelle du couple et leurs choix de vie.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Début 2025, au Kazakhstan, environ 22 500 mariages <a href="https://tengrinews.kz/kazakhstan_news/odinokoe-pokolenie-pochemu-kazahstantsyi-reje-zavodyat-semi-561440/">ont été conclus</a>, soit 16 % de moins par rapport à la même période l’année précédente. Pour ce pays, il s’agit de l’indicateur le plus bas sur les dix dernières années.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les indicateurs étaient bas en 2020, lorsque la pandémie empêchait l’enregistrement des mariages. Les statistiques démontrent que le rapport au mariage change petit à petit au Kazakhstan. Le média kazakh The Village a parlé de ce sujet avec des experts et des jeunes Kazakhs, qui partagent leur vision du mariage, leur envie ou non de créer une famille et leurs priorités.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une tendance mondiale</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au cours du siècle dernier, le rôle de la famille a changé dans de nombreux pays. Si le modèle familial large, comprenant la cohabitation de plusieurs générations, était traditionnellement répandu, il est aujourd&rsquo;hui plus fréquent de rencontrer un modèle familial nucléaire, composé des parents et de leurs enfants.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Au milieu du siècle dernier, les sociologues américains avaient <a href="https://api.kipd.kz/storage/uploads/images/2024/08/01/grajdanskii-brak-2_1722534911.pdf">fait remarquer</a> que l’institution du mariage perdait peu à peu son caractère traditionnel et qu’il était plutôt représentatif des intérêts individuels. Les individus ne pensaient plus seulement à leurs ambitions familiales mais aussi à leurs études et aux objectifs professionnels. Ceci s’est notamment produit en Europe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les années 1960 <a href="https://ru.kipd.kz/pdf-viewer?pdf=https://api.kipd.kz/storage/uploads/images/2024/08/01/grajdanskii-brak-2_1722534911.pdf">a débuté</a> la deuxième transition démographique : le taux de natalité, qui avait augmenté après la deuxième guerre mondiale, a commencé à baisser et la société a progressivement accepté de nouveaux modèles familiaux. Aux abords du XXIème siècle, cette tendance a commencé à se développer dans d’autres Etats comme en Chine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces changements de tendances sont également apparus au Kazakhstan. Déjà de nos jours, pour de nombreux Kazakhs, la mention qui fait état d’un mariage dans le passeport n’est plus la seule condition pour accéder au bonheur. Certains ont pour premier objectif de construire une carrière et d’atteindre l&rsquo;autonomie financière, d’autres choisissent de vivre en concubinage, quelques-uns considèrent simplement que le mariage n’est pas important dans leur vie.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un nombre de mariages en baisse</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">D’après la sociologue Kamila Koviazina, sur les cinq dernières années, le nombre de mariages a baissé de 6,87 à 6,13 pour 1 000 personnes. D’ailleurs, cet indicateur ne représente pas toujours précisément les tendances sociales parce que ce chiffre comprend tout le monde, y compris les enfants et les personnes âgées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il semblerait que la génération des années 1990 ait connu un taux de naissances moins important que celle des années 2000. Cela donne une explication aux statistiques&nbsp;: les jeunes n’ont tout simplement pas atteint l’âge pour se marier et pour fonder une famille, puis ceux qui l’ont atteint remettent à plus tard cette étape.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/possible-civil-impossible-religieux-mariages-musulmans-kazakhstan/">Entre le possible civil et l’impossible religieux : les mariages musulmans au Kazakhstan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, comme le fait remarquer Kamila Koviazina, il y a une tendance très nette qui concerne aussi bien les hommes que les femmes&nbsp;: le recul de l’âge moyen pour se marier. De plus en plus de jeunes considèrent qu’il est important d’avoir fait des études ou bien d’avoir déjà un métier, une situation financière stable avant de se marier et de fonder ensuite une famille. Pour la sociologue, cela est lié à un processus mondial&nbsp;: la longévité augmente et les cycles de vie s’allongent.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Moins de mariages et donc moins de divorces</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il est intéressant de constater que le nombre de divorces a baissé dans les statistiques officielles. Entre 2020 et 2024, le taux de divorces <a href="https://aerc.org.kz/ru/statya/lyubov-v-epohu-peremen-kak-menyaetsya-vospriyatie-braka-v-kazahstane-i-mire">a baissé</a> de 21 %, atteignant l’indicateur de 2,02 pour 1 000 personnes. Encore une fois, les spécialistes <a href="https://share.google/046j2iQD6ZVhCTOPg">soulignent</a> que ces chiffres ne représentent pas tout à fait la réalité. Le calcul est effectué seulement à partir des données des institutions étatiques sans prendre en compte les décisions de justice prononçant un divorce.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon les résultats d’enquêtes de la compagnie <a href="https://www.petrellilaw.com/">Potrelli Previtera</a>, le Kazakhstan occupe la seconde place à l’échelle mondiale après les Maldives, par rapport au nombre de divorces concernant le mois de mars 2024.</p>



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<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://forbes.kz/articles/pochemu_kazahstantsyi_voshli_v_top-10_stran_po_urovnyu_razvodov">Les calculs</a> mondiaux fixent un taux de divorces de 4,6 pour 1 000 personnes. Cela est bien plus important que les indicateurs nationaux. Selon le sondage social dirigé par l’Institut de l’égalité et des possibilités, 61 % des Kazakhs <a href="https://share.google/gB3rLTOt7XwICS7Y9">estiment</a> que le divorce est provoqué par l’implication des membres de la famille dans la vie de couple. 41 % des correspondants affirment que les règles d’obligations morales sont en déclin, le tiers met en valeur la simplicité du divorce.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les <a href="https://share.google/zDsD76ZJ78TNCLDfL">autres facteurs</a> de divorce sont compris les traditions et les rôles genrés très figés et stricts.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>La jeunesse et le concubinage</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le changement de rapport au mariage ne se constate pas seulement dans les chiffres. Les spécialistes montrent que pour les jeunes, le mariage n’est plus une décision officielle et indispensable, même s&rsquo;il représente encore une étape importante de la vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon les données du <a href="https://collections.fes.de/publikationen/ident/fes/18456">Fonds Friedrich Ebert</a>, presque 65 % des jeunes kazakhs pensent que le mariage est une étape importante dans la vie et seulement 8 % considèrent qu’il ne l’est pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, les valeurs traditionnelles continuent de jouer un rôle important. Par exemple, 44 % des personnes interrogées <a href="https://api.kipd.kz/storage/uploads/images/2024/08/01/grajdanskii-brak-2_1722534911.pdf">estiment</a> que la virginité est un critère important dans le choix du partenaire. L’influence de la famille reste conséquente&nbsp;: 57,1 % des participants disent prendre en compte l’avis des membres de la famille concernant le mariage.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">De plus, la vision du mariage est différente dans les milieux ruraux et urbains. En ville, le concubinage est une pratique fréquente et plus acceptée, tandis que dans les villages, les valeurs traditionnelles sont conservées. Ce sont surtout les jeunes filles qui subissent les pressions de ces traditions. Les parents s’empressent de les marier de peur qu’elles ne trouvent pas de mari et qu’elles ne créent pas de famille.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Anar, en couple mais non mariée malgré les pressions</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">The Village a discuté avec deux femmes kazakhes qui ne sont pas mariées. L’une d’entre elles s’appelle Anar et est originaire d’<a href="https://www.novastan.org/fr/kazakhstan/almaty-la-ville-aux-1000-couleurs-et-aux-1001-annees/">Almaty</a>. Elle a rencontré son copain par le biais d’amis en commun et ils sortent ensemble depuis quatre ans. Avec le temps, la relation est devenue sérieuse et ils ont pris la décision de vivre ensemble.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette décision a été prise spontanément, sans pressions ni formalités. Il leur était important de savoir comment ils supporteraient la vie à deux, de se soutenir et d’instaurer une véritable confiance. Pour eux, la famille n’est pas qu’une mention administrative qui figure sur un passeport, cela implique aussi le respect mutuel au quotidien. <em>« Nous ne voulions pas nous précipiter pour nous marier, nous voulions comprendre comment nous fonctionnions pour pouvoir vivre ensemble »</em>, explique la jeune femme.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/kazakhstan-tokaiev-criminalise-le-mariage-force-et-le-stalking/">Le Kazakhstan criminalise le mariage forcé et le « stalking »</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, ne pas être marié peut poser des problèmes. Il n’est pas toujours possible de rendre visite à son conjoint à l’hôpital ou de remplir des papiers administratifs qui nécessitent un statut familial officiel. A cela s’ajoute la pression de la part de la famille qui se demande souvent pourquoi le couple n’est pas encore marié.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Anar reconnaît que ces obstacles peuvent parfois les inciter à penser à se marier. Mais pour eux, ce qui compte est avant tout la confiance mutuelle, le soutien et l’attention portée l’un envers l’autre au quotidien. La mariage serait une formalité qui permettrait de contourner les difficultés juridiques et administratives du quotidien puis d’échapper à la pression exercée par leurs proches.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Janna, célibataire par choix</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En revanche, Janna, de <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Karaganda">Karaganda</a>, est très méfiante concernant le mariage. Elle n’a jamais été mariée et est actuellement célibataire. <em>« Je ne suis pas pressée de me marier car j’ai entendu des histoires de violences conjugales. Mes sœurs ont perdu peu à peu leur entrain après leur mariage et leur vie est devenue très restreinte. Les exigences familiales et de la société empêchent la liberté. Je crois en l’amour et dans la famille mais le plus important pour moi reste la sécurité »</em>, raconte-t-elle.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Janna explique qu’elle subit de la pression de la part de ses proches et de sa famille, qui lui font remarquer qu’il est temps de se marier. Cependant, la jeune fille pense que se marier sans avoir rencontré la bonne personne n’est pas envisageable. Elle n’est pas contre le mariage mais franchira cette étape lorsqu’elle aura choisi et non pas lorsque sa famille le décidera pour elle. Pour Janna, il est important de se sentir proche de la personne avec qui l&rsquo;on va se marier. Pour le moment, elle préfère rester célibataire plutôt que de s’engager dans des relations sans respect et sans confiance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme le prévoit la sociologue Kamila Kaviazina, à l’avenir, il y aura une baisse des mariages. De nos jours, les femmes et les hommes ont plus de choses à considérer&nbsp;: le lieu et la façon de vivre, la possibilité de fonder une famille, de fonder une carrière et de se marier ou non. Le mariage n’est plus vu conne une chose obligatoire, le seul mode de vie possible. Il devient une possibilité parmi différents choix de vie.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Aïguerim Yerbolova<br>Journaliste pour The Village</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://www.the-village-kz.com/village/city/situation/41923-moi-sestry-posle-svadby-slovno-potuhli-a-ih-zhizn-stala-ogranichennoy">russe</a> par Lena Marin</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>
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		<title>Égalité des genres : une fracture au sein de la jeune génération kazakhe ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[La rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 12 Jan 2026 12:28:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Kazakhstan]]></category>
		<category><![CDATA[Genre]]></category>
		<category><![CDATA[Idées]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Société et culture]]></category>
		<category><![CDATA[Sociologie]]></category>
		<category><![CDATA[Traduction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/egalite-genres-fracture-jeune-generation-kazakhe/">Égalité des genres : une fracture au sein de la jeune génération kazakhe ?</a></p>
<p>Le média kazakh The Village étudie les divergences d’opinions entre les jeunes. Ces différences semblent particulièrement marquées selon le genre. On considère généralement les personnes d’une même génération comme idéologiquement proches, dans la mesure où leur jeunesse a été façonnée par les mêmes événements historiques et changements sociaux. Pourtant, les sociologues ont remarqué qu’au sein [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/egalite-genres-fracture-jeune-generation-kazakhe/">Égalité des genres : une fracture au sein de la jeune génération kazakhe ?</a></p>

<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le média kazakh The Village étudie les divergences d’opinions entre les jeunes. Ces différences semblent particulièrement marquées selon le genre.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">On considère généralement les personnes d’une même génération comme idéologiquement proches, dans la mesure où leur jeunesse a été façonnée par les mêmes événements historiques et changements sociaux. Pourtant, les sociologues ont remarqué qu’au sein de la génération Z (les 18-30 ans), un écart s&rsquo;est creusé entre les genres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, <a href="https://www.ft.com/content/29fd9b5c-2f35-41bf-9d4c-994db4e12998">les sondages</a> montrent que la génération Z est  particulièrement divisée : si les femmes sont plus libérales, les hommes, eux, sont plus conservateurs. Et ce constat vaut pour de nombreux pays : la Corée du Sud, l’Allemagne ou encore les Etats-Unis.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’égalité&nbsp;: pierre angulaire des sociétés démocratiques</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">D’après l’ONU, éradiquer les lois discriminatoires de la surface de la Terre <a href="https://news.un.org/ru/story/2022/09/1431001">prendrait</a> approximativement 283&nbsp;ans. Dans le même temps, plus de 60&nbsp;% des hommes dans le monde <a href="https://www.statista.com/statistics/992909/share-people-believe-giving-women-equal-rights-gone-far-enough-country/">estiment</a> que l’égalité hommes-femmes est déjà atteinte dans leur pays. En Indonésie, en Thaïlande, en Chine et en Inde, c’est même plus des trois quarts des personnes interrogées qui estiment que la lutte des femmes pour l’égalité de leurs droits avec ceux des hommes n’a déjà plus de sens.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">L’égalité femmes-hommes est l’une des pierres angulaires de toute société démocratique progressiste, et le Kazakhstan traverse actuellement une étape aussi importante que difficile de transformation dans cette direction. De nombreux progrès ont été réalisés au cours des dernières décennies : augmentation de la participation des femmes à la vie publique, apparition de débats sur les questions critiques que sont les violences, les droits sexuels et reproductifs et l’égalité femmes-hommes dans l’économie.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une vision biaisée de l’égalité au Kazakhstan</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Les jeunes femmes participent à une puissante vague d’activisme visant à répandre l’idée que l’égalité n’est pas un concept, mais une nécessité »</em>, note la juriste et chercheuse en économie du genre Aïguerim Koussaïynkyzy.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2024, le Kazakhstan est <a href="https://www.weforum.org/publications/global-gender-gap-report-2024/">passé</a> de la 62ème à la 76ème place du classement mondial de l’égalité femmes-hommes. Même si le pays reste un leader en Asie centrale en matière d’accès des femmes à l’éducation, des problèmes persistent dans d’autres domaines. L’experte souligne que les hommes restent largement surreprésentés en politique : les femmes occupent moins de 20 % des sièges parlementaires, et encore moins dans les organes exécutifs.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/kazakhstan/au-kazakhstan-linegalite-des-sexes-dans-la-sphere-politique-demeure/">Au Kazakhstan, l’inégalité des sexes dans la sphère politique demeure</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, 73 % des Kazakhs <a href="https://news.un.org/ru/story/2024/04/1450916">estiment</a> que les femmes ont suffisamment de droits et d&rsquo;opportunités. Cette opinion est également présente chez les femmes, à 58 %. Il apparaît donc qu’au Kazakhstan des divergences existent aussi dans les visions de l’égalité des genres.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Une menace pour la société traditionnelle&nbsp;?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La perception de l’égalité femmes-hommes et du féminisme au Kazakhstan est ambiguë. Moins de 40 % des Kazakhs savent ce que signifie l&rsquo;égalité des genres, et une partie non-négligeable de la population continue d’associer le féminisme à l’abolition des valeurs traditionnelles. <em>« Cette défiance s’exprime particulièrement chez les jeunes hommes, qui voient dans le féminisme une menace pour leur rôle social traditionnel »</em>, estime Aïguerim Koussaïynkyzy.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La sociologue et féministe Kamila Koviazina, chercheuse associée au centre de recherche PaperLab, relève qu’en 2018, l’enquête mondiale sur les valeurs montrait des perceptions différentes des rôles genrés&nbsp;: malgré le progressisme global des jeunes, les hommes avaient des réponses plus conservatrices que les femmes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Les réseaux sociaux comme facteurs polarisants</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Un processus mondial de polarisation idéologique divise hommes et femmes davantage chaque année. Comme l’<a href="https://www.theguardian.com/world/2024/feb/02/first-edition-gen-z-men-women-political">explique</a> la doctoresse et maîtresse de conférences au King’s College de Londres Alice Evans, l’écart entre les genres s’est accentué chez les jeunes sous l’influence des réseaux sociaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tandis que les anciennes générations se partageaient expériences et réflexions, les jeunes d’aujourd’hui évoluent dans un espace où des algorithmes leur proposent de consommer du contenu qui conforte leurs positions au lieu de les contredire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/les-influenceurs-religieux-toujours-plus-populaires-sur-les-reseaux-sociaux-au-kazakhstan/">Les influenceurs religieux toujours plus populaires sur les réseaux sociaux au Kazakhstan</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Alice Evans, les médias polarisants creusent le fossé des croyances chez les représentants de la génération Z. Les médias d&rsquo;extrême droite déforment la compréhension du féminisme par les hommes, tandis que les médias d&rsquo;extrême gauche polarisent la pensée des jeunes femmes en ne diffusant que des histoires négatives sur le sexisme et en les contrebalançant rarement par des contenus positifs sur les réussites du féminisme. L’écart s’explique également par le refus des hommes de mettre en œuvre les changements réclamés par les féministes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Aux Etats-Unis, on s’inquiète du conservatisme croissant des jeunes hommes et du libéralisme croissant des jeunes femmes. L’explication principale de ce processus est que dans le monde d’aujourd’hui, les hommes sont privilégiés, c’est-à-dire qu’ils ont plus d’opportunités. En d’autres termes, le statu quo leur est plus favorable. Quand se produisent des changements engendrant plus de droits et d’opportunités pour les femmes, le mode de vie des hommes s’en trouve également affecté »</em>, estime Kamila Koviazina.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Instabilité et crise&nbsp;: source du conservatisme</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le système patriarcal, hommes comme femmes ont une socialisation propre. Pour les hommes, cela <a href="https://www.counseling.org/publications/counseling-today-magazine/article-archive/article/legacy/the-effects-of-gender-socialization-on-boys-and-men">inclut</a> la répression des émotions et le désir d’occuper une place plus élevée dans la hiérarchie à travers la démonstration de la force. Les féministes s’efforcent de déconstruire ces schémas comportementaux fondés sur la domination et le contrôle. Cela rend le monde moins compréhensible pour eux, désormais tenus de démontrer plus d’empathie et d’établir des liens horizontaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Dans des moments de désorientation, voire de crise, il est naturel de chercher des points de repère, une forme de stabilité. Il est possible que pour les jeunes hommes, ce point d’accroche soit l’observation du mode de vie de leurs grands-pères et pères, et par conséquent sa répétition à l’identique »</em>, explique la sociologue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’après elle, le conservatisme des hommes dans les questions de genre s’explique par leur peur qu’un changement dans la société rende leur position moins désirable que celle des femmes. Kamila Koviazina montre également l’influence de l’éducation dans la perception de l’égalité femmes-hommes : les personnes moins éduquées penchent plus vers le conservatisme. Or, tout comme aux États-Unis, une différence de niveau d’éducation entre hommes et femmes s’observe au Kazakhstan.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Plus de femmes que d&rsquo;hommes en études supérieures</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">D’après une étude <a href="https://www.researchgate.net/publication/374486527_Gender_Gap_in_Access_to_Education_in_Kazakhstan">intitulée</a> <em>« L’écart de genre dans l’accès à l’éducation au Kazakhstan »</em> du ministère de l’Éducation, si les femmes sont moins nombreuses que les hommes dans les écoles et instituts techniques, elles sont plus représentées dans l’enseignement de second et troisième cycle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2022, 308 555 femmes étudiaient dans le  supérieur, contre 269 682 hommes. Dans le détail, 21 741 femmes étaient inscrites en master contre 13 919 hommes. Ce ratio se confirme chez les doctorants. D’après la sociologue, les femmes valorisent l’éducation car elles y voient un ascenseur social, alors que les hommes s’efforcent de commencer à travailler plus tôt, se projetant dans le rôle de pourvoyeur de la famille.</p>



<p class="has-light-color has-primary-800-background-color has-text-color has-background wp-block-paragraph">Envie de participer à Novastan ? Nous sommes toujours à la recherche de personnes motivées pour nous aider à la rédaction, l&rsquo;organisation d&rsquo;événements ou pour notre association. <a href="https://novastan.org/fr/novastan-france/contribuer-a-la-redaction-de-novastan/">Et si c&rsquo;était toi ?</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Aïguerim Koussaïynkyzy relève également qu’au Kazakhstan, les normes patriarcales, selon lesquelles l’égalité des sexes est une menace pour les valeurs traditionnelles, conservent une influence significative.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« On entend souvent cette rhétorique dans les cercles conservateurs. Elle y est soutenue par des arguments religieux, eux-mêmes souvent fondés sur des interprétations erronées des normes islamiques »</em>, ajoute la féministe.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Confrontations entre activistes</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les divergences idéologiques peuvent conduire à la confrontation d’activistes pour les droits des femmes avec ceux qui s’opposent au féminisme. D’après Aïguerim Koussaïynkyzy, la jeunesse kazakhe s’engage de plus en plus pour l’égalité, utilisant les réseaux sociaux pour discuter du féminisme et du droit des femmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De plus, malgré la résistance des autorités, le nombre d’associations féministes organisant des marches et des manifestations augmente. Néanmoins, des opposants au mouvement des droits des femmes existent aussi. Ainsi, certains blogueurs propagent l’idée que le féminisme détruit la famille et va à l’encontre des hommes. Ces stéréotypes, à leur tour, trouvent du soutien chez certains jeunes hommes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lire aussi sur Novastan : <a href="https://novastan.org/fr/societe-et-culture/droits-des-femmes-en-asie-centrale/">Où en sont les droits des femmes en Asie centrale&nbsp;?</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Suite à la marche du 8 mars 2021 à Almaty, de nombreux jeunes hommes, y compris des influenceurs, ont accusé les féministes de </em>« porter atteinte aux valeurs nationales »<em>. Leur réaction s’est accompagnée de commentaires offensants, de mèmes misogynes et de menaces. Un tel discours témoigne d’une peur face à la perte du rôle dominant des hommes mais aussi des lacunes significatives dans la compréhension du féminisme : au lieu d’être vue comme une opportunité pour tous, l’égalité est perçue comme une menace. Un autre exemple récent est la discussion sur le droit des femmes à Astana en 2023 où les détraqueurs ont tenté de perturber l’événement »</em>, explique Aïguerim Koussaïynkyzy.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En outre, selon le journal britannique <a href="https://www.theguardian.com/world/2024/feb/02/first-edition-gen-z-men-women-political">The Guardian</a>, les divergences d’opinions peuvent renforcer la tendance existante de la jeunesse de se marier significativement moins que la génération précédente. Plus encore, la&nbsp;génération Z détourne son intérêt de la parentalité. D’après les statistiques, en <a href="https://stat.gov.kz/ru/news/na-1000-brakov-prikhoditsya-333-razvoda-/#:~:text=%D0%B1%D1%80%D0%B0%D0%BA%D0%BE%D0%B2%20(66%2C2%25)%2C,17%2C7%25%20%D0%B1%D1%8B%D0%BB%D0%B8%20%D0%BC%D0%B5%D0%B6%D1%8D%D1%82%D0%BD%D0%B8%D1%87%D0%B5%D1%81%D0%BA%D0%B8%D0%BC%D0%B8.">2023</a>, 120&nbsp;800 mariages ont été enregistrés au Kazakhstan, contre 128&nbsp;500 en <a href="https://stat.gov.kz/ru/news/braki-i-razvody-za-2022-god/?sphrase_id=136106">2022</a> et 140&nbsp;300 en <a href="https://ranking.kz/reviews/regions/kolichestvo-zaregistrirovannyh-brakov-2021.html">2021</a>. Leur nombre dans les villes <a href="https://ranking.kz/reviews/socium/i-brakov-i-razvodov-v-rk-stalo-menshe-na-8.html">baisse</a> également&nbsp;: 80&nbsp;000, 85&nbsp;400 et 99&nbsp;400 respectivement.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un nouveau schéma familial se dessine</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Kamila Koviazina reconnaît que la fracture entre hommes et femmes au Kazakhstan existe réellement et évoluera en s’accentuant. Cependant, d’après elle, les conséquences ne seront pas forcément négatives.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Il est effectivement possible que la perception de la famille et du mariage évolue. Actuellement, on perçoit l’écart de genre sous le prisme des relations hétérosexuelles&nbsp;; or, les relations sont bien plus diverses qu’on ne l’imagine. C’est pourquoi la conception de la famille évoluera, de la même façon qu’elle est déjà en train de changer dans d’autres pays »</em>, estime la sociologue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Hétérosexuelles ou homosexuelles, les formes de relations sont très variées. Ainsi, les divergences idéologiques ne mènent pas nécessairement à une hausse du célibat. De plus, il existe d’autres formes de vie commune, telles que le « mariage de Boston », quand des amies vivent ensemble. <em>« Dans certains pays, les sociologues considèrent que deux amies vivant ensemble, même sans relation romantique ou sexuelle, peuvent être considérées comme une famille si elles ont leur mode de vie commun bien établi »</em>, poursuit-elle.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>L’éducation comme outil</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">D’après Kamila Koviazina, pour réduire cet écart, il est important d’éduquer les hommes dès l’enfance et de leur montrer ce que signifie l’égalité, et pourquoi elle est importante pour eux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« L’éducation doit devenir un instrument clé, à commencer par la mise en place d’études de genre dans les écoles et universités et de campagnes publiques expliquant que l’égalité est bénéfique pour tous »</em>, ajoute Aïguerim Koussaïynkyzy.</p>


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<p class="wp-block-paragraph">Certains changements s’observent déjà&nbsp;: dans les villes du Kazakhstan, les pères commencent à participer activement à l’alimentation des enfants, à s’occuper d’eux, à changer leurs couches. Au sein des familles, les rôles traditionnels s’estompent de plus en plus. Et si les pères cuisinent, les enfants vont percevoir cette activité comme une norme, sans division stricte entre activités « masculines » et « féminines ». Comme le souligne la chercheuse, il est nécessaire d’expliquer avec patience aux hommes les enjeux du féminisme et de les rallier au mouvement en démontrant ses avantages.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« L’égalité n’est pas un </em>« problème de femmes » <em>mais une question de justice sociale qui nous touche tous. Les exemples d’hommes féministes peuvent devenir un instrument important pour venir à bout de la masculinité toxique. Au lieu de voir le féminisme comme menace, les hommes devraient le considérer comme une opportunité de créer une société plus juste et inclusive. Le Kazakhstan est au seuil du changement, et le mouvement féministe est une force clé pour faire avancer la société »</em>, conclut Aïguerim Koussaïynkyzy.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Ksénia Kindeïeva<br>Journaliste pour The Village</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Traduit du <a href="https://www.the-village-kz.com/village/city/asking-question/39347-ravenstvo-rassmatrivaetsya-kak-ugroza-suschestvuet-li-gendernyy-raskol-sredi-molodezhi-kazahstana">russe</a> par Elise Medina</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Edité par Calixta Grigoriou</strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Corrigé par Anaïs Boulard</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Merci d&rsquo;avoir lu cet article jusqu&rsquo;au bout ! Si vous avez un peu de temps, nous aimerions avoir votre avis pour nous améliorer. Pour ce faire, vous pouvez&nbsp;<a href="https://forms.gle/3M7U3fyMRXAiaZmJA">répondre anonymement à ce questionnaire</a>&nbsp;ou nous envoyer un email à&nbsp;<a href="mailto:redaction@novastan.org">redaction@novastan.org</a>. Merci beaucoup !</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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